‹ Cours de philosophie chrétienne (volume 2)Chapitre 13 sur 41 · EXTRAIT DU P. BUFFIER · texte numérisé non relu

EXTRAIT DU P. BUFFIER

1. DESSEIN ET DIVISION DE L OUVRAGE. Lc sujct que jc traite en ce volume est peut-être celui qui fournit le plus à espérer pour les lecteurs, et le plus à craindre pour l'auteur. Connaîtra les vérités dans leur source, faire une analyse de celles où il faut remonter pour établir tout ce qui a besoin d'être prouvé, et au delà desquelles on ne remonte point ; rapporter des principes qui se fassent jour au travers des préjugés du peuple, de l'enAarras des écoles, de la prévention même de certains savants ou philosophes à la mode : rien est-il plus capable d'intéresser?

2. En effet, le discernement des premières vérités est comme la clef de toutes les sciences, Jbà^|^ssort de tout jugement droit, la règle de ce qu'on peut décowrfr de plus exact dans nos connaissances, Tâme et l'essence en. quelque sorte de la vérité en général, laquelle, dans la pratique, ne subsiste que par les premières vérités. Gomme elles se puisent dans ce que l'esprit humain a de plus intime et de plus iminédiat à lui-même, elles appartiennent à une science particulière quiffait le sujet de ce traité. Si quelques-uns la prenaient pour une vraie métaphysique, ils ne se tromperaient

DB PHILOSOPHIE CMUfX'IBUHB, jy

peut-être pas : mais quelle qu'elle soit, elle doit accompagner, précéder ou suivre de si près la logique, qu'elles se prêtent Tune à l'autre un secours nécessaire, pour en former l'art de penser arec justesse et précision : ce qui est l'objet le plus digne de l'homme et le (mit le plus solide des sciences.

3. Mais si le sujet de ce livre est intéressant pour les lecteun, combien est-il redoutable pour l'auteur? Les recherches qu'il comporte demandent des réflexions souvent abstraites. Quelque soin qu'on prenne pour les exposer de la manière la plus claire, elles sont peu goûtées- et souvent peu entendues par les esprits ordinaires. On a tâché de les appuyer ici siir. le sens commun; et le sens commun lui-même n'est pas toujours aisé à saisir ou à dé^ mêler exactement, surtout pour ceux qui ne sont pas familiarisés avec les objets au-dessus dès sens et des idées populaires.

4« On se consolerait si l'on pouvait compter ici sur l'approbation des savants : et c'est un nouvel écueil. Ceux qui, par leur profession, se donnent pour maîtres dans les matières abstraites, méconnaissent quelquefois les vérités les plus importantes, quand elles ne sont pas revêtues des formalités et d'expressions autorisées parmi eux : et qu'espérer de gens <pii trouvent un ouvrage superfidel, parce qu'ils n'y trouvent rien que d'intelligible, qu'on écarte les fiiusses subtilités, et qu'on en abrège la pratique et Jes règles?

5. Si j'ai de la sorte à craindre du côté de quelques philosophes scolastiquès (je dis de quelques^ns, car il en est plusieurs qui allient très-bien la subtilité avec la solidit^, aurai-je meilleur parti de ceux qui ont acquis de la réputation par leur nouveau plan de pbîlo&ophîe? Leur nom seul est un éloge. Après tout, je n'ai pas cru que les grands noms de Descartes, du P. Malebranche, et d'autres semblables, dussent faire plus de peiu* que ceux de Platon et d'Âristote : j'avoue même que j'aurais honte de balancer à prendre im sentiment contraire au leur, quand la raison y conduit. On est redevable à Descartes d'une manière de philosopher méthodique, dont l'usage s'est établi à son occasion ou à son exemple ; et on lui est encore plus redevable que ne pensent quelques-uns de ses sectateurs, puisque sa méthode sert quelquefois à le combattre lui-même : pour le P. Malebranche, il a saisi l'imagination de beaucoup de personnes : mais la métaphysique de M. Locke a fait revenir ime grande partie de l'Europe de certaines illusions travesties en systèmes. Leur fondement particulier est qu'on ne voit pas clair dans les principes communs; tmdis qu'on voit encore

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-AwiasofaôiïdfliisieetiBqiftiMi pmteilAyrabëtilaeCéLssiMioienft'ft^miLt l'idoimé «n»'.dc6 eatcémitm; .leoro (réfiorBMitevrs^tonkiflloiHié'en^'KUrsmi 3 a este lermiliéu ifoHl^ f aut -êÊoàfftsmÊxsaib aianaria isoiaerekftijdes jfpMmisrtts Wrkës.

6. Au reste, rimpor tance de lcs'disc8nw>s^6i^oitid*eB<Halnie. .Moi^tKétf 4pestfvet(|BB'Vâncl jcbéfeoiuâix Je :{>tu^de QOMnî&sâmces -dtfDtinoiistsQnnntsneapAblest? )Q*4Bt tqpe^ dMsilaPiuaôscte'iio^ittifOftrtttmuffr^f; ii se. Idmito idcsspBopMtîons^qààmraétem^tsoflAiviM ^.dkMit MOU «ne ooimentqpasiaTêc inoos.- jy^f^môtiBr ttehonu fldé i-4ès >pitraTtr;:et signes ipi«aiim»Ji«f)8Ma«dbe^ appoMsifts

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•Aermi^ie&il'y^itra «)émefdeJa>iblKràjchen&eif)lafM«Hé>iatt' ifuet<|tteilaf«apaén»«ftgme)ttoasbfe8^àiièJshm^ emwtu

« 8»ibaîfcnii^e^ei^ailXDntd«&îDhosddfiâsaiirj6att^^ al.s'agil;, il suflSk dvidJfiuîrdci exaetememdesrpsemièsevitériasésytttD

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^1 4:K,i2U'X£S.OIIZ JBSIUiffTUUlEllK!|X.«&.«OMNilHl.

CfiÀP. I". — Du gADce^te premières* vérités qai«e tire du aentiment de notw • propre 'existence' et de -ce ^qne' lïotis jéprottYdns en nous^oïêmes.

19. -La 'piïeimèr© «wree> tHUleipMnâer^priiicipe'de ti^tfte>^rftc dont noiift>5KX7oii9 stim^tM&s^testile'setitini^iit'inismequW G^a&an de^wMis/^ sac>piaopr8{aHisfteiiee' e% * de^ ee* qu*Us en^'éprattve^ti

FNB. 019

^méfmcG^t'iài^dmqeiia biociide âéutfe iMrtac vétitttieWe toute 4tt- 4rètiQieBB<r>hiiinoiDe«}IlmiWjestipDBitidQtpte '><Hni]nû»nDevque'lioiii«ttde iraire^KSdeteiâste^antti^Mdienicnli^ <\w$l!9mfemêéeimkme^jpmaÊqu» «ef /dbjtty tmcKce peauiàef «t l»«atitî-

)qQj/pflnsoas^(f ttijcnsAcfiis««tiqriir9eti;aiMaM kisBotiaitiEt.

réclaircir davantage, ne servirait qu'à l'obscurcir : deamèig que si l'on voulait trouver ,qualqye chose ^d^ffJTWL clair ^ue la lumière et aller au delà, oii.iBCitM)iifv»raift>phisqiie<desL%éMb^s.

II. .U faut uecessi^ireiiient demeurer. à cett^ première- aiègle, qui se disoemetpar elie-iùême daiis.Je. plus gratvï jour,, et qui, pour cette xsisop^yis'^peUe évidenoe.au ,s;i[^jrémefd,^grié.il^£l scfypiiques aument bMu. objecter qu!ils doulveixt.s!ils. exisiisii^^ <ie sâc^k perdse leteii^ps^que de s'amuser fà Jour .&il:e.se^tîr l^ur.foUe^^et de leur dircj^e ï.'ils douteufi de .to^1i, il est vxai qu'ils, ie^tept^fpuisquksin ne peutdomer saus^ exiiuter..Ilisera»tovijours4ntlem:,p0uyQir de^j^e r^iianchei!.dans «in veji)i^ge xidiciule^ 43iù.il..sei:ait. ^galmuent ridicule d'entreprendre de les forcer. Il n'est pas raisonnable de dojffO^T an«mrev,la rdàté^k qui, a£fecftaot«daiDiq,pii&Ia toi^|.i»e:can¥ieiidrait .pas<auisi.de,MU€[ fja^wièf^ipsqpû^itkoi^fi quÂvOst'dvUiief évidencser jA'

e^i%,. iDa.d«imadeàvGette xM$G»sknkA OesK^adcs.'iai'etf^poiat tombe

.dam^l'iUttsiQa^ psç^usMîfer^s^.psgpMreauaitwiQatmmme «una covêé"

.^qQeace.de«%peas^aetu^ll^ imot^Mfi^yie,.dM^^ÂuUy\^\\y^

c'est par une.ia(mQipçfro^|Mioii.ida;iM^BC;riiné;^^

i^xsentimi&nt mnmâvtf(*de'fiMAp^f«suMer^ ide ,ï}otse^*0%i$t^nC9, Sll

.aiiaite£bmî;^)Qineii%prétA&idu nQWtd&nntffffif UMiaenKHii^kiGOtt-

]ri0tioa^eaiQtFe^0ÛtMep}«0miiiA>gii^q«Mrim mtmt

pris uiï soin fort inutile, piMuwi^ipaSf d^ pi«6ril<(Mai4iCôi«x^qi«4e

jii3lîfi«nÇfffétei&dentfqu;iLft^ îcmKÀfiW 00rawoiiiiamiiii|t^,|ua«pour

.dbitt«s^aA9«diteHp^pld,<k l'dRlh^ ààir0m^s4fpeik9t^s^^lu»iànkf3^

^quiB^piiMent iiseVfdi'ufi{wdiw|îp0{Os îl^oH^trai(4«^/^«^â estr-AUie

ymsta^tlMUiUeia, tgÊBt.fei^Hée i^^l-^s ;>i«ie'^Qn$équfin^a<de Ja^ (pOè-

quence est ici jointe à son principe si immédiatement^ quey-lotn^de rpoimir «'y j»^^pi»a(k^^âi ^t db J»^lAtî]ja»;paV4^fiperGevoir^qom- ^vmsA i^iBC) «r'aittfpas, l'atitr^^ ^ii}isi^«i(9ire ^^Amaii$«.^Béi»néquen€e,f/e 'f0m^^do^q*j^ sHi§yjË9l d«iis^€oiidyi;aice^t If^gitimef mais dans le

ib(|d.;(W^•<eUe^lle.mém9dtpaa<t|^p^pejine^ faite^ict me-

ao P1IIN0IPB6 VONDÂMBUTAIJX

ritait encore moins qu'on la fît yaloir comme une découyerte. i3. Quoi qu'il en soit, une réflexion plus importante à faire, c*est que toute conséquence qui se tire clairement de notre pensée actuelle participe au caractère de sa certitude évidente au suprême degré : telles sont les démonstrations qu'on appelle métaphysiques ou géométriques, qui ne sont autre chose que notre pensée actuelle appliquée à différentes circonstances. C'est ce que nous développerons ailleurs. >

CHAP. 11^ ^ De ceux qui n'admettent pour règle de vérité que le sentiment

de ce que nous éprourons en nou8*mémes.

14. Bien que ce que j'ai avancé au chapitre précédent contre les sceptiques se réduise à peu de lignes, peut-être aura-t-il encore semblé superflu: tant leur folie est reconnue et méprisée universellement. Mais si l'on n'y donne pas de nos jours, on peut dire au moins que jamais on ne s'est plus approché de leur opinion, puisqu'à la réserve de cette première règle ou source de vérité qui se tire de notre sentiment intime, certains philosophes de ce temps n'ont pas daigné reconnaître ni admettre d'autres genres de vérité et d'évidence.

i5. Ainsi, quand on leur demande s'il est évidemment certain qu'il y ait des corps et que nous en recevions les impressions, ils répondent ];iettement que non, et que nous n'avons là-dessus aucune certitude évidente, puisque nous n'avons point ces connaissances par un sentiment intime de notre propre expérience, ni par aucune conséquence nécessaire qui en soit tirée : c'est ce qu'un philosophe anglais n'a point fait difficulté de publier.

16. D'ailleurs on ne peut soupçonner quelle autre certitude éyidente admettraient ces philosophes. Serait-ce le témoignage des sens, la révélation divine, l'autorité humaine ? Serait-ce enfin l'impression immédiate de Dieu sur nous?

17. Le témoignage des sens étant corporel, il ne saurait être admis parmi ceux qui, par avance, n'admettent pas l'existence des corps. La révélation divine et l'autorité humaine ne font encore impression sur nous que parle témoignage des sens; c'est-à-dire, ou de nos yeux qui ont vu lés miracles du Tout-Puiséant; ou de nos oreilles qui ont entendu les discours des hommes qui nous parlent de la part de Dieu.

18. Enfin l'impression immédiate de Dieu suppose un Dieu, et an être différent de moi. Mais si le sentiment intime de ce qui se passe en moi est la seule chose évidente, tout ce qui ne sera pas formellement ce sentiment intime ne sera point évident pour moi.

]>B PHILOSOPBIB CHMTIBirNB. 21

CHAP. lli. — Conséquences de Topinion de ceux qui n'admettent pour évidence

qac le sentiment intime.

19. La première conséquence de ce principe est celle que nous avons déjà touchée; savoir* que nous n'avons aucune certitude évi(Iente de l'existence des corps, pas même du nôtre propre : car enfin un esprit, une âme telle que la nôtre, ressent bienTimpression que les corps et le sien en particulier font sur elle; mais comme, au fond, son corps est très-distingué de cette impression, et que, selon ces messieurs, cette impression ou une autre entièrement semblable pourrait absolument se faire éprouver dans notre àme sans Texistence des corps, il s'ensuit aussi que notre sentiment intime ne nous donne aucune conviction de l'existence d'aucun corps, et que nous n'en avons aucune évidente certitude*

20. Une autre conséquence également juste, est que nous navons aucune certitude évidente de ce qu'hier il nous arriva ou ne nous arriva pas, ni même si n«us existions ou si nous n'existions pas. Je crois bien être évidemment certain qu'hier j'étais au monde; mais c'est un jugement qui peut se trouver sujet à erreur, selon les philosophes dont nous parlons. Car, selon eux, je ne puis avoir d'évidence que par une perception intime qui est toujours actuelle : or actuellement j'ai bien la perception du souvenir de ce qui m'arriva hier; mais ce souvenir n'est qu'une perception intime de ce que je pense présentement, c'est-à-dire, d'une pensée actuelle, laqueUe n'est pas la même chose que ce qui se passa hier et qui n'est plus aujourd'hui. Par la même raison, je serai encore moins certain si je ne suis pas en ce monde depuis deux ou trois mille ans, et si je n'ai point ammé le corps d'un crocodile ou d'un^ moineau. Il est très-évident que je n'en ai aucune mémoire; mais tout cela s'est pu faire sans que je m'en souvienne actuellement : comme il arrive effectivement, que chacun de nous est demeuré plusieurs mois dans le sein de sa mère sans en avoir conservé le moindre souvenir. Le manque de mémoire n'est donc pas une certitude évidente contre ce qu'on voudrait supposer de l'ancienneté de mon existence, et des situations différentes où je me serais trouvé, dans le système de la métempsycose. .

21. Avec la même réflexion, chacun de nous doit être persuadé qu'il n'a aucune certitude évidente s'il n'a point éternellement subsisté; puisqu'il pourrait avoir subsisté de la sorte sans qu'il s'en ressouvienne. Que si on lui représente qu'il a été produit, il pourra répondre qu'il n'en a point de certitude évidente. Car avoir été

produit est une chose passée, et nest pas la perception ni le sentiment intime de ce qui se passe actuellement en nous. Je n*ai que la perception actuelle de la pensée, par laquelle je crois avoir existé avantle moment où je me^treuve présentement.

2â. Enfin, une >autre conséquence* aussr légitime qne ItiS'^récé* dentés, est que^nous n'aytms- aucune cen!itude<|fi'il'exisee au mondé d^àotres êtresque chËieun dè'noi»: car s*il se'filitisn nous'dtss tm-^ pressions dont nous attribuons rOGcasÂon àdéfir-esprit» et à d^esàii<*> teliigences qu'on suppose e9risteriibr6'deiKyusHii^ie$,no«s aytsn»^ bien une perception^intime- de ce9 impressions^ recues'^e&'^ous ; mais cet^e perception intime ne ' |)ortanl3i confrielâton ^ que d'elle^ même et étant toute intérieure^ elle ne nottS'donne*au!eiiiie'ceïl&tndeévidjente'd'imêtifeqm soit hdrs de^noos. Eb effet, sekm>les>' philosophes dont nous parlons',* l'&me^n est point éndémmeiit<«i^* tainn si elle n'est pas deteBe natune,^ qrf«lteéproav*-pai» eHe-^méme et par sa seule constitution les'impi^es8i<ms"doïit*elle'atlribu««la' ctfnse à des êtres qui- existent 'hors tffeHe; ctt^n'a* doiwpasde'^cer^ tltude plus évidente qu'il- y ait 'hors' d'teile aucun espnt^niaiiouik'' être quel qu'il soit : ainsi elle n'a- point d'évidence Kiu'eUeîufeKiste pas de toute éternité^ on même qo-elle ne soit pa»*lNMiiqae' être^qm eiiste au monde.

aSi Aj)rès une conséquence si singulière,' cei/ert plus ia^pein»cPhidiquer toutes les autves qm sp présenteraient en fènle, pour montrer que je n ai nulle évidence si je veillé actueltement,! o«*si-i je dt>rs; si j'ai la liberté d'agir,- on dfe nopas agir^ de^voulèir, ou*» d^ ne pas vouloir; si je suis la causer ou seulement* roccasîoH'd^mouvements libres de mon âtne, etc. Toute» ces- conséquences ^satiV' tentaiix yeux d'eliés-nrême^ sans ou il soit besoin 'dé les miBffquer* plus au long.

GB4P; IVi ^ Qwi lesicqinéK|iiea»B précëdetrte6toW<<i(Pitd*MUnfiWrift<éf»ltyts>t

ràgles ppur l'évidence.

!3L'4, Le'cha!pitre>ppéoédi^ntîmic«ipanuooaiieniridMiOons^q«efioein sî 'bczarres,' qu'eliès semUevonu^expoeées^pllHlnt ponr.'^ajKrt oet.ouvrage,' qae»p6«r y-^nenippouvcnBbisfsicl'airiaTate'OStteipenséei^^ je demanderais que Ton prît la peine d'examiner a9«cla«daBlM0e/. sévérité'si eltesne s'ensuivent pas 'iMoeatsflîreraeBtidéleun' principe, et même aussi clairement que des^témonattwttioiistocgaoïnéttBaj

srS. Â^' reste, je ne 9fiis'pa8«irpeine<du:j«^mtii| quj^mpQrtetai^ tcmchant la vérité de quelques-unes ^ees conaequeneesi: oomnet d^àvoir droit'de dOuiar ■ si> ohacoD de»niMisiieal:pastrqpdq«s(iètriri

qui existe au monde. Je suis persuadé que nul homme sensé ne sera tenté de la jugpr vraie, ni de supposer que d'autres hommen.. sensés le fassentsABduseniânt^ et^ppur/le. dire»eik;un mot, il nest personne qui ne regarde ceux qui le feraient comme autant de

2& J^nt'entrap^Mnft daASrle^taUdas.>iiutras eansaqveBQes'; :Qiut! s'il ^a estwaetseuW^eK&ajvapim^' qui a'eafiuiyevnéees6aiiieia«Dl> dtt , priiieîp%il fiàut Béo6fi$airementqMe4ia pmKs^f sottlui*ram estrat'vag9Bt«.Ëa. ef£t%.iL e6t<,dém0nlr^TqM) le«YComéquen€ieâ> netsoofif q^usie mâHiû chcUebaFeele prîac»p<)r.U.nr'0«&;dcHU) pas vraitifiMi) oeus AaTonS'^cincràgk de^cfiriHiMleriéTideatenque le^seeiû^ intinMfdBtfioCDerprepre» aoiiâiij

27. On awna»b«fiu;dir« . qu'^OA œ pwliafiwgner un-x auiaieN frisk*^

mais il demeuriMttaO«oM9fl4/^<pter<»litt^]àtiCOiHlui«wfi iBeDirtàid€»)egeferi]Vfig#ii<M»f) iLdfiraitlttiiméimnsujfrtiaiiKipliw foSes Qn«iKB,4iiiijipi^ie«d«rfkît^<m£e» oei^i^tdad^^ qiiû estslusiz^^

àûinmiBk IS«u^n2ann«ns^p}H&.»u&:ediÂti^ «vidamieiiiiiide'Dieuii iÀïdM>iâaitna»étiie%> lû^dârtouftio» qiier^nQuaa^yoaSfidilf fe^otti pensé un moment avant la paiMMftctKi^tiîacqilAiDMA ^kiforoioiMlf.

XI Ajaiira^ ptuaaiim.^daiKs^Uriiiond^^ rvéAté

9w^ee^^qlli^«ift<]l0cs dotioiaias^.à Ivé^irdtdûs dime». q|lilflo^&^inl0r^ iMoetit k^plus,,qia\«eail 1» ffl«^le^\<^Je^e#aQiA\da\tq(iaaàK)U^ me:^, eûistfà«)d«Ee$\ «b<» dtBNttmvteniHP^^'il \fi y.<ai»ai^pbA3 c^aucune^ règ)i^ GCDBtAHie deaniioiii'iie^ooAdaîfiA Qii^<<k^{Mift8 omiubur^Oi^ q\HÛi ^'^ii> pnÎMflnftid^iw «coHUôns philAsophiis, jil y«;a aii; monde ^duuse&avcoca^ mun, de la conduite et de la raison : il y a donc de la vérité^^^^lïH oaiMisd«M3%«dis ÏjétMeiiee^:à4'ég^uMl dâK)ei4pi /b^ hoiv devenons.;

26; JD'afflei»a4tt)!pvap^fitifiH»ii ><>fipc<(»eg»aiii^cQ^aéqjuiMace«> iq^^> nous trouvons manifestement insensées^, ««rort^ pgrila<loi,deft^^oi;iTr

iMi^èimiAk^cmMMÀitpokiia^^ e^^inplef; qw mus

ti»sr>se»MiUsfi ceM4:ud«a•d''exf!él»enc«^rua»r^fs^ p^int

ne saurait être le sentiment de notre perception actuelle : il faut} donc^rapp«rMhc«^t)»roectilufiLe;àfUA«autc6 ehaC ourègle> de vérké, que quelques-uns semblent méconnaître, et qve j'fkppieUeïJai J.€i«#/if UmeBtioommmktde lï^-natmay au,..caRiiiie^on, di^d'ordinairey- le

24 PAINGIPES FONBAMZNTAITX

CHAP. V. — Du genre de premières yérités qui se tire du sens commun^ dont

les philosophes n'ont point coutume de parler.

3o. Les philosophes n*ont pas coutume d'exposer ce qui fait le sujet de ce chapitre, soit qu'ils aient cru que le sens commun était quelque chose de trop vulgaire pour les occuper, soit qu'ils aient été embarrassés à distinguer nettement sa nature et ses prérogatives. Cependant les plus grandes erreurs, ce me semble, viennent de ce qu'on n'a pas suffisamment démêlé cette matière. C'est là qu'on doit trouver les principes incontestables et plausibles de tout ce qu'un homme raisonnable est capable de connaître touchant les premières uérites qui regardent les objets hors de nous. • 3i. Au reste, le terme de sens commun peut se prendre en diverses significations, qui forment des idées différentes.

32. Plusieurs le prennent pour une faculté qui réside dans le cerveau, et à laquelle se communiquent et aboutissent les autres facultés de chacun de nos sens; de la vue, de l'ouïe, du gpûtj de l'odorat et du toucher; mais le sens commun est quelque chose de spirituel, et de plus essentiel à l'homme.

33. J'entends donc ici par le SENS COMMUN, la disposition que la nature a mise dans tous les hommes ou manifestement dans la plupart d* entre eux ^ pour leur faire porter^ quand ils ont atteint V usage de laraison^ un jugement commun et uniforme sur des objets différents du sentiment intime de leur propre percep' tion^ jugement qui h* est point la conséquence d* aucun principe antérieur.

34. Si l'on veut des exemples de jugements qui se vérifient principalement par la règle et par la force du sens commun^ on peut, ce me semble, citer les suivants.

I. Il y a d'autres êtres et d'autres hommes que moi au monde.

II. Il y a dans eux quelque chose qui s'appelle vérité, sagesse, prudence; et c'est quelque chose qui n'est pas purenient arbitraire. , ' III. Il se trouve dans moi quelque chose que j'appelle intelli'^

genccy et quelque chose qui n'est point cette intelligence, et qu'on appelle corps; en sorte que l'un a des propriétés différentes de l'autre.

t IV. Tous les hommes ne sont point d'accord à me tromper et à m'en faire accroire.

V. Ce qui n'est point intelligence ne saurait produire tous les effets de l'intelligence; ni des parceUes de matière remuées au

DE PHILOSOPHIE CHRiTIEHirB. 2 S

hasard, former uir ouvrage d'un ordre et d'un mouvement régu -

lier, tel qu'une horloge.

35. Je ne prétends pas borner le nombre des premières vérités

aux précédentes, ni que toutes soient également, et avec la même faciHté, admises par tout le monde ; mais ce sont autant d'exemples, dont quelques-uns au moins ne sauraient être légitimement récusés ; et tous sont de telle nature, que si dans la conduite de la vie quelqu'un refusait sérieusement de les admettre pour des vérités, nous ne pourrions nous dispenser de le regarder sérieusement comme un esprit égaré.

Venons présentement à considérer de plus près les parties de la définition que nous avons apportées du sens commun.

36. Je dis 1° que la nature fait porter aux hommes qui ont atteint l'usage de la raison, des jugements sur des choses que nous ne connaissons point par la perception intime de notre propre expérience ; car nous avons montré qu'on ne pouvait, sans extravagance, nier certaines vérités qui ne se prouvent nullement par notre sentiment intime, et qui sont des vérités essentielles à la conduite de la vie; telles au moins que celles-ci : il existe cTautres êtres, et en particulier (Vautres hommes que moi.

2? Je dis que les jugements vrais qui nous sont dictés par la nature et par le sens commun, sont des premières vérités; car si ces jugements n'étaient pas de premières vérités, ils seraient donc prouvés par des vérités antérieures et plus claires; et en cela même ils cesseraient d'être de premières vérités; puisque je définis cellesci, des jugements si clairs, qiCon ne peut les prouver par des prO' positions plus claires.

37. le dis y que la disposition naturelle qui nous inspire ces premières vérités est commune à tous les hommes, ou du moins à-ia partie d'entre eux qui est manifestement la plus étendue et la plus nombreuse : sans quoi la plupart, faute de principe, se trouveraient incapables de porter aucun jugement vrai et certain sur toutes les choses qui sont hors d'eux-mêmes, quelque essentielles qu'elles soient à la conduite de la vie ; c^est-à-dire qu'ils seraient incapables de raison et de conduite.

38. Je dis 4^ que ces jugements sont des règles de vérité aussi réelles et aussi sûres que la règle tirée du sentiment intime de no tre propre perception ; non pas qu'elle emporte notre esprit avec la même vivacité de clarté, mais avec la même' nécessité de consentement. Comme il m'est impossible de juger que je ne pense pas, lorsque je pense actuellement; il m'est également impo^ble

les hommes ont conspiré à me tromper dans-tQUtiC€ifm*é/s\diseniT qi^^unouéfra^g^ de Vinduâirie'.Jwmaineitdi qtûumef horioge. qui moutre^ régMlUr^neMt les^hêures^ e$t le^pur effet dm JtBuareL

39» lyaiUeurfiy comme à. celuit qui > nierait la icertilude: de* smnexistence^ on. ne.pouiruyt.Ia luif prouver* psorranoune vériié:an3béf' rieure et plu& smifl^y de même à.im. homœae «piîatMitîfiodifa qu'une moQftre: peiUaToîjR été formée pacle haeaiDdf on ne* penrorjMmfi v luL^émoatrer. levconuaifie pariuietautive yéiattérpki9«tiiipltf .nâiplii»^ évidente : car toute démonstration suppose uaprincifieaclmîftjeiUjre . cdiLiiqvLdoitpcr$«ader etoekii.qiii.-doit.étiMtpeniiâdé*; orydèns la conjoncture q^a Je^ di%il iif]r>aureit' point. de prîacipe^eaniiBimL entce euK,pmftfWii n'y aiimit. point de vérité •antérieuDfrdènt'ils c(Mivinsse»t)v^t'qui«€rrit dftpffindpe.par.rapportà.c» qwrîlsjagînîlr de.prouver.

4{K. Cepeodantil.fauifavouer qiientoe^le[^penre<de':piKS»ièreft'mp' riiés tiFékdMisentiœefijtiiitîme, et tout.ffioteef^enreide^^pnmaièreeflFér» ribéa^il se tsoUv:eriiiie diffi^nee : cest quià regarde dit'{M;em«ei>y ont ' ne<peuli'imagîi&er ^^il.^t;susM^tible,d<aiMaaneionibre de doutof^; et qua l'égard des .aiatses^ oni peut '.aUQguel^qllbikl^Q>onft'pw évâdenoe 4u genmiSupnémetde^denceiiAUeâltfanb qne

ces autres fumnÂèiiei'.v«tttés;^qoi3n«>8aat^p«8i^a genre) îsetf

tombam^ iqnei sur des «abfetsJMiTadbînousy eBesiiMtpeiin^eiilKiiMFei mA'^ impreasioa-aufisii vi:¥e'âur'noii9r'qu& œttesidoBt l* oi]Jeft*e9tt«n;nane^ • mèaieej.'.deffierte tf^st'pmjayràeBitijjfïïmsàèfe^il'jSanir deistn;.^ pour nier) los^autna^iknô'iHut quvétr» ioi»idti\4a\fmmnr. Ainsi, pour ôter toute équivoque, si quelques-iMW\atyinièfT>ient»A<\ ne domerrlie HONMi dQ>Qnidndtt!évideate('qu'auipeeniieft;genrerde xérkéy quh ese li»'ecnlôaeBftiiBtime^(notve^opBe^|iec«Kpim^ neid0nnenauJDall!sra:q1»^l66[|elttfkl{l^vaEλl]»&iamcr«m^tf ffré^ ce'.ne<serQit> plus, oomme onjimt^ fqpi'ttoeiqvMtioaiëde'flDaDâ^lttto jeiiiie iKerabaivai8«i^ÎBipiift|.papriMiL«erait:toigaiv oese-

venir aireftniQij iqim)oe9rsofte$'àe^aMraisâmUmcBimm^Hqmnm dêggéa son^pnnmJe^geaiie-.htimainfee qu'im appdie» des jcen^îtoi^eeimfi' dentés; et pour en douter sérieusonent xhna Imeago deelacnrio^'iii! fàetreiMmcerfau «eena-ceannmi^

4i • 'Au ireeke,: letfaoe convmai^xà^ que jelW^^exposé^xinest pfâBl': uneiidéer iBnée^.cQniiiie^^qiiel(pies«unsj{|Qfœsaiei^ rûnagioeiÇ e%;} onrtne peutlecdîi»isan»3coBfQndfe<Ja8sn0ttoD8 éttH^meaft Garjqufii dsft^/dif^^.dit'.uBeipeiissée actQeKe<çjetidci il .slagit'Afldaamentid'snef: diaposiàqniàipcaaer dez-tdâe manèce':'eni>teib:«OBÎp«ceuiiet\£raîk*

leurs l'idée n est qu une simple représeittatian des choses^et il s'agit* ici d*an jugement qi^'cm porte sur.les choses et-suvleurexiatence^

4a. Peut-éliFe an. fondu fistrce là q«e ce qa'ont (roula. dire ceoK: qiià se sont déclairés..6i<fert6iiient pourles iûléea.innBe^y»ans etfoirjamais iissezdémélë les termea^dent ils: se serrnent Mais s ils en«* tendent par des ié&?W^ innaes^ cequejew^uxdirepw le sens commun, je ne disputerai pas sur unitnoti; et «(Hsme ilsi^nepoumput se dis-»penser d'admettre avec moi le sens, commun pmw première règle de* vàntd^je- consemirai volontiers d'admetti» avec euxles ideesinnées^^ que j'avais rejetées, à les prendre dans leur sig^ùficatioa:véritaUei

CBAP. VI. — Si Texistence de Dieu est uae premiërerTérité»

4^ ObservQins^d'àbordquûnftpeHt^BatwwllemeBtioonnat^ tencetde . Dien^ sanA^ qne .ce soit imp «première wéniëi Tout ce> que^ nouvxsomaîssons: papr Toie^ deEtîeoiuDenientfe» conséquence^ de' qaelqaune despi«nMèreft!«Béntë5,nQusileiconDaîssMi»natur^lemenC' et avec autant de tcertifittâëtqiie ees mBraespffcniittKesmritésiNbu^ s%vons!nalitrdlenisn^^qiie<le soèsil eslb inoomparablecneQtplus^gratid qHfidalsrref iaseit'qual ymkuneiirérâteplus simple^ plusdmaiédinte' à-Ietpn^.etiqiivii»^e8t(pias Basée kcmatewoir^

44* Sidrniecqpelquttfroina'W^Gâent a9sez.*depMiétrati«iii'pour«ipevA^ osvoîr aiissi pronipt;em(eni<eeptaône8i€onséo|uenoe&(pie lesvpremières' véiké9rd'oùfeHtt8!S6tkent, ilsepearmitialoF» trouver -des eeprilsi (JÊX ia>oonnaîflsiHnce:deIKeu4ieDdr«itdie«i ^uue^pfygmière -mérité-:

4fi.' A régssrd 'des autres > et niérae'du: commun des hommee/il' seaaUke)qa'il est des véïkéft^pkiefimmëdîatesiiireaprityef} qtR.^yi pi!teseiMieiitreBeovetplii8<pronipi)cmcfitJet'pl«8aisémeDt que celle de^ la. conmîasanQe* de» l'existence' de Diem II pavait mâme-hors^ de> doute q«ie7l«8«iifaiift9iontiun(|^rBad'noHÉn«' de coanaîssancest sopi dc84)ii^efS'jefl8ibles efticotpopelsiavantoeUeJii^owpliiiotla^eoiinai»-smoe»de»x%bjelsieeiis3iittS''Soni7idisB degvés néeessaires, commune^' ment^piii4M|Sfpoury^pxnrenir^G*est>ce>cpeivour«in8n^ l'epâtre* saint 'Paulidons' ces poroleq iwaiarquaUéffr: Nonsipàr^emnM'^œ'lêu etfnnaàs^wèc^tk^i^âêfBiini^iêiUeidaDienpar loÊJokoseedecefmondê^ qui ont été créées etforméesif eià^nousjJoni:'eomiKxkr0<ta»séi'^éûêr^^ nUéuhisafuissance^^tydexsa démitséx Oivsî^les'choseede oe monde nous font'œemaîftfe Dien^ leur' connaissance pnéoede donda^cont a&issaace^deiDfieut; paâsqueile moyeDqaî conduîtà^une fin^ est a^aat{

4^ (Deei tpmm résoudre'uneidifficultié'qu^'onttpiieposée quelcpies»^ uns, sur ce qu'on a rapporté de certains sauwages^ hieir^iîew^lîl^

ibre, en qui on n'apercevait aucune connaissance de Dieu. Cette érience^si elle est vraie, montre très-bien que l'idée de Dieu

nombre, expérience,

n'est pas innécy ni que ce soit une première vérité ; mais elle ne prouve nullement que ce né soit pas une connaissance très-naturelle et très-aisée.Si des sauvages n ont pas déployé leurs idées, ni exerce leur esprit plus que ne font parmi nous communément des enfants, il ne faut pas s'étonner qu'ils n'aient pas acquis une connaissance la plus facile à acquérir. Quelque peu intelligents qu'ils soient, aussitôt qu'on leur a proposé les preuves de l'existence de Dieu, ils en ont été susceptibles.

47* Mais quelles vérités sont antérieures à la connaissance de l'existence de Dieu ? Celles-ci, par exemple : Je ne suis pas de moi-même ce que je suis^ Il y a d* autres êtres que moi ^Iljra des corps / La subordination qui y règne ne saurait être que V effet d^une in^ telligence, La vérité de l'existence de Dieu, supposant d'autres connaissances, et n'étant évidente que par voie de raisonnement, ne peut donc pas se mettre au rang des premières vérités.

48. Nous pouvons ici aider quelques philosophes à se tirer de l'embarras où ils se jettent eux-mêmes pour trouver, sur l'existence de Dieu, une preuve ou démonstration métaphysique. Il faut seulement qu'ils conviennent de ce qu'il leur plaît d'appeler éuidence métaphysique» Ils la font ordinairement consister dans la perception de ce que nous éprouvons intimement en nous-mêmes de nos pensées, idées ou sentiments, et dans les conséquences que nous en tirons ; lesquelles conséquences sont encore la perception de nos propres pensées, comme nous l'avons observé (n° ^\), Par cet endroit les démonstrations de la géométrie sont dites avoir une évidence métaphysique, parce qu'elles ne sont que la perception de nos idées et de la convenance ou liaison qu'elles ont entre eUes.Or, l'existence d'un être réellement autre que nous, tel que Dieu, étant autre chose que la perception intime de nos propres pensées 6u idées, ne saurait être prouvée d'une éndence métaphysique prise en ce sens-là ; où bien il faudrait que nos propres perceptions, qui ne sont que nous-mêmes, fussent en même temps autre chose que nous-mêmes ; ce qui est incompréhensible.

Quelques géomètres se méprennent visiblement, en se figurant que les choses démontrées par la géométrie existent, hors de leur pensée, telles qu'elles sont dans leur esprit, par la démonstration qu'ils en forment. Pour toucher au doigt leur méprise, ils n'ont qu'à se rappeler le globe parfait, dontles propriétés se démontrent, quoiqu'il n'existe nullement.

1» PHILOSOPHIE CHRiTIBNlIB. ap

49- La géométrie ne prouve rien du tout de l'existence des choses, mais seulement ce qu elles sont, supposé qu'elles existent réellement telles que l'esprit les conçoit. Aussi, toutes les choses existantes créées fussent-elles anéanties, la géométrie n'y perdrait pas un seul point de ses démonstrations, et le globe n'en serait pas moins une figure ronde, dont tous les points de la circonférence seraient parfaitement éloignés du centre.

5o. Il demeure donc constant que, par l'évidence métaphysique prise au sens que nous venons de dire, on ne peut rien démontrer que ce qui nous est intime à nous-mêmes, et rien de l'existence de ce qui en est différent. C'est pourquoi, à moins que de supposer que Dieu et nous-mêmes nous sommes un même être, il sera impossible de trouver une démonstration métaphysique (au sens que nous disons) de l'existence de Dieu, et par conséquent il sera inutile de la chercher, puisque toute vérité sur un objet différent de nos idées et de notre perception intime n'est point susceptible de cette sorte d'évidence.

GHAP. VU. — NouYelle exposition, avec des exemples, des caractères essentiels

aux premières yérités.

5i. Le premier de ces caractères est qu'elles soient si claires, que quand on entreprend de les prouver ou de les attaquer, on ne le puisse faire que par des propositions qui manifestement ne sont ni plus claires ni plus certaines ;

Sa. Le second, d'être si universellement reçues parmi les hommes en tout t^ps, en tous lieux, et par toutes sortes d'esprits, que ceux qui les attaquent se trouvent, dans le genre humain, être mamfe&tement moins d'un contre cent, ou même contre mille;

53. Le troisième, d'être si fortement imprimées dans nous, que nous y conformions notre conduite, malgré les raffinements de ceux qui imaginent des opinions contraires, et qui eux-mêmes agissent conformément, non à leurs opinions imaginées, mais aux premières vérités universellement reçues.

54. D est aisé de vérifier, par ces trois caractères, les propositions qui doivent être regardées comme premières vérités. En effet, d par exemple un homme entreprend de révoquer en doute que nous soyons certains de l'existence des corps, par quelle proposition, dont je sois plus certain, peut-il me rien prouver ou pour ou contre cette vérité ? Dira-t-il, d'un coté, que Dieu m'en a donné l'idée ; et que si cette idée n'était pas vraie, ce serait Dieu qui me tromperait.»^ Ce raisonnement contient trois ou quatre propositions,

.jdontxhaomtl, a6suvéi»ent, ttVM; nrplii^Glttreiiabpliidintnlddiàte à 4xa€Mivespsi(l}/qHe>^Bette'«éjâlé-: Jbysaxdeêy cof^^.jAiaacetiferamf «init ..Baul^qui savait bdaocovfpwbeux qvteniios philasûphesik&vérku- ^ blfls^psetnr^e&de y.eaâ^ailce léer Dka^nOiis 6it'aftieeetiétte>tM>iâièie

^doitc ncooiMies* tyaiit»iin«lâieii liiiFÎsibie :rx>E il€s>xliQ0esi vûdoles^MCftit des corps; donc laconnaNMSi^eilfiMhVQiifl-iavoiiaidfiB'COPps^^^ ^.$(&0U»kMùùie ^ef^t^itùémeïZHimA laîOeMnissaoncade Dieu.

. ill .est «Tcai if ne 42eBtmB4>phÂli»fl0pliie» s'en stiennnsi à (ttne ^iMttve ..ûeXjmstuMiçe ;de< IKeM^.k^eUc^BeiSisppose'pmntides dI^iks 'ràsi- -rUiBSii/ J'aiitatuffolkmeol llidîéejdeiDîeu^diieJMÀ^iâene Dieu *e$àÉ^ : .iBai6^à;giti fenaviliîlaeraMre queicette^pi^aùiiwa, J^^ivsuticnrfAeiMaftf

^tUeiAeamtei à}q^i^'dî|^0y£Bvoat4ls^4Uvlire>qttelkulle4[lu'Fatttl1e d««eÉs »^us>pv^]ipiMitk»$fSoitipla8£lfiire^6t plus»carmine^pltt»niiMëdiaf6»à «unon^^pri^iqueteeliiCfci, ii^iaidBâifiumps^'0uv'des'éiipes étendus^ifn longueur y largeur et prof ondeur P

55. D*un autre côté, quelle proposition peut-on imaginer pour

'«tttaqatercefieproposman, // y a desrcorps^ qui soit plus certaine

et -plus claire? Sera-ce celle-ci, 2VbMJ ne sommes évidemment cer-

ia^:que idui^émtiiMn^yimHmeiikyatoirefijnf'ojàre tjmfûeptiBUpi'Sous

Aa«rims^i(u^queiC0lltek^]rQpQaitiQn(CoiiduiraiÊ mu."fiBitiatianid^ipu«sqaleii

iïadHieltait«daall(toulieisonNSlttd&ie^'ol»e^ tfeniHU poutrattdouttr

raisonnablement s'il n'est point rétDe^^tiniqmigiii cadate. Stu^*9e

^dow ^oâtie aulr^pf9posilMm|iKK/wi0Triiift aÂtùlumattéproMi^ér^out

^ce, Qmf:£pr(mÊf^f)^aM»iqu*U(y ieûtidesi eaups^J^jDhu'waifBmMen'^qae

.<se|;te.firQpfiiMtUa ne,«Qit phia cBriôner le^^osTobôre:; «arije)ii^âé%i

clarté *nitoertitiide>d6reeiiqiie je^ttctnÎA) ow lier psnR^'fnsf dÉtts

.^UIledi^pQfikiflQ^deleboMs toute'iUMitndreiàtoeHefqifrj^épMuiEe ac-

.^uatUaidiU^ £ettQ prétmidiie^ poasibtlitérqiie je metfigûe n'e&vàotsc

.^ituf^wav^ealimânt najtaiffél^iinds faivpeaséeede fxttamsiesiprkg^mffi'

^Qvi&Ah if|uifio«Me«»tfdean( spéculation au^delà'idesJDwrBes. Simone

pareille possibilité était fondée; èEnid:le>8e»ft''(Bi0iiifmm^'Oii'poi^^

-J^^lg^'^^Bi^inAii4]i|iie tavl> Tce^'jquîaotudl^ épTovfvcMB ne

^jpp&se.poi^txleat ocnrp&i «iiiparxïondéqiseat)id)tyi]iMr«eMs4^^

v6n emst0f at ^giniseixsénwmfencfmfciriMmcàfJceidcmteilaKieoiidlifae

'dû/Qotre ifie^ «Or^(jedp(miaBde siosîeâtnm tiice cd» âsii» eonmna^^qoe

.defpauYoir'éiËreraflrrétÀdMis la tsandinta'ide k^tne^^xparllocs^rùtuâ^

^fr'il,%fia^^e6>oorp8? Cette inoertiuftleiétetifiiiiiae^ibke tuMoifttsIei^la

.certitude. conii?aK« $!Stdoi]CfUnetsagefi6e>jiiinteià 1» vërsbé: Vbiià>alà

iJr.s!e&.£ftul tomr^pouraftffipas oûii{6iidi«dss.idaes ks ptes'jKSsrde

tsMtts^daikSik soaaiBsiketiéBasJfii^irôiii^proiwe-itMDn 'pas à fmi ipnà&iles 'fiièiiKs^imprBfiâiwBft-qne inoa&<.ëprou5(oii»uoràittQiraiwe«it ^)pcar«l»«O]iflnrdH?o0q» i^PeuNéftraisaDtMesUesià peu'pvàâ k^méme^ '«laîft tsèêteenmsmta^eiiesitm soiiti pairies aiâiMs;-'et« si ^quelqu'un, pendant la veille, jraifl8riftrou]râit)|iaâ^t(VBi>aittremeiltcttff(^^ >tfm iq^nàiiffèymyfikmscméj^VBÙtiy^ plusu^lbn^ s^aaintsftt* à rai- «4oimer<^uv«e^itii^iqiœf «ilfâmtx^aninftlien^ (diiîre'^duklftiis

4e ÈùwmM: ouâreique dana'ctia'deux élats^asif?t>n;^r«M0tl^idesf'îmj|ireasiQB«*ia{iproflkaiittt dejcdl«ft!queifiNitvMir:iM«»'OtfdîtiaiipeiHeilt

ôioipressions iqiii «etnenouffelidiit «loro^r- l^ghatioff dts^esprits. :âisrdtWDélât»Mff»s8&irjQlntiO'JDâaesMÎ îis^en

<siQDtttent'Kaxâtensei^4iiQii hiaiiBfmofimet ^^}0pimrmU'^>9^H9ér

•pràiti4ttcioifi$^f)qiireprairecrais>j«, ttugfw^yottmi^JÎe^^eiivei^P^^ ijkeD?^strîaO|;etftren pms^-^nen^BSMàr,; n'tcn^ajiwfntt'pQiiitMrexpé- '«ieilc&»«r;ttef«iiinra»i iodi^e&daHnMnttiit^^He pénétMvndbnè la^tMh <iliii«r;des^e9pnt^^cett.'^aetoiiiâinic>pë^^ pliM<atâlM^iie'piJiié- >timiaitotii^i]0'<Âaisndes3cliîaièMi^ Auomie ^ftvoptdlsilîoii' eoMfabie iak^ cbaof!hiseeslaiii0aiicpkBdbmu|ui« 0K$&^if>//7'8''èife^4!rO7]f9if; iéie.mtaêMne>iim&>pt9aKàèÊe'^é»itij ditttéeiiQrii5l»fr^$prii» psr^ht'tta- .bAr^l^partfeaeiis ««luisitti i'^vi»Sjpse^ pour( la^proHver ^ ioq' gonfla (déliittre/)oniiie> peiil»iaiipi€r *4me^prapoâîtio« ptiis'ëÛte'tii Jyhrs

56. Ajoutez que cette rente se trouve encore^i^e^tueyes^iteux fdflBttMs?fmKMtè»ft««suJhé0i«swmii^ ttufir^pnemâères^ véèkés ; •tti]t)eU& a^Àérrâiwi;i««9èll«tiMMiti'MfMi ftafHà^itss^hoêam^s^^ Aûwts MMi\h^iMnaps^ùUims^<umsiAûs'jpÈff9 du^mi0iide,^et^par tontes softcss ^*aspiMBi^quecM&i\ipiiiifttaqa€Kméttl^la>c^ 48Mûvdw'.eoqps\»ei«rstrMi«ttï«îem'>pM'ti» éotitim^mllié^ ^fe'mêmft 'jOMÉft«anit(iii^e}ncar.<]?MiS\k!»)liDi»iites (aiBSpqae ncms^levifisoiij)

oneiit^suirferaftiniMe/pifilûsophest il'aie<s^n^^trdihreta''as&u^ i|fltti0»!qaî|^ge(jséi»ttiseliitfii& tquHl^h^e^t'^ptLS^éH^emmêM i^ettiHn itUrpasdesiy^œjis bm r9iaiiii»l<â^'€rt^si*4<md'4e5^éi6j«ifs^Hl a'devairt deaj^rciaoiaeisdmiynîiAt^^des^speistaptSPO fantômes^ de -Pitna-

-|pBtttîadk

57. U s'en trouvera encoTiBnfieîlis^i^ dans^k* pratique, m^agis- «mi pasrcmmnevétant^évidi3i»m6ntiee»tânt^ la tÂiorsequ'on sup-

32 PRXlfCIPBS FOHDAHEHTÀCX

poserait pouvoir être révoquée en cloute. Ainsi quand, malgré ces trois caractères de premières vérités, un contemplatif prétendra qu'à force de réflexions, il a découvert que nous n'avons aucune certitude évidente des corps, il prouvera seulement qu'à force de réfleiûons il a perdu le sens commun; méconnaissant une première vérité dictée par le sentiment de la nature, et qui se trouve justifiée par les trois caractères que j'ai marqués.

58. Celle qui regarde la liberté de l'homme a encore ces trois caractères. En effet, i^ jamais opinion n'a été si universelle dans le genre humain. iPTest^e pas là également, disait saint Augustin^ ce que les plus habiles docteurs enseignent dans les chaires, ce que les plus simples bergers publient dans les campagnes, ce qui se répète et se suppose dans toutes les conjonctures de la vie ? a^ Le petit nombre de ceux qui, par affectation de singularité ou par des réflexions outrées, ont voulu dire ou imaginer le contraire, ne montrent-ils pas eux-mêmes, par leur conduite, la £aiusseté de leurs discours, puisqu'ils ne peuvent avoir pour la perfidie la même estime que pour la fidélité P Néanmoins, ces qualités ne seraient au fond ni esûmables ni méprisables, si elles ne partaient pas d'une volonté libre, mais d'un principe nécessaire. Nous pourrions aim^* la vertu et la probité comme nous étant commodes; jamais nou^ ne pourrions les juger dignes de récompense et d'estime. C'est ainsi que nous aimons, à cause de sa commodité, une montre, qui nous marque règlement les heures; et nous ne pouvons sérieuse- .ment la juger digne d'estime et de récompense, comme nous en jugeons digne un homme, qui dans un danger pressant, est demeuré fidèle à son devoir.

59. D'ailleurs par quelle proposition plus claire et plus certsdne que celle-ci, U homme est véritablement libre, pouxrdi'ion attaquer cette vérité ? Sera-ce par cette autre : On pourrait n'être pas libre, et choisir votontairement tantôt un parti et tantôt un autre, sans que Von s'en aperçût soi-même, et sans éprouver aucune disposition différente de celle où nous nous trouvons actueUement? Cette proposition, dis-je, n'est pas certainement plus daire que celle^i, fe sens que Je suis libre / car, par voie de raisonnement, lune ne aurait être détruite par l'autre, n'ayant aucun principe commun qui serve à détruire l'une et à établir l'autre ; au lieu que, par voie de sentiment, tous les hommes sensés et de bonne foi, loin d'être arrêtés par les subtilités d'un sophiste sur ce point, plus ils y penseront, plus ils riront de ces subtilités.

D'ailleurs opposera-t-on à cette vérité, /^ suis libre, une pro-

DE PBILOSOrHIS CHUTIBUlfS. 33

position plus claire par la force du raisonnement suivant que (juelques-uns font valoir : Vhomme portant toujours nécesseUrement sa ^volonté à ce quHl juge de meilleuTy il ne peut la porter à ce quHl juge de moins bon? Mais cette seconde proposition, bien loin d'être aussi claire et aussi certaine que la première, est un fonds inépuisable de discussions entre les plus subtils esprits.

Tous d'abord seront obligés de convenir que du moins quelquefois la volonté se porte à un objet plutôt qu'à un autre, sma que l'un soit meilleur que l'autre; comme quand de deux louis d'or elle prend l'un plutôt que l'autre, sans rien apercevoir de meilleur dans Tun plutôt que dans l'autre. Ensuite l'esprit sera embarrassé à discerner un meilleur qui est présent et phis court, d'avec un meilleur qui est à venir et plus long; un meilleur selon les sens, d'avec un meilleur selon la raison ; un meilleur indépendant de l'action de la volonté libre, d'avec un meilleur qui se trouve toujom*s dans l'action même ^de la volonté, laquelle exerce actuellement sa liberté.

60. Quelque chose donc qu'on puisse opposer à ce que juge le genre humain sur la Hberté de l'homme, ce ne sera point un prin- <npe plus clair, plus plausible, plus immédiat, plus intime à l'esprit humain que le sentiyient de la hberté. 2? Celui-ci, d'ailleurs, se trouve répandu dans tous les esprits, dans tous les temps, et dans tous les heux. 3^ Tous dans la conduite de la vie agissent conformément à ce sentiment : c'est donc une première vérité, puisqu'elle en a les trois caractères essentiels.

Touchant la sorte de première vérité, qui nous fait juger que le pur hasard ne saurait former un ouvrage tel que le monde en général^ ou le corps humain en particulier, ou même une simple horloge qui marque régulièrement les heures, quelques-uns ont prétendu que ce jugement n'est pas une vérité incontestable. Yoici leur pensée.

61. Cest la nature, disent-ils, qui nous instruit que dans une infinité de combinaisons possibles, est renfermée la combinaison particuHère des parties d'où résulte la formation du monde, ou du corps humain, ou d'une horloge : il n'est donc pas impossible que cette combinaison ait été causée par le hasard, puisqu'elle est autant possible que toute autre combinaison que le hasard aurait effectivement produite.

Je réponds qu'il n'est nullement vrai que la nature nous fasse juger que, sans le secours d'aucune intelligence, etpar un pur hasard, une des combinaisons précédentes soit possible; ce n'est point, dis-je, la nature qui fait porter un jugement pareil, c'est c. c, 3

plutôt Teffort «tuae . ifluigiiialioi]:>qiii sîslainiiiqiie'iaal à« ]^TOpos^4n des\ot^tsi\oii noftce «spint se -perd, et où, harvÊé oommeil IM, îL d«ltt«^niani£BaleBMiit s» .pecflire.^En effet, i^ jquêUe 'idëe^nette • »iHon sMifiileaBMit de^ènsôrd? 'NsUte^ sinon que ie kasaad e&t une oaaâftinccBDue : or, jager 'àtSjMets ifwe peut px^oânire mue «aufle inconiuiet tsàle^ qae;le; luisBiid , & est fÊsger ike^ ce* 'cjaVm ne eonank point, et par canaécpient :diinie cUnère. a^'De p4HS,^ger'<ie'ce cpûe^fiB n^'e&t.pas.pofisible dnii3UT»eo4miiinai9€nin/lHie{hiqiitXiiie p8r^isofii.infiiiité iBénae surpasse la portée ^•m0îte'im!téï\igeBaê)y c^tiiuae.]ioiiFeUe'obiiiière, comme nona letfarcms' sentir Javraitage danstlerchapitEede Y Infinité au dans ^eekn «de la PàssAlitêé des e6Ta^..Mftu qaesft-oe:><ipii»«^nBiiifesteiiicnt à lli;po^ notre «sprie 9 G «it ^enfoajlâ oGDtaize avais âans: cefcii de tous ks l^onmies qui met ee fitRit^fKiint -étadiésTà en: démemir: les^semtinievitr : savoir, qistsDeiB&chineconiiae^câlIe de rinnvers««i 'géiiérat,:Ou du corps himmm ca pnoliettlîery ou .seulement di'vnelMrioge à* pendule, est utte yeomfamaîsom «piEil^^est impossible d'actïibiier sérieQsemcvrt à dûnftre^aaiBe^qi^'3nœd9tellii|^ce;ten>soM»'quf11 «n^est Mposribte dei juger i^'uiklieiiÉai0iflttiisé pense là^essus^aillremeni^qcwiim. <^a».S£Ton .prétend ({ue:^ci'ttsii Tikart de la^qnestion, et qae cel philbsfipbe ju^ge-^riensement^possible ee"que ' je tromite 'impossiUe^îe pfféteiBflk.'4]n'en oe poîM-là même il «st hors àë^ F^enceiate dellaii9Întt.ltaa8^âea«eicafftparîété, qui «eraiie» juge 'pour d^éeideir lequel du philosophe ou de moi'est'YhouKne^sensëP'Jevms^biai sAr^d'KfXMr pour moi leisontiment «da genre humein , à quelquesmnprès»>qui^se'ya'MseBt ct^se fiourmentânt Fèsprifponrfj^otiyenrdè lapassilÂlivé,'ià'OÙ ksrsgmres homMfs nWaperoomut point. C'est dbiic au pliiitosophe^i^^nmprouyer que'k^ i^âtare raisounàMe iréside lAÛquefiMêttC 'dàMBilÉii et^d^s «né peignée de* ses* bemMébks, tsxt* dis qu elle manque à tout le reste du genre humain. Il «pppose èts sabtiyAés:;*mii»H!Ke»8Ul9tiIi«és , qutmd on ^les a pénéf liées frussi bien q»e lui, n^d^êifên^ > point lessaiyires hommes ;'eit^s^se]^eM; mkiqnement -à Udu» «Duvainepe i^avantage qu^l^est îknsk nature raiaenndbiei|iielq6ie ^éh^dse /dé ^lus -sensé quedé^Tais^mnetHonfs outi^éset^oue^ësau «delà dii sentimettt dé là^ «stUfg;^oeiitime»t qui est» commun là^-VMsktMMs tes pnemièves téril»âsi

CIUP. YIU. ^.4^ la certitiuie: des pmmiècss vériftés' Ji'«nrpokltr«C0tlUie.f ar

des subtilité qu'on y Toudcait opposer.

i^3. fl i'eétpfi9posé,'SHr»te stijetdo*rt tiou9pai*k)iîs j'iîefS'objectlons qui^ otit patu^dSiSciles àdéT^ldpper;itmis,''C^fiimeM!^s<teHn-

b6ttrisiip^)de0' points^ d^in on 'ne rp^ut sérirasemaRt-Jotncnç, >ettes iM^tiiftiiioisealtfnmm lês^bormsde'Fetprithinnimsfvc lafaiblesse

bien ntfU9 pvapùBeinoà'èe'tmaanmtleats npi oon&ndenirloy nacres,

le sens commun, parce que ce sont ihrr.îfitiskm&^dont nous pou^ y^amsfthkBxafKtceVKM^hi Êraaseté'par im'aèBtioienitirvéproefaable de la nàmre,.imn!r'ii6n pas tonjoQTsla démon» er pir me «xaete aaalTsieideMias^peiiséts ? Sa* iioiei, eeime semble,, hi vmmï^ cpie j*ai déjà ÎDiigîiiiJBff:: c'«6ti{QeaEle WMblailbftdi£Bcthésifny«l»ppalt toujoin&4qjgQd(pte>ôiia»d«: l'idée d'ii^/^^ «eubre espint se perd et où iLdoknMit«llei»0iit de<perdre. 'Rieiin«8t{plasrd[dicu)e><|ae l»vaÎDe cftwfiamwjd» cBitaio '^ eyw)fci,i ipn ? «e ptëtritrtt de«€efifiie'4uiiis ne p«KTiiii6>'mn^iBépoRdTe'àides«bjeciioBs mi nows^dc^ons ètreper- SBwlés, 'si moiar)tfMHnMrs sensira, qae nous «eî potivcm» rien comprèndre.^^MÎi n?at-t>onigatnin9pfi']tëpOBdDei0fsee 'prscisidn»- ^ netteCié à VaiiGt6»<ai|ffR»8nt ijwi Msflkt^Zénoti^ fMnir proirmr qu'un eapieeecEwa^d) >écust 'i9SMi|pDsé^'de pflHsts qu'on peut assigner à rîafini,éfiiiMdMatrimteinpi8 mfeii;ponrjé«reparccnini.il se tfoune auribnd de: nUCfe ^àmemne dMpoôMnr de scnameiit et^ SeacpéneBee

terles 9Gd3ttScés''qiri*miiibterateM(Hef«Àr^^

donc ne laisse pas d'être certaine , quoiqu'on y oppose des-dilâcul-

364. Le8]<ficeptiqiw^'we*'vtnibî«Mpc»<«oifveiti^ ni^^poe FanifÉt eeinamderifw»^ de^a ppopre

exSftte&ce^'BoviefOnsi4i<nM>pcnit œk^irninisexistons ?«î »0u« pens«â5 ?*8& nom aTWÉB'de' hifoie ou ide la édul0cpr'?'fipk«r0 scMrtenait qu'il n était pas nécessaire que,de deux propositions contradictoires, roM'ftrt Traie ,« érfttulve^&iiSM. La* âM>«e' «n eM-eSe mokis- é^ridttiie ? QaeitKfiâifs^ndOs^à «ehâ qui'f«ad>ai€4i€m8 prduv^'^pKi ncRis nexiMms point j-ptnttjn'ï'WOiisteaiiMq^dsil^'de^cerQeem coinni«rnmiS''ayeiis:piyexisiMr PleVaat à« peu près- ratrg«m«i%fée qiMilpKspfailoao)^)b«s<éGrfti«tf«!«^ {dos

avétémpar k aevs eomuCB.

Ifô. Je»Toi9 di9pMer>si )«<<$id9 évidéHMlMi: ^tf am> qa'S étàste ^a«tMSt4»«6'q«ennoi; ^ti je >«K8^«tf(6ttirë die^'ecap»;)^ une h^rkyge ^^monfter les- hennis «ràs<^égiilièt4mi«iit,'owâ'la'ina^M ife F«inrasM^^ei eêlfe de 4$lMca»^d«5«niiiiaifiL qui y MibsiMmt, ne>pournMm.'pofatt iteneU'ottnn^ ^à» ba«»rd;^tt je'n^in potnt^esîixé^tel qnejcusQÎB tpandUiiDugioatg tfsppnee^de idè^^/^Acwt f avraig^p^tâu

36 PRINCXPES FOin>AAIBNTA.UX

le souvenir : je vois discuter ces points -là par des philosophes; mais tout philosophes qu'ils sont, après qu'ils ont apporté et fait valoir la raison de leurs doutes, je me réponds quelquefois à moimême que je ne sais que dire à leurs subtilités ; mais que j'ai tu enfermer, à titre de démence, des honmies qui avaient la tête remplie de pensées moins bizarres.

J'interroge les autres honunes de divers âges, de divers pays, de divers tempéraments, et je les vois également persuadés qu'il faut n'être pas raisonnable pour former sérieusement les doutes que j'ai rapportés. Je consulte la conduite et les actions de tous les hommes, et de ceux mêmes qui, dans leurs discours, semblent combattre le sentiment du genre humain ; et je n'en vois aucun qui ait jamais été arrêté dans les affaires les plus importantes, par le doute s'il existait d'autres êtres que lui ; s'il avait un corps ou non; si l'on ne pourrait pas ajouter foi à un homme qui rapporterait qu'en certain pays il a vu une horloge formée par le pur effet du hasard. Je ne vois nulle part dans la société humaine penser ni agir conformément à l'opinion que débite cette espèce particulière de philosophes ; je ne puis donc juger qu'ils la débitent sérieusement, mais seulement pour le plaisir d'avancer de nouvelles subtilités : car, après que leurs raisons prétendues ont été examinées et pénétrées, le genre humain n'a pas changé de sentiment sur le point en question.

66. Cependant tous les hommes, par rapport du moins à quelques premiers principes, sont aussi croyables que Platon et Descartes. Il ne s'agit point alors de raisonner, mais de se rendre témoignage à soi - même d'un simple fût ; savoir , de la nécessité qu'ils éprouvent naturellement, de juger clairement telle chose sur tel sujet.

67. Aristote, avec tous ses raisonnements, n'est pas plus parfaitement convaincu qu'il existe et qu'il pense, que l'esprit le plus médiocre et que l'homme le plus simple; et il n'est pas plus convaincu qu'il n'est pas l'unique être qui soit au monde, etc. Dans les choses où il faut des connaissances acquises par le raisonnement et des réflexions particulières qui supposent certaines expériences que tous ne font pas^ un philosophe est plus croyable qu'un autre homme; mais dans une chose d'une expérience manifeste et d'un sentiment commun à tous les hommes, tous à cet égard deviennent philosophes, ou du moins rendent à la vérité un témoignage aussi bien fondé que s'ils Tétaient : de sorte que, dans, les premiers principes de la nature et du sens commun, un philo-

DE PHILOSOPHIE CHRÉTISim. Sj

sophe opposé au reste du genre humain est un philosophe opposé à cent mille autres philosophes, parce qu'ils sont, aussi bien que lui, instruits des premiers principes de nos sentiments communs.

68. Je dis plus : l'ordinaire des -hommes est plus croyable en certaines choses que plusieurs philosophes, parce que ceux-là n'ont point cherché à forcer ou à défigurer les sentiments et les jugements que la nature inspire universellement à tous les hommes.

6g. C'est donc ce que tout philosophe doit bien peser, que cette force du sentiment de la nature, pour en faire la base et la règle générale de toute vérité; car il est également impossible de juger que le sentiment de la nature soit opposé à aucune règle de vérité, ou qu'aucune règle de vérité n'ait pas pour racine et pour fondement le sentiment même de la nature.

70. Au reste, bien que les différentes sortes de premières vérités soient d'une évidence ou un peu plus ou un peu moins vive en nous l'une que l'autre, elles ne laissent pas d'être toutes véritablement évidentes, puisqu'elles ont a^ez de clarté pour déterminer notre raison naturellement, infailliblement et nécessairement, à penser telle chose sur tel sujet qui est également à la portée de tout le genre humain.

En effet, la première règle de vérité reconnue universellement de tous, savoir le sentiment intime de notre propre perception, tirant toute sa force de la nature , partout où se trouvera le sentiment de la nature, il se trouvera aussi une vraie évidence et une règle nécessaire de vérité ; en sorte qu'une plus grande vivacité de lumière fera bien connaître une vérité plus vivement, mais non pas plus réeUement.

71. Cest donc la nature et le sentiment de la nature que nous devons reconnaître pour la source et l'origine de toutes les vérités de principe, soit qu'elles se trouvent accompagnées d'une plus grande ou d'une moindre vivacité de clarté ; car d'imaginer que la nature peut nous guider mal, quand elle nous détermine à un jugement dont la clarté est moins vive, ce serait soupçonner qu'elle peut nous guider à la fausseté de manière ou d'autre, et ce serait alors ne plus savoir ce que nous sommes nous-mêmes, et ce que nous devons penser.

£HAP. IX. — Comment le sens commun ne se troute pas également dans tons

les hommes.

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