‹ Cours de philosophieChapitre 248 sur 328 · LA CLASSIFICATION. (H · texte numérisé non relu

LA CLASSIFICATION. (H

riiorticuUeur classe les plantes en annuelles, bisannuelles et vivaces; Therboriste, en vénéneuses et oflicinales, etc.

:2. Certaines classifications artificielles ont un caractère nettement sc(c///j7?9Me. Ce sont celles qui se fondent sur un nombre limité de caractères visibles et permanents, choisis en vue de faciliter la détermination des espèces végétales ou animales, à la seule inspection de l'individu.

On leur donne le nom de systèmes, pour les distinguer des classifications naturelles appelées de préférence méthodes. Telle est la classification des plantes proposée par Tournefort, qui est fondée sur la présence ou l'absence de corolle; celle de Linné, déjà plus savante, qui prend pour base la fleur, d'où la division des p\a.nles en phanérogames, c'est-à-dire douées de tleurs apparentes (étamines et pistil), et en cryptogames, sans fleurs apparentes.

3. Vutilité de ces classifications est évidente. Elles permettent de trouver dans les livres spéciaux le nom scientifique d'une plante ou d'un animal, leurs rapports de ressemblance ou de différence avec les espèces voisines, et par là, elles facilitent grandement l'étude comparée des différents êtres de la nature. Elles soulagent la mémoire, en mettant un certain ordre provisoire dans nos connaissances; en un mot, et pour toutes ces raisons, elles servent très efficacement à préparer, les classifications naturelles.

§ 2. — Classification vraiment naturelle. — Théoriquement, cette dernière devrait reproduire exactement le plan même de la nature; aussi serait-elle, comme s'exprime Cuvier, le dernier mot delà science et même toute la science. On conçoit que c'est là un idéal vers lequel les savants ne cessent de tendre sans espérer le réaliser complètement. Selon la remarque d'Agassiz, « les systèmes de nos auteurs ne sont que des approximations successives du système de la nature elle-même ». — En attendant, on appelle classification naturelle celle qui fait profession de s'en rapprocher le plus possible.

1. La classification naturelle se distingue de la classification artificielle en deux points:

a) Elle ne repose plus sur tel ou tel caractère, arbitrairement choisi, mais sur la totalité des caractères, auxquels elle s'elTorce de conserver leur valeur réelle.

h) Le but qu'elle poursuit n'est pas directement pratique, mais théorique et scientifique, en ce sens que l'ordre qu'elle tend à établir entre les êtres n'est pas un simple moyen, mais la fin même de ses recherches.

2. Ce n'est pas à dire que la classification naturelle soit dépourvue d'u/i/i/r; tout au contraire :

t>14 LQGIOUE.

a) Elle offre cet avantage de substituer un petit nombre d'idées générales très claires à un nombre incalculable de notions complexes que la mémoire ne saurait retenir.

b. Elle permet de connaître, à la seule place qu'il occupe dans la classification, toute la nature d'un être et l'ensemble de son organisation.

c) Enfin, en marquant nettement les rapports de cet être avec les autres du même genre, elle nous met à même d'en donner la définition par le genre prochain et la différence spécifique.

ART. II. — Tiié»rîe de la elxssificiUion naturelle.

Trois principes doivent guider le savant dans le travail de la classification: cest à savoir, le principe de Vaffiinté naturelle, le principe de la subordination des caractères, et le principe de la séné naturelle.

§ 1. — Principe de l'affinité naturelle.

La première tâche de celui qui veut établir une classification consistera nécessairement dans la détermination des différents types animaux et végétaux, puisque aussi bien ce sont eux qu'il s'agit de classer. Or cette détermination ne peut se faire que sur l'ensemble des caractères, c'est-à-dire en tenant compte à la fois de l'être tout entier et des rapports organiques qui existent entre les différents êtres : l'ensemble de ces rapports constitue précisément ce qu'on appelle l'affinité. Leur degré d intimité et leur nombre permettra de déterminer au moins les groupes inférieurs dans lesquels ces êtres devront être placés et dont les caractères essentiels constituent les types.

Pour faciliter la détermination de ces différents types, en déga- 'geant les lois de coexistence de leurs caractères communs, les naturalistes formulent un certain nombre de règles suggérées par l'étude directe des êtres v.ivants. Les plus générales ont été proposées par Cuvier et par Geoffroy Saint-Hilaire, sous le nom de principe des corrélations organiques ou des parties, et de principe des connexions organiques.

1. Principe des corrélations organiques. — Nous lavons dit plus haut (p. 606), le tgpe naturel est constitué par un ensemble de formes qui s'impliquent et se supposent nécessairement, en même temps qu'elles en excluent certaines autres.

a) On appelle coordonnés les caractères qui sont tellement liés entre eux que la présence, l'absence ou la variation de l'un entraîne la présence, l'absence ou la variation des autres et réciproquement, en sorte que, connaissant tel ou tel caractère d'un être, on peut immédiatement conclure à ceux qui l'accompagnent

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