‹ Cours de philosophie chrétienne (volume 2)Chapitre 11 sur 41 · NOTION DE LA TÉVITÉ · texte numérisé non relu

NOTION DE LA TÉVITÉ

Il est des choses qu'on entreprendrait Tsânement- de dofioîr; en ne ferait que rendre obscur ce qui desoi-m^e se présente clairsmentà l'esprit sous l'enveloppe de rexpvesskm. La- raisonne» est simple : définir^ c'est analyser, eest^à-dùre déecrnipoMT l'objet dcmt on s'occupe podr en trouver les parties ou notiens^élemetuainas, comme en cÛmie on décompose la*mati«re'ja8qu'à'€e«qu«'on arrive à la découverte des corps simple» qui la constituent., Dès qu'on ^t parvenu à cepoint,Ja définition, ou analyse^ devient aussi impossible qu'elle est inutile. Ainsi, quand je prononce le mot vérité, ^out le monde me comprend 5 mais C'est en^v«in que je voudrais entamer et disséquer cette notion si simple, les^ mots que je pourrais ^prononcer ne formeraient qu'une enveloppe grossière autour du^ftimbeau qui luit à mon intelligence. Les.mfétaphysiciens niontpas toujours su s'arrêter aux limites du possible -en £nt de -d^ftmttdn; oubliant que définir c'est décomposer, ils se souft^épuiaés en'effovts pour rendre obscur ce qui était clair. Ils ont dit ; la véi9t8f é'est rêtre : l'être, c'est ce qui est : l'essence, c'est ce qui fait qu'un ^èfiie est tel qu'il est. La notion même de l'ordre, quoiqu'elle soit •complexe, me parait plutôt obscurcie qu'éclairciepar cette dé&tÂwm : « La disposition mise «ntre des parties différentes d'un tottt^ laquelle est propre pour atteindre à la fin qu'une intelligence ««^t proposée. » Si nous voulons voir les choses telles qu'elles sont en réalité, il faut avouer que les trois quarts du genre humain sont incapables de comprendre cette decte circonlocution, tandis que tout homme raisonnable dira au premier coup d'œil, si l'ordre existe ou n'existe pas^dans tel et tel objet soumis à son observation.

JSIaiSy.sans Touloir m -écarter de mon sijycit, je dis que la vérité -et ïétre sont les denxjnotions les plus^^imples^ les deux éléments générateurs de la yie intellectuelle^ et qu'elles sont d autant plus intelli* giblfis, qu'elles sont plus indéfinissables.

CHAPITIŒ n.

^Quobyaît dssiwntés^ o*e8t làunepropositâsinféwbnte par dieivènie^ et^ikiiit la «Ration serait ranéantiasement de notre inteUi^ ^tece.iEn'elSetyitauS'les effontsque fait cette' intelligence à mesure quïeUe^tsfdéveiapfie^ soitidans lindividu, soit dans lagénéralité^des hommes^ftBndcDtiroésislibkimentà saisir la iiiérité en tout66«hosaS| «tià'iaf déméhsr ^-aTAe Terreur : comme tous les efforts de Fœil.qui «lonyneitendent^à db^iM^er lahiraière.avee laquelle riLdoit'Se4nettne isx.inrppertL C^est^ de part et d autro^ une kû 4e la. nature. Tons. las ^iga»eQtSi*des kommes' se diligent d après une règle antarjeur^y d'après un type primitif déposé dans leur esprit) et Auqueliils^contjlttreat^ohaomr^des objets qui le frappent. En eonaéquenoeide l-apflisdtDni de^^octte a?ègle,(noua disot» ; ceei «st vrai,!celat'«st>fsws:,; aAQfl:a(kiiBttonff)rKin,noiismjetons raiitve^^ toujours ^B^tase déteoainiiatîs)mi69tiin*bommageTendaà la ai^ématie de la* iwité./lA ipiefltîi»n:Ti''est.pa8tâ8<savoin«irhomme peut faire tunefausâf^ app&- «ttîonfde?oe «principe, oius iLa desimoyens d'éviter l-erseur'^^i peiin- SKmsa&lmi^oM.'CeUe quostion^se présentara^ens^i^temps^et nous dhercfaerans à ia néaoudtoe d^tme manière indépendante de tout sjfsl»«ie* H suffit, {pour leimomont, de convenir avttc tout le mondis •^e nul <ne. possède îl'kifffiB'Uibilité individuelle, et quen^nmoins nul lie rpeuttpenser, juger^ipaisomnec, sai^s sijd>ir le 'mystérieux» et icréj- «îâtible f«^Mre de la mérité;

'«'Quand on demande' s-il y a^es vériités,)e^iie fait auctme difficulté par rapport aux ^véritéa inierues. Tons les livues: en saut pleins. Il n'y a pas jusqu'à ceux qui se proposent pour but d'anéantir toutes les vérités, tant internes qu'externes. Accordez une fois à âeactilsEmpiricus que toute certitude doit être accompagnée d'une démonstration, il est évident qu'on ne peut/être sûr de rien,puis^ ^pie^dans unprogrèsà l'infini de démonstrations, on ne peut se fixer ^ rien *. » Aussi le système qui dëiriRt tonte* véritéj et iqûi étoufifie

* Dictionnaire encyclopédique, 9xX* VerUe»

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rintelligence dans les étreintes du scepticisme, ne peut lui-même subsister sans supposer comme vrai un premier principe.

Le même auteur que je viens de citer reconnaît en ces termes la nécessité d'admettre comme urais certains principes fondamen* taux : « Nous jugeons des objets par voie Ae principe ou par voie de conséquence. J'appelle jugement par voie de principe une connaissance qui nous vient immédiatement des objets ', sans qu'elle soit tirée d'aucune connaissance antérieure ou précédente. J'appelle jugement par voie de conséquence^ la^connaissance que notre esprit^ agissant sur lui-même, tire d'uncf autre connaissance qui nous est venue par voie de principe.;.. De là, deux sortes de vérités : la vérité objective, ou de principe ; la vérité de conséquence, ou "vérité logique : vérité interne^ vérité, externe. Les vérités internes sont inmianquables^ évidentes; les vérités externes sont incertaines, feutives ^... Si donc les premières vérités que la nature et le sens commun nous inspirent sur l'existence des choses, ne sont la base et le fondement de nos raisonnements, quelque bien liés qu'ils soient, et avec quelque exactitude qu'ils se suivent, ils ne seront que des paralogismes et des erreurs \ »

Il est facile de comprendre, d'après tout ce qui vient d'être dit, que le point de départ de l'esprit humain, aussi bien que le dernier où îl aspire, est nécessairement la "vérités H y a donc des choses Traies eiî soi, et la rectitude de notre esprit consiste en un rapport de conformité entre ses jugements et leurs objets. L'erreur est une négation quelconque de la vérité, en tout ou en partie, sous un rapport ou sous un autre. C'est ce qui fait qu'à la place d'un principe vrai méconnu, il y a quelquefois des milliers d'erreurs, qui fourmillent au fond des intelligences, alors même que celles-ci se glorifient de posséder la vérité. Elles décorent le néant des apparences de l'être ; puis elles se prosternent pour adorer l'idole qu'elles ont créée ; mais n'oublions pas que cette ardeur même avec laquelle les hommes se jettent quelquefois dans les voies de l'erreur, prouve l'empire universel de la vérité.

' Remarquons ici que la manière dont cette connaissance première nous vient, c'est-à-drre l'origine de nos connaissances, est une des questions qui ont le plus occupé la philosophie ancienne et moderne. L'auteur cité constate le fait sans en rechercher la cause.

• Nous verrons plus tard„'que ces vérités externes ou logiques peuvent être, dans certains cas, aussi certaines que les premières vérités; autrement le rai* Bonnement humain ne serait qu'une chimère, et il faudrait brûler tous les livres des philosophes, puisqu'ils n'ont pour objet que la recherche des vérités

ogiques.

• Dictionnaire encyclopédique^ art. Férité,

DB PHILOSOPHIE CHRETIENITE. g

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