‹ Cours de philosophieChapitre 97 sur 328 · Malebranche a sans doute raison d'afïirmer · texte numérisé non relu

Malebranche a sans doute raison d'afïirmer

a) Que l'expérience sensible est impuissante à nous fournir les idées et les principes nécessaires;

h) Que les vérités éternelles ont leur fondement dernier en Dieu, idée et seul être absolu, nécessaire et éternel;

c) Enfin, que la raison humaine ne peut les saisir, qu'autant qu'elle est illuminée par un reflet de la raison divine, soleil des intelligences, qui éclaire tout homme venant en ce monde.

2. Mais il a tort de prétendre que Dieu est l'objet direct et unique de notre connaissance; car, de même que ce n'est pas dans le soleil mais par le soleil que nous percevons les objets visibles, ainsi n'est-ce pas en Dieu mais par son illumination que nous saisissons la vérité des choses (1). Nous ne descendons donc pas de Dieu aux créatures, comme le suppose Malebranche, nous remontons d'elles à Dieu.

ART. III. — I^e Rationalisme de L<eibniz.

,^1. — Exposé. — Dans ses Nouveaux essais sur V entendement humain, Leibniz (1646-1716) prend la défense de Descartes contre Locke. Toutefois, en se déclarant pour le système de l'innéité, il s'efforce de l'amender et pense le rendre acceptable grâce à Y harmonie préétablie. Nous avons vu plus haut comment Leibniz explique par cette harmonie préétablie l'accord des événements du monde extérieur avec les sensations qui nous les font connaître: il prétend expliquer de même l'accord entre les sensations et les idées.

Au point de vue psychologique tout se passe comme si Y action des objets extérieurs et la perception sensible déterminaient en nous la connaissance intellectuelle; mais il ne faut pas oublier que ce n'est là, pour lui, qu'une apparence due à l'harmonie préétablie. Leibniz s'en tient, en fait, soit, — comme nous l'avons vu plus haut, — pour l'origine des principes premiers, soit pour celle des idées; à l'npriorisme absolu, lequel, du reste, paraît seul compatible avec l'ensemble de son système. En effet, d'après lui,

(1) Omnia dieimur in Deo vidercei secunduni ipsinn de omnibus judicare iiiqua» tum per participa tionem sui luminis omnia cognoscimus et dijudicamus... Sicut ergo ad videndum aliquid sensibiiiter. non est necesse ut videatur substanlia solis: ita, ad videndum aliquid intelligibililer, non est necessarium ut videatur essenlio, Dei (Saint Thomas, Somine, I, q. H, a. H).

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