CHAPITRE m
sous QUELS RAPPORTS ON PEUT CONSIDÉBER LA TÉRITÉ.
La yéntéy telle que je Tenyisage ici, c est-à-dire en elle-même, ohjectwement, abstraction faite de la manière dont Tesprit humain doit la saisir, peut être considérée sous différents rapports.
S l*^— De la Yérité considérée dans son origine.
Quant à son origine^ la vérité est absolue, éternelle, indépendante de toute supposition; ou elle est hypothétique, c'est-à-dire subordonnée à certaines conditions qui auraient pu être ou ne pas être. La vérité absolue subsiste dans Fintelligence éternelle de • Dieu, qui en est le principe et la plénitude. C'est l'être même, la perfection, la jagesse, la justice, la bonté, etc. Ces choses n'ont jamais pu commencer. Elles subsistent donc éternelles, immuables dans la raison-Dieu^ comme s'exprime Bossuet. Or, cette raison, quelle est-elle, et comment la raison créée est-elle mise en communication avec elle? questions élevées, en présence desquelles l'esprit humain s'arrête stupéfait, comme le voyageur à l'aspect des montagnes qui portent leur front dans les nues.
La sagesse antique avait soupçonné quelque chose de cette raison divine, ou de cette parole interne, qui est comme le miroir de la pensée de Dieu; et le ^oyoç de Platon était une tradition mystérieuse, reçue peut-être de l'Orient, et conservée parmi les disciples les plus élevés de son école.
Un jour il arriva qu'une bouche mortelle fit entendre à la terre ces étonnantes paroles : « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu;... en lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes;... il était la vraie lumière qui illumine tout homme venant dans ce monde '. » Voilà cette révélation de la vérité, ou de la parole éternelle, qui n'est due à aucun effort de l'intelligence créée. Elevée à cette hauteur, l'âme ravie se plonge dans l'océan de lumière, dont les rayons jaillissent à travers tous les degrés de la hiérarchie intellectuelle.
Mais ces hautes conceptions n'appartiennent qu'à ceux qui ont le bonheur de croire. Pour les autres, nous devons parler un langage plus humain, de peur d'effaroucher une raison qui se meut dans le
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cercle des pensées humaines. Sans quitter cette sphère purement philosophique, nous concex^ons tisès^iiieii que la Terité dont nous parlons ne peut être la création d'aucun esprit, puisque sans elle l'esprit naurait aucune idée, et, par conséquent, aucune action. La isévité^ ou >rétne, est aono indépeiiclante de -ik^iis^ en aopte que 4{uand il n y aurait aumme intelligence CDéée.pour laBsUir^ elle tm brillerait pas.moins de tout«an'éclatdaQfl.les p]X)fonileurs defëter» nité. Elssaybns encore de pousser plus loin : si, par impossible, Tintelligence, ou YétrCy n était pas, la vérité subsisterait-elle? Non, sans doute ; le néant absolu, éternel, constituerait un tel état, qu'il nous «est impossible de nous en.ifaice une. idée, ni de Te^^irjmer. jl:la vue dexe Mide immense, respidt constarné-se replie .AuriLittr même et sent lebesoin-de s'écrie^r : Je>suifi;.doAcâl y..aqual^ii)6 diQse.de vrai^ donc il y a quelque chose. d'étemel.. Cbilosoph^ sublimes, vous avez beau lutter contrée celui, qui est^si sa vérill^ .TOUS déplaît, la penfiée du. néant i(ous écrase: choi^isflez, si: taiK(B^ ibis \jQ\is êtes libres de choisir.
« S'il n'y avait point dépensées etde connaissanoeAiiu moade,
il n!y aurait point de vérité Réellement, il ne peut y ^voir de i^é-
jdté sans, pensée, ni de pensée sans intelligence,. ni àHateli^geMUit -sans un être qui, pense <et qui soit une suhalanGe s^riMidlle ^ »Ji suit de ce que nous venons de dire, qu'il y a nécessairement dés vérités indestructibles et immuables; par où loni peut^pséeier les conceptions de certains hommes qui font consistar Je iprogvès de l'humanité à renier tout ce qui a été admis dans les âèeles passés. C'est poser l'absurde en p£iniûpe,.pou]T.en^ déduire des pU/ralogismes et des erreurs.
Xa vérité conditionnelle ou hypothétique est celle qui/rrésulte de- l'ejûsteBca, des modifications et des rapports des êtres cositÎAr j(.ents, qui auraient pu être ou ne pas étf e, et qui ne sont qu'en vertu ^de Kaction d'une cause externe eosi^érieurcià tous. L'es** â&nce de ces êtues, et les lois qui les régissent, constituent ces mérités de Tordre métaphysique,: physique, moral et historique.
.Ainsi, Texistence de Thomme une fois^ réalisée, il.est ^vroi qve Lhomme es&uneintelligeneexpii se sert d'organes. La. nécessité nar turelle de vivre en société une fais>admj5e, il e^t.'vrai que rhonome doit .respecter et accomplir les conditions essentielles de YèbsX- so- ÂaLJLa nécessité de l'oxygène étant reconnue pour, la respiration ^ 4&oConibustion,.il est 'z^ra/.que llanimal^ doitexpiner et que le feu
* Dictionnaire encyclopédique, art. rérite.
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doit s'éteindre dans le vide. Dès que les êtres contingents exécutent des mouvements, ou produisent des actions, il est ^rai, et il sera toujours urai que ces mouvements et ces actions ont eu lieu. Donc, lorsqu'une condition est posée, la ^vérité qui en résulte «st aussi rigoureuse et aussi indestructible que la vérité étemelle. Après^ des millions de siècles révolus, il sera toujours aussi Knd qu'Alexandie et César ont .existé, qu'il est vrai de mos joues • que INapoléon a -existé. Si donc nous* exceptons» les poiiit» où la volo ut de l'homme s'exerce spontanément, il fautentendne'par^érité&con»dîlîoimelle» ou contingentes ioutes4es lois de la natui^, dont les innoarfiraUes phénomènes que nous voyons sont las résultats. Csmses, mojwns, effets, tout est fenfemiédoDS'cesttTois mots, sekm Jaipensoe d'un grand philosophe étJBkotoe époque ^ lEtudier la <y^ rite', dans les seienocs naturelles, c'rat obencher à> constater leê^lois de la natuce; et lovsqu'après une suîte^d'ob8eFvatienson s'«8t élové des effets particuliers à des causes toujours plus générales, on arrive à une loi dont il est impossible de donner l'explication. Là, le philosophe religieux s'incline et adore la main qui tient les rênes. deV univers; tandis. que le matérialiste confondu balbutie, pour dé- , •gitîfier sa- défaite, lesvmots de/atalité, de nature, et d'énergie inr connue.
Les- vérités dont je viens de parler peuvent donc être pour nos esprits-un objet de 'connaissance, de conviction, de >certitude, puisqu'elles se produisent par des faits à la portée de tout le monde.
J'aime à citer encore l'auteur de l'arlicle f^érité dans le Didionr naire encyclopédique : « Admirons ici la réflexion de quelques-uns de nos grands esprits : // nest de science ^ disent-ils, que dans là géométrie et les mcUhémaiiques. C'est * dire .nettemeoit : Il n'est de science que celle qui peut très -bien subsister sans la réalité des choses,. mais par la. seule liaison qui se trouve entre les idées abstraites que l'esprit se forme à vson gré.,.. En un mot, qu'on me garantisse des faits, et je garantis dans toutes les sciences des dé- ^monstrations géométriques, ou équivalentes aux . géométriques. Pourquoi ? pai»ce que toutes les sciences ont leur objet, et tousles objets fournissent matière à des idées abstraites, qui peuvent se lier les unes aux. autres ^. »
' M. de Bonald.
* Dictionnainf encrclopédique^ art. Vérité, IL est à regretter que toua les «•lUboratirars de V Envyohpiiiit nfatent paaiétë aussi sages que iîauteur de 'l«wt. VéHté. Au reste, le passive q«e je viens de citer, ainsi qu'une bonne partie ^e l'artide, «at copiéimot poar mot du Xtaité des ^remièFes- vérités,
§ 2* — De la yérité considérée en elle-même.
Considérées en elles-mêmes, les vérités sont de deux sortes, les "vérités premières^ ou les premiers principes, qui constituent l'ordre de conception, et les vérités secondaires, ou de conséquenccy qui constituent l'ordre de déduction, ou l'ordre logique. Voilà tout le domaine de l'esprit humain.
I® Des premières uérités. — Les premières vérités sont des propositions si claires, qu'elles ne peuvent être prouvées ni combattues par des propositions qui le soient davantage. Sur ce point, il s'est élevé différentes questions qu'il est important de résumer. Écoutons, à cet égard, les réflexions préliminaires du P. BuSBer ^ dans son Traité des premières vérités^ ouvrage dont je reproduirai bientôt une partie.
« Jamab la science des premières vérités n'a plus mérité d'atten^-
par le P. Buffler. Aussi Feller, dans son Dictionnaire historique^ art. Buffier^ remarque que les encyclopédistes ont tiré de son Cours des sciences plusieurs articles auxquels ils n*ont pas jugé à propos de citer le nom de l'auteur.
' Claude Buffler naquit en Pologne de parents français en 1661, et se fit Jésuite en 1677. Il fit d'abord un Yoyage à Rome, et finit par se fixer à Paris, où il mourut au collège de la Société en 1737. 11 se trouva ainsi placé entre l'époque des grands philosophes, tels que Descartes, Mallebranche, Pascal, Leibnitz, Newton, et la philosophie du xviii' siècle qui commençait à germer dans les boues de la régence. Le P. Buffler a fait différents ouvrages, qui furent recueillis en 1732 en un vol. in-folio, sous le titre de Cours de Sciences sur des principes nouveaux et simples, pour former le langage, l'esprit et le cœur dans . Vusage ordinaire de la vie. Ce volume contient la Grammaire français^ sur un plan nouveau; le Traité philosophique et pratique d'Éloquence]; celui de Poésie; le Traité des premières vérités et de la source de nos jugements, que l'auteur appelle une vraie métaphysique, et qui l'est effectivement ; la Logique, ou Traité des vérités de conséquence, ou les Principes du raisonnement ; les Éléments de Métaphysique à la portée de tout le monde {i\s ne contiennent rien de plus, pour le fond des choses, que ce qui est dans le Traité des premières vérités); V Examen des préjugés vulgaires; le Traité de Morale, ou de la Société civile et du moyen de se rendre heureux en contribuant au bonheur des personnes avec qui Ton vit; et le Traité ou V Exposition des preuves l€s plus sensibles de la véritable religion. Le volume est terminé par un Discours sur la Méthode, et des Dissertations sur divers sujets qui ont rapport au Cours des Sciences, Tous ces ou?rages (et principalement le Traité des premières vérités, qui est un chef-d'œuvre d'invention et de raisonnement) sont remarquables par la profondeur des vues, la finesse des aperçus, la solidité des principe^, et Texcellerjce du but que l'auteur s'y est constamment proposé. Le Traité des premières vérités était resté comme enseveli dans cette collection, et n'était guère connu que de quelques {«avants, qui lui faisaient quelquefois des emprunts clandestins. En 1822, l'école de Tabbé de La Mennais le réimprima.à part, sous le titre de la Doctrine du sens commun. L'auteur en effet donne
DE PHILOSOPHIE GHRIBTIBinfE. l3
bon que dans un temps comme le nôtre, où tout le monde se mêle de parler de tout, et même d*en décider. Cest alors principalement qu'il convient de tâcher, par l'examen des premières notions des clioses, à bien entendre celles dont on parle, et à donner ainsi quelque exactitude aux raisonnements qu'on se permet.
» Si l'on ne m'a point flatté, cet ouvrage servira du moins à rendre intelligibles des sujets qui communément ne le paraissent pas, et qui néanmoins sont essentiels : les plus ordinaires dépendant d'idées précises et un peu abstraites , avec lesquelles il faut s'accoutumer, pour ne pas s'exposer à porter des jugements faux ou défectueux.
» Au reste, rien ne doit moins effrayer que les idées Ae précision et d* abstraction. Pour se familiariser imperceptiblement avec celles de ce Traité , il faut seulement lire peu k la fois, et se donner le loisir de réfléchir sur ce qu'on aura lu. Il est certain que parmi un grand nombre de personnes qui ont vu les ouvrages des plus célèbres métaphysiciens de ce temps, ceux qui les ont entendus, entendront aussi le mien, et beaucoup plus facilement. Si le chemin que semblaient faire quelques philosophes paraît raccourci dans ce que je dis y c'est que la vraie science consiste moins à savoir beaucoup, qu'à savoir avec précision et netteté. Il s'agit pour cela de regarder de près où l'on porte chaque pas et surtout le premier, pour n'en faire aucun qui ne soit sûr. »
La première question est celle-ci : Faut-il admettre des premières vérités dans les différents objets de «os connaissances P Une telle question ne peut arrêter longtemps un esprit soUde et de bonne foi ; car il est clair que nous ne pouvons rien prouver qu'à l'aide de certsûns principes déjà admis. S'il fallait prouver ceux-ci , il en fau-
bcaucoup d'autorité aa sens commun, et il est en cela d'accord avec tous les hommes sages; mais il n'est point tombé à cet égard dans les exagérations qui ont été reprochées à M. de La Mennais et à ses disciples. Nous ne yoyons pas que, pour ériger le sens commun, il abatte et réduise k rien nos moyens indi- Tiduels de connaissance, comme le fit l'auteur de V Essai sur l'indifférence. Celte remarque est importante, pour éviter qu'on ne s'alarme lorsqu'on voit un auteur reconnaître la force du sens commun : parce qu'on a exagéré d'un côté, il ne faut pas exagérer de l'autre. Ceux qui ont combattu et condamné la doctrine de V Essai sur Vindifférence n'ont pas entendu proscrire le sens commun, comme les disciples de cette école l'ont répété souvent. Non, l'exagération seule a été repoussée des hommes sages, comme conduisant au scepticisme, et à un protestantisme philosophique tout à fait vague et indéfinissable. 3'ai cru devoir faire ces observations afin de garantir le livre du P. Kuffier du discrédit qui pourrait s'attacher à un ouvrage qui a été réimprimé pour sen'ir d'appendice au tome II de V Essai sur Vindifférence en matière de religion.
«4 *nnifcaMir>FQi«Di(iiairm9x
dbût (Mïm7iB'dbiitres>quicaui»âcnl; besoin: d'être prouvé» à leur tour., jttsqual'iaânL Donc, l!esprit)huraamiserait dan»uaie étemelle in* possibilité i dé 'trouTer un. point d'appui,, et à foroe de vouloir sai* sonnetr, on r^idi'aifisoniraisonnerattnt impossible. Concluons' de là que , comme il y a des €h«»ôs«trop'claices pour é&re définies, il y eaa de trop certaines «pour être démontrées*. Les amateurs de subtilités peuvent: bien discuter à perte de vue sur un sujet si simple ; mai» en éeoutant la voix. de Ja nature^ en prenant Thumanité teUe qu'elle est, d'une mamère pcaticpie, nous écartions ees vaines subtilités comme dignes touD au plus d'amuser les oisi£s qui fonf>de la philosophie une escrime, et de la raison une abstraction* Demander s'il faut^ admettre des véritésipremîÂres, antérieures à tout raisonneraewt, c'est demander s!il faut rejeter lePyjn'honianM-yidDnt }'aurai' occasion depaaier dans la suite de ee livre.
Miais> s'il-feut atihnêtlare des vériisés premières, quelles sont, les marques caraetérâsti«{«ies'>aux(]uttlles(on' peut les dîseenwr? Quoi* qu'il :se( trouve^ une* di<v6i)sité appareyte dans l'opinion' des homnijes qfii se sent oceupés^d^e eecteonaDnve, ils> s'aocordent /cependant à produire eertaines^ marques, pas 'lesquelles- on peitt £uiile«Be»tr coup stater les principes lorsqu'on veut suivre la voix de la nature, et prendre ^au' sérieux i la veulierche delà véri^;. Ges marques sont : 1^ que ses principes' soient si claies,. qWon ne- puisse les prouver par des connaissances antérieures et plus claises;- 2^ qu'ils soient si imiversellement^ necufr parmi les hoomiss en toul: tempsr et en tout lieu, 6t<par toutes^sortestidiesprits., quAtocux qui lesr contestent se ' trouvent dans^ le genre ihunuffla étnev manifestement moins d'un contre cent^ oumèiiattcenlore'miUef S.^d'étcesi £(hpt«i»ent impidbmés 'dtins nous, que nous y confiormionS' notre 'eonduifc^, malgré les raffinements de ceux qui imaginent des opinions contraires.
Yoici quelques - unes de ces pcenuÀres vérités, e^iposées par Arnaud dans son Traité des "vraies et fausses' idées ^ dirigée contre le P. Mallebranche ^ J'en tranche c^ qu'il y a de spécial à legard de son adversaire;
« Bien ne nous est plus certain que la connaissante que nous avon» de < ce quiîse passe daas* ms^ce âme, < i^jand nous nous arrêtons là. rim'est très-certain, par exemple, 'que je conçois j|île»«orp6 >qMand* je' crois «Qucevoir des cQcps,^q.uoiquil puisse. n'être pas certain queues corps que je^onçois", oKis(»entivérita-blement,.ousoiient tels ,q^ue je. les conçois.
* Cologne, 1683.
'9 Ilrest eentasa que j'ai un oorps^ et que^la turre, le -sdieil^ la lune et beaucoup d'autres corps que je connais ccymme* eadstants hors deiHion esprit, existent véricableinent horo de- mon esprit.
»>.La.oooséquene6-esi n^oefiâaive de laete au pouToir^ c'esl>àt àîre qu'il est eertain que' qui fait une^ chose , a> le pouvoir de la hmy et/piEifi conséquent que Ton doit dire qu'il a cette faxHilte..
» Jo demande que chacun fasse* une; sérieuse reâfixion sur ce qui se passe ;dans soniesprit, lorsqulil connaît) diveroesi choses, en con* sidérant tout ce qu'il y remarquera par une simple vue^ son» rai» soni^p ni chercher ailleurs des comparaisons prises- de» choses Gc»RporelleSy et &e s'arretanttqtte sur ce qu'il yen» étue si ceitain qu'il n'en puisse doutes;.
» £t,isi qudqu'ua nele peut pas fiBdredeiui«niême,jelm demande qu'ilme suive ^ et qu'il examine* de bonne foi suce que je dirai m'éinre clair ne lui sera pas aussi clair et certain.
» X. j6)aittSi assmsé^que je suis, parée cpie je pense ^ et qu'ainsi je* suîa.use' substastee qui pense..
»^2»fe Auîspkisreertain quejesuis^.que'jene le suis, que j'ai un coi!ps,Qa. qujl y^dlautres Gorps..Gar'je poarvaisdoutsr qu'il y a des corps y que je ne pourrais pas pour cela douter que je ne fusse.
» 3. Je connais l'-èla^e parft^it, Tétre même, l'être universel; et ainsi je ne puis douter que je n'en aie l'idée, en prenant l'idée d'un od/etpovar'laperceptiàn d'un- objet,
» 4- Je suis assuré que je connais des corps, quand je pourrais douter s'il y en a qui existent^ car il me suffit que je les connaisse comme possibles. Et, quand je connaîtrais un corps comme existant qui ne le serait pas , je me tromperais en cela ; mais il ne serait pas moins vrai que ee corps serait objectivement dans mon esprit, quoiqu^'il'n'existât pas hors de mon esprit.
» 5. Quandmes-sensne pourraient m'assurer de l'existence des choses matérielles, là raison m'en assurerait, en ajoutant à mes sentiments* que Bieu ne saurait^ être trompeur; et par conséquent il* m'est^très-certain que- qtfand je vois la terre,' le soleil, les étoiles, des'hommes' qui m'entretiennent, ce ne sont point des covps ou des'hommes^ imaginaires que je'vois , mais les ouvrages de Dieu, et de véritables hommes qite^ Dieu 'a créés comme moi. Et il ne m'înpol*te qu'-entre mille -dé ces objets il p en puisse avoir quelqu'un qui 'ne serait que dans mon esprit, il' me ssuffit, pour ce qoe^eprétands^ que-je ne puise douter, de quelque côté que me vienne cette-ceftitude-, deÈi mison ou*dfe larfoi j que pour Top-
id . PRINCIPES FONDAMENTAUX
dinaire les corps que je crois voir sont de véritables corps qui exbtent hors de moi.
» 6. Il ne m est pas moins certain que je connais une infinité d'ob* jets en général, et non-seulement en particulier : comme le nombre pair en général, ce qui comprend une infinité de nombres, un nombre carré en général, et ainsi des autres; qu'il en est de même des corps, connaissant certainement un cube en général , un cylindre, une pyramide, quoiqu'il y en ait de cbacune de ces e^èces d'une infinité de grandeurs différentes.
» 7. Je ne puis douter aussi que je ne connaisse les choses en deux manières, ou par une vue directe ou par une vue expressément réfléchie, comme quand je fais réflexion sur l'idée ou la connaissance que j'ai d'une chose, et que je l'examine avec plus d'attention, pour reconnaître ce qui est enfermé dans cette idée.1»
Je vais maintenant laisser parler le P. Buffier, et reproduire, au moins dans ce qu'elle a d'essentiel, la première partie de son Traité des premières ^vérités. C'est une simple exposition qui sera justifiée dans la troisième partie de ce livre, où je traiterai de la certitude.