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CHAPITRE IV

LES IDÉES MÉTAPHYSIQUES DONNÉES DE LA CONSCIENCE ART. I. — Iflëes jfénéralci* et iilécs nnÎTerselle») oii nirtaphysiqueN.

Nos idées abstraites ne sont pas des intuitions ou des perceptions, mais elles sont produites par un travail original de Fesprit sur des données d'intuition ou de perception, ou, d'une manière tout à fait générale, sur des données d'expérience.

Or l'expérience humaine est double : l'expérience externe qui nous met en rapport avec le monde extérieur, elV expérience interne qui nous révèle les événements de notre propre vie psychologique.

Les philosophes modernes distinguent les idées d'après la nature de l'expérience dont elles procèdent : aux idées qui sont produites par l'élaboration et la généralisation d'expériences sensibles, ils donnent le nom d'idées générales et ils nomment idées universelles, idées mélaphjsigues ou encore idées purement abstraites celles qui proviennent de Texpérie^ice interne. La raison de cette dénomination diflérente est que les premières, qui correspondent aux deux premiers degrés d'abstraction (Voir plus haut, p. 178), ne dépassent pas le monde corporel, tandis que les autres s'appliquent indifféremment aux êtres matériels et immatériels.

Les scolastiques, tout en connaissant fort bien cette double origine de nos idées abstraites, les confondaient cependant toutes sous la dénomination d'idées universelles.

Nous avons montré dans les précédents chapitres comment se forment les idées générales; il nous faut expliquer maintenant l'origine des idées universelles ou métaphysiques. Elles sont de deux sortes : les données fondamentales de la conscience et les idées premières ou idées de raison.

ART. II. — I^es (loiinécN fondu mentalcN <lo la coii.scionco.

Et d'abord, il est clair que la conscience nous donne, et qu'elle

toute espèce, elle remarque que, parmi lanl d'êtres différents par l'orsanisalinn, par la forme, la disposition des membres, otc. plusieurs présentent un certain ensemble de caractères qu'ils ne paitasent avec aucun autre animal, à savoir, iPclre couverts de i)lumos, (l'avoir les membres antoriours impropres à la maiclte et adaptés au vul, etc.

h) Faisant abstraction des caractc'rrcs (|ue ces animaux partagent avec tous les autres, pour ne retenir que ceux qui leur sont propres,

c) Klle en compose un type spécial qui devient l'objet d'une idée générale, c'est-àdire «l'une idée également applicable à tous les animaux de ce type, présents, disparus ou mcmo simpletncni possibles.

d\ Kniin cette idée générale ainsi oblonne, elle la fixe en la dénommant oiseau.

seule peut nous donner les idées de plaisir, de douleur, de pensée, de souvenir, de remords, en un mot. les idées de tous les faits psychologiques, qui, étant de nature essentiellement intime, ne sauraient être l'objet de la perception extérieure (Voir plus loin, Appendice, p. 192'.

Il est, en outre, certaines notions fondamentales, dont il faut attribuer, plus ou moins exclusivement, l'origine à la conscience qui en saisit immédiatement l'objet, dans l'appréhension du moi: telles sont les idées il'étre, de substance, d'unité, d'identité, de durée, de cause et de finalité. Ce sont ces données fondamentales qui font seules l'objet du présent chapitre.

§ 1 . — L'idée d'être. — L'être, comme nous le verrons en Ontologie (Tome II, p. 347), ne peut proprement se définir; on en explique la notion en disant : « l'on entend par être tout ce qui est ou peut être ».

Il pourrait sembler à première vue que, pour l'acquisition d'une notion si simple et si commune, point n'est besoin de recourir à la conscience et qu'il suffit d'ouvrir les yeux et de réfléchir tant soit peu sur les données de la plus vulgaire sensation. La réflexion nous montre cependant que si notre esprit peut abstraire la notion d'être des seules données sensibles, il n'en est pas moins vrai que la valeur absolue de cette notion, — et par suite, celle de la raison elle-même, qui conçoit tout sur le modèle de l'être, — n'est pas garantie par l'expérience sensible, mais par Vexpérience intellectuelle de Vêtre du moi, dans le fait de conscience.

Un exemple va nous le faire mieux comprendre. Qu'à notre chapeau ou à quelque autre objet matériel placé entre nos mains, un malin génie en substitue un autre parfaitement identique : si la substitution est habilement faite, nous ne la soupçonnerons même pas et ni nos sens, ni notre intelligence n'en seront avertis. Or. remarquons-le, c'est la réalité, c'est Yétre même de cet objet qui a changé sous nos yeux et dans nos mains, à notre insu; nous ne percevons donc pas Y être des objets diffé rents du moi, nous le concevons seulement; ce n'est donc pas de la perception sensible de ces objets que cette notion, avec sa valeur propre, vient directement à notre esprit. D'où vient-elle? Du seul objet dont nous atteignions immédiatement Yêtre même, c'est-à-dire du moi perçu par la conscience dans tous nos états psychologiques.

§ 2. — L'idée de substance.

1. Nature de cette idée. — Il suffit de jeter les yeux sur les objets les plus vulgaires, par exemple, une pierre en mouvement, un peu d'eau chaude, ou une masse de cire jaune et odorante, pour y distinguer de suite deux sortes de réalités. D'une part,

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