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de celui-ci, c'est faire sortir un effet réel d'une cause anéantie, c'est vouloir tirer l'être du néant.
Non, la véritable cause, la cause métaphysique, préexiste sans doute à l'effet, mais de plus, elle lui survit, car elle a son fondement dans la substance de l'être, qui demeure stable et identique au milieu de la succession des actes qu'il pose et des effets qu'il produit ; or telle est précisément la cause psychologique et métaphysique, et telle la causalité du moi que perçoit la conscience.
§ 6. — L'idée de fin. — 1. La (in d'une action est le but que poursuit la cause intelligente, autrement dit, ce en vue de quoi elle agit, xb ou l'vexa, dit Aristote.
On peut envisager la fin à un double point de vue, selon quelle est un résultat obtenu, ou une simple intention. Au premier sens, elle est un effet réel qui suit l'acte ; au second sens, elle est une idée qui meut l'agent à agir, et dirige ses opérations ; elle précède donc l'acte comme sa cause (finale), aussi Aristote l'appelle-t-il avec raison la cause de la cause.
2. Et d'abord, aucun sens ne saurait nous donner l'idée de fin. Le sens perçoit l'acte, le mouvement extérieur, mais la finalité, l'intention qui l'inspire sont absolument hors de sa portée. Un coup de fusil part qui me blesse; y a-t-il eu intention? Rien dans le fait matériel ne l'indique avec certitude. Seule la conscience de celui qui pose l'acte perçoit, non seulement quil en est la cause libre et responsable, mais encore par quel motif et en vue de quelle fin il agit.
Voilà pourquoi nos propres intentions sont les seules qu'il nous soit donné de percevoir. Quant à celles d'autrui, nous ne pouvons que les induire, avec plus ou moins de probabilité, des circonstances extérieures qui accompagnent leurs actes.
Donc être, substance, unité, identité, durée, cause et fin, telles sont les idées fondamentales que nous devons à la conscience.
APPENDICE Importnuce de.^ données de la conscience.
I. — Elles sont le supposé de toute connaissance. — On peut dire que les données de la conscience sont le point de départ et la condition obligée de toute connaissance, et par suite, que la conscience est nécessaire, bien qu'à des titres divers, à l'acquisition de toutes nos idées, psychologiques, sensibles et ralionnelles.
1. Et d'abord, nous l'avons dit, elle est la source directe et unique de la connaissance que nous avons de nou.s-mêmes, de notre âme, de ses actes et de- ses modifications. C'est à elle que nous devons les idées de plaisir, de
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douleur, de doute, de certitude, do remords, de volition, de liberté, en un mot, de tous nos phénomènes seusitifs, intellectuels ou volontaires.
2. La conscience est encore, sinon le principe, du moins la condition imlispensable de notre connaissance du monde extérieur.
Sans doute, la réalité niatéri«llo est l'objet direct de la perceptionexterne, mais cette perception elle-même ne s'opère qu'au moyen d'une sensiition, c'est-à-dire d'un phénomène dont la conscience peut seule nous instruire.
D'autre part, que voyons-nous dans le monde sensible sinon des êtres agissants, vivants, .sentants, intelligents et voulants? Et où puisons-nous ces idées de force, de vie, de sentiment, d'intelligence et de liberté, sinon dans la conscience que nous avons de nous-mèqies?
3. Les données de la conscience sont en outre le supposé nécessaire des principes de raison. De fait, comment formuler les principes de causalité, de substance ou de finalité; comment affirmer que tout phénomène a une cause, que toute qualité suppose une substance, que tout ici-bas a une fin, à moins de savoir tout dabord ce qu'est une cause, une substance et une fin? Or, c'est la conscience seule qui nous fournit ces idées fondamentales.
4. Le moi est l'unique cause, l'unique substance qu'il nous soit donné de percevoir directement. De là cette tendance que nous avons à nous représenter toute cause sous forme d'effort et à prêter aux êtres inanimés euxmêmes quelque attribut de la causalité humaine : intention, responsabilité, passion, comme font les tout jeunes enfants, qui rendent coup pour coup au meuble auquel ils se sont heurtés, ou même à personnifier les agents physiques et les forces de la nature, comme font les peuples ignorants et primitifs. Là est la source du fétichisme, de la mythologie, des métaphores du langage, de la poésie et de l'art en général ; car c'est le propre de l'artiste de transformer toutes choses à sa ressemblance, afin de pouvoir sympatiiiser avec elles.