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On accumule les exemples pour uKuitrer rcxlslence de ces

éléments inconscients dans chacune des formes de notre vie psychologique.

a; Vie intelkctuello. — Nous savons une foule de choses : la preuve en est que la mémoire nous les rappelle à un moment donné; et cependant ces connaissances existent en nous d'une manière absolument inconsciente. De même, l'association des idées, l'imagination, l'invention des hypothèses chez le savant, la conception d'une œuvre d'art chez l'artiste, s'opèrent en vertu d'un travail latent qui échappe absolument à la conscience. La distraction, la préoccupation empêchent également une foule de perceptions véritables de pénétrer dans la sphère consciente.

h) Vie affective. — Quand on souffre, il sufTit souvent d'une préoccupation subite, d'une conversation un peu animée, pour rendre la douleur inconsciente; elle ne cesse cependant pas d'exister, puisque, la conversation terminée, on la retrouve dans toute sa violence. On s'assoupit en entendant une lecture monotone, et le meunier s'endort au tic-tac de son moulin; ces bruits deviennent donc inconscients sans cesser d'être perçus, puisqu'on se réveille dés qu'ils viennent à s'interrompre. De même, nous avons des sentiments d'affection ou d'antipathie pour plusieurs personnes; qui dira que nous en ayons toujours conscience?

c) Vie active. — Que d'actes l'instinct et l'habitude nous font poser d'une manière purement machinale ! Le pianiste, par exemple, a-t-il conscience des innombrables actes de volonté par lesquels il dirige ses doigts sur le clavier d'après les indications de la partition? Et nous-mêmes, dans nos actes les plus réfléchis, avons-nous toujours conscience des motifs qui nous déterminent?

Il existe donc dans notre vie consciente bon nombre de faits "strictement inconscients qui y exercent une influence. incontestable. Dès lors, rien n'empêche d'admettre que les derniers éléments de la conscience soient inconscients.

>i 2. — Discussion. — 1. Sans doute, il est des états de conscience si faibles, si fugitifs, qu'ils sont presque inconscients; mais conclure de là qu'il en est d'absolument inconscients, n'estce pas comme si l'on disait : il est des étendues fort petites; donc il est des étendues inétendues?

2. De fait, bon nombre des exemples qu'on nous oppose sont des phénomènes de moindre conscience, ou subconscients, comme nous le verrons, plutôt qu'absolument inconscients (1). Ainsi, dans le cas du meunier qui, s'étant endormi au tic-tac de son moulin,

(i; Il parait ccrlaiu que Leibniz ne l'entendait pas autrement. Ce qu'il appelle inconscience n'est en réalité, conformément à sa théorie des fluxions, qu'un minimum de conscience tendant à zéro, sans jamais l'atteindre, bien que, pour nous, la valeur en scil pratiquement nulle.

NATLHE Ut'ALlTATIVE DE LA CONSCILNl.L. bi

s'éveille dès que celui-ci s'arrête, il faut bien admettre que le bruit du moulin formait dans sa conscience comme une pédale sourde ot continue, puisque l'arrêt du moulin, en supprimant cette partie intégrante de la conscience totale, a produit un contraste suflisant pour éveiller le dormeur. Il en est de même des faits que l'on cite : de la distraction, de Thabilude, etc.

3. Quant à l'objection tirée du bruit de la mer, de la vue lointaine de la forêt, ou du son, lequel, pour être perçu, suppose un minimun de douze vibrations à la seconde, elle part de ce faux supposé que, si une cause produit un certain effet, tout fragment de cette cause produira nécessairement un fragment decet effet; or rien de plus contraire à l'expérience. Il est une foule de cas où l'efTet ne se laisse pas ainsi fragmenter; où un minimum d'intensité est requis dans la cause pour produire son effet, et faute de laquelle elle n'en produira pas le moindre fragment. Ainsi un choc trop léger sur une matière explosible, ne détermine aucun commencement d'explosion.

Tel est précisément le cas de la sensation. Elle est nécessairement consciente ou elle n'est pas : et pour qu'elle le soit, il faut que la cause physique ait assez de force pour impressionner suffisamment l'organe, faute de quoi la sensation ne se produira à aucun degré. Voilà pourquoi, si douze vibrations sont nécessaires pour qu'un son soit perceptible, une seule vibration ne produira pas la moindre parcelle de perception.

C'est donc à tort qu'on prétendrait ne voir dans le fait de conscience qu'une intégration d'états inconscients.

ART. II. — Lie fuit «le conscience n'est pas une somme «réléments conscients.

1. Le fait de conscience n'est pas davantage, comme le pense l'école associationniste, la somme d'autres faits conscients élémentaires. L'unité même avec laquelle il nous apparaît nous le montre suffisamment. En effet, à supposer qu'il soit composé de phénomènes élémentaires dont chacun serait déjà conscient, resterait à indiquer le principe d\mité qui rassemblerait en un tout indivis ces faits de conscience distincts. Une série de cent états de conscience ne formera un seul état de conscience que si vous en ajoutez un cent-unième, absolument nouveau et qui soit, à lui tout seul, la conscience de la série (W. James).

2. Mais la principale raison qui exclut l'hypothèse de la composition quantitative des états de conscience, c'est qu'ils repoussent al)Solumenl la notion de commune mesure, essentielle à la quantité. Ils sont donc d'emblée de l'ordre de la qualité : un plaisir double d'un autre, la moitié d'une douleur sont des expressions

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^^ui ne présentent aucun sens el qui devraient, au contraire, en avoir un très net si les faits de conscience étaient des sommes formées d'éléments additionnés. L'es faits de conscience ne sont donc pas composes; chacun d'eux est par lui-même ce qu'il est, sans commune mesure avec les autres.

3. S'ensuit-il, comme le voudrait H. Bergson, que le fait de conscience ne puisse pas être, en lui-même, plus ou moins intense? Le prétendre serait tomber dans un excès opposé à celui que nous combattons en ce moment. L'intensité plus ou moins grande des faits de conscience ne suppose pas qu'on leur applique brutalement une commune mesure : Tintensité, comme nous le verrons en Métaphysique, n'est pas un attribut exclusivement quantitatif, mais c'est un analogue de la quantité dans le domaine de la qualité.

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