‹ Cours de philosophieChapitre 234 sur 328 · A.V. pointée vue d« l«ur arigine, les hypothèses sont · texte numérisé non relu

A.V. pointée vue d« l«ur arigine, les hypothèses sont

a) A priori, quand elles s'obtiennent par déduction d'une loi déjà connue. De ce genre fut l'hypothèse de Le Terrier qui, en s'^aippuyaot sur la loi de l'attraclioa, supposa que Les perturhations

cor il 1 laut

(i) i;iiyp'oi^p«e est également mécossaire dans les sciences matliematiqnes; faut irâe iHëe directrice pour irouver la solution d'un proltl^me, comme il ei une pour déconvrLrnne loi plnsiqoe. Les constnictions ou substihrtioivs d« figares, !essimplilicationsr|ié<iuntions, etc., sofft autant de snpposttionB '«e fesiprit qui acbeœinent vers la solution cliercliée.

LHVPOTttÈsE. ïJ7<)

Observées dans la marclu- d'Uf.ini.s ôtaieat causées par le voisinage do quelque planèle encore inconome,

h) A pos(.'riori, quand elles sont suggérées par l'expérience bn ce cas elles sont uuluctices, si la cause supposée du phénomène est tel ou tel de ses antécédents, qui paraît présenter tous les c^Tarteres dun antécédent causal ; elles sont analonigu.s quand elles sont inspirées par certaines ressemblances entre le phénomène à expliquer ^t teJ <iutre phénomène connu d'ailleurs • ressc^mblances qui permettent de supposer qu'Hs sont prodiiits l un et 1 autre par des causes analogues.

Cest par analogie que l'étincelle électrique éveilla dans resprit de Franklin l'idée de la foudre. De fait, il va entre ces deu^ phénamenes une partie commune : lumière subite, brait «t choc c^pai3le de produire un eilet mécanique, comme de tu^r un animai, ou de briser une vitre.

De même Thypothèse de l'attraction universelle jaillit dans 1 esprit deiMewton par lamalo^ie q^u'il entrevit entre îes loi^^e la chute des corps à la surface d^ la terre, déjà déterminées par Gahlee, et les lois de la révolution des planètes, découvertes -par ^Kep er Le trait de génie fut d'assimiler à la chute d'u.ne pomme la chute de la lune sur la terre. En ce sens Th^^othèse «st selon le mot de Helmhollz, la dimnation d'une uniformité.

§ 3. — Faculté inspiratrice des hypothèses. — Cette faonlté n est autre que cette forme supérieure de Timagination scien Uiique qiu, par une illuminaUon soudaine, nous fait pressentir (ïue les choses doiveat se passer d'une certaine manière fli

Du reste, hx découverte de l'hypothèse n'est pas l'œuvre du liâsapd,JDienquele hasard puisse parfois en être loccasion • elle est le fruit spontané du génie scientiGque. Il y faut, outre une science approfondie des voies de la nature,iun pair .pariai comme s«xpr.ime Bacon, vcnatica fua^am subodorafio. gui Be'sai.r-.Jt s'enseigBer(i}. ^ «t saurait

Mais, si la logique «'a pas de règles à donner relativement Y 1 invenUoott des hypothèses, ^le peut indiquer les conéilions que

'^'/^i°™'i.£" •'■' '"^ '■*^'^.^»P't^' «liic l'imagination joue dans la science et rm« n.ent,lmt, d'Hrerncor„pat.l,leayc,- l'esprit sricntifique, ainsi qu'onTcS rJ,^"" iieinent. el e en est nu r-mirairc I.- plus puissant ressort. (Vair Psvchol ,. ïrir

(2) on a beau attrihuer au Las;mi J'invention .le cerlalijaes hv^SeB f^rf , hasard est on..,ue,i.cnt dans la rencontre .les faits; mais ceux-rine «fn'V.LT '^'' leurs rapports qua «les intollisc„,-os prO,lispos.-es. Ce mmou appelle ^>^;;JSf!' inlmlxon u'apparait jamais que dans l'esprit de celui .,ni cherche eda.u«" naissances acquises sont assez bien ordonnées pour mulUplierles rhJi.nJ h- "'

tion avec l'i^cc rOvé-lBtTJce. *^ «u^upiier les fiiiaDce* d asso-na

Kn réalité, si Ion ti-.iuve quelquefois snns avoir cherch.j, c'est nifannimvAn» «« cherctH.saus trouver; c'est ce travail, jusque-là stérile, dont <.n 1^377*"* '^" "' le t«rn.^r,ce,^.t l'on peut dire q„c l'inspirluion n'est, en slm^q ue le laTéû.'vfT •ccuœuioe (vwrplus liaiitp. 72). ' ' "c la reuevion

doit remplir toute hypothèse sérieuse et, par là, épargner au savant bien des démarches inutiles.

ART. II. — Conditions d'une hypothèse vraiment scientifique.

1° Une hypothèse doit être, avant tout nécessaire; c'est-à-dire que, avant de se mettre en frais d'explication, il faut s'assurer que le fait à expliquer est bien nxl; autrement on s'exposerait au ridicule de trouver la cause de ce qui n'existe pas ; et de plus, il faut être certain qu'aucune loi connue ne suffit à en rendre compte. Inutile donc de chercher une hypothèse pour expliquer ce prétendu fait que les caves sont plus chaudes en hiver qu'en été. Inutile aussi de supposer, dans un corps que l'on voit flotter au fil de l'eau, une force distincte du courant qui l'emporte. « On n'a pas le droit, disait Newton de supposer le plus lorsque le moins suffît à l'explication des phénomènes. » Non sunt multiplicanda entia sine necessitate (G. d'Ockam).

2" Une bonne hypothèse doit encore être possible, c'est-à-dire qu'elle ne doit contredire aucun fait certain, aucune loi démontrée ; car jamais le vrai ne saurait être opposé au vrai ;

3° Suffisante, c'est-à-dire proportionnée au fait qu'il s'agit d'expliquer;

4° Expérimenlalement vérifiable; car toute la valeur d'une hypothèse lui vient de l'espérance qu'on a de pouvoir la vérifier un jour. Telle ne paraît pas être cette hypothèse qui prétend que la planète Mars est habitée par des hommes comme nous.

5° Une autre qualité essentielle de toute hypothèse d'avenir, c'est d'être simple; selon un mot de Boerhaave, le simple est le signe du vrai.

a) De fait, c'est une loi d'expérience que, dans ses œuvres, la nature emploie toujours les moyens les plus économiques en force et en matière : Simplicité et économie dans les moyens ; richesse et variété dans les résultats, telle paraît être sa devise.

b) D'autre part, si un Dieu infiniment sage est l'auteur de la nature et de ses lois, il est évident a priori que tout ici-bas doit avoir sa raison d'être, et par suite, que le gaspillage et les complications inutiles sont inadmissibles. De là le principe de moindre action.

C'est ce principe qui guida Copernic dans sa réforme du système planétaire. En étudiant le système si compliqué de Tycho- Brahé, il pressentit quelque chose de plus simple, et replaça le soleil au centre du monde. Ce fut le mêmî instinct de simplicité qui amena Kepler à supprimer les épicycles que Copernic avait

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conservés; puis enfin Newton à expliquer par une loi unique les trois lois astronomiques découvertes par Kepler (1).

ART. III. — Objections.

On a soulevé contre l'hypothèse plusieurs objections, dont la solution nous fera mieux comprendre la nature et le rôle de ce procédé.

1. On dit : la science doit tout prouver et ne rien supposer ; l'hypothèse est donc un procédé absolument anliscientifique qui compromet l'impartialité de la recherche et en fausse d'avance le résultat, un procédé absurde qui revient à placer la conclusion avant les prémisses. Or toute théorie ne devant être que la traduction fidèle et la résultante des faits, ne peut que les suivre et non les précéder.

Quant à cette condition que l'on prétend imposer au savant, de savoir ce quil cherche afin de comprendre ce qu'il trouve, elle est pour le moins singulière ; car à quoi bon chercher ce qu'on sait déjcà?

— Que répondre ? Nous aussi nous admettons que le but de la science est de prouver et non de supposer ; mais nous prétendons également qu'elle ne peut prouver sans supposer, et par suite, que l'hypothèse est non la fin, mais le moijen indispensable de la science.

Quant à dire qu'il est superflu de chercher ce qu'on sait d'avance, c'est jouer sur les mots. Il faut en effet distinguer entre Vidée qu'on a, et la certitude que cette idée est vraie. Or ce qu'on cherche par l'expérimentation, ce n'est assurément pas l'idée qu'on a déjà, mais la preuve que cette idée est conforme à la vérité. Loin de dispenser de chercher et de prouver, l'hypothèse est, au contraire, la condition de toute recherche, par cette raison décisive qu'avant de chercher quelque chose, il faut avoir quelque chose à chercher.

l) Le principe de moindre action, incoiiteslahle en lliéoric, est d'une application très délicate en pratique ; il peut morne devenir une cause d'erreur pour le savant, lue première erreur serait de croire (ju'une lijpollicse se trouve vérifiée par cela seul qu'elle nous parait la plus simple ; car peut-être y en a-t-il une autre plus simple encore qui nous écliappe. Puis, il ne faut pas oublier que cette loi de simplicité exprime quelque chose d'essentiellement relatif, et par suite que, tout en étant ti^s simples absolument, les voies de la nature peuvent cependant nous paraître très .in)pli(|uécs, à nous qui ignorons quel est le minimum de complication nécessaire lUins tel cas donne.

Dnfin, il se peut qu'une hypothèse très simple suffise à rendre compte de telle ou telle classe de phénomènes, mais à la condition d'en imaginer plusieurs autres des qu'on voudra passer à l'explication d'autres pliénomcnes ; tandis qu'une seule hvpo- Ihcse un peu plus compliquée eût pu suflirc à expliquer et ceux-ci et ceux-là. Or, si la nature produit toujours le maximum d'effet avec le minimun de cause, ce n'est pas dans chaque détail pris séparément, mais «Luis {'ensiinhir de ses lois qu'elle résout ce grand problème.

aS-^ LOi.IïJCE.

2. On. dit : Nest-ce pas eornproniettre l'imparlialité du sarant que de lui marquer d'avance ce qu'il dff\na trouver ?

Sans doute, aussi tel n'est pas le sens de l'hjTDOlhèse ni le but de rexpérimentation. Ejirecoaranlau contrôle des faits, le savant ne se propose pas précisément de démontrer qve son hypothèse est vraie, mais, ce qui est bien diiTérent, dfr rechercker si elle est Gonformfi aux faits : en d'autres termes, son bat «"est pas d« démontrer ce qu'il sait, mais de découvrir ce qu'il ignore.

3.. Et maLntenaint, est-il vrai que l'idée ne soit en nons qu'une simple Bésultaate nécessaire et, pour ainsi dire, mécaaiiiqiie des faits,?

Nott : ]&■ preavev c'esL qu'on a. beau a^Gcuniuler ks expépieBces et les faits, jamais l'idée ne s'en dégagera sans une activité spéciale de l'esprit. Les faits qui suggère-nt l'idée ne sont donc pas les prémisses logiquement suffisantes d'où elle se dégage à titre de conclusion : ils ne sont pour l'esprit quel' occasion de la concevoir en les dépassant. Ea réalité, l'hypothèse marche appuyée sur l'expérience, mais en la précédant toujours d'^u» pas.

De même que, dans lordie pratique, l'idée de l'objet à produire précède son exécution et y préside: ainsi, dans l'ordre logique, l'idée d'une vérité à découvrir précède et dirige l'esprit dans ta recherche qu'il en fait, ki, en un sens très réel et très légitime, la conclusion marche avant les prémisses, selon la formule de l'Ecole : Quod primum est in intenlione, est ullimum in executione.

Canclusion. — L'invention d'uBe- hypothèse sérieuse et répo-ndant à toutes les conditions prescrites est, sans doute, un grand pas de fait dans la découverte de la vérité : elle est comme une question posée à la mature, et une qpiestion bien posée est la moitié de la science, dit Bac€>n : prudens inierrog^tio' est dimidium scientue.

Il s'agit maintenant d'obtenir une réponse; en d'autres termes, il faut vérifier l'hypothèse en la soumettant à l'épreuve de l'expérience et des faits , il faut voir si cette cause ou cette loi supposées sont conformes à la réalité : c'est l'objet de \ e.Tpérhnentaiion, troisième procédé de la méthode inductive. Donc, en résumé, ûbserier, supposer^ vérifier, voilà toute la méthode expérimentale.

Donnons-en de suite un exemple tj-piqne.

a] Claude Bernard remarque que des lapins, qu'on vient d'apporter du marché, ont l'urine claire et acide. Il s'étonne, car c'est là Je propre des carnivores, et les lapins sont herbivores- — C'est robservatioa savante.

bj Cl. Bernard suppose que ces lapins sont dans les conditions alimentaires des carnivores et que, par suite d.'uae longue abstinence, ils se nourrissent de leur propre sang. — C 'estMij-pothèse.

l.EXI-linLVEM'ATluN. ÎJH'à

() Cl. Bernard nourrit les lapins de viande bouillie : Turinc est Uipe et acide ; puis il les rend au régime vég,éLal : leur urine redevient normalement troutole; et alcaline. — C'est la vérifrcation, l'expérimenlatioa.

Remarquons toutefois que la vérification s'opère, rarement d'une maiiièue aus^i simple ; d'ordimaice elk est le fruit de longues et patientes recherches ; car la natnre est jalouse de ses secffets ; rarement elle les livre à la première sommation. Gooim^ le juge d'instruction qui cherche à. sucpcendre les av^ux d'un prévenu,, le savamtdoit s'ingénier, user de détours, parfois même recourir à la torture poiu? les lui arracher de vive force, et c'est avec raison qu€ Descartes compare les découvertes, du. savant « à une suite de batailles livrées contre la nature » {Dis<^. de la M<'th.y W). Voilà pourquoi le procédé d'expérimentation demande à être étudié avee quelque détail.

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