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CHAPITRE II

NATURE eUALITATIVE DU FAIT DE CONSCIENCE

Nous xivons déjîi eu plusieurs (ois Tocoasion de le renàarquer, Iwii des caractères essentiels du fait de conscience, c'est qu'il échappe à l'ordre de la quantité proprement dite^ A le bien prendre, c'est ce caractère qui range le fnit de conscience dans un ordre à part, irréductible à l'ordre physique et mécanique ou (îuremewt organique. Il nous faut y insister et démontrer que le fait de conscience est de nature essentiellemeiit qualitative. Cette démonstration sera établie lorsque nous aurons prouvé que le fait de conscience n'est pas une somme d'événements inconscients ou d'infiniment pclils de conscience et qu'il n'est pas davantage composé de phénomènes élémentaires conscients, mais qu'il s'affirme d'emblée comme appartenant à l'ordre exclusivement qualitatif.

ART. I. — lie fnit de conscience n'est pas une st^nittie d'éléttiOAts inconscients.

Selon Leibniz, Schopenhauer, Hamilton, Taine, le fait de conscience est une somme, une iutrgmtion d'états élémentaires inconscients.

§ 1. — Exposé de Cette théorie.

1. Nous entendons le mugissement de la met-, dit Leibniz, mais nous n'avons aucune conscience du brUit de chaque vague. encore moins de chaque gontte d'eau; et cependant il faut bien que nous percevions ces bruits élémentaires et inconscients, autrement nous ne percevrions pas le bruit total. De môme, dit Hamilton, une fôrèt vue de loin donne l'impression d'une bande verte. Or cette sensation est produite par des millions de sensations inconscientes , produites elles-mêmes par chacune des iîeuilles d'arbres de cette forêt. — Un dit encore ! pôui' être perceptible à 4a conscience, un son suppo<ïe au moins douze vibrations t\ la seconde; il faut donc que chaque vibration soit per«;ue d'une manière incotiscienle, car, ici encore. Une perception ne saurait se composer de dou^.c zéros de perception. Kt l'on conchtt que ces phénomènes ne ^ont pas nécessairement conscients; qu'ils ne le deviennent qu'en atteignant une certaine intensité, et qu'en définitive, tout phénomètu^ conscient n'est qu'Un total, une iiilr<jr/ilio)i d'états inconscients.

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