‹ Cours de philosophieChapitre 42 sur 328 · MÉCAMSMB DE LA SENSATION · texte numérisé non relu

MÉCAMSMB DE LA SENSATION

système nerveux, pourrait être anéanti ; nous aurions encore les mêmes sensations... » — William James résume plaisamment cette doctrine radicale : « Si, par exemple, dit-il, nous pouvions coudre à notre oreilte l'extrémité du nerf optique et à notre œil celle du nerf auditif, nous entendrions l'éclair et nous verrions le tonnerre, nous verrions la symphonie et nous entendrions les mouvements du chef d orchestre. Je recommande ces hypothèses aux néophytes qui veulent s'entraîner à l'idéalisme. »

à) D'autres psychologues, d'après les données d'une science mieux avertie (1), pensentavec Lotze, W. James, Bergson, que, si l'organe est rtp7jro/?Wé à la réception dételle excitation, c'est qu'il est proportionné, adapté à cette excitation déterminée, mais ce n'est nullement qu'il soit apte à répondre par sa réaction normale à n'importe quellf excitation. « Le processus des fibres elles-mêmes, écrit W. James, est très vraisemblablement identique ou à peu près pour tous les différents nerfs. C'est le « courant nerveux » Mais ce sont des catégories différentes de vibrations extérieures qui dédanchent ce courant : celles de la rétine ne sont pas celles de l'oreille; chaque sens aies siennes, qu'il recueille à laide d'un appareil terminal ad hoc. De même que nous nous servons d'une • uiller pour prendre la soupe et d'une fourchette pour prendre la viande, ainsi nos libres nerveuses se servent de tel appareil terminal pour prendre les ondes aériennes et de tel autre pour prendre les ondes éthérées. »

5? 2. — Deuxième phase : transmission ou innervation.

4. L'excitation produite à l'extrémité périphérique du nerf esl transmise par lui au centre nerveux et spécialement au cerveau Comment s'opère cette transmission? Le « courant nerveux » estil comparable à un mouvement ondulatoire? consiste-t il en une série de modifications chimiques de la substance nerveuse'' Ou en ost encore aux hypothèses. Quelle que soit sa nature, sa rj/me 'st d'environ trente mètres à la seconde.

2. Il en est de même pour ce qui regarde la nature de leur ! onction conductrice. Chaque nerf est-il adapté sur tout son parcours a un genre spécial d'excitations à transmettre"? est-il au contraire un conducteur indifférent? Cette dernière hypothèse semble prévaloir.

•^ '^- — Troisième phase : réaction cérébrale.

1. Impression sensorielle et innervation sont des conditions de

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la sensation, mais à elles seules, elles n'en sont pas les conditions nécessaires et suffisanlcs. Il y faut de plus l'intervention des centres cérébraux. L'excitation provenant de la périphérie détermine un courant nerveux qui parcourt la fibre nerveuse jusqu'à la partie du cerveau où elle aboutit, « On suit les fibres optiques jusqu'aux lobes occipitaux, les fibres olfactives jusqu'à la partie inférieure du lobe te mporal » (circonvolution de l'hippocampe) . Les fibres auditives passent d'abord dans le cervelet, puis probablement dans la partie supérieure du lobe temporal » (W. James).

Arrivé au centre convenable, le courant nerveux y détermine la réaction vitale, physiologique et psychologique qui constitue proprement la sensation.

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