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Sophismes relatifs à la méthode inductive

a) Les uns proviennent d'une observation inexacte ou incomplète. Par exemple, ne pas tenir compte de la réfraction de la lumière, et conclure qu'un bâton à demi plongé dans l'eau est réellement rompu.

b) D'autres résultent de quelque vice dans Yexpénmentation. Telle est Vignorance de la cause [non causa pro causa). Ce sophisme consiste à prendre pour la cause d'un fait ce qui n'en est que l'antécédent accidentel. Sa formule est post hoc, ergo propter hoc. On constate que l'eau monte dans les tubes où l'on a fait le vide; on en conclut que le vide est la cause de l'ascension des liquides.

c) Sophismes dus à quelque faute commise dans Vinduction : a) Lq dénombrement imparfait ou insuffisant : sa formule estaô

uno disce omnes. Ce sophisme consiste à conclure imprudemment de « quelque» à « tous ». Quelques champignons sont vénéneux, donc tous le sont. — l\ous nous trompons quelquefois, donc, conclut le pyrrhonien, nous nous trompons toujours. C'est par un sophisme de ce genre que le transformiste conclut de quelques variations accidentelles à l'instabilité de tous les caractères spécifiques.

P) L'erreur de Vaccident [fallacia accidentis) consiste à transformer en attribut essentiel ce qui n'est qu'un simple accident, ou en défaut habituel ce qui n'est qu'une faute passagère, etc. Un médecin se trompe; un remède ne réussit pas : on en conclut que la médecine est inutile et que tous les médecins sont des charlatans.

d) Sophismes résultant d'une fausse analogie. Par exemple : partir de quelque ressemblance superficielle pour conclure à une ressemblance totale. On dit : Mars est une planète comme la terre; ^or celle-ci est habitée; donc Mars l'est également.

AP.PENDICE Qnelques sophismes historiques.

L'histoire de la sophistique nous a conservé un certain nombre d'arguments captieux, dont il n'est pas toujours facile de démêler le vice. Les plus célèbres sont :

1. Le cornu : Ce que lu n'as pas perdu, tu l'as encore; Or tu n'as pas perdu de cornes ; Donc tu as des cornes.

Le sophisme consiste ici à raisonner dans une hypothèse, comme si elle était prouvée. 11 est certain en effet qu'on a encore ce qu'on n'a pas perdu; mais, comme d'autre part, on ne peut perdre que ce que l'on a, il s'ensuit non point qu'on a encore les cornes qu'on n'a pas perdues, mais au contraire, qu'on n'a pu perdre les cornes qu'on n'a pas.

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