OBSERVATION MÉTHODE SUBJECTIVE
Nous l'avons dit, le phénomène psychologique étant, comme tel, d'un ordre essentiellement intime, l'observation s'en fait nécessairement par la conscience.
Or on peut distinguer deux modes de la conscience psychologique : la conscience spontanée^ dont les données sont toujours plus ou moins confuses, et la conscience réfléchie ou réflexion, par laquelle Tàme se replie délibérément et attentivement sur ellemême pour obtenir une connaissance claire et distincte de ses phénomènes et de ses états.
Cette introspection attentive de soi-même par la conscience constitue proprement la méthode subjective, ainsi nommée parce que l'âme y est à la fois le sujet et Y objet de l'observation ; tandis que la méthode objective, dont nous parlerons au chapitre suivant, consiste à observer les phénomènes psychologiques, non plus directement en soi-même, mais indirectement en autrui, dans les signes extérieurs qui les manifestent.
Comparée à l'observation par les sens, l'observation par la conscience présente plusieurs avantages précieux, mais aussi certaines difficultés dont le positivisme se prévaut à tort pour en contester la légitimité.
AllT. I. — ATanta;a^es de l'observation par la conscience.
1. La perception extérieure n'atteint son objet qu'à travers certains milieux qui en dénaturent plus ou moins les apparences, et au moyen d'organes, dont il faut contrôler les dispositions; au contraire, la conscience perçoit les phénomènes de l'àme directement et en eux-mêmes. Ici, point de milieu à traverser, aucun besoin d'instrument, ni môme d'organe : aussi la certitude est-elle absolue et le doute impossible .
2. Dans les sciences physiques et naturelles, la grande difficulté est de se procurer des objets à observer. Le naturaliste est souvent obligé de parcourir le monde et de réunir à grands frais ses collections; l'astronome en est réduit à attendre des années l'apparition de certains phénomènes célestes. Au contraire, le psychologue a cet avantage de porter toujours avec soi l'objet et l'instrument de son étude et de pouvoir, quand il lui plaît, instituer ses observations.