On peut comparer le sentiment de la nature qui nous fait
38 Tjniyciiw FOflOMJ^smÀvx.
pemer et jug^^ au^eitfijaiexit^jiû nouâ^ fait, aimer ou^démor. Jl^ce paa un sentiment naturel qui pocteles père^ et Je» niÀne& à. aimer leurs enfant& et à leur désirer- du hien! NéaofawDSyO^ sontlnmit naturel est altéré ou éteint dans quelques pères et quelques rnèti^^ ce qui n empêche pas que de lui-même. U ne soit iof^iiié par la nature. Ainsi, quand il airivera. que quelqjues-uns ne. pejwwîQiit paS) à regard des premières vérités,comme.xo.u$,4e9 amre^rhpiiuM^, cela n empêchera pas que ce que pensent, ceux-:cLne,jQil;Am«ei»ti* ment qui les porte auTrairet qui:yient,de la.natuce«:
y3. Bien quelle soit régulière dan^ siestOU3rrag^V^^'T^>^v^^ néann[K>ins se trourver défectueux fWLuimpar&its e«i Q^vX^ioMÎbasi^. Et conune dans la constitution eztériem:e,Qii \ioit. quelquefois^ des avortons et de$ monstres^ ainsi ^p.yoitr.oJci .dana^los disposiriim^iàe
If A ame.
74* Après touty il nest pa3 à croire, que .la,nalui:9j$i^u]^,faMe de ces monstres ou avortons, ^.ar rapport aujL disposiiiQniîrAeiïâim; et que ce ne soit pas les hommes qui sei rdéfigprieiit.eux?mâmâ«r>tfi effaçant les traits de la nature, ^et. en loJiscuai^câssajciA.le^.lamMiffes qu'elle avait mises dan& ejx;&; oeld} par Je. mawwAV} waaa^/d&la lihmié qu elle leur a donnée*
75. C'est ce qui peut arriver, et ce qui acrive. effeAtiicemevAHQii diverses manières x tantôt par une cuciflisitéxîutrée, jqu^.îiQu^.portant à ponnaitre les chosea au jlelà; des homes àenotrfi asp^iet de rétendue de nos lumières, faijt.que Jioif^ J3^,.nencQJ»t^aQ^ j4«s que ténèbres et obscurité itaxac^; par. une. jd«Bcule,vaniiié.^raMUS inspire de .nous distinguer .des..autces hommes, en, p^insaaU autrement qu eux dans les dioses où ils saotnatureUemeot cap^l^sciile penser aussi bien que nous; de sorte que renonffmlii À.Aewft^isesillîments, nous renonçons, en. même ftemps^^au^sens^commim, tantôt par la prévention. d!un parti au d'ujne saae/^}uifaiX/iUH«iiVi>«BTiQM^tain temps et en. certain, pays y comme il est. arriva:. aux, 3ce|itiqvies et aux Platoniciens, qui, sa fUttant détreJes<hdauii<espriJ» de-leur siècle, s applaudissaient d'entendre seids,.GG qj^i au fondn^(S'eulaud point .par des esprits raisonnaUes:; de. sorte qu'iU r^g^rdûentievi pitié le jreste du gmu^ humain^ qui, de son côlé^ avait una^^lust juste compassion de leum* également ; tantôt par.laisuitehirmajnte'ii'itfi grand nombre de vérités de conséq\^nce, qui, Jbs^ éhlouiMml^iait disparaître à leurs yeux la fausseté de leur principe : tantôt, enfin, par un intérêt secret qu'on tr<»Hve à ^embriMitller «t à raéooonattïpe les sentiments de la nature^ afin de se délivrer des vérités qui incomny)deKaie»t{ carenfinj la<vQWntéâ un tel lejnfÂi'e^uir^sâp^^ qu^'elle
. peut substituer. les seBibinent&left{4us<éirAa|^«9.a«9i. ccMiBaissaiioAs les plus ayéréesxt les plus pbuMblas»
Dfaut donc supposer. que TAiitevu? de-la uatiKe' "avait impnnié dans tous les homiues ce qu'il fallait pour aUeiuxk'eà.la vérité^ autàxfi. que leuv. conditiou les. en rend susceptibles* JUais, d'un« aulfle coté, leur assaut donné la liberté, ils^n ont usé si.mal,) que par leutp
• divers excès ils ont altéré, la justesse de leur tfwyr irarMnt fit; ififff orgaiie6.dk leurs setts.Qr^rexp^enAe.noii«Jftit.Tw.qi^da là4^ pendent lea diverses., opérations. 4e r^espna^.jefttpar-oQoséquenttla justesae.>dei- nos jugements. Ce4t ^par^eounant de la.soi^etque:l^ bonpuEues jse &ontoxlamenri& .eux ^ni^mcs,« pour, ainsi > dir^ Xuvl ..plus-^ T autre moins, celui-ci d'une façon, et. oelui-là 4 we.autre.Delà« Siaront venus les idées bizarres, les vaines préventions, les fausses TM%'IeatmiwBsde Feifirit^^ tattf bsi'aUteintesHiiifiecacs-fflcasaaffertes le sens commun* en chacmide nous.
761 Cmix; en 414 Xe sens^ofiviwn.es^i^aUéré.en.tauti^saptjQau^ quoa,app^k absaUiiueBt 'de3 ^exjmvagfmtSr) ^^^m^ en qiû il n est aJr tcré qpiepeuy^en chi9ises.de légèg^esr c0Qséquenise%.sonit les parfai^i^ eeux eii^qui il. £)st altéra :sur certains usag^;^ ps^uKc^^^de U. ^ô^
ont le caractère de gens que depuis un teinipfs^. o^'^a, appelée o/iÛ^r iz<«x;r4(!i;eux«ei^4i}ii il.est..alj^cé notabl^nxeut sur quelques, p^wits pj}riîçuU^:s^s(iM<;eu«.de'4ifûvnaus.di39US.: Uestjw^^w ^loTsti^l^ et' nidus ;dî«cioj| . yi:ai; r ,car . s^l^ 4!4isaieim ainsi .sku*. toHtc;Ss les autr^ Gboses9.tl^.$e..ti:;auT«iiaient dans une«dé9tQnc^.£9Km^le>
77..Au.xeiSte9,rieo nest.p^.^cffdijwe^qivi^ ce .d^VPPi^caraxiAèfi^ de ^f!lQs^\ el4)n le r€»ucoutre.iionveut.xenf>dei^ l^oiwnes.qiû .dlailku^ cuit,des.jçpiaKtéaiminentes f evksorte que^ r.e;8;péri^ni;^ nousiait voir tQpa&]K;s4pwrsAu^gfcand;fau qyitest ujyitrèsribelecpôtinngïiandfcm qui.estJuittrèsvsa,vant honun^ ^t plu&«gt;uvent wemeiun gi;and.fou qui esUe:ineilleml»Qaune duïHonde.
Cle.qm;^st encore l»en.d^ne.deTeniaPiq^e»,pe^t^aujiûUe^ ces innuconbrables fplie&^t .de tant d'altéiratioi:^ de la. vémté ej; du sens commun, U ne j^e trouva queUp^efois. pas deux. ec]::içufcs q^ soient précisément .les mêmes, à micûus qucipapi? a{&ctaAipu..PU{^ GQnta^oal'junLn'ad^xte Terreur dkaaut]^»
78* Mai&aju.mili»u.de{ nette diversité infinie dIei:rewSflfc^: de; dérangements dan^ileseiis cQinmun, de qigusli^e n]^ère:.qu'i^^ ai^t pu arriver. (ce^ipte jf n^ntceprends pas di établir ici, les^s^stèuM^ ne pn^ourvant jtrien aux e^pûts rsolidi^s)), r^expâ;dence mouixe pouptantcp^ dajAs Tespritde tousies.bp»m!9%.îl eatTQSté4^P7^ii^cij[^ ottrpfeiini^^ isentiiuewts de» vérité* :0r, à^w^ pem^^o* JeareQQuuaî-
4o PRINCIPES PONDÂMSITTAirX
tre? C'est quand un grand nombre de personnes, d'âge, de tempérament, d'état et de pays différents, qui sont également à portée de JMger d'une chose, en portent le même jugement.
Je puis donc bien croire que je juge mieux et que je pense plus vrai que d'autres qui pensent autrement que moi, en des sujets dont ils ont beaucoup moins d'usage que je n'en ai moi-même ; mais les choses étant égales, il est impossible qu'un homme pense vrai sur ime chose, lorsque cent autres, qui sont également à portée d'en juger, pensent différemment de lui. Cette règle est d'autant plus infaillible, que le sujet dpnt on juge dépend moins du raisonnement, et approche plus des premiers principes et des connaissances communes à tous les hommes.
CHAP. X« — Éclaircissement des difflcoltés qui powraient rester touchant la
règle du sens commun,
79. Le sentiment commun des hommes en général, dit-on, est que le soleil n'a pas plus de deux pieds de diamètre ; en sorte que s'ils étaient abandonnés à eux-mêmes, ou qu'ils ne fussent pas détrompés par la philosophie , tous jugeraient que telle est la Téritable glandeur du soleil.
On répond qu'il n'est pas vrai que le sentiment commun de ceux qui sont à portée de juger de la grandeur du soleil , soit qu'il n a que deux ou trois pieds de diamètre. Le peuple le plus grossier s'en rapporte sur ce point au commun ou à la totalité des philosophes et des astronomes, plutôt qu'au témoignage de ses propres yeux. 'Aussi n'a-t-on jamais vu de gens, même parmi le peuple , soutenir sérieusement qu'on avait tort de croire le soleil plus grand qu'an globe de quatre pieds. En effet, s'il s'était jamais trouvé quelqu'un assez peu éclairé pour contester là-dessus , la contestation aurait pu cesser au moment même , avec le secours de l'expérience, faisant regarder au contredisant un objet ordinaire, qui, à proportion de son éloignement , parait aux yeux incomparablement moins grand qu'on ne le voit quand on en approche. Ainsi les hommes les plus stupides sont persuadés que leurs propres yeux les tronrpent sur la vraie étendue des objets : de sorte qu'au même temps qu'ils jugeront sans réflexion que le soleil est de quatre pieds, ils sont tous également disposés, par la moindre réflexion, à juger que leur premier jugement est sujet à erreur. Ce premier jugement n'est donc pas un sentiment de la nature , puisqu'au contraire îl est universellement démenti par le sentiment le plus pur de la nature raisonnable, qui est celui de la réflexion. Cette réponse
BB PHItOSOPHIB CHRtaSHNB. 4%
peat servir à toutes les db£Bcultés qu'on pourrait tirer des erreurs populaires contredites manifestement par Févidence de la réflexion, du raisonnement, ou de Texpérience.
80. On dit secondement : C'est une maxime parmi les sages, et comme une première yérité dans la morale, que la ^vérité n^estpbint pour la multitude; ainsi il ne paraît pas judicieux d'établir une rhgle de yérité sur ce qui est jugé vrai par le plus grand nombre.
8i. Je réponds qu'une vérité précise et métaphysique ne se mesure pas à des maximes communes, dont la vérité est toujours sujette à différentes exceptions : témoin la maxime qui énonce que la 7)oix du peuple est la voix de Dieu, Il s'en faut bien qu'elle soit universellement vraie; bien qu'elle se vérifie à peu près atussi souvent que celle qu'on voudrait ici objecter, que la vérité n* est point pour la multitude. Dans le sujet même dont il s'agit, touchant les premières vérités , cette dernière maxime doit passer pour être absolument fausse.
82. En effet, si les premières vérités n'étaient répandues dans l'esprit de tous les hommes , il serait impossible de les faire convenir de rien, puisqu'ils auraî^nt des principes différents sur toutes sortes de sujets. Ainsi leurs raisonnements les plus justes ne serviraient qu'à fomenter entre eux l'esprit de fausseté et de contradiction, puisqu'ils seraient appuyés sur de faux principes. Lors donc qu'il est vrai de dire que la vérité n'est point pour la multitude^ on entend une sorte de vérité, qui , pour être aperçue, suppose une attention, une capacité et une expérience particulières : prérogatives qui ne sont pas pour la multitude. Mais c'est de quoi elle n'a pas besoin pour discerner les premières vérités, qui emportent toujours le plus grand nombre d'esprits, quels qu'ils soient, savants ou ignorants, puisque, afin d'en être persuadé, il ne faut que penser, sans qu'il soit besoin d'attentions ni d'expériences particulières.
83. Troisièmement. On objecte que même, quand le sentiment communou universel serait une règle infaillible de vérité , elle deviendrait inutile dans l'usage, parla difficulté ou l'impossibilité de discerner quel est le plus grand nombre, pour vérifier ce que pensent chacun des hommes sur un même point.
84. Je réponds qu'à l'égard des premières vérités ou premiers principes, si l'on peut douter sérieusement qu'ils soient admis par le plus grand nombre, on pourra douter sensément si c'est un premier principe ou première vérité, a® Quand une vérité se présente à nous comme une première vérité, elle l'est en effet, si on la voit admise pour telle, sans qu'on l'ait vu contredire , et sans qu'elle
tin&atAUiplii&^Aiid.noipbre^S^ Le.«ci»itnM»i> ^ogmmim de! tU iay»ture, qui est une première règte démérité» pla^pa^JwfMW; ponir:flie justifier^ de ;la recherche qu^B ^ ferak daoftlefr.pmrticvlier^ ;; elle se justifie paE>€lle^inéinc^pwsqWdileest«v4d«a<i>etqtt€^ dafis ohacuB des hommes^ purûculiarai: e» aorie^^ppa^iNquelqufifuns en. sqat disconyenus^ils ontétévdéoudntispar, le nombre iwicmmr
. parabkadiept le<f^gp?a]MJ.£tifiii9,laaiieUWtti3e jnépcM^ à oette difficulté est le sâBQweot même dc^Ja natiins* £b eS^, ^qifte diie^à celui qui v^MMlcak. &iiiiAgJAefi, .sous, prétex^r qu'ils a p^i^Uj tons lits ho]ZllQefi|.q^al eDbast.{i^ut-él»SxquÎBe déskei^piw d^si^heiMWiA,
. iQu^quiva'cMM^^asheioisi de >sejiQ^i>TOy<wy^viw0^X»»<diaBB<iril4 xait a¥eQv eUie sa riponse^^u plirtâtdispeiisdmt d»eB^dmaw4«ifiiM.
CQÀP. XI. — si les axiomes ordinaires sont des premières vérités, et de quèllB
nature.
85. On. donne ardiAairexa^ol; pour, des pripeipe^^-géoéraux de vécite,. cectains, axiomes covununs : par exenipLe^.^va^r^/' dejytfs Jb^Jt' quatre^ on^.le tout e&t plus gra^ que\MCkpnrtie;j^iXy,il esX impossible qji^ une chose jsoit au même temps et. ne soitpa^^le^ïù&mr ivine. point à présent, .si ^ce sont.là deprenuères yéiâtés^,au.sens quielles soient les{)remières qui se présentent àjiotve esppil.Il.S)iffit d'ohserver q^e. çes.asgiomas ne .sont pas. des^priocipea dé lou^ vérité, puisqu'ils ne^seryentàprouTer aoisune vérité ^xtenie^^i'isâk-àxue l'existence rréeUe etyéritahlê daucun^ chose bors.de Jiaitô.
En effet| cette vérité ou ^voT^osixiotif xleux et deua^ /ont jguati% na.donne à notre esprit Ja< connaissance dlancua objet . qui soit hors de iui,, et n y eût-il au anonde qu wt seul, espnJi;^ ^L^^i^^^ '^^^^^ jçan:sjncai.(yje deux: et deux ibnt quafeve ;, x;ar. . cette, joiême .. ppposîtion dauxiet deux.Jmt quatre n énonce .rien :au.CDnd, sinon^^e» quandXidée :de deux^estrépjétée joufa:isôrdeux>£oi$,<onluid6iiiie le nonide quatre; {2Ôjxà:quatre,39Îlesl .autre jchose. que deux^. pvi&.dew JpfnÂi cotwaae d^wp nest/;autre. chose qpiua^pris^uxJoU^iOfi qui au fond ja'estnuUement une pnemière. vérité ^ externe^ qiû fiiMa connaître la conformité de.joatre pensée. ,ay.ec.auciuaotyj9t hoiis ile: AOtise pensée-actuelle..
D^jQèmA^àixtj^ieÀoul estpLus,g^andquekIa>paFMe, >caj:ilest'.ea-
cocelà qu^Q véiûté interne,' car un tout .est^ une plus ^Jiaxuie
4^ntité que .nous conce^onsy dans- JaqueUe nous distinguons plu*
sieurs nooindr^A quantités a|ptpelées/7artô?^J)ii:e.donc^/^ tout est
piusrgraad que saiparOeyCe xùest dke.autce chcsA, mion .: ee.,q^
ïwexOMtre.qmuhHté, ijm.senikU momdpe,;, ct^B/bÀ-^àrOi, Isdle^idéeiSMt
Sa. Ces v6ortie& de pocQiiâfa fKrincipa»^ attioml, lUh^oiitqiio dts vérkiéft lo(j|jk}4i«s ou..iBlrieni«6^.«t de puces lîfliaenftdiiâédA^ .fOUS qoLtikA sau» indiqiieDit amoime' yénxéj sjm)Ytwiiesiïo& . des\ cboMB. Que si nous ne connaissions que c^^i^ivitéa ahstsakûSyiioiiaiiQOOiinaîtrions que des liaisons d'idées, telles que sont les connaissances cm-'denioostratîons'de la géométrie. (N: 49**)
87. G*est ce qui peut rendre sensible la fausseté d*une maxime jqjfkim^, ^exOMnà. débiter à cetteiAS e^iitft)«Alimési<taè^-»|i9Qfonds, ^uasid ï^^ex^qu^U n'y a «k wnité^^fm dema la ^fm^miU:i0*Jk'€ifX mdcHtrq«iQ ic^'^fforitfi proiwdstse pénlaïU/ikiiSTleiiinpiK^ftMvteiir, et jOk'entwdent f^ . hiém ea ^Uk , disent* £B»-«ffety Je» ^émoaMU- $ipj^ de. géQv»étn» a^i'-étant . que 4qs.. «é«Heis.ÎD:Ui^nftev«€'iejivà^lie deiî limooft.d'yee^îLeslï «ianifestei»ieBf4fai»>ipt»'ilf.*g^.«tfde<.oe5 Uaiseoiiid^idéestiÇiQ d^n^v U»^jet»>*ou(mi^iÂe .hitgéowsiététtiJl s'mi^tF0uwie<<fxksioutié^emmt .émkaiteewsiuniMiis iles^ iwîtfhqdoBt ett^a^,desÂdée« nettes.
86, Oti ;peut ^bser^r; epooi»i<eM»Iiieii. U(«9lfipe»4^dieM«^ 4p«el<]««esr«im|ide'.pré.teAâse fixmwr qim eeriaÛNola^ esMlie yàiitabkiii(w^lK»rs dâA«im esfNri.^.ea.^dÂfiaiift^^pâp/i^Mrj»^ emie <€Qii^»«Ëa^/» <eiiv ce- ^' ik avaH^cent .t^wcbiwfr r^aîsUiWH de .€iett<4àjet. A; la 'T«viti4 ^*fiB eiili«9«e9.powrrjii|^ qu'Us, nloat: jfaii aimteé^oanitreiJUiAC^.i^évtfé imk99mfÇ mmr,^ewitêtmemà*ÏJm^)^^hMs de âMNia :oe< se f^r^euire pasrsmpleiiieiit) pai^ «oe .ooppcbwmw idlidees qiii fioofr ai)iqiie«ie94'iai»ided»)6'^fli»«s f leUe jt^eei^eid;! pronvor fiMe;.par le.seaMiei)ir>§ite^JaMktW9ei«4ms^fdf»iS£les imimnt v 6^^^ porter, wi tel jugeiBenttfiiwri'eiiîfleMetdei ebjelftapMf*fla»ft égélemesit a Ja portée ide^cltmsi Dès .^pMyi\«4^;îli<<l'miiobjel>e»ataBt jmts de ]K)ua^B0iiej»e>poitv;oe9 jugée «deecm ^staneeiqii» pMioecaMlî- 77ie/if conmuii)) ou i^iiv uxieieKmaéi|ii«nee.«qpL)eBi^:s«Hlt.li9éc^ newdM pas le ténmg9f^}de.Bos;}8efiSyiqmj est^ iiiu»'.rè|^ di^véjrité exteiiie^.da»slea ;cîsxK>BeiasKNA«qijeinfnisrftwiMrrafip«i<^
^«Du'Seflit^^ iLoly a finUe eomradiictâon: à* dîre^^M^'DO^ainlavaos peîot de eeiK^tud<i»ré¥Îd<»te de- reousMofie^dos coip^ Ui^grn» fQÎMdùiCogarAàieîkm^ dà^ije, il nJyaque deUiffolM : paiK>e^{iie sttw am qm^umietieidéeme idU «W6et(:oe»qii>&ttt mtiyffliiemJa contradiction)^ ecinieJaiT^rklé dHi» jogeioenft que la 4o«itMe ^^ sens oomnnia font portera tous les jhmniiMi. De eette> sfivttf» un pJwlasopW'^eroit avoici^ttttisl^laitlttvéeM wâoie'exteiinei pour
44 PMirCmS FOKDAMBNTÀVX
avoir fait un long tissu de propositions et d'idées qui se suivent très-bien, et entre lesquelles on ne voit aucune contradiction, s'il n'admet pas d'ailleurs pour premières vérités celles que la nature et le sens commun inspirent au genre humain sur l'existence des choses, il pourra se définir exactement, une sorte de fou ejpcellent logicien. Les faiseurs de systèmes, en tant que purs systèmes, ne sont que d'excellents logiciens,
CHAP. xn. — S'il ne se trooye de premières vérités que celles dont le sentiment est commun à tous les hommes.
90. On peut distinguer, ce semble, deux sortes de premières vérités externes : l'une (dont j'ai parlé jusqu'ici) comprend les premières vérités qui s'étendent à toutes les situations et à toutes les dispositions où se trouvent en général les hommes qui ont atteint l'âge et l'usage de la raison ; l'autre comprend des premières vérités particulièrement attachées à certaines dispositions ou situations de la vie, parce qu'elles supposent des connaissances, des expériences ou habitudes particulières, lesquelles étant une fois supposées également acquises, la nature ne manque point de faire porter à tous un sentiment commun, par rapport à certains objets.
91. Ainsi, dans les arts et dans les sciences, il se forme un goût qui est proprement le sens commun, par rapport à leurs objets : comme le goût du style ou de la critique, dans les lettres humaines; le goût du dessin et du coloris, dans la peinture; le goût du chant et de l'harmonie dans la musique; le goût de la cadence et de la bonne grâce, dans la danse; le goût du discernement des esprits et des projets, dans la science des affaires et de la politique.
92. Comme ces sortes de premières vérités supposent des situations particulières où tous les hommes ne se trouvent pas, il ne faut les admettre que relativement, et seulement par rapport à des dispositions de temps, de pays et d'autreà* circonstances : ce qui d'ailleurs renferme toujours quelque chose d'arbitraire.
93. Au reste, en admettant ces observations, rien n'empêche qu'on ne donne le nom de premières ^vérités (quoique dans un sens étendu, et non dans une exacte précision ) à tous les jugements que la nature fait porter communément à la plus grande partie des hommes, sur des sujets même particuliers, quand ces jugements ne peuvent être prouvés ni attaqués par des jugements plus clairs et plus certains dans la matière dont il s'agit.
Ainsi on s'efforcerait en vain de prouver qu'il se trouve de la différence de style entre certains écrits; de le prouver, dis-je, à
DS PHILOSOPOIB CBMÉTOMm. 45
ceux <{ui n'ont pas le goût du style; et à dmiontrer la justesse de la cadence, à ceux qui ne savent ce que c'est que la danse ni la musique i mais par l'usage de ces arts, ils se mettent à portée d'en juger; et ce que le plus grand nombre d'entre eux jugera, se trouvera infsdniblement le véritable goAt Comme on est plus sûr de ce qui est vu par beaucoup d'yeux, que de ce qui est vu seulement par un seul, on est plus sûr aussi de ce qui est jugé vrai par plusieurs esprits, que de ce qui n'est jugé vrai que par un seul. Ce que pensent le plus communément les hommes, dans les choses où ils sont également à portée de juger avant tout raisonnement, est donc justement le sens commun; c'est-à-dire celui que le sentiment de la nature raisonnable a rendu le plus commun.
Je supprime le chap. XIII intitulé : ^application de la règle du sens commun pour découi^rir en quoi consiste la beauté.
CHAP. XIV. — nu témoignage de nos sens, et commmt il nons tient lieu de
première yérité. ^
104. Bien que l'exercice de nos sens nous soit si familier, qu'il semble n'être pas différent de nous-mêmes, nous ne devons pas en faire un examen moins exact, par rapport aux règles de vérité que nous en pourrons tirer. Elles méritent d'autant plus d'être éclaircies, qu'elles paraissent quelquefois opposées entre elles.
D'un côté, si nous voulons donner aux autres la plus grande preuve qu'ils attendent de nous, touchant la vérité d'une chose, nous disons que nous l'avons vue de nos yeux; et si l'on suppose que nous l'avons vue en effet, on ne peut manquer d'y ajouter foi ; le témoignage des sens est donc par cet endroit une première vérité,'puîsqu alors il tient lieu de premier principe, sans qu'on remonte ou qu'on pense à vouloir remonter plus haut; c'est de quoi tous conviennent unanimement.
io5. D'un autre côté, tous conviennent aussi que les sens sont trompeurs; et l'expérience ne permet pas d'en douter. Cependant, si nous sommes certains d'une chose, dès là que nous l'avons vue, comment le sens même de la vue peut-il nous tromper.*^ ou s'il peut nous tromper, comment sommes-nous certains d'une chose pour l'avoir vue?
106. La réponse ordinaire à cette difficulté, c'est que notre vue et nos autres sens peuvent nous tromper, quand ils ne sont pas exercés avec les conditions requises; savoir, que l'organe soit bien disposé, et que l'objet soit dans une juste distance. Il me semble que ce n'est pas là dire beaucoup, ni même assez, En effet, à quoi
4ft
lum^HSBOsL, cleft.«aiKlîtBMM tspie «ousiiieramnionâ.iiDuarBaêQiefl j^ki»
1 1 07^ .Qttdle y èg^e îpfadMibte t me tdoimci t onr fw^y jugeg «|i»e L*oiv guke.âe-wm^imtj -èitnxma'oiàeyièe mionodciiat^ est aotarikinâit bi«B dwpoté? .ânT».respéiionee «l«iivilw]im&^i*iKV!ak tu, Tespace de ^ingt 43ii^tB€ffite ans, les»obj«li6 êljÊae isattaiopecmievas; et après une^inakcUequLtlmifittOiHfaeraine «ap«ee 4e iak, M'^.le»méi»eB objets ;Uiubii'iin6'â«£re<couldttc u eett homme a^t^il dv^fedasBov^^ asrant oéme waladÂe, quai eAt rorjgpaiabe- (letlâ>vue«Uen «U^pééé? Qp,, oe qui lui arrÎTa . -dansiUn «cctftîar>ei^acek'de- te«^ et (fiu p^uml; lui arrinieriMttte :«« <^i69diefp€Ui(hUîpa»tarii^er'6t>B'arrihr^ effet à beaucoup dlautres? Jl est donc vrai^que nos organes ne nous donnent une.certkude^parïaite, que quand fls sont parfaitement formés : mais ils ne le sont que pour des tempéraments parfaits; et OMaÊAexmwsis4gtisotnttBèm99iiKfAiSêmfi^ ^aLto'eftl pœsqueauifaii. de no» organes cpii ne soit défectuetnt^par quelque endroit.
riQ8tf£epeii(daiit,r^e|fiie émàe^te' çgàe^eéOa^ eomduûon^par&ÎMe) eUe Ae dëtmU. poiiit(iaii&-aiiftre-T6rifté. ^^saïf^^ \qa^ L'oB'«e^t cetMam de.ee<qii&iW:3Poil«ûeitteieoatsanetéiB6^ a 4aiaaédei quel-
que : AoaeAt dcMidlpr^jpdàqaïaane mafleiane «eaisée ne^aaurait âtve contraire à>iiii««âlre>JAa»»iiese]ttée. /Pour 'déiKdâf|iexJladiose, dUtkitg«iOAâ'id*flbfNnd)ae i|itt eat «i d'wae < cenri tndie' {i^kis^^fiiisftile "et pIus^incoRtettalilifr,
^^09. .Pers<»iiiie.n6^<£«cea.TiftBti{U£.ks.^tiS!flMNU6fidoiMa«Éfe ime cefcthwdfrrde «ensationnaKHielke dont il«^atiîsipMsiUeitle doutée t &k foitei qiae J'ai t faj |BgrcPcy tePii-î ftarailate de%teUê>G«él6i»icMirde*4^ SQi% à r€tccasnQn.diim)io}|j«li .q«i(freppieral3titeUfiiieiiiit>lBes>^eiiiQL.«M nMawEdîllin»
iio. Au reste, il ne faut pas con£iMPidr!e>;octteipeie<pMR-ÎBliaie dfcHKe sicii8atkf]XJfi«tuii^tp,:at«^inHBr^p«vaEepftt^ lae.fcmit
qa^isttm^pfe. soti^entr)^ ou: ^one^Mtéeirairaoé&ofcwe seftsBaciiMi.)>te emtnftey }«A5qae«^'«app41ie eQ;inoi^>sa^ le 80001119 «OEoelafes^aoKis^ lajftesii^ive' S(iéeiiifn''Bt«f9ritp(»6Mi}i0^^^
kijpcrotpCH>i^^e>difltejiâée«tsip{>«Ueff^ ]teiMmwm]?'dtffitee^.lGU perception que j'ai actuellement de la blancheur de ce^papievofail
dct^élq«nii00e îde ' pkiftuqtt^ ;d^me! • mmpbB ^pnnwpôèD okttinnrpc& d» jtoa^e« Jjimie .liwi^faattiao» lffipeH«,)(iiic«eJCHTeopa9kîf)ui«èmw^ cwé)dl^seiil»iifèAt,xii^Aisasxpi^^ K idée/dittiiâne iquinifeMSiiafttiœ
IcuMftt iiavs 'deriftûiti^^^fi ifke^iMHisKaqppeloMeDppsL' G'«8«4^4iire qiie naâtstetMttioiw ttQi»ïdaunam>Ja'cermôié» de lf'esiâtaMeiie»«<H^. Je^'iie pade^pMBi;! ixsxfde ee xipir^pQaBrM; «mrep^^r'lâ t^ute-^puîss«tfae :ilîrâievdfti»îtkVHi[dre*JSÉniatuiie],LnBide qui anÎT» dans' 4e s««iineil«t danft ]lËLé?«Maâe$'gar:i€8: impceaiions d^in'hoiMBu^qwi vame'tft.^pû^est ^»<aaiy>CTSffl»y -ate) Jkoerawm JMWitfestemertt de
. I II»». 'Moi^fllerces eorpft oatosidiéiwidnnr FoiMlre'CNiiiiimiii' «r nature}, i^pw JMMM «ni«ppDeiiii0iiftiininUiblenttiit BO»8e&»?
.ik *|ie«¥CAtflM«i.aeuBriasM0cr ipi'îl'se frDcrv<e,*tia»r les "ékeses cofporeUesyJesr d^pedtàfiiis.]Ria[»C8à.^ faire trike érapremon sur nous ; et c'est ce qu oœa]ppriIe.le&p.jRnnfiitf&. Akitîâs'aoïit kiMliihlâSy .anaBsumntf^'îLfieiMmli&idflBt k&eorps.miet^ttH/i^' qui, ^r les* yeux,, iBe^ donne le* eeinaent de îce ;qi]ie'j appelle cmAéur ; par laSfaBeiUesy.ee que jjqpprileAmyeteJznnaÎB^cettexnnnamance^'bîen qyie^eekHiHtte) ett qilalîpie dHisefde!fart^'fai|^>at:dJaiieaiîn^arfak, cctBMneiaiwaa-ïidb)ti»wr«
*GHAP. XAT. — Ea.gooi le témoigaiige de nos^sens-iift nous. tientt^SrUeUfde
première yérité.
.£i3*> I^fiTMiaensMasoua ecoxlaiitaBniUenMail tthiKiîgBfa^ ^ se^ cidhe» qttcioconÉiate a6lte.diapaaîct«n de» eairp9*appelée;^tiitflf)!t^, gaferfiât 4eBeï joyi ^seiwi ^Bapaaei J'ajperçm'éndennnefit qn^îl- se t0o«viefaiiedadans idetiorii cocpa^mei Hapwâlà^iik qurcaiise en* mevr Je smiâMatit I lier Aakaarr >et «de ipcawitaur y inaify eeMe di8pe9Ϋi<m,'dans ce qu elle est en soi, éckiqqxe cnpdîsMMiM&t^liMerseH9'ê«s<MiTent isAmeikiBaaL.'Xdiaaa^Vmtits^^ eercain'«nmgie-
ma«ti6t«fataBiwwiHyagie«»Aiw^ksyfayp«^ eoi^,
ikaererowre/jieikEewfteMaice f»»e>'ee' eorps *«i -WfwpMssioff «qu'il failHsnr aaaî.. AiMd je wyaatate qw^^ te«eifn) d^ex-
Giiven»jnoitBixsaiaim8nt^ kanMveyCMftisle •daweerftoin ma«^ yaBaelik<«uf>iin(BdHÎoiiidai]patit»wrp^ftrianwra dxss'^re» de'^afr Ttar»^.kn!étBr.ife«Kmi^l?wai» d^ oeil« fMBiAé niéfiiey owmes jeux ne voient goutte, et où ma raison ne voit gii«pe<d»fittltBge.
(■B4.. dlL LesacBttBa M«ffT€Bidearaiaeu»«éiMtgn^ ËteÂftiLde dkafoéàm^mèa^ «lHéneoNS^* s» troin^iif tians les objets, et qui surpassent la sagacWïdeîiiétre'^vWB,'âe»«i>lreouïe,de Qfrtr&xidomii 1^^ A#» i«^ -<^lwflftf3ttiiwiiiflaii>«ttiit- pat te^tnîbrosiDépas;;Jlft^nc»ft €BfttiiuiWcGmfm'<iWA^lV4^ defe^?«eti»edi!fin<i^ dldiipegiÉi0m»iiygiiBiaM» ^psI-iMm^^pemtitie^é^al^ \iMterariee Aai^ l6s.yaHiti£fr.iiitaiâeiii!ès,«|jqûi'lb^ de 'iMréttetftes q«aK-
48 raiNClPES FONDUISNTAUX
tés. Des microscopes plus parfaits nous feraient découvrir d'aufres dispositions, dont nous n ayons ni la perception ni peut-être Tidée.
11 5. III. Les sens ne nous apprennent point l'impression précise qui se fait par leur canal en d'autres hommes que nous. Ces effets dépendent de la disposition de nos organes, laquelle est à peu près aussi différente dans les hommes que leurs tempéraments ou leurs visages. Une même qualité extérieure doit faire aussi différentes impressions de sensation en différents hommes. C'est ce que l'on voit tous les jours :'la même liqueur cause dans moi une sensation désagréable, et dans un autre une sensation agréable; je ne puis doncm'assurer que tel corps fiisse précisément surtout autre que moi l'impression qu'il fait sur moi-même.
1 16. lY. La raison et l'expérience nous apprenant que les corps sont dans un mouvement ou changement continuel, bien que souvent imperceptible dans leurs plus petites parties, nous ne pouvons juger sûrement qu'un corps, d'un jour à l'autre, ait précisément la même qualité ou la même disposition à faire l'impression qu'il faisait auparavant sur -nous : de son côté il lui arrive de l'altération, et il m'en arrive du mien. Je pourrai bien m'apercevoir du changement d'impression; mais de savoir à quoi il faut l'attribuer, si c'est ou à l'objet ou à moi, c'est ce que je ne puis faire par le seul témoignage de l'organe de mes sens : sur quoi on doit observer que c'est un des points qui rendent très-incertaines les règles de la médecine. Elles se fondent sur l'expérience : mais l'expérience n'est j amais bien précisément la même à l'égard des différentes personnes, ni de la même personne en différents temps.
117. Du reste, je ne vois pas pourquoi certains philosophes, comme M. Le Clerc, attribuent à quelques-uns des seiis, et à la vue en particulier, le privilège d'être moins capables de nous tromper que nos autres sens. La preuve qu'il en apporte me surprend encore davantage : Cest, dit-il, que ce que je Dois fait plus ^impression sur moi que ce que f entends. Je doute qu'en cet endroit, comme en plusieurs autres, il ait entendu lui-même bien nettement ce qu'il voulait dire.
Prétend-il que j'aie une perception moins certaine et moins intime du son qui frappe mon oreille, que de la couleur qui frappe mes yeux? A qui le ferait-il croire?
118. Une expression aura causé sa méprise. C'est ce qu'on dit tous les jours, que Von s^en rapporte plus à ce qu^an "voit qu^à ce qu'on entend dire : mais cela signifie-t-il que le témoignage de la vue est plus irréprochable que celui de l'ouïe? Rien moins; je suis
DS vHiLOtofriiiB cBXjksËXtnn* 49
indmement et aussi certainement pénétré d un son quand je Fentends, que d'une couleur quand je la vois. Quel est donc le sens de la maxime? C'est qne je suis plus certain (Fune chose que foi "vue, que tTune chose que je n*ai point "vue. Ce que j'entends dire sans en être témoin oculaire, est ce que je n'ai point vu : au moment que je l'entends dire sans le Toir, ce qui frappe alors mes sens, c'est le dïscours qu'on me fidt; et alors je suis aussi certain que j'entends raconter la chose, que je serais certain de la yoir si je la voyais : je dois donc m'en rapporter également et au témoignage de mon ouïe et au témoignage de ma vue. La chose est si claire, que si M. Le Clerc vient à lire ceci, je suis assuré qu'il sera lui-même étonné de sa mépiîse, ou même qu'il en rira le premier : tant il est plaisant à un philosophe d 7 être tombé.
I ip. Après ce que nous avons remarqué, il faut convenir, avec la plupart des philosophes, tpie les sens nous ont été donnés principalement pour nous conduire dans Tusage de la vie, et non pour nous procurer une science de pure curiosité.
CHJLV. XVI. ^ Quelles sont les premières vérités dont nos sens nous
instruiseat.
120. On peut réduire principalement à trois chefs les premières vérités dont nos sens nous instruisent. l^î\s rapportent toujours très-fidèlement ce qai leur parait. 2^ Ce qui leur paraît est presque toujours conforme à la vérité, dans les choses qu'il importe aux hommes en général de savoir, à moins qu'il ne s'offre quelque sujet raisonnable d'en douter. 3^ On peut discerner aisément quand le témoignage des sens est douteux, par les réflexions que nous marquerons.
121. Premièrement. Les sens rapportent toujours fidèlement ce qui leur paraît :1a chose est manifeste, puisque ce sont des facultés nécessaires qui agissent par l'impression nécessaire des objets, à laquelle est toujours conforme le rapport de nos sens. L'œil placé sur un vaisseau qui avance avec rapidité rapporte qu'il lui paraît que le rivage avance du côté opposé : c'est ce qui lui doit paraître ; car, dans les dirconstances, l'œil reçoit les mêmes impressions que si le rivage et le vaisseau avançaient chacun d'un côté opposé, comme l'enseignent et les observations de la physique et les règles de l'optique.
A prendre la chose de ce biais, jamais les sens ne nous trompent ; c'est nous qui nous trompons, par notre imprudence, sur leur rapport fidèle. Leur fidélité ne consiste pas à avertir Tâme de ce qui €• G. 4
«st, mais de ce qm lelir paanift» : o€al<à leUe de 'dénâ^r tm qoi
12a. SecondeiiieB4«Ge<fiiîparakÀtti)frâ6iift>e&tp«ea^ Qtmfonite à la vérité da&sl85joo0JôiieCiiiiB^aùil«'agii^ê lanotidiito» et des.beeoins ordinaires de k vie. Ainsî^ par. tiapparià ht noÊnir tore, le& sens nous font auffiftenineBt disdeimer les dbjelSiyit y sont d'«iaage ; en sorte que phis^ime ckosf& aaua esietlutueei pfattrsiissi est grand ardlnairemenl; le noaibare des.acnsaitioBSrdUrérenliBi<pd nous aident à la disûsnaev^ et ot cpw ;noiii8i ne dîâoeniotts ptt «Fec leur secoors» e'escee qui n^ffmaiem^^ à^ao^bemas^ bbéb ^ notre coriosité.
i!z3. Ainsi, les aess ne nom fentt point disceyner^eomnnjBiéwèpt dans le vinaigre ou dans le fromage uMi iafinité» de»iinitniinisily qm y fonxmiUenâ. Qepeiulaiitc'estlànB&'féntéymass qiBci/est>p«int de ceBes aiiyqttdles les ^seae doivent leur 'téiMMgtisgeiiâ&HMsrlei mettons^ fiarêil iiSa|^, Ucsl: pour :ai«t due t\m murmoffAuné^ fat fonction.
124. Quand donc alors ils nous instruiraient mal sur ces pointslà, nous ne devrions pas flcetzser leur témoignagsr de fetrsseté. tl en est comme d un témoin qui dirait vrai sur ce qu'il est à portée de savoÎTi et qui noiis «sertirsk>de tne.petntwliift^fier àce-^piiiuiçarakdstts les atOreerpaintssurielqii^oBiefieimitfrarlacïrftif^^ sommes tiwniipési e«st ^imiB^mi^eâiffùîncM^stùmf^ms^it^lsUttk^paM lei<téaMHBu
ii2&« Iroîsièmeteenk Quandrfiotiie fflÔAOB^itiMBMd «ettains faits eteertsiBe&véflexions^ nous bit j^lger laflwiibstaaaéat le contraire de es qui paxaîfc à no» senjy.lêar^té»aigrtsy» Ji?eët>mil^ lement en ce point règle de vérité. Ainsi, bien que le solettineip^ caisse laiçe que de deux pieds^ et lesétQilesïd'4in>pôuoeide diamètteiy la raison, inslruite d!aiUMiis par des £sâfes îacalitettaUea^l par des:Gonnffiissanoes évidenteSidMMis appread queues? aatDSSraoat in« finiment plus grands qa'ils ne nous paraissent.
Il ai esl de même quand ce qui paraît actueUement. à nosisens est contraire à ce qui leur a autrefois pa(ru .rcac cm a euîef-aldrside jttger, ou que Tobjet nest p$s à porfeée,.ou qaiL s'.eit fait;qutol({ue changement, soît dans l'objet meniez soit dansnottie org^MM. JEn^ces occasions on doit prendre le paiti de ne pmnif^jitff plafeos que de juger rien de faux.
126. L'âge etrexpérieiloè serteiità*discenieBfe tdmaigBagerdes sens. Un enfant qui aperçoit son imagesur le bord de l'eai» ou dans un miroir, la prend pour un autre enfant qui est dns leau ou a»
iadaa»*da:iameh^-lams ï^esipémnce- hdtsjtaat tuÀ parler ki noût
€dm àut towikmj ^ U >s«' oowvmc^ avt 9 ; le tedqwyr ^'il W y ^a poinft d'eofiMkt àrendmt aèilioro]rtît>le "vieHr; IlBarive«iiimittià:Hi&i»* dien, dans le pays duquel il ne gèle point, de prendre d'abord en c«s payjK^ titi moteeM de^ghice p<»tir tihe pierre ;'tnai& f e^tpërietteé lui ayant fait yoir le morceau de glace qui se fond en eau, il réforme sMWsMi le' 90fiftàii tiMielier "çmAé stam àê là Hici
127. De même encore, quand ^«^qtti pttrttte>à>ifl»s«ei» ««t^Mh tta&ie a eB qui pttratt^ anal 4em- immiXte^ hD«MMM» que 'iklu« «fons 8UJ0C dk cfoiré aussibten^orgàitift^qtM néuiK^IttiMycaa&iiie fbut un rapport contraire à celttt ^ yecvt^ de MRM'toidlitiiMi^je dok cmitr^qiMK^est'tnéLphttiâl; ^i«ti«iiénpittrtUuli«r lv<iHi(^i{u«tion p«» 0USL fom M'gé»ë#ttk Aùtwwnent €« séM^t h«Muf«'w9tii mèiM»* rait au4iittie te pkik girtiivd'tiombte dètf hoflntMSj'-oeqli'Mi ne^psilt
Je supprime le chapitre XVlIÎ,intitulé : Eeîairâissement cCune di^idté tôilckaaU Verreur de nos sen&^gar ragport à tak. grandeur
CSkP. XWl.*- Mcse]fiktt\Mol^û^ dh;Mkâf allers (tut' l*eikdHxt'ti69'^«tisrèSl»
• tM^ Si 1« «édtoigvtttgé^'d^^^ftfis i^è&î^tékW&iàt^iiBMi nauAy ï^ ni
mêtniô»^eiMi^y^ tiî»<par(le témoignage 8C€a6l^-uii>a«MM»é»no»s«na^
tubk <q«itiàMi€^téMeigftftgedaM(Mis4M^
4«Yi>1bi|«%^i)ttm>&'smi«^ltopp^ dbjvene fait poim;
é^infpte^^mmitm^ peâf uugfiittA^âxjimbtei» s«»f aniesç car leur petitesse passe infiniment la portée de nos sens,- <}oi^ pwr consé^ <pieiil, «# «mttv^^M iiï^&]Miblei«d«' MU^ cdfiliittreclM» ce ({i/est
t3a<^ m*dtt,âf(pi<èftdiôiii^^dmdiitfil^ 'Tè^ eè
qui eftt^ cùmm¥ p^\"^^^ét^iït%^ûsA^e^(l&^n^&fo^Viêûirtèli€fh ié
la^e : ]^ «)M»t>léi qii^9«tndfps e^t'^^iklè^ èvampé êat ot. laàÊBêitl qéii^êùf*fàkk'^^(^^^i^é'^mh^iàM '^' (fêtt TéM est
««Jren^^Mi«t^j <{Ué^ kPtêitips^ ^e/St ^'^téfn^ÈfSÉ m^sétéiiiyHûiM'^ autres vérités usuelles.
Mâisf dftft«*t40ii^ iie> id ^ilt-tt>pa9 Smne^ «tt:fyftCH9^ par^ iiiirî\cle, que lioS'S^ts^ttc^tf 4]7ùiiipeiit,iii|è»»idH^ Di]!OQnibtaiiC(^^ ^ç ^1^
Sa PaiNCIPBS FOUDAMBirTAUX
avons rapportées? Il est virai; aussi la certitude de nos sens n'estelle que dans Tordre naturel qu'elle suppose, et hors duquel elle n'étend point ses prérogatives : c'est ce qui de soi-même se conçoit suffisamment, sans avoir besoin d'une plus longue explication.
GHAP. XIX.. — De l'autorité humaine^ qui en certaines circonstances tient lien
de première Térité.
iSp. Tentends ici par autorité le témoignage d'autrui, entant qu'il nous est un motif de juger.
i4o. On distingue principalement deux sortes d'autorités : la divine et Y humaine. La divine est le témoignage de Dieu même; et l'humaine, le témoignage des hommes.
En supposant que Dieu est la vérité même, il est impossible de ne pas juger une chose vraie, quand il est évident qu'il l'a dite. Ainsi, quand nous résistons à la foi divine, c'est que nous ne sommes pas convaincus que Dieu ait rendu témoignage aux articles de notre foi, ou que nous n'avons pas Tidée de Dieu.
L'autorité humaine est appuyée sur ce que rapportent des hommes. Bien que tous en particulier soient faillibles, il est néanmoins des circonstances où l'on ne doit pas résister à leur témoignage, et même où il est impossible, pour un esprit sensé, de le faire : en sorte qu'alors l'autorité humaine tient lieu d'une première vérité, au delà de laquelle on ne remonte point. Il faut rechercher ces dernières circonstances, pour faire l'analyse de cette sorte de première vérité qu'on appelle ordinairement éifidence morale.
i4i. La nature a donné aux hommes une telle disposition pour discerner la vérité, quand elle est à leur portée, et pour l'énoncer, quand leur pasûon ou leur intérêt particulier ne s'y opposent point, qu'itest impossible que tous s'accordent à reconnaître une fausseté pour une vérité.
i42« Ainsi, voyant qu'il ne saurait y avoir nulle passion et nul intérêt dans tous les hommes qui rendent témoignage à certains faits, et qui le rendent imanimement : par exemple, qu'il existe une ville de Rome, ou une ville de Gonstantinople; qu'il y a eu en France un monarque appelé Gharlemagnei etc. :1e seul témoignage des hoinmes réunis ensemble, sur ces anid^s, est à mon égard une règle de vérité qui emporte nécessaii^ement mon jugement; et, par conséquent) c^^t uaç yéri^Ue certkude ou évidence dans les suivantes circonstances :
143. 1. Qu'il s'agisse d'une vérité dont la connaissance smt parfaitement à la portée des hommes qui en rendent témoignage j
BB PHILOSOPHZB GHRBTUUfiriL 53
IL Que leur nombre soit si grand, qu'il ne puisse venir à Tesprit des gens sensés d'en souhaiter un plus grand pour un témoignage assuré ;
m. Qu'on n'ait nullement sujet de soupçonner intérêt ni passion dans leur témoignage ;
ly. Que ce témoignage ne soit pas contredit, même par ceux qui auraient intérêt de le faire. «
i44- Peut-être que quelqu'une de ces conditions, et surtout la dernière, n'est pas nécessaire ; mais quand les qiHitre se trouvent réunies, je dis que c'est une règle de vérité si certaine, qu'aucun Itomme sensé n'en disconviendra jamais. Si l'on veut être de bonne foi, on trouvera même qull est impossible de ne pas juger que la chose est vraie. C'est pourquoi, dit M. Locke, nous la recevons aussi aisément et nous y adhérons aussi fern^ement que si c'était une connaissance certaine : de sorte qu'en conséquence nous raisonnons et nous agissons avec aussi peu de doute que si c'était une parfaite démonstration.
i4S. Au reste, je suis surpris 'que M. Locke ne donne à cette règle de nos jugements que le nom de probabilité. Il parle ainsi : he plus haut degré de probabilité est lorsque le consentement général de tous les hommes dans tous les siècles, autant quil peut être connu, concourt avec Vexpérience constante a confirmer la "vérité d^un fait particulier attesté par des témoins sincères. Je suis, dis-je, surpris que M. Locke ne donne à tout cela que le nom de probabilité; ce n'est pas que je prétende m'arrêter jamais à disputer du mot. M. Locke a pu restreindre celui de certitude aux connaissances qui nous viennent uniquement par voie d'expérience personnelle \ mais il faut avouer aussi qu'il n'aurait rien perdu de la justesse de ses expressions, pour suivre en cette occasion l'usage le plus universellement reçu : du moins aurait-il dû indiquer pourquoi il s'en écartait saiis qu'il en paraisse aucune raison.
En effet, quand il dit que nous adhérons à cette probabilité aussi fermement qu*à une connaissance certaine, ce n'est donc pas selon lui une connaissance certaine; mais si elle ne l'est pas, comment avance-tpil qaelle exclut le doute aussi bien qu^une parfaite démonstration ? Une connaissance qui exclut le doute autant qu'une démonstration peut-elle n'être pas certaine et évidente ?
146. Au reste, mettant à part cette espèce de contradiction, si c'était au fond que M. Locke refusât d'admettre pour règle infaillible de vérité ce qu'il a appelé simplement probabilité, et ce que dans la suite il veut bien appeler assurance ; je lui demanderais
$4 IFRUfOm» ^F6lflML9nSllT9LtrX'
Tolontiers potmjnoi il admet pour tienhude le -lémoigmge les jcvox, et non pas le témoignage tmamme ée tous les hoimnes P liTest-ce pas également la nature qui, de côté et d* autre, nous' mupose la nécessité de consentir à ees témoignages, et qui persuade que ni Tun ni l'autre ne saurait nous tromper ?
Aussi n'y a-*4l qui que <;e soit, un peu versé ^ns Phistinre, qui ne se trouve du moins aussi certain quil a existé- ui^e v^^ appelée Gartkage, quMl est certain de ce quH a tu -de ses yeux.
D'ailleurs M. Locke avoue qu'ft est imposs3)Iede juger «que' tous les caractères d^ine imprimerie se soient arrangés par hasard d'une manière si heureuse, qu'ils aient dressé^n poème aussi beau que P£«cifife de Virgile ; or, il ne m'est pas nMHns inmos^ble de juger que tous les hommes se soient trompés, ou soient convenus de me jPPiwner . povr tne faire croire f^ti y â eu une tflle de Cartilage. I! ^ést iGtiC eertaîn qu'en ce oas-ïà je ne suis nullement libre pour faire un jugement contraire à ee témoignage tmanime des hommes, lime paraît évident que Vautorité^ prise delà sorte, n*es>t' pas une ûïxiç\e prohàbilitéj mais une véritable certîtuAî»
147. Tavoue au même temps que cfe durmer genre de certitude, qut entraîne moii jugement avec autant de réalît» que les précédentes, m^emporte avec moins de rapidité et de vivacité. Je ne suis pas plus certain que f aï présentement un papier devant les yeux, que je suis certain qu'il y a une ville dé Con^tantinople, et qu'il y a eiLune ville de Carthage^ cependant la première certitude fait encore sur moi une impression plus sensMe que la secondé, et tf est ici çie se vérifie, dans un sens très-raisonnable , la maxime dont nous avons parlé ailleurs : Qu*on croit encore pftcs ce tpi^on nmît que ce qu!,on entend; c'est-à-dire qu'on y adhère, sinon 'avec plus dfe vérité, au moins avec plus de sensâSilité.
148I Les témoignages d'autorité humaine universelle font le pilus haut degré du genre de certitude qu'on appelle communément certitude morale.
149« Cette espèce de certitude a un rapport particulier avec les mœurs et la conduite des hommes, puisqu'elle les conduit dans leurs desseins, leurs vues, leurs entreprises et toutes leurs démaorches;'de manière que celui qui agirait contre cette espèce de certitude passerait avec raison pour extravagant.
i5o. D'ailleurs la certitude morale a des degrés, et éïte fiifsur nous moins d'impression à mesure que les conditions dont j'ai paflé s*y rencontrent moins.
Ainsi, supposé qu'elle tombe surim fait historique, ceux mêmes
à regard de qm û eêltmréBùntmmm emponésparta irérhé quuid ils le ▼oi^it oonttodtt par qudquiM ima ; car eneoie qu'oo sache qu'ibse tronp«nt en ce poât, l«iar jugeatent laisse toujours une Gone de Boupcon qulkToient peut-être sur Taiticle dont il s'agit quelque chose que nansne iFClyon&paanouaménies.
i5i* IXun autre eôtB,l««eititade morale ne laisse pas de subsister avee ces légères embres d« soupçon. Ainsi, ceux qui ont examiné à fottd la vàifié «b eettaii» fait» bisConquesendeoMurent persuadés, faies ^'ils les Toient «oniredita par des auteurs et des personnes que ïmtéiétottiapaman fon^ parler et {)en5er autrement que les
i52; Il senri)le donc qoe4a*eerti««de morale; n'exige que les trois {vemîéivs^eondhiens' dont i'ai- parlé; «avoir c i^ que Tautoriié et le aémeâgnage dea hommes tcnnlyent sur des faits dont la connaissance soit parfeitemenf à la portée de œnx qui les rapportent, et qu'ils n^'uenfrpn -s'y méprenèlte'y a^ qu'ils soient en ^nd nombre, et de démontions tsi ^d^Sérentis, qu'on n j puisse soupçonner de oolin* Aa^l S^ que leur témoignnge ne* piûsse- paraître T^fet d'aucune pasmm ni d'ancmtimérét;
^lAF. XX. — Si U la^nmireest régie de vérité.
1 S3 .Une inrtre règle de mérité sendjle à quelques-uns la niéni9 que celles dont nous ayons parlé, et cependant eUe en est diffierente ; ^dfeeonsiste dans la mémoire que Fen censerye des vérités. On de^ mande, par exempte, si, après avoir connu par yxne de raisonnement Contes Jes eenséqueneesd^in principe, j'en sui$ au^ aasaté«iorsque, dtos Ia siâte, jemesoimens «mplcment de Tassurance ipie je m'en smatloonée p9r}einisomtenient,qaelorsquf! était présent k-mon esprit, et qer'à meiconrainquait actuellement. De niéme'eneore,.on demande si leisuis* aussi assuré dPune choseqne je me souviens d*a^ vcMr-voeique tjmnàjt la voyais^ctuellemeni.
i54. Bî l'on regarde le degré êe vivacité d'impression dans k certitude, tout le inonde conviendra qu il est jdus grand d'un côté que de l'antre*; la tîonvîction étant tout autrement sensible quand je vois nctucfiement, qaeqnand je me souviens seulement d'avoir vu.
r55. D'ailleurs ne peut-î! pas arriver que je croie me souvenir, «ans* me souvenir en effet ? Cependant, si c'est un souvenir très*fisdsict et tpcs^rmel, il supplée à la présence actuelle de l'objet, et Fonce peut s'y mq^wrcndre ;:nrars pourpeu que le souvenir s'obscurâ3se,t;oinme îl'*arrîve prosqcrà tout Icimonde, ou pkis tôt ou phe
tard, quoique d'une manière souvent imperceptible^il faut être en garde contre la conviction qui se tire du souvenir. Au reste, Texpérience personnelle et la réflexion qu on y fera doivent régler le plus ou le moins qu'il faut accorder à la certitude de la mémoire. Ceci peut nous faire naître une réflexion utile.
On trouve des gens attachés à certaines ppinions, et parce qu'ils ne peuvent actuellement en rendre raison, on les regarde comme des esprits mal faits et entêtés : ce qui n'est pas toujours ; mais seulement, ne se souvenant plus des raisons de leur opinion, ils se souviennent clairement qu'ils les ont pénétrées, et qu'ils en opt été pleinement convaincus. Quelquefois aussi ce pourrait être un prétexte d'opiniâtreté, pour se persuader à eux-mêmes qu'on ne peut rien ajouter ni opposer aux raisons dont ils croient avoir senti tout le poids. C'est pourquoi, lorsque les choses en méritent la peine, il ne faut guère, en matière de preuves et de raisonnement, se fier au simple souvenir d'en avoir été convaincu ; mais il faut se les rappeler actuellement et s'en défier, d'autant plus qu'on aurait plus de peine à les retrouver, parce que rien ne demeure davantage dans l'esprit et n'y revient plus aisément qu'une bonne raison, surtout dans le besoin. Je sais que la maxime n'est pas si générale, qu elle n'ait ses exceptions; mais elles sont en trop petit nombre pour dispenser de suivre dans la pratique la règle que nous marquons.
Après cette citation, où le lecteur aura trouvé plusieurs choses dites par anticipation sur l'ordre de mes idées, je me borne à remarquer qu'il y a des premiers principes ou axiomes concernant les êtres en général, ou l'ontologie, et des premiers principes ou axiomes propres à chaque ordre de nos connaissances, physique, métaphysique et moral, ainsi qu'aux nombreuses sciences qui s'y rapportent. Les premiers se trouvent dans tous les livres de philosophie ; les seconds sont exposés dans les livres qui traitent des différentes matières soumises aux investigations de l'esprit humain. Quelquefois il arrive, dans l'ordre scientifique, que les principes sont encore inconnus ou contestés^ alors, les savants marchent à tâtons, ou se querellent entre eux, ou conviennent d'admettre un principe quelconque pour expliquer les faits connus, ou pour découvrir des faits nouveaux. D'où il résulte que souvent la science est incertaine et tumultueuse; parfois même, on s'est vu obligé de refondre les éléments de telle ou telle science, et de reconstruire sur un plan nouveau le palais imaginaire élevé à grands frais par les savants d'autrefois. Cela est arrivé quand des hommes de génie ont découvert un premier principe, ou quand le hasai^d l'a fait dé-
DB PHILOSOPHIE CHRBTIBNNB. 5j
couvrir à des gens vulgaires. Dans les temps modernes, une demidouzaine de découvertes fondamentales ont changé la face du monde : tant il y a de force dans une seule ^vérité l mais il y a encore un grand nombre de principes ou de "vérités de convention, des définitions, des classifications arbitraires, qui feront place à d'autres ; des inductions incomplètes, qui seront contredites par des faits nouveaux : pavillons mobiles bu vient s'abriter la grande caravane des savants, en attendant la clarté du jour.
J'insiste sur cette idée, parce que dans les derniers temps la science a voulu trop se prévaloir au détriment des vérités premières qui constituent l'ordre religieux, moral et social. Bien des erreurs ont été érigée^ en principes, et puis on s'est hâté de saisir, entre ces prétendus principes scientifiques et les vérités d'un ordre plus élevé, des contradictions flagrantes. Cela devait être ainsi, parce que le faux et l'absurde ne peuvent que contredire le vrai. Il en est résulté, d'une part, une grande perturbation dans l'ordre intellectuel, et d'une autre part, une lutte longue et stérile, où se sont consumés de beaux talents, sans gloire pour eux, et sans profit pour le public. La science a fait une halte d'un demi-siècle dans le sophisme. Et l'on ne peut justifier cette longue perte de temps par la nécessité où se trouvaient les philosophes de conquérir l'indépendance de leur raison, et de restaurer ce qu'on a appelé la vérité phi" losophique ^ Non, jamais le génie de l'homme ne fut enchaîné par la foi,' tout le monde sait qu'avant l'explosion duxviii^ siècle,Descartes, Pascal, Nevrton, Leibnitz, etc., avaient été d'assez libres penseurs. Au sujet des premières vérités, je finirai par dire un mot de ce qu'on est convenu de nommer le premier principe philosophique^ c est-à-dire le principe fondamental d'où l'on peut déduire d'une manière certaine toutes les conséquences renfermées dans la philosophie. Qu'il y ait, ou non, un tel principe, c'est ce que nous ne voudrions ni affirmer ni contredire, puisque jusqu'à ce jour on n'a pu en tomber d'accord. Descartes a cru le trouver dans ce fameux axiome : lepenscy donc je ^a*^. D'autres, tels que Locke, CondïilBc, M. de Bonald, et plus récemment encore, M. l'abbé Bautîn*, ont pensé l'avoir rencontré dan^la question ardue de Forigine de
» Voir l'explication de ces moU dans les Etudes historiques, par M. de Châteaobriant.
* Le système que M. Baulln développe principalement dans sa Correspondance philosophique parait s'identifier avec celui que le savant Huet a exposé dans son Trmté philosophique de la faiblesse de C esprit humain, et dans ses Quœstiones alnetanœ, dont Je parlerai plus tard.
MM €onnaîê9€mœSy qu'ils ont résolfie chacHâ à leur namère. Avant eoXy.LeibQijtz se poitak fon d'explîeper le monde moral par «on syatàne de l'optnnîsrae, comme Newton voulait expliquer Fum- T«V5 nrnériel ps»r le «jstèmede rattraction. De nos jonrs, M. de La Mennais s'est glorifié dWoir ^ronvé dans le ^ns commun jm prin* c^ suffisant pour tout expliquer et tout établir. Chacun peut apprêter ces difëérenf es théories, qui ont feit tour à tour beaucoup de bruit dans le moadej mais qui ne paraissent pas avoir résolu le prafaième éet premier principe. pMt&mpfdque, Dans impuissance cle Couver quelque c^ise déplus précis et de plus déci^, la majorité des bons esprits, de ceux qui eh^ehent à vivre tfe résfités praAîqiies, et non pas de spéculations, af est rafliée à la proposition MÛ'maife : *» On peut affirmer dune chose tout ce que Fesprit déeo«^e dans l'idée ekire qm la représente. ■* Cette proposition pa* nûtkicontestsd>Ief meus eest plutôt une règle tie méthode ou de bonne logique, qu nne preaiiire vérité philosophique. D^mBeurs, elle ne 'résout, par elle-mène,^ aucune question^ puisqu 3 s'agira toujours dé sefvoir, dans fcs cas particrfiers, qu'est-ce qui est rcnftrraedMrs Tidée claire qui représente une chose.
a'^ifer "véHtês de Ptirdre logîqm. — » La masse de nos connaissamtes se coml^ose bien moins des aperçus clairs* et généraux > infusés, si j'ose le dite, ^ns notre esprit, en un mot, des premiers principes, que des conséquences nombreuses que le travail mteDectnel en feit sortir. Cet Aat de choses est dû à ! infirmîte d!e noertenature, qui -nous empêche ^de saisir toute vérité par voie dintoitifon ou de contemplation. Sans doute rien n empêche qnVnïemteïSgcnce -pure, dégagée de Fenveloppe corporelle, at tmîe au prnicîpe jétemel de fei vérité, ne jouisse de cet immense privilège : 'la foi même nous donne ïassurance positive qulf en sera ainsi dans la vie rfiîtnre ', ou que TîntelKgenre bienrheuïeuse possédera et la connaissance intuitive et la compréhension delà vérfté. Alors, ce qu^on nomme Tordre de conception, ou Fordre logique^ aurar ifisparu, ainsi que la E>î. Cest peut-être souvent par Tin instinct inné de cette grandeur à venir que certains esprits s'agitent sous le poids des vérités cpiils ne comprennent pas, et s'efforcent de rejeter des principes évidents plutôt que d'admettre les jnjctènes qui en sont.û conséquence. Roi détnonié,! esprit humain se résigne difficilement à marcher parles voies inconnues dé son
^ ftiTuniîAe fuo tidebfmus lumeu. (P». xxxv, ït).} Tune aiitem fade ad faciem.(I. Cor. xui, 12.)
. En principe, les hommes -dont je parîe n ont pas tort de supporter Hnpatî«nment Fincertitude et l'obscurité, puisqu'ils sont nés pour "voir la Terité sans intermédiaire. Il n'y a qne les esprits dcbûes, ou les âmes sensuelles qui végètent tranquillement dans une aimoiphère Bâ>ttleiise. Mais as ont tort, en ce qu'ils anticipent -sur l'époque de la réhabilitation, et veulent transporter à la vie présente les attribubcmsde la vie future ; leur chagrin, ou nnêoieleiir îflerédalité, est le résultat d'un anachronisme.
Donc, puisque Thomme est condamné à gagner le pain de la vén^. à la siM»r de aon kosA; puisque la plupart des pincipes cpii nOTts ^Brigcnt' dans la vie physique, morale et sociale, sont euxmêmes tirés d'autres principes plus généraux et plus ékvés f puΣr qm nous tendons nwincnbleiBeRt à extrûrC' de «es prkidpes |^ néraux et primîdfs ce qui y est renfermé j il s'ensuit que les vérités de L'ordre de conecptioia ne peuvent être dùméncpies» «ans^que nous ncToyîonsi l'instant crouler Tédifice de nos connaissaribes, et ^que aous ne soyons léduits à abjurer la nature.
nnes'a^ p«» seuleawnt iddeeonsidérer le travail dnnisDtine*ment dTune manière intrinsèque, connue plusieurs philosophes Tont iût,pkOttr.«iîâMir àvoette^ioMltt» «Que ces raisonnemems sont senkment vrais par rapport à nous, sans auctuve relation certaine d'identité avec les réaEtés externes.» Cela reviendrait à dire que ce ^nompmnut wret nom^ parait vrai, et rien de plus. Dansoe eaâ, ftirdre logique serait un monde tout àfeit imaginaire. Mais il s'agît de poser en principe général, que, par l'intermédiaire du raisonnement, nous parvenons, du moins quelquefois, à saisir la vérîte
externe.
n est ceiAÛn^et le P. BuïEer l'a trèsrbîen remarqué ^ qu'une
• PcMur pciL.^ji^oA y. fasse d'^tention, on s'i^)c^ccT^a bUmdt ijue ce jnat «i#v£e€St trè8-éqm¥4M|ue. Il se prend dsn» l'usage ordinaire de 4a société civik, 9«Br la bttuie f«i ay«c laquelle «m dit ce que l'on pende; uais^noiu cberchnns ici une ▼érité qui soit Tobjet dee-Aciences, et non ^as une.pratiqttô.dci«»ate.
€elle>4à>4e-déftaÂt CMuranaéraent une conformité de Jios jugements avec ce ^ffmi /!es.cA«M»;,eA.aorie'<iuo ce qu'elles sont caeUe»-méaieSt aoitprécisé^ it ee 4|ae amis ^n jugeons : aux ^uoi U faut obser¥.er ciuc nous jugeon* o»
.voie 4»,pirMc^pemi par voie de conséquence. ^
4'#ppëïiëj%enc&t.par ^QÂeée4^Uu:tpet une connaissance qui noua vientunnédiftlancflildfa objAUraansquL'eUe soit tirée d'aucune «onoaissaoce antérieiue ou précédente. J'appelle jugement par Toie de conséquence, la connaissance%ii^ «Me m^h ^«taMBt jiw.iawnéne, tiMd'ime autre connaissance ^ui noua est
vcMie par ^eÀmtde prisolpe*
Ces dcwrjaotaca do Jn^yMtrta fiwit deux sortes de vérités que noua poujw
^pita-, Vam^j !»émié^mtepne, »biecti\^ ou é^priMcipé, et l'autre, «*€/•//<? m-
ierne, logique ou de conséquence. La première est particulière à chacune des
6o FRINGIPSS FONDAMBNTAUX ^
suite de raisonnements parfaitement enchaînés peut aboutir à une conclusion fausse et même absurde. En ce cas, Terreur ne vient pas du raisonnement en lui-même ; mais du principe erroné qui a été
sciences, selon l'objet où elle se porte ; la seconde est le propre et particulier objet de la logique.
Au reste, comme il n*est nulle science qui ne yeuille étendre ses connaissan* ces, par cdies qu'elle tire de ses principes ; il n'en est aucune aussi où la logique n'entre et dont elle ne fasse partie ; mais il s'y troufe une différence singulière : saToir, que les vérités internes sont immanquables et évidentes^ au lieu que les vérités externes sont incertaines et fautives. Nous ne pouvons pas toujours nous assurer que nos connaissances externes soient conformes à leurs objets ; parce que ces objets sont hors de nos connaissances mêmes et de notre esprit : au lieu que nous pouvons discerner distinctement si une idée ou connaissance est conforme à une autre idée ou connaissance ; puisque ces connaissances sont elles-mêmes l'action de notre esprit, par laquelle il Juge intimenieot de lui-même et de ses opérations intimes. C'est ce qui arrive dans les mathématiques, qui ne sont qu'un tissu de vérités internes , où, sans examiner si une vérité externe est conforme à un objet exbtant hors de notre esprit, on se contente de tirer d'une supposition qu'on s*est mise dans l'esprit, des oonsé- <quenccs qui sont autant de démonstrations. Ainsi Ton démontre que le globe de la terre, étant une fois dans l'équilibre, pourrait être soutenu sur un point mille et mille fois j^us petit que la pointe d'une aiguille, mais sans examiner si cet équilibre existe ou n'existe pas réellement et hors de notre esprit.
La vérité de conséquence étant donc la seule qui appartienne à la logique, nous cesserons d'être surpris comment tant de logiciens ou de géomètres habiles se trouvent quelquefois si peu judicieux, et comment des volumes immenses sont au même temps un) tissu et de la meilleure logique et des plus grandes erreurs. C'est que la vérité logique et interne subsiste très-bien sans la vérité objective et externe ( N, 89 ), et qu'il est beaucoup plus commun de réussir dans l'une que de s'assurer de l'autre. Nous en allons donner des exemples.
exemptes remarquables de vérités logiques qui^ ne renfermant point de vérité
externe, peuvent être autant d'erreurs.
Qu'il soit vrai une fois que la matière n'est autre -chose que Vétehdue, telle que se la figure Descartes, tout ce qui sera étendu sera matière ; et dès que J'imaginerai de l'étendue, iljfaut néce.«sairement que j'imagine de la matière. D'ailleurs ne pouvant m'abstenir, quand j'y pense, dUmaginer de rétendue au delà même des bornes du monde, il faudra que J'imagine de la matière au delà de ces bornes ; ou pour parler plus nettement, je ne pourrai imaginer des bornes au monde. N'y pouvant imaginer des bornes, je ne pourrai penser qu'il soit ou puisse être fini, et que Dieu ait pu le créer fini.
De plus, comme j'imagine encore, sans pouvoir m'en abstenir quand J'y pense, qu'avant même la création du monde il y avait de l'étendue, il faudra nécessai-
créée.
Je ne vois point de traité de géométrie qui contienne plus de vérités logiques, que toute cette suite de conséquences, à laquelle il ne manque qu'une Térite objective ou de principe, pour être essentiellement la vérité même.
Autre exemple d'évidentes vérités logiques. S'il est vrai qu'an esprit, en tant
SB PHILOSOPHIE CHlliTIBmiB. 6l
pris pour point de départ. -Dès qu'une fois vous admettez un te) principe, plus tous raisonnez juste, plus vous tous enfoncez dans l'erreiu*. C'est conune un voyageur qui a pris une direction
qn'esprir, est incapable de produire aucune impression sur un corps, il ne pourra lui imprimer aucun mon? ement. Ne lui pouvant imprimer aucun mou* Temeni, mon Ame, qui est un esprit, n'est point ce qui remue ni ma Jambe ni mon bras. Mon Ame ne les remuant point, quand ils sont remués, c*est par quelque autre principe; cet autre principe ne saurait être que Dieu. Voilà autant de férités internes qui s'amènent les unes les autres d'elles-mêmes ; comme elles en peuvent encore amener plusieurs aussi natureUement, en supposant toujours le même principe. Car Tesprit, en tant qu'esprit, étant incapable de remuer les corps, plus un esprit sera esprit, plus il sera incapable de remuer les corps ; de même que la sagesse, en tant que sagesse, étant incapable de tomber dans l'extravagance, plus elle est sagesse, plus elle est incapable de tomber dans l'extravagance. Ainsi donc un esprit infini sera infiniment incapable de remuer les corps. Dieu étant un esprit infini, il sera dans une incapacité infinie de remuer mon corps; comme mon Ame, qui est un esprit infini, sera *dans cette incapacité finie. Dieu et mon Ame étant dans l'incapacité de donner du mouvement à mon corps, ni mon bras ni ma jambe ne peuvent absolument être remués ; puisqu'U n'y a que Dieu et mon Ame, à qui ce mouv^ ment puisse s'attribuer. Tout ceci est nécessairement tiré de son principe, par un tissu de vérités internes. Avec cela néanmoins mon bras et ma jambe sont remués ; comment donc cela se fait-il .' C'est un point de pbysique qui ne nous regarde pas maintenant ; c'est assez pour nous d'avoir exposé nettement une suite de vérités logiques, auxquelles il pourrait bien manquer ubc vérité de principe. Car enfin supposé le principe d'où elles sont tirées, il sera très-vrai que le mouvement qui se fait dans mon bras ne saurait se faire, bien qu'U soit très-évident qu'il se fait.
Le livre de l'illustre M. Huyghens sur la pluralité des mondes est encore un cbef-d'œuvrc de vérités internes. Quoiqu'il ne donne pas son système dans le genre d'évidence, mais seulement de vraisemblance, c'est au moins, selon lui, la plus grande des vraisemblances ; et il est certain que dans cet ouvrage les vérités logiques conservent toute la force et la portée de leur principe. Ainsi, dès qu'il est vraisemblable que la matière du corps de la lune et des autres planètes est d'une même nature que celle d'ici-bas ; il est vraisemblable que la terre produisant de rbaprbc ici-bas, il se trouve aussi de l'iierbe dans la lune. D'aJIIeors, il est encore assez vraisemblable que là où il se trouve de l'herbe, il se trouve aussi dés animaux pour la manger ; là où sont des animaux, vraisemblablement il se trouve aussi des hommes; les hommes ne sont point sans sodété, san8 commerce ; et là où il se fait du commerce, il est encore vraisemblable qu'il s'y trouve des foires : ce sont là autant de vérités internes et logiques, dans le genre de vraisemblance ; à quoi l'on peut ajouter, par une logique aussi Judicieuse dans le même genre de vraisemblance, qu'une foire ne tient point qu'on n'y vende des almanachs ; d'où l'on peut conclure, par^rexcellente logique de M. Huyghens, que vraisemblablement U se fait au royaume de la lune un assez bon commerce d'almanachs.
Quelque étranges que puissent paraître les conséquences de ces auteurs, cependant on ne peut trouver àe%y évitée internes mieux soutenues, chacune dans son genre , et celles dont nous venons de rapporter des exemples peuvent faire toucher an doigt toute la différenee qui se trouve entre la vérité interne ou de conséquence^ et la vérité externe ou de principe. Elles peuvent aussi nous faire connaître comment la logique dans son exercice s'étend à l'infini ; servant à toutes les sciences, pour tirer des conséquences de leurs principes : au.
6ai wmmctimBr^vim»éMxavàjp%
Oppiofié#ià:«âs«.bi>(^ plub ilpréoipitef.âfei nàemdbe dans câble liglie> |^â»iîl^ft«ldigpie diiiiemd'de<«ft60i]rftCbLoi»qu;OB; tombe dans'Mlfec auîpi'ÎA^ il }r«a;t€vité dan» bvcoiii^^Mififie^ et>£aiMCiité daB^^le^^aitséquenty pour m'exprimer selon les formules de Técole. Donc, on peut raisonner juste sans, atteindre la vérité externe^ mais- on ne peut; «ttekidf & cette vétixÀ qnWcaÂaonnaftiiitfla ^
Qu'ièst-«e qtie raiionn^r jtist<5? ^rwe tjtrt^onè latjurfte ofr'A^Vi^t efforcé de répondra par uneinulti£udede..vûliime& depuis Arîâtâte.^ 'j«s^*à JMmsi
Raisormer jtfstî^, c'est raîsôntïcr detrflé sorte quenotte* éOttcïti- «iodu sok en report d'identité aieec Tobjet «xieriie,; ou l>ieR ^iccrva, i>'eM al&rmev d- une idée^hdre ce «jui y etst venfentié. Mais k '^KfSculten est que reculée. Par quel moyen parvîendrai-je à ce résultat? IL£Bkiil;<d*abArd avoir \x!^^,idée^claii^ etpcur^TobteBir cm, emploie fet définition. Si cette idée, on, pour inieux cBre, cet objet est to«r- {de&e, les bornes de notre esprit nous empêcbent de le considérer -tcnitÀ la foîs^ ilffaut doDc kisnii^MfierpcF la divimm; Quand oti^a êSSitù. et ditîsé, îï finît cxtraîre db principe ttdmis une conséqfuenee légitime par rar|[umeiitation.JSnfin^lor$qu!oaa'CanN|iûft difFérente^ t)miMi«mi«Hse9, il &ut)es^ dsttfts^ e^ii^im po«ii* éiriti!r*i]aè
k cottfu&îdn tîe produisre de nouveau l'obscutîté. C*est ce que &it la.iiKéil9L«ide. tia.défiBitioi^ la èmàxmy l!aftgaftWfiiiiitoiiy k métliode, voilà les quatre opérations de la logique sur I^qtfeH^ tmef qoâtltîté effrojablé de livres ont été écrits % ce qui n^a paâ empêché. Jes
I&Mi4iael« logique» daltt le» rè9lea^pi*€He pMecri* e^tvilaeQUeOfunitiM apt;p»rtieiilier,«st en eUe-nôme trèe^OMNreéei E» effet» iell*Afateutil q^Mlitmc «ae<ooBiMl8«ftiiaed*aBAamtre eGnnaiaewMe^iiifiBlA'Ueiiaiifë'wM idé»ai««r«iie ««tveJdéer ^
LU fi» fis la logiqae n'étâat dese q^eJa' vérité de eo«séfyaicc^'£l< sa-ifMMliim M. bornant à mettre et à déGMivrH* eetU'fiort^de véviléydaoe toueles si^ela eu «Ue ara|>pliquei» iV «'ensuit qae la log^'<;^e, tout or^ne qii.'«lle estde la> néfii^ eeviqvelqve^iAÀ établir lesphie ^«odes ert!<eevei. Car lea vérités decOMé* qaeBee<ayeQl/<8âtt▼eht^ullee^fctlr pour pntaeipe^ eUee sont «Iks-némes aateac d'erreiii(s<( et «Uas-bo soaA appelées vérfic3,.qvke peroe qu'elle» lieaaeat Tente* foloiEientà *le4èr <p«iBGipe. ( Traité des premièms vtri4€^nQ^4. >
* Le leetew oomiK'eiMi^ajA nefais qu^exyeser la saîte de aies idées, eaoe m*arvétcE| qiiaat À>pvéaeatt à eKaailnef oi» à eoaftbaave^leftditfére&ts anstteee de scepticisme.
> Voi«i oomneat TertaUieB eibale sa maavaise bumeer. ooAtire ArîstotCi et «a dialectique; a Miserum Aristaielett qai iliis dialeotMaai'iodtitttit9,aptiftQ«Ba siroeadi -et destrueadi vcrsipeUeHii. ÎB deatei^us ooa6tami,'>iacQigeGtuais djir vaoïviB argauwBtis epereriaw coBleatioBUJBy meieetaBfrretiMtt.allùipsî^'eBir oia rotraotanteffly «e quid onmia» tractaverit. » {Pr»écript.f c. 3»}
3 Chrysippe seul avait cooiposé, au rapport de DiogiBe (.aëree» «rtiii ceDt onze voluaies sus la logiqae. Séaèque en blAme la subtilité conme fe«
vm iBKBKumumoL ohbéruvs.
e^ftits.jiitfes de faiee^de boUs raîauiiieiiieiiis^'tn ks?.eâpmt An» £€Mk fam deiiMHitMs*
Celte prodigieuse fécondité constata, d'une part, la nécessité *?»* vemeaisfifitiepar les hioainiesdetfnliaeEfovdittdedéduGtiav^c'està-dkedeccHOfttérir des Writëapar IsvaisonHHiMiC; é% d'meautM pafiky ]a débilké de k saisoii^à <fuîii:&iit pkitir.ttBai>dbe«Bei3avt» toHÊe tzaeee. pour, ntmgmer aytoc m— ntii feug.te^w»te«o^éaii des dpiBk>ils.httiiiamesiJoi{;iBe£è€ebk<dcûdela<âe^ ipiipoirttt de tottt tieaiipB IcsJiènuMn à ta£[in<c;?joigiie»70nei»eladMintatioti iis&Fetdesnc»ad»cttxtraducAetirJeteettBiieliUlfiOQi8^i^^ tnar ou e&ploîtesr J« naéoiDkB des ]iofe»BM<wlèfams. TMAn ots <;«is«i réoDÎesiious expb[iierottpe«:fe*êtn{X3atqiiiB«aBtdfttttcnitt.'se^Sèii^ e£Coreés d'enlacer r«qpftt htndôndBKn-leiBscmi de hi dîaleéti^iyei Gcâee mul înnoaiibndile» fournies de ïiûiàkf^^màkasMsit\ quiconque voulaîâ devenir plâlosi^he^ c'estàbdiie rfstosoHneary poitvttit' |MSg^ les. troia^ctuads^de sa vie,«t4pu3q«efota'Sit vice tOQt^«feiiUireyi «y-> prendre comment 0SL|itt«i:fÀi«<«ii.]nrâDMiMûtÉit:^é«Pk^
profMièlUsèfdirscdidKS^lËitiMteleM. {tH^ r, A l»9*<f., c.-^.) Cîl^rf#t>e ^Ot dUcipla de CMftndre» qui Tétail M^néau! ck^ZëBMi. «l âiolviii )^air Stù7 )Eivant Jîfsas^^hfisf. Ce grave stoïcien périt, dit-on, oa dlin vuoés de Tiaytoa d^oncx? f^êc n'fe, «a rofttst tin ftn^ ittfliïgtr déâ liguas dàn^ un 1>Si%$in d'af f eai.
* AïiMatet.peiic végUr la'{ir«nilèHi de» Httit^ o^ëMfftttti îi^riMeMeaMM qu'UavétablieSy acoaipoflétletcaUé iieî^ Ca/^gonies^^^vÂmMeèfifii^éMê ^v^^-^ê* dre d^yent être toutes les choses que nous pouvons concevoir. Pour conduira la seconde, il a donné le traité de t interprétation^ dans lequel il explique la t^wtée^ evprMBtan». Bt fwlnr dh-iger fa trcHsi^e, If a^ fidt I«t')itr6s à^ Anaiyiù^Si "dé» Typiques etdtfêûpkistntsî où !! motitre" lèns rfitfefyés espèces d^ jwopwHtons unfterse^s^ HfBt«»arl¥es', eôiidlHbnmïllies, ticmtraifiétôires 6t ântfw« Il y enseigne 4es>tè^8r «fc» âfRef^fmtf, etfc maiifê^ dteles consrtrtiift tfar^aTVSUgeawar des Ct^s tmncs. Al^andft;^ d*Apltrodf^ée témoigne qn'A^ nslote«tnTeiitéle8'inmlies«t>léè'flgttyes dés é^Hdiffenfes: CepeddAnt cette tc^ gique péripatéticienne passa' pOutt fèrt iÉf^tièute i «elle de Sétfon tièate, âù dn^sippe et deascofciensi
Quel peut être le véritable usage des règles de ladfiiltctftitfcf Hotl eS||:»Ht ëât- U plus éclairé, et ma rai50n mieux réglée, lorsque J/b connais les- ciaqc^ universaux^ genre, espèce, différence, propriété et accident? lorsque je sais qua l'animal est le genre ; que l'homme et le Iton ^ont les espèces ; qu^être spirituel ou éCrevMrtéEÎelf c'est une dUtoene»} qa'utt«ipft»pridtéd«'râmfreiS^d'élre spiriinelle; et qua c'est un aeddent à FhoBnneqnie d'étvekliaadiMofs^tieJ'af nÉsdaas ma ditoaiee las d» caftég nmtar-qiM raaIerMCitl to«t «m Ifuî pvfltt sa cansevwvf dt»»t. U-première est l«:aabi9taM»^«Sles'neu£fmSrcë:#f6 raddaUbérf Eft sojrfle ^mt Wrsqueje àiSfinoiè/rère e^âxaui^'; e» tast- qitflMittMKrf H «st dMW la^fvediîèM' eatégoale; an \axA,' <|ir* frèae^ tt est daas^la quttStièaisv ott<dan»la catégorie des toIaIWa»; el>e&tantqa*a«si»)*daaS'l«(CH«iq«ièfae) ctu data» la eà» téforia dos aUujitiaH»*^ NOBr ce» sortea de telles nreontplis faites ^posrétra pcaliqoées dana l«a oaeasîans pariicaHères^^ o^ l'eateadaïaèni ae- pvapdaa d'eiamhiar quelqae^idéa» ae sdbS des ptéai^eS' générât», d^at l'^aâa^e ne peut-être que d'accoutumer l'iBSftU à des valions luslcs tft ppéaises*
64 PRBICIPSS FOHDAMBIITAUX
lorsqu'il était bardé et gourmé de dialectique, il ne pouvait fiedre un raisonnement sensé et intelligible sans oublier ce qu'il avait appris.
« Mais ce n est pas tout; les subtilités de l'éeole stoïcienne et de l'école péripatéticienne ne pourraient pas, sans doute, entrer en comparaison des subtilités d'une logique beaucoup plus moderne. Les scolastiques ont bien amené d'autres monstres; des termes ' barbares, des distinctions incompréhensibles, des propositions réduplicatives, des heccéïtés, des ampliations, des restrictions, des différences de concret et d'abstrait, d'universel existant ou intelligible : inventions plus propres à disputer qu'à découvrir la vérité, le caractère de ces sophistes étant bien plus de nourrir une guerre perpétuelle entre eux que de chercher de bonne foi à s'instruire.
» La philosophie scolastique ne s'est occupée que de concepts, d'abstractions sans réahtés. La subtilité des raisonnements y a été épuisée sur les questions les plus firivoles. Le bel esprit d'Abélard ^ était fort infecté de cette contagion dialectique.
» CTest lui qui a introduit les petits logicaux. Vives a heureusement terrassé toutes ces subtilités pédantesques et scolastiques.
» Quant à la dialectique de Raimond Lulle, on a dit, après luimême, qu'elle serait ? bonne du temps de l'Antéchrist pour répondre, en termes amphibologiques, aux questions qui seraient faites par cet imposteur ou de sa part. Gomme si l'on demandait : Quelle
* Caramael, dans son ouvrage intitulé AcTTroTAToçy Cest-à-dire le trés-sub-. til, ou nova diaieciico^metaphxsica^ prétend expliquer. [clairement, et. rendre distinctes les conceptions obscures des métaphysiciens et des scolastiques i et il invente, à ce sujet, un grand nombre de mots barbares dont il veut qu'on se serve, comme sont amaveruns, utis ; amaveratus, ti ; arnavissens^ entis : amavissetus ti; et autres participes de pareille fabrlquCi dérivés d*amavi^ d'àmai'eranif etc. Baill. Jugem. des sav», t. 2, p. 579*
* L'épitaphe d'Abélard a été faite par Pierre le Vénérable, abbé de Cluny: elle finit par ces deux vers :
Est satis in tîtalo : Petrus hîc jacet Abaelardui, Cai solî patait scibile quidqaid erat. .
Ses opinions en théologie furent condanmées dans le concile de Sens, auquel Louis le Jeune assista en 1140. Il mourut à Tâge de 63 ans, le 21 d'avril 1142.
* Pierre Montuus prétend que cette logique peu sensée a été copiée sur les écrits d'un philosophe arabe nommé Abézébron, qui la proposait comme un moyen propre à embarrasser l'Antéchrist, quand il viendrait^au monde. Petr. Montuus, de Unius Veritate^ c. 55. Raimond^Lulle^prétendait expliquer le mystère de la Trinité par ces mots : potentificans, potentifieatum et potentifica^ bile; bonificanSf bonificatum, et bonificabile ; sapientificans, sapientifieatum et sapientificabile, Sapientificans^ c'est le Père ; sapientifieatum, c'est le Filn ; sapientificabile^ c'est le Saint-Esprit. Gomment un auteur,qui se servaic d'un aussi impertinent jargon, est-il devenu célèbre ."^
]>B PHIL090PBIB CHBBTIENlfE. 65
est "votre croyance? en Dieu. Pourquoi? parce que f en juge ainsi» Pourquoi enportez^ous ce jugement? parce qu'il est Dieu, Qu^esù^ ce que Dieu? c'est ce qui est déifié. Pourquoi est-il déifié? parce que c'est son essence, La logique de Raimond Lulle n est quun jai^^ ^on, un arrangement de mots dans un ordre arbitraire et sans aur cune méthode réelle.
»I7n auteur de ce temps {VArt dépenser^ part i, ch. 3) a dit que les règles de la logique d^Aristote serraient seulement à prouver à un autre ce qu'on savait déjà, et que Fart de Lulle n'était propre qu'à faire discourir sans jugement de ce qu'on ne savait pas ^ »
Pendant plusieurs siècles, la raison des philosophes a dormi sous le joug de ces vaines subtihtés, contre lesquelles les Pères de l'Eglise avaient protesté. Aristote amplifié, ou pour mieux dire, dé6> guré, par les commentateurs arabes et européens, était devenu le roi, le sultan des écoles. On le nommait lb Philosophe par excellence, et l'on se glorifiait d'adopter sur sa parole le galimatias qu'on ne pouvait comprendre.
Ceux qui ont accusé l'Eglise d'avoir comprimé, enchiûné l'essor de l'esprit humain durant la période du moyen âge, n'ont pas réfléchi que l'Eglise seule, par son enseignement simple et populaire, . a lutté contre la contagion scolastique, tout en laissant aux Théologiens de ses écoles la liberté de s'escrimer à armes égales avec les disciples du philosopha de Stagyre ^.
Enfin, l'idole de la §colastique^ mise en honneur dès le v^ siècle par Boéce, Gassiodore et Martien Gapella, fut attaquée par le principe du doute méthodique. Le Noi^um Organum de Bacon lui porta les premiers coups. Vint ensuite Descartes, et avec lui Pascal, Malebranche, Âmauld, etc. La controverse fîit brûlante, mais le principe d'examen l'emporta, et des miUiers de volumes furent envoyés sous la remise, où les curieux antiquaires vont les voir comme le cabinet de l'histoire naturelle de l'esprit humain. Les logiques se simplifièrent, conservant toutefois, pour mémoire, ce qu'il y avait de plus ingénieux et de plus inteUigible dans le bagage de la philosophie scolastique.
L'Art de penser y ou la Logique de Port-Royal^ attribuée à Arnauld et à Nicole, représente bien la j^ysionomie de oette époque.
' Traité de l'opinion, liv. 2, de la Logique.
' Il y a lieu d'être surpris que M. Degérando, aTec toute retendue et la bonne foi de son éruditionVsoit tombé dans la méprise que je Tiens de signaler. Voici comment il s'exprime, t. 2> p. 384 de VHistoire comparée des Systèmes de philosophie : « Cet appareil de règles absolues convenait raerreilleusement aux temps, aux pays qui proscrivaient toute liberté de penser. 9
f^ »B)iiHiiiBB5 watmÉoawrvsx
Là ¥OUs tFOuverez encore^lm modes «les pvopositîonft en A,E^ I^
.O, qui donnent soisaiiteH{uiitrAGombiaaÎ90]is-,dont>cUx ^seid^naieiit
<£ont com)kiantes. Ycmis y^ftvoiiverez ks formes' et les i^ègl^s du
^.sylU>gisme, et 'plusieurs autres choses conserWes tians rînteudon
louable d*aiguiser l-esprib^des étudkmts. Toucesices formules 80Sit
remplacées dans Fj^rt de penser par une settle règle fort simple : <c L'une des deux préimsses doit contenir la cobcIuôoo, et Tautre
doit la faire oonnaîtxe*»
Sans doute ce langage n'est ^pa» encore à la povoée de' tout le
monde; mais, eu égard aux. alluxes tprécédeiMes de T^ecole^ «;'>est -«oujow^'un immense progrès.
Aussi V^rt de penser e&t-Ai d^renule type'd^-apFèslequeise'saiit . fcMrmées les lio^îques modernes, soit en latin, «oit en français. Après ce court résumé Instorique, il n'est pas inutile d^exposer
le sentiment de :di{férentS'auteurs concernant la valeur des^ règles : du syllogisme.
«Cette partie , qui comprend les règles du raisonnement, 'est
i estimée la ^us isoportante de la logique, ' et c'est presque 't'unique .qu>on yt traite a^ec «paelque soin; mais'ily a'^suyet^ide' douter^si
die eet aussi utile qu'jon se l'imagitte.- La plupart deseneursdes
Iioinmes.irieniieiiti bien plus ^e ce qu'ils raisonnent sur de- faux . prinGÎpes^ique'jion pas 4e ce qu'ils raisoniient^mat sufvtoit leurs
principes. Il arrive rarement. qu'ou'^e laisse ^ttt^mper par des 'YÛ-
aonnement&qm ne son t&ux<quo parce qu^ la Gonsëquesce'en est >«ud tirée; ercew&qcûinesetaîent pas capables d'en' reeonmuN^re la : fausseté par lavenle lannère) de la*.raÎM|n) ne le seraient pas orAjuairement i^entejidre les règles* 'qu'on en donne^ et encore moins '«defesi appliquer. NéanmoiBS^^quand^iv ne. considère œs règles' que • comme des<TOl«lésJBpéoH&Eitères^ éUes- servent «oujours^à exercer
l'esprit; et <de plus,donaie peut tniev^qu'elles n'aient quèl^queia^^e <^en'ffi€^« renooniroià l'égardide i^/j^u^personnev» [Vjirt'^e upenser.)
< Pour exprimer les différentes formes du syllogisme, li^aprètlcogeiiterldes propositions doat il était composé, on avait inventé les. quatre ?erssarr«ntfl :
• BmHu^ QetarMt,. Aiiiî^ IM^^ 8li^i|ito«,
Celantes, Dabitts, Fapesmo, Frisetomoroff*
Cesare, Camestres, Festino,"Bsroto,' Daraptî, - FelaptoU, DlMnni», Darin,' Bocardo, Ferison.
H4}ii«udslu]r.^8ane.iniMvi9sett deréèele^psavairtéttHer pekttiMffll^^ KiiMMiiti4eiar«itoaBrs^:iisiiirf«liait Irien^delfe nMMltttte piMir setMtt un-siiiiple mortel.
i Les. philosophes n'ontpas jugé dndîgiie d'eux de nom faireGonnaître les lois du syllogisme. Peu^Cre les ëocdes en ont tfop préconise TaniHitage*, un espritjtiste'na pas besoin de les connaître <pour^^re.«o«ft$4(pi€int, et. Ion se ;ti«o«pe bien .moins par de mau- T^ses.eoBBéqttenees^.que par de faux jogemenCs. Mais il est ^rai aussi que'ee» wi§\ts sont un di^d'œnvre de sagacitë et^de dialectique^et qu'elles rendent la reofaecche-dela véAté plus facile et plus «are.» (.J^^alto, p.i4o.)
«rll ya^les. personnes qui pi:ëteiidbnt(qnelesrègle6>da syllogisme aonts peu utiksyquîon peut seidîspenscrd'en paiier.Sans doute .que la société est «conposée dune multitude de gens raisonnant i&rt.bieuy et ignorant pourtant! «oes isgles : mais il n'en est pas jaaQutsrvraiqiie dedeuxifaonimes dn égal bon sens, celui dontle •laisoBnemetti^natureltaftca oidurré, soutenu^ perfisctionné par une Jb^^e bien acquise, aura sur lautre layasuage d'être plus elair, plus exact, -plustpréeis, plus aiiiyi..*,— Au resie, ces règles sont -d'une. stibeUe'géaaDratrîe^ que.c'e#t i«« crîiite>de ne pas y appliquer -son espit. » {ikLUckaeoiFne. }. On-^voit ici la TièUle école qui opère sa ipetraôteen^grondanl; elt en tiraillant sur ^sea adversaires.
«. Toute oetteîpoDtie ideda<krgîqiiey iqoi: traite des règles des^syl- Je^ismes, et qui!établit,:pauFainfiLdil«^.une^IBéoam<ple>des raisonaornents^nericmédieipas àda.eauser^Mësde^le nos erreurs..., Tout 4ie,niéeanbniedeaa»onnenentsnf'est^p«inrasnsidire, querextérieur deb'logiquei » ( Trêuténdel^opittàm^^L-^^jp^ x.)
Umattteiis.trè»m<tent,'AL Ad..Gasnier, qnî vient de pcMîer les OEui^res philosophiques de Descartes ', va plus loin encore, et sembla pixMdameo ïtnimlitédes logî^iea /prises: en g^
-<t îïous«raîgnoiis qu'on>nese fasse im peu d'illnsiont sur Fuiîlîté des logiques. BoGlareronsHBOUs: cependant août à* fait stériles les ^BÎis de .fiaaon et lie Desoartes surJa anâbodé ^ Nous < ne prononiçons;paa>«ae.'dédaNd«Mi;aussiabscOk]ejEnipveo«iite^ k maiehe: qu'ads^ui^ stnvie, ces gravdsibammes ont <^argné à osux qui .y&adnmt. hs nuiirre^deg ^Akmawmmttls' et^es méprises. Masson Vavéqà dk^:>t3rimqui'ittttîJBBU9a/|nsyp«r<edfvopres lumières^'déoauinw krTi€es^d'4nnDiiii8onnem»ntf!neipOtti<fU Àite «sage de tonteaJes Mg}esfdn(sj!ilogî«n0^aMMiSiit|daionflMq^ pasi lorionté (tottPsewA dans lairociievèheides «anses, dans laclasfedficatioii deaétroa on dansik^iwnifvaraiaon^âs'quantîtés, seràlbrt embarrassé des organes et des méthodes.hà méthode n'est pas une
• 3 Yol. in-S».
68 PAINGIFBS FOHDAMENTAUX
science, mais un art, et il n y à que bien peu de chose dans Fart qui soit susceptible de transmission'. »
« Quelle est donc, dit Tauteiu: que j'ai déjà cité , quelle est la logique intérieure ? Quelle est la logique la plus nécessaire ? c'est celle qui attaque les principes mêmes de nos erreurs; celle qui nous fait connaître les diverses défectuosités des raisonnements qu'on appelle sophismes : i^ de prouver autre chose que ce qui est en que»tion; 2® d'apporter un cercle vicieux pour preuve, comme lorsqu'on prétend prouver deux propositions incertaines. Tune par l'autre; 3^ de supposer pour vrai ce qui est en question, ce qu'on appelle pétition de principe ; 4^ de prendre pour cause ce qui n'est point cause; 5° Ténumération insuffisante des parties, ou un dénotnbrement imparfait; adjuger d'une chose par ce qui ne lui convient que par accident; y^ passer du sens composé au sens divisé, ou du sens divisé au sens composé; comme ceux qui se promettraient le ciel, en demeurant dans le crime, parce que Jésus- Christ a dit qu'il est venu pour sauver les pécheurs, ce qui doit s'entendre dans le sens divisé, de ceux qui cesseront d'être pécheurs; et quand saint Paul a dit que les médisants, les fornicateurs, les avares, n'entreront point dans le royaume des deux, cela doit s'entendre dans le sens composé, de ceux, non qui auraient été médisants, fornicateurs, avares, mais qui demeureront coupables de ces péchés sans en faire pénitence; 8® passer de ce qui est vrai à quet que égard, à ce qui est vrai simplement; 9^ abuser de l'ambiguité des mots ; 10^ tirer une conclusion générale d'une proposition particuHère.
> La logique la plus nécessaire est de déraciner les préjugés introduits ou par 1 éducation, ou par les passions ; de nous tenir en garde contre les séductions de l'aînour-propre ; de nous affranchir de laûtorité des opinions vtdgaires; de nous accoutumer à éviter la précipitation de nos jugements ; à discerner les objections présentes et à prévoir les futures, de manière que nous envisagions d'une seule vue tous les avantages et tous les inconvénients que'nous' pouvons trouver dans l'opinion préférée; à mesurer les degrés de conviction par les degrés de certitude : car, quoique toutes sortes de propositions ne puissent pas être en soi plus vraies l'une que Taiitré, la force plus ou moins grande des preuves ou des présomptions doit nous engager à y donner plus ou moins de croyance. Soit qu'il
* T. 1*', Introduction f p. cxxxvn.
* DE PHIIiOSOPRIB GHABTZBHirS. 6g
s'agisse de détenninernotre entendement ou notre volonté, remontons toujours à un principe qui mérite notre consentement. C'est de toutes les règles la plus essentielle , ou pour la tranquillité de Dotre conscience, ou pour la satis&ction de notre esprit.
» La logique la plus nécessaire est de nous précautionner contre les occasions fréquentes des (aux jugements, telles que Tair imposant, l'autorité, l'extérieur de ceux qui nous parlent. Le riche ' u parlé, dit l'Ecclésiastique, et tous se sont tus en sa présence, ou n*ont ouifert la bouche que pour éleifer son discours jusqu^ aux nues. JjC pauvre aparté, et Von a demandé qui est cet homme? Et s'il fait un faux pas, on le fait tomber tout à fait.
>La logique la plus nécessaire est celle qui fait remédier à tant àe maladies de nos esprits, si différentes entre elles, et souvent contraires les unes aux autres; simplicité rampante, présomption, curiosité outrée, excès d'indifférence, précipitation, lenteur, créduUté puérile, pyrrhonisme extravagant.
»La véritable logique doit bannir l'opiniâtreté, et nous faire éviter la ressemblance de ces pédants pointilleux que Gicéron ^ ap* pelle des bommes livrés à l'opinion, et qui, selon Quintilien, croiraient commettre un crime s'ils cbangeaient de sentiment, conmie s'ils y ^ étaient attachés par les liens d'un serment, ou par }es entraves de la superstition ^ »
«Tel est le caractère des formules sjUogistiques, qu'elles semblent imaginées pour fournir un moyen de juger sans voir, de raisonner sans réfléchir, qu'elles réduisent le plus noble exercice de l'intelligence à un travail presque mécanique. Elles composent l'art d'argumenter, et non l'art de penser. EDes font descendre celui qui en fait usage, de la dignité de philosophe, à une sorte de métier dans lequel il ne reste qu'un soin d'exécution ^. « ^
Après avoir reproduit l'opinion de plusieurs auteurs, s'il m'est permis d'énoncer la mienne, je dois me mettre en dehors de toute idée systématique; car il s'agit, dans la première partie de cet ouvrage, de poser, ou plutôt de constater les bases soUdes sur lesquelles repose l'édifice de nos convictions, et non pas d'amuser l'esprit du lecteur par des spéculations frivoles.
* Oives loquutas est, et omnes tacuerunt* (Eoclesiastic, xiii, 28 et 29.)
* Opiniosissimi homines. (Cîc, Acad. Quœst.y lîb. 4.)
' Qttique Telut sacramento rogati» yel etiam soperstitione constricti, nefas âacunt à auscepta aemel persuasione discedere. (Qaintil., lib. 12, Instit,, cil.)
* Traité de Popinion, liv. 2, de la Logique.
* Bistoire comparée des systèmes de philosophie, par M. Degérando, t. 2, p. 381. Paris, 1822.
Or^ dfin« cette- Tue^ je ài^a^ qit*il fisnit dtilîngaer^ntce Fonbede^^ conception ou Tordre logkjue considéré en luitméme^etiesidireiiesj foisraes accidentelles' qu'il peut revêtir, et qu'il a rerêtues selonles^ temps. L'ordre logiqueen lui-même existe, c eet^à^dirB^qu'ilest vndii En effet, il est constant que tous les konn»es épsoirvent un. penchant inné à déduire des principes qa ils connaissent les- coBséqiieDoesi qui y sont renfermées, et que ces conséquenees^se^ formulent en paroles, ou se produisent par>deftfaita Cette' obasrvaitîonis'appb^ que nQn-«eulement aux ûidividttft isolés, savants^uvignovants^ mais* elle s'appUque surtout aux hommes pris oolleotiiiement,r«w. sorte que toujours les peuples marchent vers le» conséqueBces^des^prâfer^ ctpes qu'ils ont une fois admis dans Tordre >reKgiMix,:mQvall, politique, scientifique. L'histoire est là pour le prouver; L'histoîreiest la logique du genre huuKiin;
n est constant encore que sk nous vcmlon» consiiiéf er la masse> de nos connaissances, nou& trouverons qu'elles^se composent jdf a*/ bord de certains principes -généraux, de premières ^vadtésy^ mais suvtout d'une multitude de conséquence» quiVengendrenties unes leaautres, comme une chaîne dont tous le» anneauxiseniacMienteO sei prolongent à l'infini.
Il est constant enfin,- d'après les résultats posirifi^ deelaseiencey que des raisonnements basés sur l'observation des faits sont jusm tifiés par d'autres &its prévus et démontrés à l'avance par desi calculs mathématiques. Allez dans un laboratoim de chimie, ou odans un cabinet de* physique ; écoute» "le démonstrateur z il nrous>idînt qu'en vertu d'une loi qu'il vient d'énoncer, tel phmomène doit se produire lorsqu'il aura combiné différents corps. Ljexpérôence se fait, le résultat est obtenu. Diree-oisous qu'il n'y apasî^de cohh naissances logiques ?< Ecoutez untislsponome; il vousiamionearauqtià tel jour, à telle heure, à telle minute, il doity avoir une 'éefipse de soleil ou de lune; au moment indiqué, vous vous mmiissez de tTOS instruments d'optique. pour contempler le corp» céleste ; l'éclîpse commence et finit à la minute indiquée parles calculs<de la sciesicek Direz-vous qu'il n'y a pas de connaissances logiques? Ecoutez le mo^ raliste : il vous dira que quand l'empire de la conscience s'aSEaibBt^ les lois humaines deviennent impuissantes; que l'ambition, la cupidité, la haine, la volupté bouleversent le monde comme le souffle de- la tempête bouleverse l'Océan. Interrogez ensuîite les différentes époques de l'histoire, voyez ce qui se passe autour de vous f vous reconnaîtrez que les peuples se sont enfoncés dans le aime d'autant plus qu'ils ont plus méconnu la loi moralét
II y avait uo6 effroyable lo^que- dans- les ëehafauds de 98!
Je dis 2^ que les formes accidentelles de la lo^que pouvant
changer^ auoiine d'dles n est absolument nécessaire. Ce qu'il y a
d'esseiiûal et d'impérissable^ c'est la justesse d'observation, et la
rectitude de déduction, qui noua empêchent d'adopter des faits
non constatés^ ou de les rejeter dès qu'ils le sont ; d'en tirer des
coDâé^piences fausses, ou de repousser edles qui sont vraies. Cest
ici le-poiat <capîtal de la difSoulté, ou les esprits droits et forts s&
dîstiBg^eutde&ie^rila fiaiinL et f aifaka Ce serait donc se tromper
énrangçment quetde pnoelamer e^rit^foni quiconque se ccmtenie'
dewer obstifiémentce que d'autres^regandent comme certain, sans
prendre même la.peine de l'examineri Deila est venu ce vieil adage;
«- Uji Ane peiM»nier>plaâ.qu'unpbiloiophe)ne peut prouver. »
Je di3 3^ que la logique envisagée delà sorte^ dégagée des^cft^* tég9i4es^ des «oliiés^ des modalités, des fermes substantielles, des règles du syllogisme, nous apparaît conme unei simple méthode 4 siùwre.dans'larecherohe ou.la dânoastrattoade la ^éritéi Aînsi>>ce motde mc^i/facwb, dont les diadecticiensniontliKit qu'une partie de la logique^ la ireaferme tout enbère dans. unsens plus la«ige^> et pré^ siAs à inos opérations intellectuelles, depuis lepoint de déport jus^ qu'auDiemuDde-lacoursej II *faist donG<mettffe decôté*ce« vnerts d^ méthode ascendante et descendante, dans lésons restreint 'que fe langage de l'école leur donne encore. Une méthode est une logique,- c'est l'art de bien déduire. Appliqué à chaque objet de nos oonjMÔssasices^.cetart prend di£EsreiilB nom», 4{uotqiifil<se compose tmjouTs des mètfkes.^émenis.Jikmi^0m^^êit>lziMétk9d0 dasgéo»^ mèùw, les métkodus des tphysiciens «t ds» chinistesy des msiaphyw siciena, des tluaologiensyeto.; mais dansxes méthodes voustronverea toujours comme parties constitutives la défittition^la division, la. clai^ifiofttion ^ et le raisonnement.! ^
Je dUs4^ que.cbaeua pourrait à la rigueur se faire >unei<Mi«ia^^ oa/o^^mradapfeée à la por*ée et à la. tournure de sonesprit,' à ses haMtudess à l'objet de sesinvestigationswjRWsil faut pcMafioe!» une certaine force intellectuelle dont le grand nombre est incap^x bkt^tcTout homme de génie»qui se^livre^ sokà l'étude généraèede kiuature pèiysiqueiet intellaetuelle, soit à rétnde spéciale de» quel*» quWne des^parties de cetunivers, sdfait une:mélliederqui hii tesfi pmpre, et à laquelle il doîii sesîsuecèsidansà» découverte délavé»
« C'est à cette troisième opépalUm que les logîciens^ o»t commanëinent restreint la déaomJBatitoa de métbode.
y(X PRINCIPES FONDÀMEHTÂITX
lité. Plein de reconnaissance pour le service que lui a rendu ce€ ipstrument, il veut en célébrer les mérites, ne pas le laisser périr entre ses mains, et le transmettre à ses successeurs. Telle est Tori gine du Noifum Organum de Bacon, et du Discours de la méthode 4e Descartes. C'est en se mettant à l'œuvre de la science que les g)rands hommes ont tu se former peu à peu leur méthode, et qu'ils ^ ont connu toute la valeur. Il ne faut pas croire qu'ils aient sptf- CUlé sur la méthode en général, avant d'aborder un objet spécial de recherches. C'est en parcourant le pays qu'ils en ont dressé la carte; de même que c'est en composant un poème qu'on se fait une poétique ^ > Dans la réalité, il n'y a donc que les hommes traxisoendants qui se frayent ainsi un chemin. Les résultats qu ik ob» tiennent constatent la bonté de leur méthode, et la font peu à peu adopter par les autres, comme une législation intellectuelle. . Il a donc été bon et utile de recueillir les leçons des grands t^ommes, pour les faire servir à diriger les autres.
La méthode de Descartes est celle qui a jeté le plus d'éclat dans le monde moderne; elle contient en germe toutes les conceptions de ce philosophe. Cependant, comme cet ouvrage est très-connu^ . et se trouve entre les mains de tout le monde, je puis me dispenser de le reproduire. Je me borne à donner ici une notice sur la tie de ce grand homme.
irOTIGE SUR DESGARTES \
René Descartes naquit à La Haye, petite ville de Touraine, le 3i mars iSpâ, dans la septième année du règne de H^iri IV. Cest le génie que la France oppose à l'Angleterre, si fière de Newton. D fut le premier géomètre, le premier métaphysicien, le premier physicien de son siècle.
La géométrie a fourni à Descartes celui de ses titres à une gloire immortelle qui a été le moins contesté, parce qu'il était en effet le plus incontestable. Les savants hollandais qui ont attaqué le plus vivement la doctrine de Descartes dans ses rapports avec la théologie, ont été forcés de lui rendre hommage sur ce point, et ces louanges ont été unanimes : effectivement il débuta dans cette sdence par la solution d'un problème qui avait arrêté tous les geotnètres anciens. L'algèbre prit entre ses mains des accroissements étonnants : il est le premier qui ait imaginé de l'appliquer à la geb-
' Gamîer, Œuvres philosophiques de Descartes.
• Celte notice est extraite de la Raison du christianisme y publiée par M. de Genoude. Je puiserai plus d*une fois encore dans cet excellent recueil.
DS PHILOflOVHIS CH&ÉTIEimE, ^3
même. Cette invention, au jugement d'habiles géomètres, suppose tm plus grand effort de génie que FinTention du calcul différentiel qui feit pourtant la prindpale gloire de Leibnitz et de Newton. C'est la clef des plus profondes recherchés non^seulement dans la géométrie sublime, mais dans toutes les sciences physico-mathématiques. A-t-on bien remarqué ce qu'a dit Descartes, toujours si modeste cependant : Nos neçeux ne trouveront jamais rien que je ne puisse aiH}ir troupe aussi bien qu*eux si j^ eusse pris la peine de le cher-* cher? Aurait-il donc pu trouver le calcul de l'infini, ou des infiniment petits s'il' avait continué de s'appliquer à la géométrie et de luivre ses principes? D'habiles' géomètres ont remarqué qu'il en avait clairement donné l'idée dans son problème général des tangentes. C'est aussi lui qui le premier, à l'aide de la dioptrique dont il est l'inventeur, a donné une explication satisfaisante de ce phénomène de la nature si singulier, et dont on n'avait pas encore pu asâgner la véritable cause, l'arc-en-cieL
' Pour la métaphysique, Descartes y a introduit la méthode des géomètres; et peut être l'application de cette méthode géométrique à la métaphysique n'est pas moins digne d'admiration et n'a pas été moins utile au genre humidn, que l'application de l'algèbre à la géométrie. H a donc ainsi éclairci la métaphysique, l'a posée sur une base immuable, et rendue plus accessible à des esprits or- ^oaaires. Par elle il a solidement prouvé l'existence de Dieu, la distinction de l'âme et du corps, l'immatérialité des esprits, la dépendance essentielle où est dans ses modifications la matière de l'impression du premier moteur, et par ce moyen il a facilité l'accord de la raison avec la foi.
Le troisième grand titre de Descartes à l'immortalité est la physique. Que de sublimes découvertes ! L'expérience du Puy-de-Dôme qui a fait tant d'honneur à Pascal appartient plutôt à Descartes qu'à Pascal. L'explication de ce fait est trop longue et trop connue pour la rapporter ici. Le sage et savant M. de Luc observe que Descartes est le premier qui ait pensé qu'on pouvait augmenter l'étendue dés variations du baromètre, et qu'il imagina dans cette vue une espèce de baromètre dont l'idée a donné naissance à tous ceux qui ont été inventés depuis, etc., etc. Son système du monde et ses tourbillons sont des erreurs sublimes : s'il s'est trompé sur les lois du mouvement, il a du moins deviné le premier qu'il devait y en avoir. Newton n'eût jamais fait faire à la physique les pas immenses que noiis admirons, si Descartes ne lui avait pas ouvert la voie : car, ainsi qiie Fa dit un de ses panégyristes : «On peut avoir été plus loin que Des-
^4 PEIlf OTl».gQgnU.«HMroAflgX t
pkifthau^maifto'esuen partant du point d-âéfatton oùilapovtéjca esprits ; ork peut) enfin laYolr combattu luifinéiiiea^eo succèfly mate c*eH< en se errant des armes qu'il a fournies^ «
O0 saibattsai que'Descavteaa exeeUé.dansrla mecaniqiiO'propiv^ment dite et que>cette soienee lui doit la découvtnrte 00 la.iiiodé»> ratioa. de son priaeipe fondamentaL On mgnorepaanonpluacpr'îl danaa un« temps. coAsidéFable à Tëtude.de Taiiatoiiiie^et qir'à lafian ▼■euDfde.&es profondes oonnatsuances dans cette paitiey>il a jeté sur le!niéoaniane>aoiiiial.denoa€orpsysuFi6rîgiiie et sur le j«u>doii0SJ passions^ de^ noutnellea et ipnuides Jumières. II. n est pasi jusqu à inniiiist<pie donlrâ n'ait d^couveit et pénétré de<bdnne kcureilea pnu> imens €ondemeuts.t JM pistit écria sur- cet :art,:.qui 'éehappa «dëiisa; plumeà l'âge de ying&ideuxaiis: et quiine){krtÂâmpri]iié qu'après- «ax moFt^ em founait la preuirei'
Descartes, qui avait pénétréph»7a9aBt quepeisMUHi'daBS fesawNi tiHÔreide la. «natoiEey sentait Atisst7nîeBx.que.persoime>toule!lajnftajeeté»de.aon aiMur. :
. Boasmet^xen parlant de son- respeet <filtal pour il^g^e^ dit : M^Dei^) cartes a to^'ounacramâ.d'etre Moté'pari'Egliseyet il jfmemûtpamn œimtkspréoattiéona qui aidaient Jiasqa'à reacisj
LaiTtîfeet unetSbiwir^xle-sain^'ThoinasiétakM^sealiTrM bnmrm^ ettil'lesi cite flounenit. avec compUsanoew Les^ikb»fc!Aal&>/ir'd«ioe pbUoaophe £arneronl toujours uaaépoipie mémorable donsxlliîsw toireidet la > religion; . II n'a pas fieulemenD fourni ponp le dognse' do l'oadstenne de.Dîeu. des preuves BonveHnatetd'mitpnD ioMfitîinaUe^ il a mieux développé encore et plus clakemant'fidtoonnaiire'qa'Qift ne^Jifa^aitÀtt ju8qu!alcnrs, la namee deTâme^ eten^démoaiErantaon inuHaiéftalîljéfanx.yenx; dotousJeaiiGninnft qnionrisonnenteiqui sont^cb&liometfoi^iil a détrd«ijiiaqa'à'lar{ra«âBale>niaitérialisme^ celte ecreuDlaiphifi cdangere«iae<et')apl^.iiiortcUeide4MMrt»k)
AL Amaiidi a été^mâmn jusqu'à dire,' à roeoMioïkdwliTre des» Mi* €iËAiftoii#i{toine^5.de(aesi Dîffijaidtés)à.&L.Siteyaert, pagetsoo), et-A l'a^vépété cinq ou sk% aaaapaèsrdana sa) ci^.' lettre è'Ji..DwiyaQoeij €p» Ôîeu av^t'SuaeitéDefiearbM pouvtafréterleaprogrèstdoil'i li§ioni.<^Qndoitregaitdegr^ dit41yi00annaun.e£iet;singidîeQDde'kiB »>mLBnoe.de.Dî)eu.ice qwa^éorkM. DescarteaauF'Jeisuget doinotM »ànie>poi»ai!réter la /pente effeoipdsle quetbeaueoupkdêipenaomie^ •'dans ces damîers'tenipsy .semblent avoir«à.llivéKginnet;aulihBVi» » tina^y paB un moyen |HX>portionné à leur «yspontion • Ce sont des »^n&:qiii ne .veulent reoevnîrque ee quKsepent^ccmnaitDr par la
PE^TBlXOSOyKIB CBRinnciiiis. ^;
> immèoeyde iz xaîséife, qni ont un «nti^»' eldignpmeiMr là» ooinnilnc«r '^^ «pas cnDire^àqui tom ceux qui. font -profeBsiom de piét^ sont su5»< »pect&deifatt>lesse d*esprit,.et qui se ferment toute entive àla rel»^ « gion par la prérentton. ou ils sont, et qui est en la phipast «nO' » suite de la.oarruption de leurs mœure^ que ce qu'on dit d'une au* »tre;TÎe neet qu'une fable, et que tout meurt ayec le eorps. H vfierable donc que ce qu'il j avait de plus important pour. lev«r le* «plus grandi obstacle au salut de tous ces gensJà^ et pour empêcher »qufi» cette txmtagian nâ. se répandît de plus en plus, était d^ les- «taroublertdasxs ce faux repos, qui n'esti appuyé que swp la.pérsoah «•ftknKOÙils.soitf qu'il j a de la faiblesae'd'esprit à croiveqwe •notre' » âme isuamt à noter, coips. Or, Dieu, quii se- sert comme il lui plaât »4ie âes crea^ones^ et qui cache> paor là' les adnôrables «effet» de sa- >pfovîdenoe, pouirait^l mieux^leurcaueercetrouUe,- si pi^oppe à » les faire rentrer en eux-mêmes, qu'en suscitant un homme qui- » avait toutes les» qualités, que €es sortes: «le gens' pouvaient désirer »pou£ rabatfire leur présomption! et les forcer au* moins* d'entrer
* dans de justes- définajces* de leurs prétendues lunnères^ ime gran-^ » deiir d'esprit tout à iaib extraoïidinaîre dans* les seiences les • plus »abstraite% tme)applîcation.à la .seule philosophie, ee qui «eleur *est point suspect ; une profession oanerte^de' se<lépouiller'i4e'tou8' »leff préjugés communs^ oeiquî est £nrt de^ leur^goût, et* qui'par là «mime ta trouré moyen, de conyaincre les :plufr incrédules^ pourw » q[u'ils ireuiUait.seuiement onfrrir les yeux à la lumière qu'on leur* vprésentej! qu'il a'y a jrieudeiplusi contraire à ki raison que < de vou^
* loir que la dissolution de notre corps, qui n'est autre chose» quelle v- dérangement -de quelquesr: parties de i la .matière qui < le> compose, 3»6cât.ïextiaGiLoiideinatretàme?'£t comment a->tîl troffv« cela?Ëw v^étatiissaiit par des priacipesi cfeiiDS et» uniqormenti fondés* suri» 9 3iatîoii naturelle dfû^nt' tout homme de boni sens doit convenir,, que «l'âme et le corps, c'est-à-dire ce qui pense et ce qui est létenduj. » sont deux substaaees totalement distinctes, de sorte qu onue^sau- »rait conoeroir ni que l'étendue :SQib une modification de.la;sidD-« «stanuoe qui 'pense^ ni que la pensée soit' une modification de'la «ftidislanGe étendu0<.Celaseul étant biem prouvé (eo«maieil Test très*" » bien dans les méditations de M, Descartes)y il . n 7 a point de ; li- «bertin^quii ait'resf»it justc^ qui puisse 'demeurer pessuadéqueino» » ioBes 'meurent avec nos oorps^» (Lettre* <3i^)
Ces iméditatiooQ si'étaientipjis seulement pounDescartes. desispëculatknKs.sèches et purementmétaph^siques : elles étaient des me* ditatkxosL proprémientidites^ dans toute la rigueur dakngago-eedé*
yS PRINCIPES YONOAHENTAITX
siastique, c est-à-dire quelles aboutissaient en lui aux actes les plus profonds d'admiration, d'adoration, d'amour de la Divinité. La manière dont il termine sa troisième méditation sur l'existence de Dieu est tout ascétique et inspirée par la tendre piété, et il semble retremper son génie dans ce recueillement de là religion»
Dans cette troisième méditation, ce grand philosophe ayertit qu^il ne pousse pas plus loin dans le moment ses recherches sur Dieii, ainsi que les conséquences qu'on doit tirer de ses recherches, et qu'il s'arrête : mais pourquoi s'arrête-t-il? « Il me semble très-à* • propos, dit--il, de m'arrèter quelque temps à la contemplation de 9 ce Dieu tout parfait, de peser tout à loisir ses m^rreilleux attri- 9 buts, de considérer, d'admirer, d'adorer l'incomparable beauté de «cette immense lumière au moins autant que la force de mon es- 'prit, qui en demeure en quelque sorte ébloui, me le pourra per- » mettre. »
n ajoute aussitôt : « Comme la foi nous apprend que la souve- » raine félicité de l'autre vie ne consiste que dans cette contempla- » tion de la majesté divine, ainsi expérimentons-nous, dès à présent, «qu'une semblable méditation, quoique incomparablement moins » parfaite, nous fait jouir du plus grand contentement que nous > soyons capables de ressentir en cette vie. »
Yoilà donc Descartes qui nous enseigne et qui reconnaît, d'après sa propre expérience;, que c est dans la contemplation de Dieu qu'on goûte la plus douce satisfaction dont on puisse jouir sur la . terre, ou, en d'autres termes, que consiste le souverain bien de cette vie.
Apparemment ce trait et d'autres semblables, semés dans les écrits de Descartes, avaient firappé Thomas, auteur de son Eloge; c'est d'après l'impression qu'ils avaient fiadte sur son âme qu'est tombé de sa plume ce morceau qui honore également son esprit et sa religion.
« Celui qui, à l'exemple de Descartes, est sans cesse occupé à «méditer sur l'éternité, sur le temps, sur l'espace, ne doit-il pas con- » tracter comme Descartes une habitude de grandeur qui de son es- » prit passe à^ son âme ? Celui qui mesure la distance des astres et «voit Dieu au delà, celui qui se transporte dans le soleil ou dans «Saturne poiu* y voir l'espace qu'occupe la terre, et qui cherche « alors vainement ce point égaré comme un grain de sableà travers les «mondes, reviendra-t-il sur ce grain de poussière pour y flatter, pour «y ramper, pour y disputer ou quelques honneurs ou quelques ri- «chesses? Non, il vit avec Dieu et avec la nature, il abandonne aux
DB PBXLOSOPHIS GBBBTIBRNE. ^J
» hommes les objets de leurs passions et poursuit le cours de ses «pensées qui suivent le cours de l'univers ; il s'applicjue à mettre » dans son âme Tordre qu'il contemple, ou plutôt son âme se monte » Insensiblement au ton de cette grande harmonie. Plein de respect «comme Newton pour la Divinité, comme lui fidèle à la religion, 3* Descartes aime à s'occuper dans la retraite, et avec ses amis, de y l'idée de Dieu. Malheur à celui qui ne trouverait pas dans cette )> idée si grande et si consolante les plus doux moments de sa vie ! »
Pour prix de ses religieux sentiments. Descartes eut la gloire de préparer une des conversions qui ont eule plus d'éclat : la reine Christine a témoigné qu^il açait beaucoup contribué à sa conversion et qiCil lui en avait donné les premières lumières.
Quant à ce qui concerne la vie privée de ce grand homme, nous citerons seulement Glerselier dans ses Lettres sur Descartes, « On »ne vit jamais un homme plus simple, plus humble, plus sincère, « mais surtout plus humain que lui. Dans la médiocrité de sa for- » tune et dans une retraite aussi éloignée que celle où il vécut, il se » chargea du soin et de l'entretien de sa nourrice, pour la subsis- » tancé de laquelle j'ai vu dans ses lettres plusieurs ordres donnés à )» celui qui avait le soin de ses affaires. » Au milieu des richesses et des honneurs qui se pressaient autour de lui, il sut conserver une simplicité noble, aurea mediocritas, Louis XIII lui offrit ses fa* veurs. Charles F' voulut le fixer en Angleterre par les offres les plus avantageuses : la princesse Palatine, fille du roi de Bohême, (ut le plus zélé de ses disciples, mais il ne quitta les douceurs de la so- . litude que sur les instances les plus pressantes de la reine de Suède. Cette princesse recevait ses leçons avec autant d'en^ressement que de docilité : elle lui prodigua des marques d'estime et de confiance pendant sa vie, et il ne tint pas à elle qu'il n'eût sa sépulture parmi les tombeaux des rois, et que ses cendres ne reposassent dans un niiausolée superbe. Ce grand philosophe mourut à Stockholm le 1 1 février i558 : ses dernières paroles furent une humble prière.
La maladie de Descartes, qui fut d'abord très-violente, lui laissa peu de liberté d'esprit ; mais dans le transport où le jetait l'ardeur de la fiè^vre, on découvrait combien profondément de saintes pensées étaient gravées dans son esprit, car il ne s'entretenait avec luimême que de la prochaine déUvrance de son âme. On lui entendait dire souvent : Allons^ mon âme^ il y a longtemps que tu es captive; voici r heure où tu dois sortir de prison : il Jaut souffrir la séparation du corps avec courage et avec joie, {PréJ,y t. i .) Le huitième jour de sa maladie, il eut assez^ de présence d'esprit pour corn-
;^preiidr«4e dattgerxddfflon étaU «» JeTCvois^ldkakHlà M^Cfannut^ am-
•vbaâsadeurtiief'raiiee^ querle souverain >arbife!r6 de 1» vie et «le la
fiinort a f>einiiis.qtt6 moike^nukiait 6té<si longtempsenureloppé^de
9 ténèbres -pour.aivéler iiiesraôioiiflHBiiieDlSyquLpeul>é^
« pas'été asAez^oonfoDiiwsàla volontérqu'il a'témoigiiee de-disponer
9 de ma vie. » Il conelufc «{ue «puisque. Dieu .lui. rendait Tusoge. U-
9 bre de la raison, il lui pesmetlait par oonséquent. de suivre ce
^ qu elle lui dictait^ pourvu qu il^ s'&bsthit de meukxir pénétrer tsop
9 curieusement dans ses déorefla ^'de se livneo à auminer inquiétude
» sur révéoement. ». Il se fit jdonc«aai|pa': dei^on pBopre/momre-
meol:, \ee vqu il avait «Dujouss^re&iaé jusqii «kns. Qocîycs*mqmeMits
après, M. Chanut éjUmt>eotrédans^aA€hainhre,fiessai«csâfc\toinber
. la ooaversaidonsur la Biort,.'et^ persuadé de-pina en plus )àe l'ûiuti-
iité dea remèdes,» ildenuLtida le directeurde sa txmseÛBBoe,^ )pcia
qu'onoie rentrdtînt<{du&que deilanibéricoiidit d6Bdeu,ietduoou-
rageavec lequel.iifdemait saujEËrir la .saparatÎDa ide «ml àrae. ilac-
lendrii^et iédifia par ks;TéAe3cîotts qu'il fit sur soir :étHt et sur^ celui
de Tautre' vîe^ toute ia>fi3iBÛlle de.ranibassadenr sassemblée autour
.desonlit. LailutttfnivattCeileBiretkitieileore Fauihassadenr de senti-
:;Bi0ntS}deire}igi<m^ ;el;luif maïqua en termes; egaleroent généreux.* et
'ftouobanliaiaidispoâitiMi m iléiaitdemoarârp(Hiriobéir>à^Dieu{y et le
• sacrifice !qu>il lui bflrât /en eacpîatiwn -de aes^ifautesiJlunsilaaaiiiée
^du;'l)eiidemai%(On*viMba!v«itinM. €lhaiiut:jque le mabideitparaÎBSsât
.:toucbttr.à>fia<deinièr^hjaurejM:iQhuraifeai»oursAav«oiSftÊ^^
-ruoneyÏBles'deRiiaresjg^irolca de^oon acmi^t»ais:ii me pariait déjà
.fAus^'JLe oon^sseur >qnal «vmt: inutifement tdomandé^' jasqu^'akirs,
fforce iqujil^éttiaialftsetttide StoeUwolm^ ssviva 'dans'4e7niosi6nt,. et
'wpaM>bien jqueieimalade n^écait >p(nnten'élaa>d#i6Âr0«aie^
iaiottfdebouQbey il£cT8sso«reiHi^ rasatriiblée^qu'iHiPtttWMflîilous
jAas^«vobs^«l'«»<riirétieti fidèle daus^ le prenwer ^r^de'Sfl'maladîe
'ietiun}nioîB'aupai«i«aiic,curilVappmelMàitréguUèraine^ ées'saere-
inmts;: QÊ&fmÊt'^emsmiÊte^veemnlAre 'auK' yeu3rdu>'«alâde et aux
JttOttvitiiicMs^de «arj|ét« qu^il 'eemervsér^ueemfdesâuicej #4e pria
'idetténoig»er'pav<que^nu signes ^il ^meniMvtaBitefre^ et sTil ro^Mt
•«ecevoir.de lui latbvnière bàwédiutÛNi. AKisiiift6r^ wahede^levaies
-jreu» v«f s^ie^eiel idjune nuantire' qiiÉJteiii«iia'teui»-4e8»4B»$kfeatt^ ^ 4jài
janmonoait^uu fp^ù/lmt» «érigtrtitioiy 1 4a "^dhMMé'dé^Divuii VaiMbaa-
vsadew^ qur eMeiidaic464Bngug6^das^'ye«e^istqui'péliétra&^
dans le ^nd d«aott^eae«ry dk%à KaasemM^^que^son^Enur retfmt
■HMmteM deila ^e,.SBri^itides'Jiunimes^\pi<«iPdet9ddfiaRCé^i^
-mÛNnkwcdei id« JDieuv et :«iot imipMisé jdlM^T <i^£ari'à' ^déecm^^HMtt
de posèédeclsL Tém6qu!ilt«?aû» recherchée toute -sa vie^Xa: bénédiction doB]iée,«^ottle l'aflâeinbiée seaiit à ^emanx pour faire les prièEesdesagomMintfiyetâ'unir à celles ^ue le prêtre alhut adresser à Dieu pour la recommandation da son âme, au nom de TEglise et des fidèles répandus dans tout TuiHYerâ. Elles» étaient pas achevées quand Descartes rendit le dernier soupir, .dans une tranquillité digne de rinnocence de sa. vie.
Toutes ces circonstances de la mort de Descartes si édifiantes sont en même temps indubitables ; elles ont été recueillies par di- ^rers témoins oculaires, dont les relations ont été rassemblées par M. Baillet, historien de sa yie.
L'hotmeorde la France ne- permettait pas que les cendres du
plus grand homme de génie qrfelle eût jamais porté dans son sein,
reposassent dans une terre étrangère. Elles furent transférées de
HStockbohn et déposées htcc. une grande pompe dans l'église de
5aiMte-GetteTiève, dix-huit ans après sa mort.
On inscrivit sur son tombeau l'épitaphe suirante :
-'ïîf ïAîmowii. struBS MBatrir ' iti' B^fAviA nsnioserraus dblitot
' IW S1ÏBOIA 'V«ICATVS fTCCtlBlïîT.
'TJOfTt ▼ïai nonriOSAS BBIitQITXjLS «ÂSAAAK^M 'PBa<CELBBRiS TtmO XBGATtJS^ PETRtTS CHAlVtJT
cmaafnsujE^'êAPi'ÊifUffèsrjUM ai^m^, sAPBSNTnrM AWicTRict
«mBKltB^ NON POTOÎT, lïBC TENmCARB VATRTJE -^SBiy QtriBtJS XÏCtnT CtmVtATlS SONOStBtrS ^ VERBGRtN^C: TBBBX ' T«ANDrrVlT INTlTtJS , ' ANNO "toOMlNt* f65o, ItflTNSB 'FEBlCirAHIO* : STxné^^i "tXHfVKX' KJSr^SBlTBMlET ÏTBCBM ANNOS IN GR ATtJTM CHRtSTÏANiSSÎMI KBGIS
1 rtmovicri^Bcnii QtJARTi
^ VlKOïCtrMlNStGïntîMr CtJWOHIS BT- RBMtmEWLTÔRIS PROCrRANTB P^TRO bUliBERT KCFtrLOORr MO £T AHirCO TIOLATORB PATKrjE REDDltiE StTNT, "BT'IN ISW^tmMS^ÏT AKMtTM CUtMlNfi VOSttB^
8o PRINCIPES FONDAMENTAUX