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L'IDÉALISME DE PLATON OU THÉORIE DE LA RÉMINISCENCE

i; 1. — Exposé. — D'après Platon, notre âme a, dans une ■ Tie antérieure, contemplé en Dieu les idées, types éternels des choses. En châtiment d'une faute que Platon n'indique pas, nous sommes déchus de ce premier état; notre àme a été plongée dans un corps matériel, et ces notions, tout en restant profondément gravées en elle, se trouvent comme recouvertes de cire. Au soleil de l'expérience, cette cire fond, et les idées antérieurement perçues reparaissent peu à peu; en d'autres termes, la tue des objets sensibles nous rappelle, en vertu de leur ressemblance, les types que nous avons contemplés jadis en Dieu.

Dans cette théorie, la raison n'est donc, à proprement parler, qu'une mémoire, et les idées premières, que des réminiscences \i). On n'apprend pas, en réalité on se souvient ; on n'enseigne pas, on rappelle.

^ 2. — Critique.— H faut faire dans cette théorie la part de la

(1) D'où deux sortes de mémoires pour Platon : ta mémoire rationnelle ou réminis- «nce (àvâ(ivr,(ri;), qui. de la vue de.s objets, nous fait remonter aux idées ronlemp»«»esdan» une vie antérieure, et la mémoire cmpiriqur (livViiir,) qui nous fait remonter d-une sensation, ou d'tme percei.fion a une autre sensatinn, .i une autr*» perception. ^

24 i PSYCHOLOGIE.

poésie ella part de la science. On peut même supposer avec Leibniz Sue Platon ne la proposait que comme une allégorie destmee a rendre sensible le pouvoir qu'a la raison de tirer d elle-même a roccasion de Fexpérience, les idées et les vérités universelles dont elle porte le germe. Quoi qu'il en soit, préexistence des âmes vue intuitive de Dieu, expiation d'une faute dont nul n a conscience : voilà l'hypothèse gratuite; quant à la part de vente que Platon a la gloire d'avoir nettement saisie, elle se ramené

a] Qu'il est en nous des connaissances que l'expérience sensible ne suffit pas à expliquer; .

b] Que les notions premières et les principes de raison ont leur fondement dernier en Dieu ;

c] Entin, que les types idéaux, d'après lesquels toutes les choses ont été faites, préexistent nécessairement à leurs copies.

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