III - Les habitudes et le libre arbitre
. lln'va dit Hegel, que les mauvaises habitudes qui fassent perdre a 1 homn.e une part^ de sa liberté ; mais l'habitude du bien et de tout ce que la mora e approuve, c-est la liberté même. • On ne peut mieux résumer Imnuence d. l'habitude sur le libre arbitre. . . , . i
De fait, si la passion diminue en nous la liberté, il est évident que, plus nous nous j abandonnerons, en cédant sans résistance aux penchau s inférieurs de nJtre nature, plus aussi nous deviendrons esclaves de nos habi ude. 5c euses et plus il nous sera difficile de rompre notre chame. bamt Augustin dans ses Con/-.s.ion.s. caractérise nettement celte corrélation nécessaire entre l'Situde À mal et la décadence progressive de 'f }^-^-^^^^^^^ rnmme trois étapes : Ex vohmtate perversa fada est libtdo, et dum servitur iSXfaclaZ consuetudo; et dum consuetudini non resisMur, fada est
"'o'urrhabitude vicieuse en vient à créer en nous une certaine nécessité d.^ mal faire qui est notre œuwe, dont nous sommes responsables, et qui, sans ornais supprimer complètement notre libre arbitre, nous en rend 1 exercice de pl^s efplus difficile. On l'a dit avec raison, si, par le libre arbitre nous sommes les pères et les maîtres de nos actes, par les habitude.s qu'ils engendrent en nous, nous en devenons les fils, parfois même les esclaves.
2 Inv^^rsemênt, par l'habitude du bien, à force d'agir conlormement a la raison et au devo r, la passion perd de sa violence à mesure que nous acquérons plus d'e'npire sur nous-mêmes. A la lutte pour le bien succède bientôt une sorte de paix dans le bien qui en est le fruit et la recompense. La vertu dénouille peu à peu son caractère d'eflort pénible, pour devenir un besoin et comme une heureuse nécessité de bien faire, qui constitue la perfection même ' dp la liberté Sans doute un pareil idéal n'est jamais complètement réalise en ce monde; du moins devons-nous y tendre sans relâche, comme à la perfection
'^^3" On%^ï"- mais cette nécessité du bien, loin d'étendre notre liberté, ne la restreint-elle pas au contraire, par là même qu'elle nous enlevé dans une rertaine mesure le pouvoir de choisir le mal?
Non la possibilité de mal faire nest pas plus de l'essence de la hberte, que la possibilité de se tromper n'est d.-. l'essence de l'intelligence; eUe est au contraire la conséquence de son imperfection ; car elle suppose, ou qu on ignore le bien et c'est aveuglement de l'intelligence, ou qu'on lui prelere le mal, et c'e'.t dérèglement de la volonté. L'esseuce de la liberté consiste a choisir, et sa perfection consiste à choisir le bien. Comme dit Montesquieu : La hberte ne peut consister qu'à pouvoir faire ce que l'on doit vouloir, d a n être point contraint de faire ce que Von ne doit pas voidoir (Esprit des lois)
Et voilà comment, en diminuant en nous la possibilité de mal faire, 1 habitude du bien par \k même qu'elle est notre œuvre et le fruit de nos efforts, accroît notre mérite loin de le diminuer, perfectionne notre liberté loin de la re'îtreindre. et la rapproche de cette liberté parfaite qui, étant infiniment éclairée et infiniment droite, se trouve dans limpossibilité absolue de choisir
^ thâ conclusion est qu'il faut distinguer deux degrés dans la liberté : une