LA FOLIE
2. La mélancolie est, elle aussi, un délire général, mais caractérisé par rabattement, la tristesse, le penchant au désespoir, et ordinairement accompagné d'hallucinations visuelles et auditives plus ou moins terriliantes.
3. La monomanie est un délire partiel. Le monomane n'est fou qu'en un seul point ; il raisonne juste, mais il part d'un principe faux, d'une idée fixe. Tantôt il se croit roi, prince, grand artiste : la monomanie est gaie. Tantôt il se croit malheureux, coupable, damné : la monomanie est triste.
4. La démence est la débilité extrême des facultés mentales. Le dément a des idées, mais elles sont fugitives, éparses, et il est incapable de les enchaîner.
Q\itinl hVidiotisme, ou imbécillité congénitale, il n'est pas tant l'altération des facultés que l'incapacité plus ou moins entière d'en exercer aucune, résultant d'un développement incomplet du cerveau : aussi l'idiot descend-il parfois au niveau du pur animal.
s^ :2. — Causes de la folie. — L'influence réciproque du physique et du moral n'apparaît nulle part aussi clairement que dans les causes de la folie; car, si la folie est toujours immédiatement déterminée par quelque trouble permanent de l'organe cérébral, à son tour, celui-ci peut être indifféremment provoqué et par des causes physiques et par des causes morales. D'où la double série des remèdes employés par la thérapeutique aliéniste.
1, Causes morales : a) Certaines /JCHsées ou préoccupations obsédantes finissent par tyranniser l'esprit, au point que celui-ci ne peut plus les écarter. Elles dégénèrent alors en idées fixes, lesquelles, à leur tour, déterminent dans l'imagination et dans le cerveau lui-même des habitudes automatiques; delà les hallucinations, le désordre des sens et des organes, les troubles nerveux, et finalement, des inflammations et des lésions cérébrales incurables.
b) L'exaltation de ïimar/ination, développée par la lecture des romans et l'abus des émotions, peut aussi amener la prépondérance définitive de la fantaisie sur la raison.
c) Mais les causes les plus fréquentes de la folie sont les passions-. Les variétés si nombreuses de la manie ne sont en somme qu'autant de passions exaltées et devenues chroniques, telles que la colère, l'orgueil et l'infatuation de soi-même, le découragement et la pusillanimité. Les passions les plus nobles elles-mêmes peuvent indirectement, par les chagrins ou les soucis prolongés qu'elles causent, alfecter gravement l'intelligence, et l'on peut dire que toute passion non surveillée est un acheminement vers la folie.
2. Causes physiques. — Elles sont aussi variées et aussi nombreuses que les causes morales.
a) En général, tout ce qui détermine quelque trouble permanent dans les fonctions cérébrales, comme une chute, un coup violent sur la tète, une insolation, une congestion, une maladie nerveuse, peut devenir cause de folie.
b) Mentionnons encore le libertinage : car tout abus des forces nerveuses épuise le cerveau et paralyse plus ou moins l'exercice de la pensée et de la réflexion.
c) Lliérédilé. C'est un fait constant que le germe des maladies mentales se transmet par la génération tout aussi fréquemment que la goutte ou la tuberculose.
d) Signalons enfin le grand tléau des sociétés modernes. Val' coolisme. — Cette importante question sera traitée en morale, à propos du devoir de la tempérance.