II. — Elles permettent de réfuter les erreurs fondamentales
— La conscience est donc le supposé de toute connaissance. Toute erreur, tout faux système est réductible en dernière analyse à un oubli, à une fausse interprétation de ses données; voilà pourquoi son témoignage suffit aussi à réfuter toutes les erreurs fondamentales qu'on rencontre en philosophie.
1. Il suffit à réfuter le matérialisme, (jui nie la substance spirituelle ; car, en nous faisant percevoir directement un être essentiellement un, identique à lui-môme, libre et responsable, la conscience nous fournit l'exemple le plus évident d'une réalité absolument irréductible à la matière.
2. Il suffit à réfuter \e positivisme et le phénoménisme qui prétendent n'admettre que des phénomènes avec l'ordre de leur coexistence ou de leur succession; car la conscience nous donne l'intuition directe d'une substance
"et d'une cause qui n'est autre que nous-mêmes.
3. Il suffit à réfuter le déterminisme, qui nie la liberté humaine: car rien de plus clairement attesté par la conscience que le pouvoir que nous avons de nous déterminer nous-mêmes à agir, pouvant ne pas agir; à agir de telle ou telle manière, pouvant agir différemment.
4. Le témoignage de la conscience suffit à réfuter lepanthcHsme, qui admet l'identité de substance de Dieu, du moi et du monde; car, en nous faisant percevoir directement la substance moi. la conscience l'oppose par là même à tout ce qui n'est pas moi.
b. Enfin, il suffit à réfuter le scepticisme, et l'on peut dire que le fait de conscience est le roc sur lequel viennent se briser tous les efforts du doute.
En effet, si, en certains ca.s, le témoignage des sens peut être raisonnablement suspecté, il est impossible de récuser celui de la conscience qui, dans tous nos états psychologiques, saisit immédiatement la réalité même,
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l'élre niènte du moi, par nne expf'ncnce inleUeohiJtUe concrète, dont il suffit de se rendre phùiienjent compte pour voir sV'vanouir les tentatives de doute sceptique (Voir en Métapliysique, la réfulalion du scejAicisme, tome II, p. 304).