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LA CLASSIFICATION. C

OU qui sont incompatibles avec lui. Ce sont là autant de conséquonces du principe des corrélations organiques ou des parties formulé pour la première fois par Cuvier. D'après ce principe, « il y a des conformations d'organes qui s'appellent et des conformations d'organes qui s'excluent, en sorte qu'une modification dans l'une des parties d'un organisme entraîne des modifications de toutes les autres parties » (llahn) (1).

U) Le même principe permet de distiagucr les caractères es\^enlieh de ceux qui ne sont qn accidentels.

Doit être considéré comme accidentel, c'est-à-dire comme n'appartenant pas à l'essence d'un type, tout caractère qui fait défaut quand l'ensemble des caractères de ce type se trouve réalisé, ou qui est présent alors que l'ensemble de ces caractères n'est pas réalisé. Au contraire, est essentiel celui dont la présence ou l'absence entraîne nécessairement la présence ou l'absence de la totalité ou d'une partie notable des autres caractères. En un mot, l'indice du caractère essentiel est d'être nécessairement ea;c/« ou errlusif.

2. Principe des connexians organiques. — Le principe des corrélations organiques est complété par celui des connexions organiqces, dont l'auteui- est Geoffroy Saint-IIilaire et qui peut s'énoncer ainsi : « Tout être est composé d'après un type ou plan général dont les diiïérentes parties sont toujours en nombre égal et semblablemenl placées, quelles que soient les modifications secondaires qu'elles puissent subir dans les différentes espèces. >> — Ce principe, qui sert de base à lanatomie philosophique, fait dépendre la détermination des types non tant de la fonction des organes, de leur forme ou de leur structure, que de leur position relative et de leur dépendance mutuelle, conséquence de cette position. i< De l'identité des connexions, dit Allier, résulte l'unité du type. Le singe, l'homme, l'élé'phanf, l'oiseau et le pois.son se ramènent à un seul et même type, parce quelecorps decesdrvers animaux est composé d'un certain nombre de pièces placées les unes par rapport aux antres dans le même arrangement. »

(1) Se rattache étroilemenl à ce principe des corrélations organiques, un autre principe dit principe (\es conditions rVexislence, égiûemenl formulé parCuTicr, el qui n'est qu'un corollaire du principe de /inalitc : • Commerien ue peut exisittr, s'il ne rcunil les conditions qui rendent son cxistejice possible, les différentes parties de rUaque être doivent ctre coordonnées de manière à rendre possililc l'être loial, non seulement on Ini-méme, mais dans ses rapports aifpc ceux, qui l'entourent. • « Ainsi, d)il cuvier, si les intestins d'un alliu^al sonl organises de manière à digérer de la diair, et do la cliair récente, il faut aussi que ses mâchoires soient coîislruites pour dévorer iini^ pi'oie; ses «rilTes pour la sadsiret la dt-cliirer; ses dfnts pour la conper et la «irviser; le sjslôme entier ite ses organes de inonvenient pour la poursuivre et pour ralluindrc ; sos «ir^ancs sensoriels pour l'apercevoir de loin. Il laut raémc que la nature ail placé dans son cerveau l'instinin nécessaire pour savoir se cacher et tendre des pièges .à ses victimes. Telles sont les conditions g«Miérales du régime Carnivore. Tout animal deslinc pour ce régime les réunira infailliblement: car la race n'aurait pu s'ibsister sans elles » {Révol. du Globe).

3. « Du principe des connexions résulte celui de Timportance des organes rudimentaires ; sans la considération de ceux-ci, il est impossible d'avoir des connexions réelles et par là de marquer la correspondance réelle des organes dans les diverses espèces. Enfin, l'étude de ces organes rudimentaires montre qu'ils coexistent toujours avec d'autres très développés; on ne tarde pas à découvrir qu'une pièce d'un système n'acquiert jamais une prospérité extraordinaire sans qu'une autre du même système n'en souffre dans une même raison : de là le principe du balancement des organes (Idem). »

§ 2. — Principe de la subordination des caractères.

Les différents types une fois constitués, il s'agit de les classer. On y parvient au moyen du principe de la subordination des caractères, formulé par A. Laurent de Jussieu. Ce principe exprime qu'il faut subordonner entre elles les divisions comme le sont les caractères sur lesquels elles se fondent; c'est-à-dire que les divisions les plus générales seront fondées sur les caractères les plus importants, et les moins générales sur les moins importants.

1. En effet, les caractères essentiels d'un être ne sont pas tous de même ordre, ni. pour ainsi dire, sur le même plan. Les uns sont subordonnés et les autres dominateurs.

On appelle caractère dominateur celui qui commande tout un. groupe de caractères essentiels, de telle sorte que sa présence entraîne la présence de l'un quelconque de ces caractères, et que son absence entraîne leur absence à tous. Les caractères ainsi commandés sont àxis subordonnés.

2. Les caractères dominateurs sont reconnaissables à deux signes principaux : leur généralité elleur importance physiologique.

a) De fait, cette généralité même indique qu'un caractère est ' nécessaire à l'existence des autres caractères moins généraux.

Ainsi, le caractère vertébré, avec le développement du sy.stème nerveux qu'il suppose, est, à raison même de sa généralité, dominateur par rapport au caractère mammifère; car, pour être mammifère, il faut être vertébré tandis qu'un vertébré n'est pas nécessairement mammifère.

b) L'importance physiologique de la fonction est un autre signe distinctif du caractère dominateur, une fonction très importante commandant naturellement tous les organes nécessaires à cette fonction, et excluant tous ceux qui lui seraient contraires. Ainsi la fonction de reproduction étant plus importante physiologiquement

ae la fonction de nutrition, on peut conclure que le caractère mammifère est dominateur par rapport aux caractères de carnassier ou de ruminant (1).

(1. Un troisième procédé serait de recourir à Vembryogcnie, en observant l'ordre

LA CLASS11'[CAT1(UN. Ol7

Ces rapports une fois établis permettent de former les groupes supérieurs de la classification.

;{. On passe alors à la composition des groupes inférieurs et subordonnés. Ici les caractères secondaires doivent nécessairement être pris en considération : forme du crâne, du bec, des pattes, etc. Et on est en état d'enchaîner hiérarchiquement les différents groupes, en quoi consiste précisément le travail de la classification. A son tour, celle-ci permettra de définir chaque type; le genre étant constitué par l'ensemble des caractères dominateurs, et la différence spécifique, par l'ensemble des caractères subordonnés.

i; 3. — Principe de la série naturelle.

Un dernier problème reste à résoudre : Dans quel ordre disposer les groupes qui, reposant sur des caractères d'égale importance, sont simplement coordonnés entre eux, comme par exemple, les classes Mammifères, Oiseaux, Reptiles, etc., toutes immédiatement comprises sous le type vertébré ?

Remarquons que, si les caractères qui distinguent ces groupes ont même importance, ils n'ont cependant pas même perfection ; aussi l'ordre naturel exige-t-il qu'on les range en série progressive, en partant des moins parfaits pour s'élever aux plus parfaits. C'est ce qu'on nomme le principe de la série naturelle.

On classera donc les ditTérents types vertébrés dans l'ordre suivant : Poissons, Batraciens, Reptiles, Oiseaux et Mammifères.

ART. III. — Application.

Guidé par ces principes, le naturaliste procédera de la manière suivante à la classification des êtres.

1. Il commencera par comparer entre eux le plus grand nombre possible d'individus, afin de distinguer soigneusement, d'après la règle de Vaffinité naturelle, leurs caractères essentiels de ceux qui sont accidentels, et il réunira en un seul groupe tous ceux qui présentent le plus grand nombre de caractères essentiels communs. Ce groupe inférieur asiVespècr.

L'espèce peut se définir : le groupe ultime des individus offrant le plus grand nombre de caractères communs, essentiels et indéfiniment transmissibles par génération (i). L'espèce elle-même pourra

chronolofiiquodans lequel apparaissent et se développent les di(T(^rents organes; car il est à présumer que ceux (|ui apparaissent les premiers sont aussi les plus importants, comme nécessaires aux autres.

(1) Les naturalistes s'accordent n reconnaître que le caractère distlnclif de l'espèce est VinterficoniUlè ilUmiU'e, tandis que le '^qwvc est caractérisé par la fécondité limitte. Voilà pourquoi le loup, qui offre tant d(! traits de ressemhlanceavcc certains

r»18 LOGIOUE-

être divisée en un certain nombre de variétés et de races 'i).

2. Pour déterminer les groupes supérieurs, on comparera les espèces entre elles, en appliquant la règle de la subordination des caractères, afin de réunir en un même groupe plus vaste, appelé genre, celles qui présentent le plus grand nombre de caractères dominateurs communs.

On ramène, parle même procédé, plusieurs genres à une même famille, plusieurs familles à un même ordre, plusieurs ordres à une même classe, plusieurs classes à un même embranchement, plusieurs embranchements à un même règne : la compréhension de chaque groupe diminuant à mesure que s'accroît son extension.

3. Enfin, au moyen de la règle delas^/'ie naturelle, on dispose, suivant l'ordre de leur perfection croissante, plusieurs groupes de même ordre.

Il est clair que tous les degrés d'une pareille classification n'ont pas la même valeur. Le plus important, le mieux fondé en raison, le plus naturel est, sans contredit, Yespècc.

On peut donner comme exemple de classification naturelle la Méthode zoologique proposée par Cuvier. qui prend pour base la structure du système nerveux. Voir le tableau, page suivante.

— Quant au sens et à la portée des classifications naturelles, ils ditTèrent profondément, suivant qu'on admet avec Cuvier, Jussieu, Agassiz, et d'autres, la fixité absolue des espèces, ou, qu'avec Lamarck, Etienne Geoffroy Saint-Hilaire et Darwin, on suppose leur évolution constante et leur variabilité illimitée. (Ces diverses hypothèses seront discutées en Métaphysique.)

Dans la théorie fîxiste, la classification naturelle, représentant les cadres immuables de l'œuvre créatrice, est définitive et immuable comme celle-ci ; tandis que pour l'évolutionnisme, elle est toujours provisoire et révisable. Dans le premier cas, la classification nous révèle une sorte de parenté idéale entre les êtres; dans le second, elle est censée nous faire connaître sa parenté réelle et l'histoire de l'évolution de la vie (2).

chiens de berger, ne constitue cependant avec eux tju'un nicme genre, et que la grande différence ([ui existe entre le bouledogue, par esemi)le, et le lévrier ou le clnen griffon, n'empêche pas qu'ils ne forment ensemble une même espèce.

(1; On appelle variH^ une niodiDcation accidentelle et plus ou moins passag<"^re de l'espèce, due à des inlluences extérieures, comme le climat, la nourriture, le sol. etc., telle est, par exemple, la variété albinos. l,a nce n'est qu'une variété devenue bérédilaire ; exemple : la rat-e nègre. Les produits d'une même espèce, mais de races diflPêrentes, se nomment métis, par exemple, les mulâtres. Les produits d'espèces différentes (quand elles en donnent), se nomment hybrides : tel est le mulet.

(9) A propos de la valeur des classifications en histoire naturelle, se pose à nouveau

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