LIVRE DEUXIÈME
LOGIQUE APPLIOt'ÊE OU MÉTHODOLOGIE
Nous l'avons dit en commençant, deux conditions sont requises pour arriver à la vérité dans les sciences. Il faut que l'esprit ne se contredise pas lui-même, et de plus, il faut qu'il ne contredise pas les objets en les affirmant autres qu'ils sont.
La logique formelle ne s'est préoccupée que de la première condition, qui est de maintenir la pensée d'accord avec elle-même dans ses diverses opérations. La logique appliquée va aborder ce problème autrement complexe, de mettre la pensée d'accord avec les objets, en lui indiquant les procédés à suivre pour rendre ses affirmations conformes à la réalité. L'ensemble de ces procédés constitue les méthodes [i).
On conçoit que ces méthodes diffèrent grandement, suivant l'objet qu'il s'agit de connaître, et, par suite, que chaque science possède sa méthode propre et distincte. Aussi, avant de parler des méthodes, convient-il de dire un mot de la science en général et des diverses sciences particulières, de leur hiérarchie et de leur classification. Ce sera l'objet d'une Partie préliminaire,
(1) Il est clair, après ce que nous avons dit en Psychologie de la lliéorie des formes subjectives, que Kaut n'admet que la seule logique formelle, ou, comme il dit, transcendantale ». « En effet, dit-il, des deux conditions requises pour qu'un jugement soit vrai, à savoir, sa conformité aux lois de la logique pure, et sa conformité à la nature des choses, je puis toujours constater la première, et jamais la seconde. • — Nous savons (juc penser d'une pareille aflirniaUon.