‹ Cours de philosophieChapitre 144 sur 328 · II. — Échec de cette tentative · texte numérisé non relu

II. — Échec de cette tentative

Cet essai de conciliation ne nous parait pas heureux. Qui ne voit en effet que c'est là reculer la question et non la résoudre"?

Sans doute, l'image, l'idée et surtout la pensée et le désir d'une action à faire ont une iniluence sur la conduite de la vie, mais pour que cette influence ne soit pas fatale et nécessitante, il faut qu'elle s'exerce sur un sujet déjà doué de libre arbitre. En effet, de deux choses l'une : ou bien, à quelque moment et dans une mesure quelconque, nous pouvons nous soustraire à la fatalité des circonstances, et donner à notre activité une direction qui ne résulte pas nécessairement des forces auxquelles nous sommes soumis, et alors le déterminisme n'existe à aucun degré; ou bien nous ne le pouvons pas, et alors c'est la liberté qui est inconcevable. Entre ces deux hypothèses, on chercherait en vain une position intermédiaire. — Relevons en outre cette grave inconséquence, qu'après avoir rejeté l'idée même de libre arbitre, comme une notion contradictoire, comme une négation du principe de causalité. Fouillée affirme ensuite que nous avons en nous l'idée de liberté; bien plus, qu'en vertu des idées-forces, il dépend de nous de la réaliser en nous faisant libres. Comme s'il était possible de concevoir l'absurde et de réaliser nne contradiction!

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