FORMES DR KANT
l'univers entier se compose d'unités de forces appelées monades. Ces monades ne pouvant agir les unes sur les autres (1), il en résulte que rien d'extérieur ne peut agir sur nous. Dès lors, pour expliquer la connaissance que nous avons de l'univers, il faut supposer que la monade raisonnable, qui est notre àme, a reçu dès l'origine et porte en elle-même le germe inné de toutes ses idées. Ces idées, d'abord confuses, se développent et se précisent peu à peu en vertu de l'activité interne de lïime, ainsi que nous l'exposerons dans l'Histoire de la philosophie* Aussi Leibniz admet-il avec Descartes, et plus tard, avec Kant et tous les apriorit^tes, que nous pouvons trouver en nous-mêmes et déduire, non seulement les lois de la pensée, mais encore tous les faits et toutes les lois de l'univers.
^2. — Critique. — Nous avons apprécié la théorie de Leibniz sur l'origine des principes premiers (^Voir p. 217). Quant à Tharmonie préétablie, le moins qu'on en puisse dire en général, c'est qu'elle est une explication arbitraire et invérifiable, équivalente à une absence complète d'explication. Pour ce qui regarde l'origine de la connaissance intellectuelle, il faut ajouter que cette explication contredit le témoignage de la conscience. Nous avons conscience, en ellet, de l'activité mentale par laquelle nous élaborons nos idées sous l'influence des objets, en partant des sensations et des images.