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écrit, etc.? Ce genre de critique, avec celle des formules de style, lorsqu'elle s'applique aux diplômes et aux chartes, fait l'objet de la science appelée diplomatique.
b) Cet écrit figure-t-il dans quelque liste authentique des œuvres de l'auteur supposé?
c) Quelque écrivain postérieur n'en a-t-il pas cité des extraits en y ajoutant le nom de l'auteur? Ainsi nous savons par le témoignage formel d'Aristote, que la République, le Timée, le Phédon et les Lois ont Platon pour auteur; quant aux autres dialogues, bien que ne figurant pas sur cette liste, ils contiennent des passages qu'Aristote cite comme étant également de Platon.
d) On comprend d'autre part que, si quelque écrivain, antérieur à la date supposée de l'ouvrage, en faisait mention, ce serait une preuve décisive qu'il n'est ni de l'époque, ni de l'auteur auquel on l'attribue.
— L'authenticité est établie, je le suppose. Cet ouvrage est vraiment de Cicéron. Est-on par là même assuré de posséder le témoignage exact de Cicéron? — Pas encore.
Sans doute, si l'on se trouvait en présence du manuscrit même, conservé dans son identité première, la question serait tranchée; mais on n'en possède qu'une copie, qui elle-même a été transcrite mainte et mainte fois; reste à savoir si l'écrit primitif n'a pas été altéré, tronqué, interpolé. En d'autres termes, l'ouvrage est bien de Cicéron ; mais est-il tout entier de Cicéron et uniquement de C'icév on'! — C'est alors la question d'intégrité, ou plutôt d'intégralité, qui se pose.
§ 2. — Intégrité du document. - Comment résoudre cette question, comment remonter de la copie qu'on a, à l'original qu'on n'a pas?
1. Il n'est qu'un moyen : confronter la copie ou l'édition qu'on a sous les yeux avec d'autres copies ou d'autres éditions. Si elles concordent, et que, d'autre part, elles n'aient pas puisé à la même source ou ne se soient pas réciproquement copiées, — auquel cas nous n'aurions affaire en réalité qu'à un seul texte, — tout fait croire que l'ouvrage n'a pas été altéré. Si elles présentent des divergences, il faut suivre celles-ci de copie en copie jusqu'à ce que l'on découvre la version primitive, qui naturellement doit être préférée. D'ailleurs, dans un texte important et connu, les altérations ne portent d'ordinaire que sur des points accessoires.
2. Si l'on ne possède qu'une copie, on n'a d'autre ressource que de comparer entre elles les diverses parties de cette copie, et de rejeter celles qui sont en désaccord avec l'ensemble; mais on ne peut les remplacer que par des conjectures.
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Dans tout ce Iravail, on comprend le rôle que doit jouer lliypotlièse; heureux quand, après bien des recherches, on n'est pas réduit à en rester sur une hypothèse.
15 3. — Conclusion.
L'authenticité et rintégrité de l'ouvrage étant établies, on peut conclure qu'il contient le vrai témoignage de tel ou tel auteur.
Cela suffirait, si, comme le prétend Pascal, l'histoire n'avait pour but que de savoir ce que les auteurs ont ec/'i/;mais il n'en est pas ainsi. L'historien veut connaître la vérité sur les événements passés; aussi, quand il sait ce que les auteurs ont écrit, veut-il encore savoir si ce qu'ils ont écrit est vrai.
A cet effet, il recherchera s'ils ont l'autorité, c'est-à-dire la science et la véracité, seules garanties nécessaires et suffisantes de la vérité de leur témoignage.