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La solution de Bergson est arbllraire et inacceptable

a) Arbitraire : elle ne s'appuie en efTet sur aucun arginnent, mais seulement sur des jeux de mots: « l'image peut être présente sans être représentée » ; et sur des métaphores : métaphore du tableau, de la lumière réfléchie,... toutes choses qui pourraient être excellentes pour éclairer une doctrine déjà démontrée, mais qui n'ont aucune valeur probante.

/*) Inacceptable : elle l'est à plus d'un titre , en particulier par les notions qu'elle prétend nous imposer de l'intuition et de l'image :

«^ Vintuilion, connaissance parfaite, n'a lieu, d'après Bergson, qu'au moment précis oii le sujet complètement identifié à l'objet perd toute conscience et cesse même d'être comme sujet, — ce qui revient cà dire que la connaissance n'atteint sa perfection que pour autant qu'elle cesse d'être la connaissance.

3) Vimage entendue évidemment au sens de connaissance Imaginative, n'est pas consciente et n'est l'image de rien, puisque tout est image et rien qu'image.

Nous conclurons sans ambages que la vogue de cette théorie peut bien être affaire de mode, mais ne doit pas influencer les philosophes qui tiennent au sérieux et à l'indépendance de leur pensée.

AIIT. IV. — Théorie «le l'assimilation vitale «l'Aristote et des ^colastiqucs.

§ 1. — Exposé. — 1. Aristote (384-322 A. C.) et, après lui, les philosophes de l'École parlent de ce principe que la sensation est l'acte commun de l'objet sensible et des sens (■?! toû aîaO/iTovi

èvépY£ia xat xr,; aîffôiîaetijç tj aGxvi èuxi xa'i uîa), et par Suite, qu'elle suppose l'union intime du sujet connaissant avec l'objet à connaître. Or l'objet, ne pouvant s'unir au sujet quant à sa réalité matérielle, s'unit à lui par une action sui generis représentative de cet objet. Le sens, dit ArivStote, reçoit la forme sensible sans la matière, el8o<; aveu xviç uXt)?» comme la cire reçoit r empreinte de l'anneau sans recevoir le fer ou Vor dont il est fait. L'objet extérieur est comme le cachet, la cire est le sens ; c'est par le modelé

de la cire que nous connaissons le cachet, et que nous le connaissons tel qu'il est.

L'impression est donc tout ensemble subjective et objective : subjective en tant qu'elle est dans le sens (comme dans la cire), objective en tant qu'elle est la forme de l'objet extérieur. De là le phénomène mixte et pourtant un que l'on appelle sensation.

2. Aristote et les scolastiques distinguent deux phases dans la perception externe :

a) Une phase passive : l'objet imprime dans l'organe une certaine représentation de lui-même ; c'est Y empreinte ou impression [species impressa).

b) Une phase active : car l'organe ne se borne pas, comme une cire inerte, à subir passivement cette impression; il réagit sur elle, et par cette réaction qui est consciente {species expressa), nous percevons directement l'objet.

Ni l'action, ni la réaction ne sont donc, pour Aristote, Vobjet que perçoit le sens, mais seulement ce par quoi le sens perçoit l'objet. Non est id quod, sed id quo vel per quod objectum percipitur (11.

§2. — Appréciation. — 1. Cette théorie est des plus solides dans son principe. Elle seule explique le passage de la matière à l'esprit sans recourir à un intermédiaire que rien ne justifie ; elle seule analyse objectivement et sans y rien ajouter le phénomène essentiellement mixte de la perception, dans lequel le corps et l'àme, le sujet et Tobjet exercent simultanément leur action pour produire dans le sujet connaissant une image vivante de l'objet qui ne joue en aucune manière le rôle d'intermédiaire connu, mais qui est dans le sujet la connaissance même qu'il a de l'objet. L'objet n'est en effet perçu hic et nunc qu'autant qu'il est ainsi vitalement représenté dans la réaction vitale assimilatrice provoquée par l'impression qu'il a d'abord exercée sur le sujet.

2. Gardons-nous, cependant, de confondre avec la doctrine péripatéticienne, ainsi qu'on le fait quelquefois, cet immédiatisme simpliste et intégral, qui se contente d'objectiver en bloc et sans discernement le contenu de toutes nos sensations. Les données les plus récentes de la physique et de la psychologie ne permettent pas de supposer que nos sensations soient toujours et en tout l'expression fidèle et adéquate de la réalité. Seules, nous

(t) On voit combien les successeurs immédiats d'Aristote ont défiguré la doctrine du maître en faisant de ces formes autant de petites entités qui se détaciieraient des objets eux-mêmes pour venir impressionner nos organes. C'était retourner à la théorie des idées-images. D'où la défaveur si injuste qui s'est attachée au système péripatélicien, et dont il souffre encore aujourd'hui près de ceux qui négligent de l'étudier aux sources.

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l'avons montré plus haut, les <iualités premières existent certainement dans les objets telles qu'elles sont représentées par les sensations qu'elles provoquent en nous. Or, la théorie péripatéticienne de ïassxinUation vitale sauvegarde parfaitement la distinction des qualités premières et secondes sans compromettre aucunement Vimmédiatisnie de la perception. En effet, elle considère la réaction vitale représentative en quoi consiste formellement la connaissance, comme jouant par rapport à l'objet un rôle analogue à celui de l'image virtuelle présentée par un miroir. Par le moyen d'une telle image, c'est l'objet seul qui est atteint et non quelque intermédiaire qui le remplacerait ; et, d'autre part, l'image virtuelle produite par l'action du miroir reflète l'objet à sa manière à elle selon ses propres lois. C'est à la critique exercée par l'esprit sur les données des sens qu'il appartient de déterminer le degré et le mode de fidélité matérielle de cette représentation sensible (Voir pp. 106 et suiv.).

Section II. — CONNAISSANCE SENSIBLE INTERNE FONCTIONS DE CONSERVATION ET DE COMBINAISON

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