NOMBRE DES SKNS EXTERNES
de noire peau (1). Cette sensation que l'on rapporte souvent au loucher ordinaire s'en dislingue cependant subjectivcmenl, c'est-àdire comme fait de conscience; de plus elle provient d'un organe spécial : certains points de la peau parfaitement sensibles au touclior ne le sont pas du tout à la température. Il y a donc des terminaisons nerveuses distinctes de celles du simple toucher et qui sont aptes à recueillir l'excitation thermique. Il est donc raisonnable de considérer le sens thermique comme un sens, secondaire sans doute et plus ou moins proche du toucher, mais cependant distinct de lui,
b) Le sens de la douleur. — Des expériences pareilles à celles qui ont permis la détermination du sens thermique, semblent devoir nous amener à la même conclusion pour le sens de la douleur : ly cornée, insensible au toucher, est extrêmement sensible à la douleur.
c) Le sens de l' orientation et de l'équilibre. — Ici encore nous trouvons une sensation particulière due à un organe spécial, donc un sens déterminé distinct des autres.
a) La sensation est cette impression sui genens de chute ou d'équilibre, d'attitude générale du corps.
p) V organe consiste dans quelques parties de l'oreille interne : les trois canaux semi- circulaires ainsi que Yulricxde et le saccule avec Votolithe contenu dans chacun d'eux. Ces organes sont inutiles à l'audition, leurs lésions ou leur ablation causent des vertiges et provoquent des chutes ; les troubles dans les sensations d'équilibre et d'attitude poussent le sujet à des mouvements compensateurs désordonnés.
d) La Cénesthésie, ou sensibilité générale, est la faculté de ressentir l'impression très complexe que nous cause l'ensemble de notre organisme : les sensations de fatigue, de faim, ou tout simplement la sensation habituelle de tout notre corps, sorte de toucher interne diffus, d'impression plus ou moins mal localisée de bien être ou de malaise, appartiennent à la cénesthésie.
Les sensations de la cénesthésie sont plutôt des ensembles d'impressions psychologiques que des états bien spécifiés et distincXs; on outre elle n'a pas d'organe spécial. Il n'y a donc pas lieu de la considérer comme un sens proprement dit. — Ajoutons que son domaine étant le sujet lui-même appréhendé par le dedans, la cénesthésie relève proprement de la connaissance sensible interne.
(1) Nous disons . • de notre peau » et non ■• de noire corps ». Roustan fait remarquer avec raison (|uc « ce qu'il faut enseigner à l'enfant, c'est donc surtout la méfianri: (i l'i-gard du seua des tp»i/tcraturcs dont les indications sont ticaucoup moins relatives .'i Tétat du corps lui-inênic ou du monde extérieur qu';i l'état seulement de notre peau. Il faut lui apprendre à rester couvert, m<5»ic lorsqu'il a l'impression d'avoir rh'iud. ."i le tliermomèlre marque une Icnipératurc un peu basse. -
î)0 i'SYCQOLOGlE.
ART. III. — Classification des sens.
Cet examen de robjet propre de nos différents sens nous permet d'apprécier leur importance respective et de les classer en conséquence, en nous plaçant à difîérents points de vue.
1. Au point de vue de l'utilité organique. — A ce point de vue, Vodoral et le goût tiennent la première place. Ce sont eux en effet, qui, par l'attrait et la répugnance que leur inspirent les aliments, déterminent ou modèrent l'appétit; aussi aucun animal n'en saurait il être privé sans périr à bref délai.
Vient ensuite, le toucher passif. Quant aux autres sens, ils ne paraissent pas indispensables à la vie physique.
2. Au point de vue esthétique. — havue d'abord, ensuite Vouie sont par excellence les deux sens artistiques; puis, dans une mesure infime, chez l'homme normal, le toucher actif.
Vodoral et le goût n'ont, par eux-mêmes, aucun rapport avec le beau; ils ne sont sensibles qu'à l'agréable.
3. Au point de vue scientifique et iatellectuel. — Le sens le plus instructif est le toucher ac/i/' s'exerçant par la main. Lui seul nous donne l'étendue sous se- trois dimensions; lui seul perçoit clairement la résistance et, par l'effort musculaire qu'elle nécessite, nous permet de distinguer ie moi du non-moi ; aussi est-il le point de départ des notions fondamentales d'extériorité, d'objectivité, et par suite de toute perception : f, /s'ip 5pY«''ov h-.vi
ÔpvotVOJV fl).
Au second rang vient la vue, qui ne perçoit l'étendue que sous "deux dimensions; puis Vouie.
Quant au goût et à Vodoral, ils nous affectent plus" qu'ils ne nous instruisent; ils sont plus subjectifs qu'objectifs, et comme tels, fournissent plus à la sensibilité qu'à la connaissance.
4. Au point de vue social. — Dans nos rapports avec nos semblables, Vouïe paraît le principal moyen de communication, car elle perçoit la parole qui est le lien des intelligences et la condition des sociétés. Immédiatement après vient la vue. Enfin le ton- ^:hcr, qui, dans une certaine mesure, peut les suppléer l'une et l'autre, ainsi que le démontre l'éducation, si intéressante au point de vue psychologique, de certains aveugles, sourds et muets de naissance; par exemple, celle de la jeune Américaine Laura Brid-
(1) Toutefois, il ne faut pas exagérer l'impoitauce de la main, au point de prétendre avec Anaxagore que l'homme ne pense que pafc qu'il a une main. Lr( valeur €t l'efficacité d'un sens, comme de tout instrument, dépend surtout de celui qui l'e mploie, et la liaute portée inlellecluelle du lad lui vient surtout de la raison qui en interprète et en utilise les données. C'est en ce sens qu'Aristote a pu dire, en renversant la proposition d'Anaxagore : L'homme n'est pas supérieur aux animaux parce qu'il a une main, mais il a une main pirca qu'il est supé.ien.r aux animaux.
PERCEPTIONS ACOUISES. 91
geraan, celle de Marie Heurlio, admise en 1895 chez les sœurs sourdes-miicfles de Larnay (Vienne), et, plus récemment, celle de Héh^ne Kellev.