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DIEU, FONDEMENT DES PRINCIPES

4. On voit enfin qu'il n'est aucune vérité qui soit absolument a priori, et qu'il est impossible de faire dans la connaissance deux parts complètement distinctes : d'un côté, les vérités d'origine exclusivement empirique; de l'autre, les vérités d'origine exclusivement rationnelle. En réalité, l'expérience et la raison sont nécessaires, bien qu'à des degrés divers, à toutes nos connaissances.

APPENDICE Oieu fondement dernier des principes de raison.

De ce que nous avons dit jusqu'ici, il s'ensuit que les principes rationnels, condition de toute science etde toute pensée, supposent Dieu ; bien plus, qu'ils ne sont au fond, comme dit Bossuct, qu'une seule et même vérité. Dieu, et que par suite, sous peine de se contredire, on ne peut les invoquer sans admettre l'existence d'un céleste organisateur, qui a créé la raison humaine en vue du monde et de ses lois, comme il a formé l'œil pour la lumière, l'oreille pour le son, et l'homme tout entier pour le milieu où il est destiné à vivre.

De fait, chacun des principes, pris séparément, contient en lui-même l'aftirmation implicite de quelque attribut de Dieu.

Le principe de causalité, en proclamant l'impossibilité d'un commencement absolu, affirme la nécessité d'un être éternel, cause première de tout ce qui existe.

Le principe des lois, les principes de finalité et de simplicité, reposent sur la conception d'un ordonnateur infiniment intelligent, qui a créé les êtres sur un plan déterminé d'avance, et disposé toutes choses suivant les fins les plus sages.

Le principe d'unité, qui est comme l'instinct premier de la raison et qui la pousse à remonter sans cesse à des raisons plus hautes et plus compréhensives, repose sur l'unité du Créateur. • N'est-ce pas une preuve que nous approchons de Dieu, disait Newton, à mesure que nous arrivons à des lois plus simples et plus générales? •

Il n'est pas jusqu'à la nécessité de Vobservation, ce point de départ obligé de toute sci«M)CO du réel, qui, en supposant la contingence des lois de la nature, n'affirme par là même la liberté de Celui qui les a établies.

Voilà comiuent l'idée de Dieu résume en elle-même et rattache comme à leur centre tous les principes directeurs de l'entendement humain. Voilà comment, si l'idée de Dieu n'est pas le point de départ de notre raison, comme le prétendent les ontologistes, elle en est bien réellement le point d'appui, le terme où elle tend et se repose.

Sans doute, le savant peut invoquer les principes sans penser à Dieu et sans affirmer explicitement son existence; du moins ne saurait-il nier positivement r,('llo-ci sans miner la science jusqu'à .son fondement (I).

tum sensihilem immédiate ccgnoscalur; n.im et i|ise intellectus intclligit seipsum per aclum suum, qui non est sensui sulijeclus . (Saint Thomas, de Malo, q. VI, ad 18).

(i) Ce que nous disons ici des principes directeurs de la connaissance, se véritie également des principes directeurs de la moraliic et des principes de la raison estln-lique s'exer(;ant dans le domaine de la beaulé, ainsi que ncnis le verrons en son lien ; en sorte que l'homme qui cherche le vrai dans la science, qui tend au bien en morale, ou admire W ôroudans la nature et dans l'art, ne fait en réalité que satisfaire le besoin d'absolu (pii le tourmente et tendre à Dieu pour qui il est fait.

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