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LES SYSTÈMES

dos conroptions de l'esprit, érigées pioinatuiément eu lois et en vérités démontrées.

Non, la nature ne se laisse pas ainsi deviner, et les faits, api-és avoir suggéré riiypothèse, doivent «^ncore la juger en dernier ressort. Sans doute, l'épreuve peut rester indécise; mais alors la prudence s'impose, et, s'il est permis de conserver une li>iiotliès(^ à titi-e provisoire, rien n'autorise à s'en exagérer la valeur au point de condamner d'avance tout ce qui parait y contredire. Comme le dit pomi>eusement Buffon, » tout édifice bâti sur des idées abstraites est un temple élevé à Terreur ».

II. — Nécessité de l'idée. — Réfutation de la méthode empirique.

S'il ne faut pas abuser de l'idée au point de s'en contenter, un autre écueil serait de la proscrire absolument pour s'en tenir aux faits, ainsi que le prétend la méthode empirique. C'était Terreur fondamentale des logiciens du xvni* siècle; c'est encore aujourd'hui celle de certains positivistes.

1. Pour saisir le vice d'une pareille méthode, rappelons-nous que le f:iit n'est rien par lui-même; qu'il ne vaut queparTidée qui s'y rattache ou parla preuve qu'il fournit. <■ Quand on qualifie un fait de découverte, dit Cl. Bernard, ce n'est pas le fait hii-nième qui constitue la découverte, mais l'idée nouvelle qui en dérive. » Si Papin s'était contenté de découvrir que Teau qui bout dans une marmite en fait sauter le couvercle, il n'eût pas rendu un grand service à l'humanité: c'est l'idée générale de la force expansive de la vapeur qui a été l'éclair de génie.

La science ne se propose pasuniquemt'ut de voiretde constater, mais encore et sui'tout de comprendre et d'expliquer. Les faits sont pour elle des signes qu'il s'agit d'interpréter, et cette interprétation ne peut se faire qu'à la lumière de Tidée. Voilà pourquoi, si l'hypothèse n'a de valeur que par l'expérimentation, celle-ci, à son tour, n'a de puissance et d'efflcacité que par l'hypothèse.

C'est l'hypothèse qui formule le problème que l'expérimentation devra résoudre; c'est elle qui pose la question à laiiuelle la nature devra répondre; c'est elle qui dirige l'expérience de telle soi-te que la nature soit mise ini demeure de se prononcer ; c'est elle enfin qui permet de comprendre la réponse de la nature et des faits; car, dit Cl. Bernard, celui qui ne sait pas ce qu'il cherche ne comprend pas ce qu'il trouve.

2. En effet, sans hypothèse qui la guide et Téclaire, l'expérimentation n'est qu'un pur tâtonnement; les e.Npéricnri s ont bc;iu s'aecumuler, si elles ne se rattachent à aucune idée qu'elles aient à confirmer ou à réfuter, elles demcui'ent insignifiantes et stériles. Bien plus, leurs résultats si divers, et en apparence contiadictoires, déconcertent (jt déroutent Tespi-it au lieu de l'instruire. Vaga experientia mera palpatio est, et homines polius stupefacil quam informat (Bacon).

On le voit, les faits ne sont pas la science, mais seulement le» matériaux iM les moyens de la science. Une accumulation de faits n'est pas plus une <iiiMiec qu'un ta» de pierres n'est une maison ; il y faut de plus Tidéi- direct lice, Télément rationnel qui en relie toutes les partie^. <m nirit.' Tor.IiN dmis C''tte confusion.

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