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ORIGINE DES PRINCIPES PREMIERS

D'après ce qui a été dit, il ne s'agit donc pas ici de l'origine chronologique des principes, c'est-à-dire de la date de leur apparition dans l'esprit, mais de leur origine psychologique, c'est-àdire de la source d'où ils dérivent et de la faculté qui les engendre en nous; en un mot, il s'agit de savoir comment et dans quelles conditions ils apparaissent et se développent dans l'esprit.

Cette question de l'origine des principes constitue, avec celle de l'origine des notions premières, dont nous avons parlé à la section précédente, la part la plus importante du problème célèbre de l'origine des idées qui domine et divise toute la phi losophie des trois derniers siècles. Nous exposerons dans une Partie historique la longue série des systèmes imaginés pour la résoudre. 11 suffit à notre présent dessein de mentionner ici deux théories extrêmes : d'une part, ïempirisme brut qui voit dans les principes de simples données de l'expérience, des vérités entièrement a posteriori, et d'autre part, le rationalisme pur qui exagère leur caractère a priori au point d'y voir l'reuvre de la raison seule, sans aucun concours de l'expérience.

Ce sont là deux erreurs. Il est facile de démontrer en effet que ni l'expérience ni la raison, prises séparément, ne sauraient expliquer l'origine des principes premiers; qu'il y faut lo concours de l'une et de l'autre. — Une question plus délicate est de déterminer exactement la nature de ce concours.

21i PSYCHOLOGIE.

ART. I. — AiéceMHité de l'expérience et de la raistou dans le développement Aen principe».

. § 4. — Réfutation de Fempirisme.

1. Il est d'abord évident que l'expérience sensible, à elle seule, ne saurait être l'origine des vérités premières. En effet, ces vérités sont perçues comme nécessaires et universelles, c'est-à-dire comme ne pouvant pas ne pas être, comme s'appliquant à tout être existant ou simplement possible. Or, par elle-même, l'expérience sensible n'atteint que l'être et le fait contingents et individuels, existant à tel moment de la durée, à tel point de l'espace; elle saisit ce qui est, mais non ce qui doit être, ce qui ne peut pas ne pas être; elle perçoit les successions plus ou moins constantes, mais non les rapports nécessaires. Elle est donc radicalement incapable d'engendrer en nous les principes premiers.

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