‹ Cours de philosophieChapitre 211 sur 328 · III- — Abus et dangerH du svUoaisme I7vf ^a ■, i · texte numérisé non relu

III- — Abus et dangerH du svUoaisme I7vf ^a ■, i

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1. Nous reconnaissons qu'à certaines époques, oa en a fait un usage trop exclusif, au point de s'en servir comme d'un instrument de découvertes dans les sciences de la nature; qu'on a trop souvent méconnu le rôle de Vinduction et de l'observation, et qu'ainsi, le goût des recherches expérimentales se perdant peu à peu, la méthode de démonstration s'est perfectionnée au détriment de la méthode d'invention, et la logique s'est réduite presque tout entière à la théorie du syllogisme.

2. Il faut avouer aussi que l'abondance des règles et des prescriptions formelles a souvent fait perdre de vue la matière même du raisonnement, c'est-à-dire la valeur absolue des propositions, et que, faute d'avoir vérifié les principes sur lesquels ils s'appuyaient, plusieurs ont échafaudé des syllogismes plus ingénieux que solides.

3. Reconnaissons enfin qu'on s'est souvent perdu dans de vaines subtilités et que certaines discussions ont trop facilement dégénéré en disputes de mots. Mais, encore une fois, tous ces inconvénients naissent de \abus du syllogisme et ne prouvent rien contre son usage raisonnable ; en aucune manière ils ne sauraient justifier les déclamations auxquelles se sont laissé emporter Locke et surtout Bacon.

4. La seule conclusion a tirer de ces faits, c'est que le syllogisme demande à être employé avec discernement :

a) Non pas en toute eapèce de malière, car il n'apprend rien sur les lois de la nature; il se borne à déduire les conséquences qu'elles renferment.

b) Non pas toujours dans sa forme régulière et complète ; ce pédantisme ridicule rendrait nos discours d'une monotonie, d'une sécheresse et d'une lenteur intolérables ; ce serait la mort de toute imagination, de toute passiouj.de toute éloquence. « Ceux qui s'enferment dans la dialectique, dit Ariston de Chio, peuvent être comparés aux mangeurs d'écrevisses; pour une bouchée de chair, ils perdent leur temps sur un monceau d'écaillés ».

5. En fait, le syllogisme doit servir surtout au travail de la pensée personnelle. Il aide à "enchaîner rigoureusement les propositions et à tout faire converger au but. Quand il a joué son rôle, il est bon de ne plus s'astreindre à conserver la forme syllogistique qui nous a guidés dans ce travail ; de même que l'édifice achevé, on fait disparaître l'échafaudage qui a servi à l'élever.

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