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ERREURS DES SENS

pour Qous donner une connaissance suffisante des choses, exigent rapplicalion successive de différents sens, et par suite la présence, ou même le contact immédiat de Tobjet. De là des lenteurs, des tâtonnements, des déplacements toujours pénibles, parfois même dangereux.

3. Ces perceptions acquises, telles qu'elles résultent en Thomiùe de l'éducation des sens par l'esprit, lui assurent une supériorité incontestable sur tous les animaux. Ceux-ci ont beau le surpasser par la netteté et la puissance de leurs perceptions primitives, l'homme l'emportera toujours de beaucoup par la variété de ses perceptions acquises, précisément parce qu'il a une intelligence capable d'en interpréter, d'en comparer les données, et par là, d'étendre à l'infini les informations qu'il en reçoit.

Sans doute, avec les seules perceptions primitives, nous diminuerions de beaucoup les chances d'erreur, mais en revanche notre connaissance du monde extérieur resterait d'une pauvreté extrême et exigerait, dans chaque cas, de grands efforts pour obtenir lentement un résultat minime. D'ailleurs si les perceptions acquises peuvent être pour nous occasion d'erreur, nous allons voir qu'elles ne nous trompent pas, à proprement parler.

ART. IV. — Erreurs des sens.

On appelle de ce nom les illusions auxquelles nous sommes exposés dans l'usage de nos sens : ainsi, le soleil nous semble large d'un pied; il paraît tourner autour de la terre; un bâton à demi plongé dans l'eau paraît rompu, etc.

§ 1. — Leur nature. — Remarquons d'abord qu'à parler en rigueur, nos sens ne se trompent pas. Par eux-mêmes, ils sont incapables de vérité et d'erreur ; ils se bornent à nous transmettre les impressions qu'ils reçoivent sans rien allirmer. C'est nousmêmes qui nous trompons en interprétant mal leurs données.

Ici plus que jamais on peut dire : ihomme n est jamais trompé, il se trompe. En effet, il s'en faut que la première donnée des sens soit toujours la reproduction exacte des propriétés réelles des objets qui la causent; le plus souvent elle n'est qu'un signe qu'il s'agit d'interpréter. Or c'est là précisément que l'erreur est susceptible de se glisser.

1. Ainsi, certaines conditions plujsiques : le milieu à traverser, l'éclairage, la position des objets, etc., peuvent devenir pour nous des occasions d'erreur, lorsqu'elles diffèrent de celles auxquelles nous sommes accoutumés. Témoin les illusions du dessin et de la peinture, qui réussissent à représenter sur un plan vertical le creux et le relief, les distances et tous les effets de la

COIRS DE PHILOSOPHIE. — T. I. 7

gg pSYCnOLOGŒ.

perspective, en se bornant à ménager les ombres et les nuances et à arrêter plus ou moins les contours.

2 De même, certains états phijsiolagiques provenant d un organe habituellement mal disposé, comme dans le daltonisme (1), ou accidentellement, comme dans certaines maladies passagères, nous exposent à affirmer de lobjet ce qui, en réalité, n'appartient quà lorgane. Ainsi, sous rinfluence de La. fièvre, un breuvage sucré semblera amer et une température douce paraîtra froide.

3 Enfin il est des causes psychologiques d'erreur, provenant de l'habitude qu'a prise l'esprit, soit d'induire sur des indices insuffisants, soit d'associer à certaines perceptions des idées ou des images qui y sont étrangères.

§ 9. Moyens de les éviter. — Deux conditions sont requises pour éviter Terreur dans nos perceptions; l'une relative à VappUcation des sens, afin d'en obtenir des données sérieuses; l'autre relative à Vinterprétation de ces données, pour en tirer des conclusions certaines.

1 Quant à l'application des sens :

a Avant tout, vérifier si nos organes sont sains et dans leur état normal; par exemple, si notre œil n'est pas injecté de biie ou atteint d'hallucination, si notxe goût n'est pas déprave par la

fièvre, etc. .^ a

b\ Consulter chaque sens sur son objet propre et ne pas demander à lun ce qu'il appartient à un autre de nous donner: comme, par exemple, le relief ou la distance à la vue ; ou même ce qu'aucun sens ne saurait nous donner, comme la substance.

c) Nous assurer que l'objet est suffisamment présent au sens, et que le milieu, étant homogène, n'influe ni sur ses dimensions, ni sur sa couleur, ni sur sa position apparente.

d) Enfin, ne pas négliger de contrôler les données dun sens

par celles des autres. ^ f r f

2 Reste à interpréter convenablement ces données : c est 1 aifaire du jugement éclairé par la science, instruit par l'expérience, exercé par l'habitude.

(^^ Le dallonisme est ce défaut de Vorgane visuel qui le rend insensible à cerlaines impress^ontet par suite, nous amène à confondre certaines couleurs, par exemple, 1/» hiMi pt Ji^ vert, le rouse et le violet. , . , . .

celte fufirm'té sTlé.ére en apparence, rend impropre à tous les emplois (cheniias de ?er! arS, marine) où il importe de distingaer les signaux colores, tels que drapeaux, disques, feux, etc.

OHIGINE DE LA NOTKiX DK rOR!'

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