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ORIGINE DES IDÉES

Comment se forment en notre esprit ces représentations immatérielles des choses même matérielles, dont nous venons d'étudier la nature? C'est le problème de l'origine des idées. Donner la solution de ce problème revient ;\ montrer comment les données sensibles concrètes et individuelles se transforment en connaissances intellectuelles abstraites et fjénéralrs. D'où deux articles : l'abstraction et la généralisation.

l») Notons ici l'équivoiiuc à laquelle prêlciH quelquefois ces deux fermes : alts- Iraire et faire abstracLion. Abstraire une J'Iiosc, c'est l'isciler, afin de l'examiner plus aitenlivemenl; au contraire faire abslraclion d'une chose, c'est négliger de la voir pour en mieux observer une autre.

176 l'SYCnOLOGlE.

ART. I. — fj'abHtractîon.

§ 1. — Ce que l'abstraction intellectuelle n'est pas.

1. Nous avons dit au chapitre précédent qu'abstraire c'est considérer séparément dans un objet des choses qui en sont réellement inséparables. En s'en tenant à cette définition très générale, on comprend que regarder séparément les feuillets d'un livre, les membres d'un animal, les rouages d'une machine n'est pas abstraire, puisque ces choses ainsi observées séparément pourraient être séparées les unes des autres en réalité.

2. Mais on pourrait être tenté de penser qu'il y a abstraction proprement dite par le seul fait que les objets considérés séparément sont inséparables les uns des autres dans la réalité. A ce compte il faudrait dire avec Laromiguière que nos sens euxmêmes sont des machines à abstraire, car ils perçoivent chacun une qualité indépendamment des autres dont elle est réellement inséparable : la vue ne perçoit que l'étendue colorée, le toucher que le relief, la résistance, etc. — Ce n'est pas en cela que consiste la véritable abstraction ; en effet la couleur et la figure d'un objet matériel perçues par la vue sans la résistance, la température ou l'odeur dont elles sont inséparables, restent cependant concrètes, individuelles, réalisées à tel point de l'espace et à tel moment du temps, bref soumises aux conditions d'existence de la matière.

§ 2. — Vraie notion de l'abstraction intellectuelle.

1. Sans doute, l'abstraction intellectuelle peut, elle aussi, isoler les unes des autres les qualités sensibles d'un même o])jet, mais ce n'est pas là son caractère propre et essentiel. En effet, tout d'abord, rien n'empêche l'idée abstraite de représenter intellectuellement l'ensemble des qualités d'un objet matériel; — et, sous ce rapport, l'idée peut être moins abstraite que la sensation. — En outre, et c'est là sa fonction essentielle, l'abstraction intel- j| lectuelle donne aux divers éléments objectifs que représente le concept un autre mode d'être que celui qu'ils possèdent dans la réalité : alors que dans la chose tout est concret, individuel, plongé dans les conditions de l'existence matérielle, la représentation conceptuelle de cette chose dans l'esprit est complètement dégagée de tout ce qui la faisait exister concrète, matérielle, individuelle, dans la réalité.

En un mot, l'abstraction intellectuelle est une opération par laquelle l'esprit isole l'objet de son existence concrète et de tout ce qui dans la réalité lui permet de tomber sous les sens et d'être représenté par l'imagination. Elle produit ainsi des objets maté-

l'abstiuation 177

riols eux-mêmes une représentation strictement immatérielle.

H. Cette opération, on le comprendra, ne peut pas être une simple extraction, comme si l'esprit n'avait qu'à démêler dans l'objet les éléments qui lui reviennent et à les retirer de ce qui les accompagne en fait. « Il ne saurait être question, dit encore le P. Peillaube, d'une essence séparée de l'individualité, « incarcérée » dans l'individualité, mais seulement d'uneessence, espèce, formeou idée identique à l'individualité. Le génie de l'intelligence consiste non à extraire un prisonnier, mais à donner à l'essence individuelle une existence idéale réellement distincte de l'individualité. Le contenu de l'image n'en est point modifié dans l'image même; mais une activité originale profonde correspondant à un besoin nécessaire de l'esprit humain produit en dehors de l'image, dans l'intelligence, l'essence immatérielle et intelligible. Cette essence, qui existe implicitement et en puissance dans l'image, l'activité intellectuelle la fait exister explicitement et en acte dans l'intelligence. Dans l'image comme dans la nature, l'essence est identique à l'individualité, mais cette identité enveloppe une richesse d'être sutUsante pour donner prise à l'abstraction. Non necesse est, dit saint Thomas, ut ea qux intellectus separatim intelligit, separatim esse habeantin rcrum natura. Une distinction virtuelle de l'essence et de l'individualité suffit à justifier l'abstraction >> (1).

3. Ce que nous venons de dire, en même temps que la nature de l'abstraction, indique, d'une manière générale, son mécanisme L'explication plus détaillée de ce mécanisme exige, pour être bien comprise, des notions de métaphysique. Nous la renvoyons donc à la Psychologie rationnelle (Tome II, pp. 465 et suiv.).

v^ 3. — Différents degrés et modes d'abstraction.

La coupe mentale faite dans l'objet par l'opération abstractive de l'esprit ne correspond pas, nous l'avons dit, à une distinction réelle des éléments dissociés par le concept. Cette opération cependant n'est pas arbitraire : l'abstraction n'est légitime qu'autant que la réalité même invite l'esprit à la pratiquer, ou, comme disent les scolastiques, lui en offre le fondement. De là divers modes et divers degrés d'abstraction.

(1) Oii voil ce qu'il faut penser de l'objection dite « du moicelage -. cette objection, devenue classi(|ue dans la philosophie modernisle, reproche à la pensCe abstraite de fausser la réalité en représentant comme découpé et invarialilement fixé (»io>relage statique) ce qui dans les objets réels est continu, (li/nnniiqur. essentiellement mouvant et \ivant. — Ce reiiroche n'est pas londé, car. ainsi que nous l'avons expliqué l'étal d'isolement dans lequel l'esprit pense les éléments de ses concepts n'est iii«

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lUriltué par lui au ?norfe if'clrr de ces éléments dans l'objet réel. Tout uu contrai l'esprit sait fort bien et il ne perd jamais de vue que les ron'-ept.s diUslrniin ne jux posent pas seulement leurs contenus respectifs, mais les combinent en les coin'pé nétrant et les fondent dans l'unité, comme leurs objets sont on\ mêmes fondus et compénélrés dans la réalité.

COURS DE PIIII.OSOI'IIIE. — T. I. J2

1. Modes. — On admet deux modes principaux d'abstraction selon que l'objet présente à l'esprit un fondement parfait ou seulement imparfait de distinction de raison, distinctio rationis cum fundamento perfecio ou cum fundamento imper fecto, selon le vocabulaire de lÉcole.

a) Le premier a lieu lorsque l'esprit peut se représenter un des éléments de l'objet sans s'occuper aucunement des autres. Par exemple, dans la définition classique de l'homme, animal raisonnable, je puis penser « animal », c'est-à-dire « être doué de vie végétative et sensitive », sans savoir si cet animal est ou nest pas raisonnable : « animal » est distinct de « raisonnable » avec fondement parfait.

b) Il n'en va pas de même, quand il s'agit, par exemple, des attributs de Dieu : je ne puis pas penser avec vérité la sagesse divine en faisant totalement abstraction de l'être de Dieu et de ses autres attributs, car Dieu étant simple, son être et ses divers attributs sont parfaitement identiques entre eux,

2. Degrés. — Une notion est d'autant plus abstraite qu'elle est plus éloignée de l'état d'existence concrète matérielle. A ce point de vue, on compte trois degrés d'abstraction :

a) Le premier degré consiste à négliger l'existence concrète matérielle et individuelle ; mais la représentation mentale ainsi obtenue renferme encore l'ensemble des qualités sensibles de l'être corporel, telles que la résistance, la température, la couleur, etc. — C'est à ce degré d'abstraction que se bornent les sciences de la nature.

b) Au second degré il est fait abstraction des qualités secondes : couleur, son, odeur, etc., au profit des seules qualités premières : quantité, extension, figure, mouvement. Nous pouvons concevoir ces derniers attributs sans concevoir nécessairement tel corps plutôt que tel autre, mais nous ne pouvons pas les penser en dehors de tout être corporel. — Ce degré est celui des sciences géométriijues.

c) Enfin par le troisième degré d'abstraction, l'objet est pensé comme réalisable aussi bien dans un être spirituel que dans un être matériel. Tels sont les concepts d'être, de substance, de puissance, de qualité, etc. Ce degré convient en propre à la métaphysique.

§ 4. — Avantages et inconvénients de Tabstraction.

Ainsi que Ton a pu s'en rendre compte par ce qui précède, cette qualité d'être abstraite, qui est essentielle à l'idée, est tout à la fois une perfection et une faiblesse :

1. C'est une perfection, car grâce à elle notre connaissance s'élève au-dessus de la matière. Aussi l'abstraction est-elle :

i/aUSTR ACTION. 179

a) La condition do toute, science, pr^'cisémenk parce qu'elle est le moyen nécessaire de toute pensée claire et distincte et, comme nous le verrons, de toute idée générale;

h] La condition de tout arl, puisque la combinaison des images par Timaginalion créatrice suppose qu'elles ont été préalablement dissociées, c'est-à-dire isolées les unes des autres et mises en relief par l'abstraction réfléchie ou spontanée ;

c) La condition de tout langage^ car, sanf quelques noms propres et quelques pronoms, tous les mots d'une langue expriment des idées abstraites de substances, de qualités, d'actions ou de rapports.

2. Mais l'abstraction est aussi une faiblesse et un danger ou mieux elle est le signe d'une faiblesse et l'occasion d'un double danger.

a) En effet, étant admis que l'intelligence ne saurait, du premier coupd'œil, percevoir avec netteté ce qui est tant soit peu complexe^ il résulte que, sous peine de demeurer dans le vague et dans l'a peu près, elle doit considérer isolément et successivement les différentes faces des objets qu'elle veut connaître avec quelque précision. L'abstraction est donc tout ensemble le signe et le remède de notre faiblesse intellectuelle.

h) Les dangers de l'abstraction résultent de l'abus qu'on en peut faire. 11 en est deux principaux :

«) jfn demeurer à V abstraction, c'est-à-dire ne pas reconstituer mentalement le tout qui a été décomposé par l'esprit. C'est se condamner à ne connaître qu'un côté des chose»» à ignorer leur nature totale et complète, et, par suite, s'exposer à ces vues étroites et exclusives qui engendrent la partialité, l'esprit de système, et nous rendent impropres aux alfaires et à la pratique de la vie. Ce défaut se rencontre fréquemment chez les mathématiciens et les métaphysiciens de profession, et en général chez les esprits trop exclusivement spéculatifs.

p} Un autre danger serait de réaliser les abstractions, ainsi qu'il arrive d'ordinaire aux esprits peu cultivés, chez lesquels l'imagïnation l'emporte sur la raison. On voit les enfants, les peuples jeunes attribuer ainsi aux notions les plus abstraites une existence réelle et indépendante, au point de les personnifier, parfois même de les diviniser. C'est là sans doute une des sources les plus riches de la poésie, le principe des allégories et des métaphores ; mais c'est aussi l'origine delà mythologie, de l'idolâtrie, du fétichisme et des plus grossières erreurs.

Les savants no sont pas toujours à l'abri de ce défaut; témoin les Pythagoriciens, qui voyaient dans les nombres et on particulier dans Vanité le principe de toutes choses. Platon lui-même, au rapport d'Aristote, attribuait une existence réelle aux idées de genre et d'espèce.

180 PSYCHOLOGrE.

De nos jours encore, on voit certains évolutionnisles parler sans métaphore du temps comme d'une cause réelle et d'un facteur positif du progrès; delà 7ia<Mrçcomme d'un être moral, tantôt sage et prévoyant, tantôt capricieux et rusé. Il est vrai, d'autre part, que l'infini n'est plus à leurs yeux qu'un idéal abstrait, l'âme une résultante, et le Créateur une simple formule créatrice (1).

« Le grand abus des abstractions, dit Joubert, c'est de prendre en métaphysique les êtres de raison pour des êtres réels, et de traiter en politique les êtres réels comme des êtres de raison. »

ART. IL — Lia g'éuéralÎNation.

S:? 1. —Nature de la généralisation. — La généralisation est une opération par laquelle l'esprit réunit en une seule notion les éléments communs perçus en différents objets, et conçoit cette notion comme identiquement applicable à un nombre indéterminé d'objets. Ainsi, l'idée générale à homme représente les éléments constitutifs de tout homme, et peut être affirmée de tous les représentants de l'espèce humaine.

On peut distinguer deux sortes de généralisations :

1. Une généralisation improprement dite, toujours imparfaite et relative qui s'opère spontanément en nous sous forme d'image composite, par le seul jeu de la mémoire Imaginative (2). Le très jeune enfant n'en connaît guère d'autre ; aussi est-il frappé plus que nous par certaines ressemblances tout extérieures, qui deviennent pour lui le point de départ de comparaisons pittoresques, de rapprochements imprévus. C'est ainsi que, selon la remarque de Taine, le mot toutou signifie bientôt pour le petit enfant, non seulement un chien, mais son cheval de bois, une chaise, ou son petit frère qui marche à quatre pattes.

2. La véritable généralisation, celle que nous étudions ici, est complète et absolue et, comme telle, exige le concours de l'intelligence. Son résultat est l'idée générale, Vidée universelle, comme l'appelaient les scolastiques, parce qu'elle représente ce en quoi plusieurs êtres sont un.

(1) C'est Taine, par exemple, qui parle gravement de l'axiome éternel qui se prononce lui-même dans icthcr lumineux et inaccessible. C'est Renan, qui voit dans le temps, non plus ce grand destructeur que les anciens représentent armé d'une faux, mais l'éternel créateur, le souverain facteur de l'uniuerset devenir..., ce resxort intime, qui pousse le possible à exister. C'est Bùcliner qui déclare que l'ordre de la nature est produit par la 7-égulariti des phénomènes ; ce qui revient a expliquer l'existence des phénomènes par leur succession. C'est Hegel qui n'admet d'autre principe du monde que le développement de l'idée ; comme si l'idée, en dehors de l'intelligence qui la pense, était autre chose qu'une abstraction.

(2) Les images composites constituent tout le mécanisme intellectuel de l'animal ; elles jouent chez lui le rôle d'idées générales et lui permettent, après avoir vu un certain nombre d'objetfe, de reconnaître comme appartenant à l'une ou à l'autre catégorie, les individus qu'il voit pour la première fois.

LA «ÉNÉRALISATION. 181

!< 2. — Généralisation directe et généralisation réfléchie. La généralisation a deux formes différentes : la forme directe et la forme réfléchie.

1. La généralisation directe résulte nécessairement de l'abstraction intellectuelle : par le fait même qu'un caractère de l'objet est isolé par l'esprit des éléments qui le réduisent à telle existence concrète individuelle, il devient apte à être réalisé dans un nombre indéfini de sujets réels. Etant un dans l'esprit qui le pense, il est 7nnltiple par ses applications possibles; il est donc universel, c'est Vuniversal^ direclum des scolastiques.

2. Ldi généra lisatio7i réfléchie {universale reflexuin) consiste dans l'opération voulue par laquelle l'esprit non seulement conçoit en fait l'idée qui est générale, mais la considère positivement et explicitement comme générale, c'est-à-dire comme applicable à tous les objets de même espèce.

§ 3. — Erreur relative à la généralisation.

Los empiristes et les sensualistes expliquent tout autrement ce qu'ils appellent la fonction de généralisation.

1. A leurs yeux, l'idée générale n'est qu'un résidu d'images, et l'esprit, une sorte de plaque photographique dont le rùle se borne à recevoir passivement et à conserver indéfiniment les impressions de l'expérience. Les images de même espèce se superposant, leurs éléments semblables se renforcent, tandis que leurs éléments dissemblables s'annulent; et ainsi se forme peu à peu dans notre esprit une sorte de type composite, analogue aux photographies générales du physicien anglais Galton, et, comme elles, susceptible de rappeler toutes les images qui ont contribué à sa formation, sans néanmoins ressembler exactement à aucune.

2. Cette explication, valable peut-être pour cette généralisation improprement dite et Imaginative, dont nous parlons plus haut, est absolument insuffisante dès qu'il s'agit de la généralisation intellectuelle, la seule qui mérite vraiment ce nom.

a) En olFet, toute image composite, étant la résultante concrète d'un nombre déterminé d'expériences, est nécessairement particulière et collective, et par suite impropre à représenter tout un genre ou toute une espèce.

/>] D'autre part, cette hypothèse, si simple en apparence, de la superposition des images est soumise en réalité à plusieurs conditions qui en restreignent singulièrement la portée. Ainsi, elle suppose que les modèles qui contribuent à la former seront tous de même grandeur et .se présenteront sous le même aspect; or ces conditions sont loin d'être toujours réalisées en fait. Quel portrait composite résullera, par exemple, d'une tête humaine vue de face, se superpo.sauL à une seconde vue de profil, à une

troisième vue de trois-quart, etc.? et comment les images d'éléphant, de Ijaleine, de chien, de chauve-souris pourront-elles fusionner pour nous fournir le type mammifère?

c) De plus, certaines qualités sensibles paraissent absolument réCractaires à ce mode de représentation. Jamais du mélange de toutes les couleurs ne résultera une couleur générale également applicable au rouge, au bleu, au vert, au blanc, etc. ; jamais le mélange de tous les sons ou de toutes les odeurs ne donnera la notion générale d'odeur et de son.

d) En résumé, il y a cette différence caractéristique entre l'image composite et l'idée générale, que la première devient nécessairement plus confuse et plus indistincte à mesure que se multiplient les superpositions; tandis que la seconde est d'autant plus simple et plus claire qu'elle représenteun plus grand nombre d'individus, en sorte que l'idée d'être, qui est la plus claire de toutes les. idées, correspond précisément à la plus vague et à la plus confuse de toutes les images. La raison en est que, dans l'image, les données de l'expérience restent conci^ètes et se superposent avec tous leurs caractères individuels, tandis qu'avant de généraliser l'idée, l'esprit en élimine par l'abstraction, toutes les différences pour ne retenir que les ressemblances.

Concluons que, si le mécanisme de la superposition suffît à expliquer la formation de quelques types ou schèmes très élémentaires, d une valeur et d'une portée très restreintes, il ne se prête nullement à rendre compte de la généralisation proprement dite, et qu'en aucun c^s^Vimage composi/e ne saurait se confondre avec Vidée générale.

Tout concept, nous l'avons vu, par le fait même qu'il est concept rationnel et non intuition, est abstrait et général, mais il ne s'ensuit pas qu'il représente nécessairement la nature intime et profonde, Vessence même de son objet. Nous allons examiner, dans le chapitre suivant, comment Fespril forme ces notions essentielles.

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