‹ Cours de philosophie chrétienne (volume 2)Chapitre 24 sur 41 · DE LA. CERTITUDE · texte numérisé non relu

DE LA. CERTITUDE

Tout le travail de notre raison tend à saisir la yérité, parce qu'elle est faite pour cela, comme nos yeux sont faits pour perceroir les objets à l'aide de la lumière. Il n*y aurait donc nulle difficulté si lentendement humain ne jugeait que dune manière conforme à la réalité externe, s*il était infaillible; mais il est reconnu qu'il peut se tromper, et qu'il se trompe souvent, c'est-à-dire qu'il affirme quand il faudrait nier, et qu'il nie quand il faudrait affirmer. Tout jugement n'est donc pas vrai.

Pour échapper au danger de se tromper, deux moyens se présentent, qui ont été tour à tour préconisée parla philosophie : le premier consiste à ne jamais affirmer, ou à n'affirmer que dans Tordre de nos idées, et non dans l'ordre des chosfô qu'elles rèprésenlent : ce système a reçu le nom de scepticisme '. L'autre moyen, auquel s'est ralliée la majorité des hommes sages, consiste à n'affirmer que dans certains cas, et après un examen suffisant pour s'assurer qu'on ne se trompe pas : c'est ce qu'on nomme la certitude. Cependant, ces mêmes hommes conviennent qu'on peut et qu'on doit souvent juger et agir d'après des raisons moins absolues : c'est ce qu'on appelle la VRAISEMBLANCE.

Nous avons déjà vu combien les philosophes se sont divisés sur la question de Torigine de nos connaissances. Une division non moins grande. a régné entre eux, avec des nuances diverses, sur le droit que la raison humaine possède d'affirmer et de nier ; en sorte qu'ion peut dire à cet égard ce que Gondillac dit de la philosophie en général : « Les hommes se sont trompés en tant de façons, qu'on serait tenté de croire qu'il ne reste plus de nouveau chemin pour s'égarer. La philosophie est un océan, et les philosophes ne sont

' Du mot grec a%sirrc{xai, qui signifie examiner, contempler, délibérer.

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que des pilotes dont les naufrages nous font connaître les écueils que nous devons éviter ^ »

Pour traiter ce sujet avec Tiuiportance qu'il mérite, je parlerai d'abord du scepticisme, ensuite de la certitude, et enfin de la vraisemblance.

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