‹ Cours de philosophieChapitre 286 sur 328 · II. — Théorie intellectualiste · texte numérisé non relu

II. — Théorie intellectualiste

1. Exposé. — La théorie intellectualiste soutenue contre Des- ■cartes par Spin'Oza et, de nos jours, par Paul Janet et Eue Ra- BLEii, prétend mesurer exactement l'assentiment de croyance à la force et à révidence rationnelle des raisons intellectuelles qui le provoquent et le justifient. Si ces raisons « nous senablent su;ffisantes, dit iRabier, il n'est que faire de la volonté pour produire la croyance. Si elles nous semblent insuffisantes, qu'on explique comment la volonté pourrait dissimuler ce manque de raison ou se prendre elle-même pour une raison? »

2. Critique. — Nous répondons que, sous son apparence -de rigueur logique, la théorie intellectualiste pose mal le problème et, par suite, en donne une solution fausse. Pent-être en elTet s'appliquerait-elle à une intelligence pure, totalement dénuée d'O volonté et de sensibilité : — une telle intelligence se déclancheraitsans doute automatiquement dès que le poids des motifs rationnels serait suffisant el resterait impassible tant qu'il y mau-

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querait encore une once. Mais l'esprit liumain n'est pas constitué de la sorte : il est substantiellement uni à la matière, à des facultés affectives et sensibles et il en est pénétré jusqu'au fond. Dès lors, si à la preuve rationnelle quil faut croire se mêle quelque obscurité de la part de l'objet pris en lui-même, ou si le soupçon se présente que le fait de croire troublera l'équilibre de notre vie sensible, intellectuelle ou morale, il est d'expériencr que l'homme doit alors, pour croire, mettre en œuvre non seulement sa raison raisonnante, mais encore sa volonté et sa sensibilité.

Notons d'ailleurs que le rôle de la volonté et des facultés affectives, n'est pas d'ajouter une raison nouvelle aux raisons de croire, supposées insuffisantes à elles seules, mais de disposer le sujet à faire droit à la valeur de ces raisons en croyant effectivement après avoir vu qu'il fallait croire.

ART. III. — Vraie solution du problème de la croyance.

La discussion des diverses théories incomplètes ou fausses que nous venons de passer en revue nous livre tous les éléments de la vraie solution.

Le problème, on s'en souvient, se présente sous un double point de vue : le point de vue psychologique et le point de vue logiqui^ critique. Il nous faut donc le résoudre sous ces deux aspects.

§ 1 — Solution du problème au point de vue psychologique.

La part de vérité reconnue dans les théories anti-intelleclualistes et la réfutation de la théorie intellectualiste nous fournissent cette solution.

1. Les raisons qui nous montrent avec évidence qu'il est bon ie croire, qu'il faut croire, ne rendent pas pour autant l'objet lui-même évident. Pour peu, alors, qu'un motif de quelque nature qu'il soit se présente à rencontre de l'adhésion à l'objet, l'esprit humain peut refuser cette adhésion.

2. D'autre part, sous l'influence de ces mêmes motifs rationnels de crédibilité, un esprit bien disposé passe outre aux obscurités intrinsèques de l'objet et donne son assentiment en faisant taire, s'il y a lieu, les doutes imprudents qu'il sentirait s'élever en lui.

^2. Solution du problème au point de vue logique critique.

1. Cette manière de procéder de l'esprit aidé par les dispositions favorables de la sensibilité et de la volonté est légitime et doit le mettre en possession de la vérité; car, soit par la confiance méri-

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