I. Philosophie primitive
Quoique le nom de philosophie soit d'origine grecque, elle exista cependant chez d'autres peuples avant de s'installer dans la Grèce. «Platon et Arîstôte ont fait naître la philosophie de l'admiration. D'autres ont assigné son origine à la curiosité^ au besoin de la vérité, au sentiment que la raison a de sa propre dignité, au charme qu'a pour elle l'exercice de son activité, à la tendance de l'esprit humain vers l'infini, à la recherche du premier principe de toutes choses, à celle du premier fondement des connaissances, au désir d'atteindre à l'unité systématique. Adam Schmit l'a placée dans la surprise et dans' le besoin qu'a l'imagination de lier entre eux les phénomènes, et de combler les vides qui les séparent. Tous ces aperçus ont une certaine justesse; car plusieurs causes et plusieurs circonstances ont successivement concouru à faire naître la philosophie^ »
Quoi qu'il en soit de ces conjecture^, disons qu'il y a deux ma • nières d'envisager l'origine de la philosophie, comme il y a deux manières d'envisager l'origine de la sociabilité. Les uns veulent que l'état sauvage, ou, ce qui est pis encore, Vétat de nature ait été
• Histoire comparée^ T* part., ch. U
* Id,y ibid,^ cb. 3.
5i(»4 nilfOlfSft POU DAUniTADX
l*ëtat primovdial de Thuiaftiiit^ lU expliquant donc comme ite pseiv- ▼ent, par de doctes raisonnements, oeHune quoi Thomnie, rédiiit à' IVtat de la brute, a crée les idées, le langage, la société, les croyances, la philosophie, et ils prennent pour terme de «draparaison^ à déiaut de l'état de nature^ qui ne se trcHive nulle pact, celui des Caraïbes^ des Patagons, des Nègres et des Hottentots.
Les autres, et nous nous glorifions d être de ce nombre, trourent des données plus certaines et plus philosophiques dans Tlgrpotbèse contraire, qui considère Tétat sauvage comme une dé^ néradon de la perfection antérieure. Outre le raisonnement, ils ont en leur fayeur la phis ancienne et la plus authentique histoire d* monde, celle de la Bible. Or, ces derniers voient lerigine ie la philosophie dans Adam lui-même et dans les patriarches, d oà eUe s'est répandue en Ghaldée et en Egypte. Plus lard,, die passa de la Ghaldée dans les Indes, et de TËgypte dans la Grèce, par Tintermédiaire de Thaïes et de Pythagore.
Je trouve sur ces origines, naturellement obscures, un chapitre fort curieux dans le Traité de ropinion. Il passe en revue la philosophie des patriarches, des Egyptiens, des Chaldéens, des Perses, des Indiens, des Chinois, des Lybiens et des Druides. On lira avec intérêt ce chapitre que je vais reproduire. ,
On ne peut douter que la philosophie nait commencé avec le monde. Adam eut une philosophie infuse : et par les noms qu*il donna aux animaux et aux plantes, il montra la connaissance quil avait de leurs propriétés. Il semble que Platon ei\t appris de la sainte Ecriture combien le premier homme excellait dans la science de ta nature, lorsqu'il dit que les noms primitifs exprimaient les vertus des choses^ et qu'ils avaient été inspires de Dieu même '.
La philosophie, en naissant, fut dans un état bien plus parfait qu'elle n*a pu être rétablie depuis. La métaphysique d'Adam était inc^omparable : sorti des mains du Gréateur, il avait puisé à la source même les notions des substances spirituelles, et il avait reçu immédiatement de Dieu les préceptes de sa morale. Le péché originel répandit bientôt d'épaisses ténèbres dans l'esprit humain.
Les patriarches, en conservant la saine tradition, transmirenf ï un peuple choisi de Dieu quelques principes de cette philosophie émanée du Giel ; et en écartant toutes les fables de Fantiquité, on peut se persuader avec beaucoup de vraisemblance que la philoso' phie a commencé par les patriarches. Un passage de Bérose porte
• Plat, f M CraifL .
DEr BHILOSOPHIE GHBBTIBIIVB. SoS
qu'à la ebxiènie génération, après le déluge, il jr at^ait^ chez les ChaldéenSj un honime juste et versé dans l'astronomie. L'historien Josèphe ', qui dte ce passage de Bérose, en fait lappUcation à Abraham, qui était le dixième descendant de Noë.
Les Chaldéens et ensuite les Egyptiens apprirent Fastronomie d* Abraham, suivant les témoignages d*£upolème, d'Alexandre Polyhistor et.d*Artapan, auteurs très^anciens» cités par Eusèbe '^. Josèphe ^ dit qu' Abraham^ dans le voyage qu'il fit en Egypte, enseigna Tarithmétique et lastronomie aux Egyptiens, qui n'avaient aucune notion des sciences avant l'arrivée d'Abraham; que ce fut par lui qu'elles furent transmises de Chaldée en Egypte,, d'où elles passèrent ensuite chez les Grecs : etsaint Augustin observe^ que la philosophie, beaucot^ plus ancienne chez les Egyptiens que chez les Grecs, n'avait commencé en Egypte qu'an temps des patriarches Abraham, Isaac et Jacob.
Abraham étant parti de la ville d'Ur en Chaldée % avait porté ses connaissances dans la terre de Ghanaan, et entre autres peufJes de ces contrées, chez les Phéniciens. Ainsi l'histoire de ce seul patriarche semble concilier les disputes de ces trois nations, la chaidéenne, la phénicienne et l'égyptienne^ sur la gloire d'avoir donné la naissance à la philosophie.
. La Providence diTine ayant rendu Joseph tout -puissant en Egypte, ce patriarche et ses frères renouvelèrent et étendirent les connaissances portées en ce pays par Abraham. L'historien Josèphe mpporte formellement que ce fut Joseph le patriarche qui apprit la gj^ométrie aux Egyptiens. Il n'y a aucun doute que Moïse ne joignît aux autres dons du Ciel une connaissance très-étendue de la nature ^, et lorsqu'il est dit qu'il fut élevé dans les sciences des Egyptiens, cette science ne peut- s'entendre de leurs iUosions et de leur magie, qu'il confondit dans la suite avec éclat : il est donc yraisendblable qu'il fut instruit de ce& disciplines et de «sette philosophie qui tiraient leur origine de sa natîoii, et c^i avaient passé en Egypte, en premier lieu avec Abraham, et depuis avec Joseph et seft frèses*
Nous lisons dans TEcriture sainte que Salomon traita de toutes
* Jos., Àniiq,y liT. I, ch. vu.
* Eiiseb.^ltb. n, Praep., c. xvn et.xvill. ' Joseph .^.Ub. I jtntiq^rC' 'V^H.
* I>c (Uvii* Z>ei,4ib. XVIU* c..xX/XJ«fe ' OçBÇti, c. II.
* A et. apost-i c VII» V. 2a.
5o6 PEINCIPE8 FOHDAMEIITÀUX
les plantes, depuis le cèdre jusqu'à Thysope. Les prophètes et les autres docteurs des Juifs négligèrent dans la suite 1 étude de la philosophie : et les livres mêmes de Salomon, qui contenaient la physique k plus utile et la plus curieuse, furent br&lés par Ezéchias, de peur qu ils ne détournassent le peuple de son attention à la sainte Ecriture.
L'indifférence des Hébreux ' pour la philosophie donna lieu à plusieurs anciens peuples de s*en attribuer l'origine et l'inTenûon.' Les Egyptiens se piquaient d'avoir transmis toutes les disciplines aux autres peuples. Ils se donnaient pour les pères du genre humain et pour les auteurs de toutes les sciences, disant que le monde n'avait rien de bon dont l'origine ne dftt être rapportée à l'Egypte. Mais ce qu'ils racontaient d'eux-mêmes a l'air si fabuleux, et leurs prétentions étaient enveloppées de si épaisses ténèbres, qu'on ne peut se laisser persuader, en se rapportant à leur propre témoignage. Ils attribuaient l'origine de leur philosophie à Isis, Osiris, Yulcain, Mercure et Hercule \ Ils disaient que Yulcain, fils de Nilus, avait enseigné les sciences dans l'Egypte, quarante-huit mille huit cent soixante-trois ans avant le règne d'Alexandre, qui a détruit la monarchie des Perses ^.
Ils ont débité un grand nombre de fables sur leurs deux Mercures, dont le premier fut nommé Thot, et le second eut le surnom de Trismégiste. Quelques ouvrages de Mercure Trismégiste avaient été conservés jusqu'à saint Augustin, qui en cite des passages \ Ce Père de l'Eglise ajoute qu'Atlas, frère de Prométhée, fut contemporain de Moïse; qu'Atlas était l'aïeul maternel^ de l'ancien Mercure, dont le petit-fils a été Mercure Trismégiste '.
Selon quelques chronologistes modernes^ les deux Mercures sont beaucoup plus anciens. Le premier est placé peu de temps après le déluge, et le second était contemporain d'Abraham.
Il est impossible de concilier ce que les auteurs ont dit de Mercure Trismégiste. Quelques-uns ont écrit qu'il a régné en Egypte,
* Dans des temps plus 'récents, les Juifs ont poussé leur ayersioa pour les sciences Jusqu'à maudire également celui qui nourrissait des porcs et celui qui apprenait les lettres grecques. {Biblioth. Rahbinic.^ t. 1, p. 2.)
s Diod. Sic, lib. 1.
* Sotion. ap. Diog. Laërt., in Proœm.
* De CUit. Dei, lib. Vlll, c. xxiii.
' Mcrcuri. facunde nepos Atlantis. (Hor.)
* Eo quippe tempore, quo Moïses mortuus est, fuisse reperitnr Atlas ille magnus astrologus, Promethei frater, maternas avus Mercurii majori^, cujns nepos fuit Trismegistus iste Mercurius. (S. Aug., de Civii. Deîy lib. XVUI»
c. XXXIX. )
DE PHILOSOPHIE CHUBTIERHE. SoJ
et qu il est le même que Siphoas, surnommé fils de Yulcain, et qui a été fils et successeur de Mœris. Suivant le fragment de Sanchoniaton conservé dans Eusèbe, Mercure Trismégiste a été secrétaire de CronoSy fils cCOuranos et de Gué; c'est-à-dire qu'il a été se* crétaire du TempSyJils du Ciel et de la Terre. Diodore de Sicile dit qu'il fut secrétaire d'Etat d'Osiris'. Si l'on en croit les chrétiens orientaux, il est la même personne qu Hénoc^, et ils attribuaient son surnom de Trismégiste à ses trois noms d'Hénoc, d'Edris et d'Hermès, ou à ses trois qualités de roi, de prophète et de philosophe '\ Le P. Kircher ^ pense, après Suidas, que le second Mercure a été surnommé Trismégiste, ou trois fois très-grand, parce qu'il a eu une connaissance, au moins obscure et imparfaite, du mystère de la Trinité.
M. Fourmont prend ce personnage célèbre pour Eliézer, serviteur d'Abraham. On trouve presqu'autant de sentiments différents sur Mercure Trismégiste, qu'il y a d'auteurs qui en ont parlé.
Une ancienne tradition, attestée par Hérodote ^, porte que la géométrie a été inventée par les Egyptiens, pour reconnaître les Mmites de leurs terres, après les inondations du Nil. Les philosophes égyptiens distinguaient quatre éléments : on croit qu'ils expliquaient les causes physiques des éclipses, et qu'ils avaient connaissance du système astronomique suivant lequel la terre tourne autour du soleil. Ils soutenaient l'immortalité de l'âme et la métempsycose : ils adoraient le soleil sous le nom d'Osiris, et la lune sous le nom d'Isis.
Les Grecs étaient persuadés^ que le voyage d'Egypte, et les conférences avec les prêtres égyptiens, étaient les meilleures préparations qu'on pût apport^ à l'étude de la philosophie. Solon voyagea en Egypte pour entendre leurs leçons. Thaïes fit le même voyage pour conférer avec eux ^. Il conseilla à Pythagore de suivre cette route^ et Pythagore ne borna pas ses voyages à l'Egypte ; il pénétra jusque dans les Indes ^ pour entendre les Gymnosophistes. Démocrite et Platon ® allèrent aussi s'instruire en Egypte, eu sorte
* Diod. sic, lib. I, part. 1.
* Btblioth. orient.^ art. Edrh et Hermès*
* Suid.y in lOC' Ëppb^c*
« Kirch., //i OEdt'p. MgypP'9 class. 12, c. m; et in Oàei. Pamphii-t lib. V, c. Ut.
* Herodot», Eu ter p,
* Plat.» in Crit, et in Tim. Plutarch., de Isid. et Osir» ' Dio^. Laërt.» in Thaï
* Janiblich., in Pythag*
* Diog. Laiîrt., in Demoer* et in Plat.
Soft SAimirsa vcmBàMxgnkmL.
q»oa ne peot refhaer aux sa^snts égyptiens 'la gMre devoir foimé' le» plus illiutrea philoiopheft de la Grèce. Les prêtres- égyptiens tombèrent depuis dans rignorance, et Strabon rapporte ^ qu'étant en Egyptei on ne put lui montrer auam prêtre Tersé dans ces dis* cîplines dont les aBciens Egyptîeiift étaient instmits^ et que toutes les connaissances de ces gens-là se bornaient à quelques cérémo* nies de leur fidigion.
L'histoire des Attyrieus n*est pas moins ténébreuse que celle d'Egyptdy sur la connaissance de la philosophie. Parmi les peuples qui composaient le puissant royaume d'Assyrie, les Chaldéens étaient regardés comme un peu^ de sages ^y auxquels la phile- Sophie était héréditaire. Cicéron les appelle les plus anciens sa* yants du monde \ Ils excellaient principalement dans lobserration' des astres» Habitaots d'une contrée qui fut la première patrie du genre humain depuis le déluge, ils avaient conservé vraisemblftblement des traces moins akérées de la science des patriarches, que les autrea peuples transplantés.
Aristote prétendait que les mages persans remportaient, par l'ancienneté, sur les savants de toutes les autres nations ^ Les msges admettaient deux principes: Oromase, auteur du bien, et Arimanios^ auteur. dumaL Ils reconnaissaient aussi vm Dieu médiateur, vf^ pelé Mithma^.. Us étaient persuadés qu'il y aurait une oppositi<Mi éternelle entre ces deux principes, jusqu'à la fin du monde ; qu alors le bon aurait le dessus sur le mauvais, et qu'après cela dutcun deux aurait son monde séparé en propre, savoir le bon principe son monde, et tous les gens de bien avec Iw ; et le-mauvaâs aussi son monde, et tous les méchants avec lui. Us croyaient que la lumière était le véritable syndiole du bon principe, et les ténèbres du nuNK vaisf et c'est pour cela qu'ils adoraient toujours le premier devant lefeu^ et particulièranent devant le^ soleil, comme étant la plus pure lumière. Ib entteienaîeRt religieusement un feu perpétnel et saoré ', Us enseignaient k résurrection, ils défendaient de bàlîr
* Strab,, lib. XVII.
* Diod. Sic, iih. II.
* ijt 8iig^c8«e des Egyptiens est célébra, aiéfiie dan» Is sainte Berttnre. L*idéf que nous pouvons nous former de cette sa|(esse compccml leur astronomie, Unr ffiémétrie^Umn caraetèies lilétoglypbtqvsSf Icots arts^ et saitovt lenr police, leurs loi*, leur gouTernemcnt.
* Sunti|ue Chaldei aiiSii|al8sianim4«ctBraia«geniis#(Ctar., de Drrimmi.t tib. I.)
* Aristot., ap. Dio|;. Laërt., in Prœtm.
* Plutarch., de Isid»
' Theopomp., ap. Diog. Laërt., in Prbetm. Hifodat dfo.
DBjniMttanuB oicmiBiiifB. 6*9
ilctf te»pla»( aux €li«ui(, et de les représenter ^jpttt ées inmges. Hëro* dote «n rend oetle-ralsoo^ qu ik ne croyûent pas, comme les Grecs, jçfàe lesidîeux fuMent de la même nature que les hommes* ils joignaient line yie.auftlère à.leurs préceptes : ils étaient yéius de Uane, leottchaient sur la dure, et. se nourrissaient de légumes et de fromage« Prideau^' pcétend que lorigine et Vétymologie du i)om de 4nage vient de rimposteur ânerdis, qui s empara, du royaume de Persç, en passant pour Smerdia,. fils de Cyrus, et qui fut assassiné après avoir été neconnu par une de ses femmes, au dé&ut de ses oreilles, qui lui avaient été coupées* pour quelque crime ; que, dans la langue qui était aloiB en usage dans la Perse, le nom de mage signifiait un homme qui a les oreilles coupées, et que ce nom fut donné depuis aux docteurs et aux philosophes, du nombre desquels était rimposteur.
Zoroascre a été le chef des .mages: : il a passé ehecr qudques«mis ^ pour l'inventeur de lu magie et de Taslrologie. 2^cmstre a été confondu avec Noéj avec Mioraïm, avec Abraham^, On la ftiit disciple d*£lie, d£lisée, des Réchabites. Huet prétend; que Zoroastre n'est autre que Moise. U ne ae peut rien de plus frivole que tout ce qui a été diébité touchant ce merveâlleux. personnage. On raconte qu'il vivait dans le£eu«ilajété lauteur de ramneme religion des Perses^ dont le culte extérieur se.rgpportaitià.cet.«lément. Il vivait, selon Xaotbus le: Lydien ^, ^x^oents ans avant Texpédidon de Xencès en Grèce ; suivant Plularque et Suidas ^, cinq.centa ans avant la guerre de Troie. ; selonllermippua et Hennodore le Piiitonieten^, cinq-mille ane avant la prise de Troie; selon Ëudoxe et Aristote^, six mille ans avant Platcm* Grégoire de Tours prétend, que Zoroastre est le toèine que Charo, fils de Noé ^, et il observe que le nom de Zoroastre signifie étoile vivante. M. Tabbé Banier croit que Zoroastre est le même que Mesrami, Jils de Cbani^* Jusltn^ au commencement de son abrégé de Tr4;igue.P.oflapée, rapporte. qtie. Zoroastre était roi de la Bacuiane^ et ipiil fut tué dans une bitttttte> contre Ninus, roi des. Assyriens. Suivant Cédcène, Zoroaatre prédît qu'il aérait tué
^ .iT/sr. A#'/a//j, part. 1, IW. Ul, [Wg. 318.
* Apa\étnQmme{2Air^Mtfo^mmi4éi$fnita90ani a^ Vlorld., J, 41.)
* Biblioth. orient, art. Zerdascht. Huet, Démonst,, prop. i, g. t. ^ Ap. Diog. Laèrt., in Proœm-
" Plutarch., delsid. Suid., in voc, Zcùp.
* Hermipp., ap. Pliu., lib. XXX, c. i.
' £u(iox. et Aristot., ap. PIiBm /otf.^^/^*
* Greg. TuroD., lib. I, c. v.
* Exptic. hist. desfabl.^ entrer. 4.
5lO PRINGIFB8 FOKOÂMBirTÂUZ
d*tm coup de tonnerre. Plusieurs auteurs tiennent qu'il y a eu deux Zoroastres, à six cents ans de distance; que le premier vivait vers Tan du monde apoo, et le second entre le commencement du règne de Cyrus et la fin de celui de Darius, fils d'Hystaspe.
Prideaux est d*un sentiment fort opposé à tous ces auteurs '. Il avance qu il n'y a eu qu'un Zoroastre, et il le place sous Darius I^', fils d'Hystaspe. Il lui donne ime origine juive, et le fait domestique du prophète Daniel. Il entre dans un grand détail de la conformité de sa doctrine avec la loi de Moïse. Thomas Hyde ^, professeur en hébreu et en arabe à Oxfort, qui entendait l'ancien persan et le moderne, s'était offert de donner une édition des Œuvres de Zo^ rodstrcy dans sa langue originale, avec une version latine, si l'on voulait l'aider dans les frais de l'impression^. Il avait fort approfondi tout ce qui regarde la doctrine des mages, et il soutenait qu'ils avaient toujours adoré un ^eul Dieu sans mélange d'idolâtrie, quoiqu'on ne pubse les justifier touchant plusieurs cérémonies superstitieuses envers le feu et les astres, mais qu'ils n'avaient jamais adressé leur culte ni leurs invocations à ces objets matériels, non plus qu'à Mithras; que par les deux principes, l'un éternel, l'autre créé, qu'ils nommaient la lumière et les ténèbres, ils entendaient, comme les Juifs et les chrétiens, l'Etre tout-puissant et un esprit rebelle ; que le vrai nom de Zoroastre est Zerdust, prophète des Perses; que le livre des mages, qui est un abrégé de la théolo^e de Zerdust, est intitulé la loi (T Abraham^ et que c'est la religion de ce patriarche qui leur a été enseignée par leur prophète. £usèbe^ nous a transmis quelques principes de la doctrine de Zoroastre : Que Dieu est étemely qu^il est la cause générale et la source de tous biens y qu'il est le père de la justice et le seul auteur de la nature.
Le P. Kircher a rapporté les symboles de Zoroastre ^ suivant l'interprétation de Psellus et de Pléthon. Ce sont les mêmes que les oracles de Zoroastre, ou des sentences fort obscures, dont on voit une traduction grecque et latine à la fin de l'histoire de la philosophie par Stanley. Plusieurs ont regardé ces fi:agments cotnme supposés. Le fameux comte de La Mirandole les soutenait véritables. Il prétendait posséder l'original, auquel il attribuait une
« Hist. des Juifs, part. 1, Hv. IV.
* De Jtelig, veter, Persar»^ c< i. 5
» Hisi. relig, veter. Persar,^ c. i, II, IV, IX, XXlVi etc.
^ Prœpar, evang.^ Hb. I, c. vn.
^ OEdip, ^gxpt,^ class. 3, c. iil.
DB PHIIiOSOPHIB GHUTJBNirS. 5ll
telle vertu, qu'il s*était senti détourné par cet attrait de toute autre étude \ G était un sentiment fort Naturel que ce penchant à examiner un manuscrit qu il croyait si précieux.
Edouard Pocock, qui a écrit l'histoire de Zoroastre, prétend ^ qu'un ouvrage, dans lequel Zoroastre instruisait les mages, était distribué en douze volumes ou rouleaux, dont chacun était com* posé d un cuir de bœuf.
Prideaux raconte ainsi la mort de Zoroastre. Ce chef des mages ayant entrepris de faire embrasser sa religion à un roi scythe, et ayant employé à cet effet l'autorité de Darius, le prince scythe, indigné qu'on voulût lui faire la loi dans une affaire de cette nature, se jeta dans la Bactriane avec une armée, battit les troupes de Darius et tua Zoroastre, avec tous les prêtres de sa secte qui l'accompagnaient, et qui étaient au nombre de quatre-vingts.
La diversité de ces opinions sur^Zoroastre est vraisemblablement causée parce qu'il y en a eu plusieurs : le premier, Chaldéen ou Assyrien, qui fut tué par le tonnerre ^; le second, roi de la Bactriane, contemporain de Ninus, vaincu par ce roi, suivant Justin, qui le regarde comme l'auteur de la magie naturelle et de l'astronomie ; le troisième, de Perse, qui a été le chef des mages; le quatrième, de Pamphilie, nommé aussi Er Arminius, qui a passé pour être ressuscité dix jours après avoir été tué^: Stanley croit que celui-là est le fils d'Hostanès ; le cinquième, de la Proconèse, qui semble à Stanley avoir été le même qu'Aristée de Proconèse, contemporain de Grœsus et de Cyrus, dont on a dit que l'âme s'absentait quelquefois de son corps; le sixième, qui vivait à Babylone, dans le temps que Pythagore y fut emmené captif par Gambyse. G'est celui que plusieurs ont appelé Zabrate, qui fut, dit-oii, le maître de Pythagore, et qu'Apulée qualifie de Pontife de tout mystère divin. Le premier de tous ces Zoroastres, confondu par plusieurs avec Gham, fils de Noé, a été, suivant la conjecture de Stanley, chef de l'ancienne secte des Chaldéens. G'est celui qui renferma toute cette philosophie en deux millions de vers commentés par Hermippus^ La plupart de ces opinions sont destituées non-seulement de preuves, mais encore de présomptions valables, et elles ne peuvent guère servir que d'exemples de la facilité avec laquelle
* Pic. Mirandul., Epist. ad MarsiL Ficin.
* Journ» desSav, dadern. juin 1709.
* Suid.y in voc- Zcopoaç,
« Val. Max., lib. I, c. viil. Cl\;m. Alex., Strnm»^ Ub. V.
* Stanl , in philo. Chald, Plin., lib. XXX, c. i.
les savants »vaaoaieiit-toate.'8ort6>de faks «t de conjectures, avant que la critique eût proacrit ou au moins condamné cette Kcenœ.
On trouve des mages dans l'histoire ecclésiastique', sous le règne dlsdegerde, roi de Perse, au commencement .du v^- siède, et vraisemblablement cette seete a duré longtemps depuis. Isdegerde ayant témoigné de la considération à Maruthas, évêque dans k Mésopotamie, les mages, irrités, cachèrent un homme dans vm temple pour crier qu'il ne /allait pas obéir à un roi qui Javorisait l'impiété des chrétiens. L'érêque dit à Isdegerde : 'Ce n^-esl pas le feu qui a parlé y mais ta fraude des /««§«*. Le roi de Persej par le conseil de Maruthas, fit fouiller à lendroit d*où venait k voix, et Tartifice ayant été découvert, il fit décimer les mages.
Il y a encore dans la Perse et dans plusieurs contrées des Indes quantités de Guèbres ou de descendants des anciens Perses adorateurs du feu. Tavernier '^ témoigne qu'ils «ont fort attachés à leur religion,à laquelle cependant ils ont fait beaucoup de changiements; que le feu n'est, parmi eux, que l'objet d'un culte cérémoniel, et qu'ils disent qu'ils ne reconnaissent qu'un seul Dieu, créateur du ciel et de la terre.
Bède a écrit le premier les noms des trois mages qui vinrent adorer Notre-Seigneur à sa nativité. Il les nomme Bakhazar, Gaspar, Melchior. Il décrit leurs visages, leurs tailles, la figure de leurs barl>es, l'arrangement de leurs cheveux, et la forme de leur chaussure.
Thomas Hyde prétend qu'ils étaient envoyés par Phraatès, roi des Parthes^; que c'étaient des plus grands seigneurs du pays, et qu'ils avaient un cortège de plus de mille personnes. 11 rapporte les différents noms qui leur sont donnés dans les histoires orientales. D. Galmet * ne croit pas que les mages qui vinrent à Bethléem fussent des sages de ce nom, connus autrefois dans la Perse, mais des «avams de l'Arabie déserte, ou de la Chaldée, ou de la Mésopotamie, aux environs de l'Euphrate, qui étaient apparemment de la même profession que le fameux devin Balaam.
Les mages s'appliquaient surtout à k morale. Il aemUe que Porphyre fasse le paitage de la philosophie, comme un arbrtre, entre les nations qui se disputaient Thonneur de son invention et
* Socr., lib- VII, JUist.^c, viii.
* ^oyag* de Perse, liv. IV, cb. viil*
* Hist, reiîg, veier, Pers,, c, xxxi*
* Disserf, sur les mages comm., t. VII.
£B PHILOSOPHIB: CHUTISNNS. 5l'i
de son origine, en disant que Pythagore apprit Farithmétique des Phéniciens, la géométrie des Egyptiens, Fastrologie desChaidéens, ]a morale des Perses*
Qéarque a écrit que les Gymnosophistes, philosophes indiens, furent les disciples desmages.Ces philosophes des Indes et de TEthiopie, qui ont aussi porté le nom de Brachmanes, étaient en si grande réputation de sagesse et de doctrine, que Pythagore, Démocrite, Ânaxarque, Pyrrnon et autres philosophes, pénétrèrent jusqu'aux Indes pour les aller entendre et se ranger au nombre de leurs disciples '. Les Gymnosophistes passaient trente-sept ans dans Fétude et dans la retraite. Ils adoraient une souveraine intelligence répandue dans tout Funivers \ Ils enseignaient la métempsycose ; ils méprisaient la mort, les plaisirs et la douleur. Ils faisaient profession de la plus exacte justice et de la tempérance la plus austère ^ Les maladies passaient chez eux pour honteuses, parce qu ils les regardaient comme la suite de la débauche. Pline dit de ces Gymnosophistes, que depuis V aurore jusqu* au coucher du soleil ^, ils contemplaient cet astre avec des yeux fixes et immobiles^ et que dans les plus grandes chaleurs de Vannée ils se tenaient pendant tout un joui\ tantôt sur un pied, tantôt sur fautrcy au milieu des sables brûlants, Arrien a rapporté avec quelle liberté plusieurs Gymnosophistes parlèrent à Alexandre, blâmant sa vaste ambition et cette vaine ardeur de subjuguer toute la terre dont une si petite étendue lui devait suffire, soit pendant sa vie, soit après sa mort ^ Dandamis, le plus renommé de ces sages, refusa de rendre des devoirs à Alexandre, et ne permit à aucun de ses disciples d'aller voir ce conquérant, disant qu ils n'avaient rien à espérer, à désirer, ni à craindre ; que les courses d'Alexandre n'étaient que de longs égarements et de frivoles inquiétudes, dont il troublait son repos et celui des autres hommes. Alexandre parut estimer cette liberté et ce désintéressement comme vraiment philosophiques, et sa propre modération à ce sujet lui fit beaucoup d'honneur.
Le gymnosophiste Calaûus, ayant commencé à Fâge de soixantetreize ans de sentir quelque incommodité, demanda permission à
* iElian.,^H/jr., lib. IV» c. xx. Suid., in voc* Avipioxp.
* Diog. LaërI., /y| Dernocr. et in Pyrrlion, Jamblicb., in i^thag. Strab., lib. XV.
* Clém. Alex., Strom.^ lib. I et III*
* Pbilosophos eoriini,quos Gymnosophistas vocant, ab exortu ad occnsum pcrstare coiUuentes solem immobilibus oculis, ferventibus arenis, toto die a!ternis pedibus insistcrc. (Plin., lib. VII, c. ii.)
* Arrian., de Exped, Aiex.^ lib. VII.
Si4 Mimiw vwMà^VÉWÀtni-
Alexandre de ee brAier ' ; etwprèê arao' citmscruit son bùeher, U'f fiit consumé (par leâflanud^ea préfience de damnée.
Les philosophes indiens de ces derniers temps, appelés BnttmM ou Brannes, qui sont .les stieeesaMn des aneiens Braehinanes et G jmnosophiateS). enseignent* une dootrine mtkée de paganisme, de iodaïsme et dechristianisme. UsnyrtsemMmttmMi aneiens^adi?nsnes, ni par iesranurs, ni.par la ^doefrine. Ahtahatm Roger, foi atait passé dix ans sur k côte de GtfhHluindel, Têts le^milieti dd dernier sièele, témoigne ^ cpj*ils rappoitent leur origine >et leur fiom à Brama, qu'ils disent avoir été le créateur du monde, fstfit qne le Dieu suprême se repose sur loi de toute la disposition dès choses de ce monde. Us vrâlent aussi ^ue Brama ait été le premier homme, le père de tout le genrehumain. Ils «roieitt la transmigra^ tion du plus grand nombre^ des Ames en d totres corp«; tnais qoé les plus par&ites4îties phtocrimi&dlles passent, enîsottantdes'corps, «un r-écompenses ou aux ; punitions d'une antre ^ie.
M. Fourmont ^ regarde les ^Brames^eomnie des disciples dPAbta^ hani, «t il €ibserve que^^ Indiens^odtphinears livres -sacrés, qm; iL^ohaquepage, comieoiMMtdesiniditionsdeniistoire d'Abraho^ de Sara, d'isaao, etc. Oe qui est confirmé par )e*témoigmige dVtn missionnaiveinsiruitpiir tes livres mètnes^des Br âmes, -qui nous ap^ prend danslesLettvesédlBantes^et^urieusesque'lafemniede Brama; selon Fhistoire de ees IndSsns, appelait mroâpadi; que wuRà^ giiifie madame; et quîls ont conservé la première partie du mot comme le nom propre de1to:'a.
Le P. Gaubii, Jésuite, missionnaire a la Chine, est persuadé qne les Egyptiens et les Gymnosophtstes des Indes avaient'ptiisé^chez les Chinois le$ sciences qui depuis passèrem de l'Egypte dans la Grèce ^. Il prétend que la fameuse découverte attribuée à Pytha*" gore, de légalité du oarré de l'hypoténuse, dans le triangle rec-' tatigie, à la somme des carrés des deux autres côtés, pour laquelle (III dit que Pythagore sacrifia une hécatombe ; que cette décomrerte, dis^je, était trè&<distinctemeiit connue et pratiquée k la CUne plus (le mille ans avant Pythagore; que la géométrie .sraitfak déjà de grands progrès à la Chine, avant le temps qu'on fixe pour son invention chez les Egyptiens. Mais lorsqu'on vient à considérer attenfivement tout ce qui a été écrit snr ces découvertes chinoises, il est
* Diod. Sic, lib. XVII, psrt. 2.
* La Parte om'trie pour la eonnaiis. du pag^tm,, part. 2.
* Rfflex. erit. sur les hist. des ane. peuples. Ht. U, sect. S} oh. xvil.
* Observât* astron, mathém, du P. Soucitt^
bmie^ eonm^ire titi'il 'nenom-^st venu de ce pays aucune in* «eaïkift originale; iq<ie^ce|>èttple «À dansTutage de s'attribuer tout ceqtt'â «fypveiid a^oir ^élé dëeourert ailleurs, et qu^en même temps- 9 le Miipoite à des «aTi<iiguités, qui, krin d'en cacher la source, étenft tottteniaisembltfnce à leurs pneteiitiotis. L'ancienneté de leur ébroMldgie "n'a rien <}e plus soKde que celle de leurs inTeiStîons don&les'SOMnM^ : c*e$t*i^'qm^je'compte'étal>!ir dans une disserta* MO» ^axtsctiltère.
L'Africpe^ou H iÀhje a eu aussi des philosophes très-anciens; Saint Àugus^' en parle sous le^nom de philosophes libjens otr Hflaiftiques l.lh portèrent oe dentier snrnom, parce qu'ils recpniKiissaient A^tlas pour leur ciieF. Plusieurs lui ont attribué Tinventiim Jëb t^asifotkmùe^. Il s'adonna priitcipalenient ' ù la contetnpla^ tiooides astres, 4'où ^mit la 'fable débitée par les poètes qu'Aflas' soitlenait le tiélde ses épaules '^ Son nom fut donné à une -montagne fort 4éle?ée. Quelques râbUns ont avancé que les ÀreAe^ étaimtt ieê plus anatns des philasophef, et que hnr docirme éfieÉit UtéedesUvreèd'^tkmty âe Seth -et éTEdHs t Ôn^ent assez quelle fiai ménle'Cequt n'est fondé que sur Ses assettions rabbiniques, et ce qu'on dok «prtisér des 4ivres ^ui riennem d^tre cités.
Paàrmi 1^ nations de HEuropeyles'Tluraces'rancaient Taticienne^ de leurs 'pl^osophes. Oi|Aiée, qui le premier adoucit 1^ miBsrs finott^Hes des hommes, par les douit sons de sa lyre, et encore ^ut par l%limsanté'de nés 'préceptes, était natif de Thrace. Ces phflo<so^eis veeonnaissaiettt EaRtôhtîs "pour leur x^hef ^ : il &t aussi le légîsliHieiir >des tliraces ; et les G^tes lui offrirent des sacrifices, comme à vAt -^Keu. IKogène Laèree ifflt que Zamolxis fut es^w éeIPyAagofe, et'il éSte fiérodôte'.On trouve, à la vérité, dahs mt hiscofieii, que SamMiispassuit pouf ^voir été esclave de Pythà* gore; maisîlnjoutepeu après qu'il le croyïiît plus andèn que Pjr* diagere.
Sans l'antiquité la phis retnÀéé, iîn'jr^ poiht eu de philoseptUéë plus célèbres que les Druides. Qcéron et César ^ comprennent tous
» De Civit. Dei, lib. Vm,ic. li.
*nili., llb.VlI.t;. LVt.
* ...Hic canit crrantem luDam, solisque labores.
Virf ., Mnèm,, llb. !.
* iM. Pouniioat piiiiseît^t'Atta^cstlé iitê.nëitaé Lt>t, ncteu d'Abraam. ^ Stanl., in Philos. Sabœor,
* Oiog. Laërt.,Iib. VllI.
7 Hérodot. Melpoiu.
» Cic, de Divinat; lib. I. C«8., de Bell. Gall.y lib. ?l
5l6 YEIXGIPBS FOHDAMBIITAITX
les sages des Gaules sous ce nom. Strabon' et Aminien Marcellin ^ les divisent en trois espèces, des bardes ou des poètes, des prêtres uniquement occupés des choses de la religion, et de ceux qui faisaient toute leur étude de la nature et de la morale. Cette philosophie gauloise est confirmée par un passage d'un ouvrage p^^u d'Anstote, cité par Diogène Laêrce. Aristote dit que les Gcuflois ont été instruits anciennement par des sages appelés SemnothéenSy ou Druides^. Ramus soutient que la philosophie a commencé chez les Gaulois, et que les plus anciens des philosophes ont été les Druides. Il nous reste de leur philosophie, qu'ils enseignaient la piété envers les dieux, le zèle pour la patrie, la valeur, la fermeté et le mépris de la mort. Ib regardaient les lettres conmie ennemies de la mémoire, préférant la tradition à l'écriture, et ne laissant aucun écrit, afin que leurs préceptes demeurassent gravés plus pro» fondement dans les esprits de leurs disciples. Les leçons des Druides étaient contenues dans des vers que leurs disciples apprenaient par cœur. Sur cet usage de ne rien écrire, Ramus exprime ainsi ses regrets : Fatale opinion^ sans laquelle nos Gaules auraient fourni des Platonsy des Aristotes^ des Euclides, des Piolémées, etpeut^tre des auteurs encore plus célèbres! Lès Druides enseignaient l'immortalité de làme, et ce dogme ne fut jamais altéré parmi eux par l'opinion de la métempsycose, ainsi que les savants auteurs de l'histoire littéraire de France Font très-solidement prouvé. La doctrine de l'immortalité de l'âme, suivant César, rendait les Gaulois fort courageux^. Les Druides habitaient dans le fond des forêts, pour lesquelles ils avaient une vénération superstitieuse. Us étaient les pontifes et les juges de la nation. Leur assemblée la plus célèbre était au pays Chartrain ^. Les bardes habitaient principalement dans l'Auvergne et dans la Bourgogne. Leur profession était d'écrire en vers les actions des grands hommes ^, et de les chanter au son d'un instrument qui ressemblait assez à la lyre. Pline dit que Tibère supprima les Druides ^. Suivant Suétone, leurs fonctions furent entièrement abolies
« Strab., lib. IV.
• Amm. Marc, lib. X\.
' Diog. Laërt., in Prœm. de morib» veter. Gallor.
4 Atquc hoc maxiioè ad ^irtutem «zcitari putant, meta mortis ncgiecto. (Cses. hett.Gall, Vih. VI.) « In ÛQÎbus Carnutum considontin luco con8ecrato.(Caes.,(/«^e//. GalL,}. VI}
* Vos quoquc, qui fortes animas belloque peremptas Laudibns in longum vates demittttis aeyum, Plurima securi fudistis carmina, Bardae.
(Lucan., lib. I.) » riin.,lib.,XXX, ci.
DB PHILOSOPHIE CHR^TIEIfllE. QlJ
SOUS Fempire de Claude '. Cependant on trouve encore des vestiges des Druides dans Tacite ^, sous Fempire de Yitellius, et il y a même apparence qu'ils subsistaient sous le pontificat de saint Grégoire, puisque ce pape, écrivant à la reine Brunehaut, la prie de faire cesser les sacrifices que quelques-uns de 'ses sujets offraient aux idoles, et le culte qu'ils rendaient aux arbres.
n. Dt U philosophie en Grèce.
« Après avoir rapidement observé la marche que Tesprît humain avait suivie dans ces contrées de l'Asie qui ont été le premier théâtre de la civilisation, jetons un regard sur la Grèce. Le développement des idées y fut plus tardif, et les traditions y furent d'abord empruntées aux autres peuples ^. » Chez les Grecs, la science commença par la poésie mythologique, c'est-à-dire par la fable. Homère et Hésiode apparaissent d'abord; vinrent ensuite les initiations orphiques^ puis les Gnomiques^ qui enseignèrent la morale pratique, et qui reçurent le nom de sages.
Ces sages de la Grèce peuvent être regardés comme les précurseurs dé la philosophie chez les Grecs. Démétrius de Phalère, Plutarque et Eusèbe les font contemporains. Porphyre les place du temps de Cynis et des derniers prophètes des Hébreux, plus de six cents ans après la prise de Troie, environ quinze cents ans après Moïse; mais c'est reculer l'ancienneté de Moïse cinq cents ans au delà de l'opinion commune. On n'en compte que sept; mais tous les auteurs ne s'accordent pas à nommer les mêmes. Les sept ^ages nommés par Platon sont : Thaïes, Pittacus, Bias, Solon, Cléobule, Mison et Chilon. A la place des trois derniers, quelques-uns mettent Phérécyde, ou le Scythe Anacharsis, ou Périandre, ou Epiménide, ou Pisistrate. Thaïes et Phérécyde ont été les fonda* teurs de la philosophie chez les Grecs.
Jusqu'alors le principal emploi de la philosophie avait été de transmettre les traditions primordiales avec plus ou moins d'altérations, d observer les faits de la nature, et d'exprimer des maximes de conduite. Nous voilà arrivés à l'époque où l'esprit d'examen et d'explication prend son essor. Cette philosophie proprement dite «e divisa, dès son origine, en deux branches, l'école ionique, qui eut Thaïes pour premier maitre, et l'école italique, fondée par Py-
' Saet.y in Claud.^ c. xxv.
• Tac, Hw/., lib. IV.
* HisU comp.y cb. m.
3j4 JtSXKQWi MSB^MNBnB^nK':
dM0>re< Bientôt 06$ deux.«oolev <^^^g!^^ bi:liba?t« d'ajy^iMP, (p*içsi<Krdire de fera de» s]fstflme%,«e xaoïîfifraBt à llûifiiiit mii9mlm ^fiiA Varron a.conpté^daiu les decnîera tenipa^ deux* qe»t «pMtoe* .iRiigt*burt aectesy.et Théniistîus uoU oeou. Ceiix.c|iû ont eu^ jtite Jeura opinions le plm de Gonfonnîté a^ee Vytku^gp^sqai^ewaiifanB dans récole italigne, ^oi^pia.foit étraagf&rsà VIiaBe^.c(»Biine D^ mocrite et Epicure, le premier d'Abdère, Ville de Thrace, et le second d'Athènes ; et par la même i«iso% œox qui ont adhéré à quelqu'une des sectes qui partagèrent l'école ionienne ou grecj^e^ sont rapportés it cette icioià^ ^mkpm vhf t» IloèK^ootame ^Cicéron et Brutus, <|iû étaient. Aodéwieîem» et Gaton^ qm.elni Stoïcien.
Nous allons donner l'inTeiitaîre des yrincipales seeu&
L'Ecole dlonie.
«Jusqu'alors la philosophie s'était bornée 4. demander: CawiF ment arrivent tels phénomènes ? Maintenant elle ae d^nuB^desa aussi : Quelle est la preu(fe fui Justifie rexpiicaiiûfi dormém aux
phénomènes? Quoique Thaïes îbx. contemporain de ptosieuiss
des Gnomiques que nous ayons considérés» comme appartenante Tâge de la philosophie politique parmi les Grecs^ c'est à lui fiie nous devons remonter pour fixer le commencement, de cet àf^ nouveau^ qui vit naître en Goèce la philosophie, spéoilativii^ parce que ses exemples, plus encoi» que ses pcéccy^tes, déterminer rent le changement qui survint dans la direction des idées., GTestii ce cf^n, distingue essentieUement le sage de Mibt entre, les yg^ sages qu'associa la vénération de ranti(piité,,ce<pii hûassipie «ne mnuence toute spéciale et très-iaaportanle dans L'ordre de&ic<dier* cïies qui nous occupe ^ »
Cependant on ne sait riea de sa philoso^phie que par tme tsadi** tion assez confuse; aurapportd'Aristote^, «4lna pas écrit etn'aipas ouvert d'écoleproprement dite»» U visita File deCrète.etrJljggita Il enseigna aux Grecs la géométrie et raslronom% et leur exylir qua la formation du tonnerre et des; autr^^ météoreft''. AjanI prévu la fertilité ei^traordinaired'unaannéey il adieta tonales final» des oliviers du territoire de Milet avant qu'ils fussent en fleujBs, il fit un gain immense^ seulement pour montrer quel aivaaitagp aur
• Wisl, eomp,f ch. m. . . ^ j
* Arisf., Mélaphxs,^ I, m.
» Apul.,F/oriV., lib. IV.
doniift assiii^nent ks nvoyeiK^ de» »'e«ttchir, main ee iÉ*é9l
par le- qalme des pasMiis qu elle* défnpte, fMtr* Yesptk' à't^vèw ^«ile i««pîi^y {nr le retitaBcliefnMM da tuice qtpelle méprise. 13bi]0s« ofayrjii le» soktioe» «t tes éqiniiaiia»; il p«rfeotk»iii^ Ifer Bnriffttfon^ dm Phenûcièns^ em kur dtf eôun^iit le 4X)ttt$ de k petite Ourse autour du pôle \ Eudëmus, dans Thistoiiie de Fi^minoniié,^ rapportait que Thaïes oêbêosu^ d'àVMtee fe^^oKpàe» «te sotei) et de tme. Il prédît yédipsede^toleiiqtiiaiivtTa sons le roi Hahptie^* Il ■manu les pyramide» cFEgypte et les hameurs inaeoessibles pa^ Fombre qu'elles projettent K
II. s'agis8»t d'expdiqoer runiver», et de Eéxpliquer en reef>erefcant ^leUe pouTait élre son origm^ ou, oomme dn disait^ ses fsmKipeâ. La proposâSoiK fondamentate dé Tbalès, e^est- que- Yeau 99^ le pmteipe. detomieti ehoseSy rGnaiaxït dive par là que cet étémenv était la matière première dont^ s'étaient forméa tous les* êtres maté* isek» organisés. Il dirigea donc sa prindpeile étude vers le inonde MMUiérîeVet c'est pourquoi le nom àepkfrsicieM^ faidonné^ en génial ans philosophes de 1 école d'Ionie.TertoDien lîappeUe le prince on le :presiiîer des physiciens ^.
' JKEais quelle, est la cause qui: préside à lai coin^ersion de la matière ânîade ensuit, corps concret et dense? C'^^ce ^ae» Thaïes nepa^at^ pa^aYoir eiaminé».
Sur ht' psycdioh^e, la» proposstion de-Tlialès, d'après Anstote, SSfafeaiMpie trt âtobéé^. était cdle^ci : L^essenee de Fàme est lisimovi^ iMOient!,. un mouTement apontanéy qoel^pie choa» qui. a lai IkcuktB deaeHMMiveîv^..
fielmi Aidslset»). mmt Oément d' Ale»indrief Eusèbe :et saim Jùiih gustin, Thaïes était athée : d'après Plutarque, Diogène Laâree^ (&xtmkf LaêtancetetiStobée, il;iie TieDait pas» Ce deniier sestmént ftanlt Itt^plusipvobable^ En examinant le»phénoinènea du monde^ et mk\e&exjgikp3aant d^après.une loi foada.mentale, il aurait sendemieiii ngetéc la nmlûtode des dieusL my thologi^U!» dont l'imaginatioii
• Clc, rf« /)/«vif., lil>. f. Aristot, lib. I />a/if., c xi.
* Aq. Diog, Laërt., in ThaL
*• Piftie dh-quecc Ait en observant IMtearedir jour h laquelle rômbfe dé itos corps est égale à »a grandeur. Mensuram altiiudinis earufh.^ ptnniumquesi' milium deprekendere invenit Thaïes Milesius^ umbYaik mittiendo^ qud fiçrd nar €sse corffpri fiultt* (^lin., lîb- XXX.VI.)
♦ Jpotùgei^^ cap. XX.
'•'XCwcuKfvTi, Aristî, dk j4nima^ 1. I, c. ii ; dciixivTjTov, PfetJrrq.^ de Phcét' pkilosoph,^ I. IV, c m WTWttVTj- wStlïbfe, Fc/àg, Physic, c. Xh
5 20 vmnfcaPBt FomiAMBirTAux
de$ poètes ayait peuplé TuniYers ; mais il n aurait pas conlesté l'ac- . tion d'une cause première pour la formation de toutes choses. Cicëron dit positiyement : Aquam dixit rerum initium; Deum au- . tem^ êom mentem quœ ex eâ omniafingeret ^ Il disait encore, d'aprfss Plutarquè et Oiogène Laërce : Dieu est le plus ancien, car il n'a point été produit; le monde est ce quUljra de plus p€wfaUy car il est Vouifrage de Dieu; aucune action, et même aucune pensée n 'est cachée à Dieu ^.
Thaïes mourut en 548 avant Jësus-Christ.
. Les disciples et successeurs de ce philosophe furent Phérécjde, Anaximandre, Anaximène, He^otyme de Glazomène, Anaxagoras, Diogène d'ApoUonie, Archéiaûs. .
. . Phérécyde naquit dans l'île deSèjros, Tune des Cyclades. Il puisa principalement sa doctrine dans les livres des Phéniciens, et fut le maître de Pythagore. Il était très-verse ^ans les sciences physiques, et il fit un traité du principe universel de la nature. Quelques auteurs Font mis au nombre des sept sages.
Anaximandre (545 avant Jésus-Christ) naquit à Milet. Il mit sa doctrine par écrit dans un livre sur la nature, écrit en prose. On lui attribue l'expression du fameux principe : Rien ne se /ait de rien, n fournit ainsi une base rigoureuse à la démonstration philosophique. Il en tira une conséquence profonde en disant : Uinjini est le principe de toutes choses, un infini tout ensemble immuable et immense ^. Ainsi, il avait senti le besoin d'appeler la métaphysique à servir de base et de complément à la physique, pour parvenir à une entière explication. Il essaya d'établir quelques lois générales de la nature. Telle est celle de l'attraction mutuelle des parties homogènes de la matière les unes envers les autres, d'où résultent les compositions et les décompositions dont la chaleur etle froid sont les instruments.
> PHne attribue à Anaximandre l'invention de la sphère *, etStrabon ^ le fait auteur des premières cartes géographiques. Suidas rap; porte qu'il expliqua le premier les équinoxes et les solstices, et
qu'il inventa les horloges^. Anaximandre s'écarta, en plusieurs
< Ciccron, de Nai, Deor,, l, cap. x.
* Plut., Conv. VII, Sapient, viii.
T * Arlht., Phxs.^ I, IV. — SextuSi Pyrrhon,^ ni,.37. — Diog. Laërce, H, I. —
Stobée, Ecl, phys.
« Plin., lib. VII, c. LVI.
■ Strab., lib. 1.
' • On trouve dans les livres saints qu*il y avait un cadran solaire k Jérosaleoi que le roi Achaz. père d*Ezéchias, avait fait mettre dans son palais. Ce cadrant sur lequel Isafc fit reculer l*oinbre de dix degrés pour signe de U guérisoa da roi Achaz, était donc plus ancien qu* Anaximandre de deux siècles.
DB PHILOSOPHIS GB&iTIBNNE. 5a t
articles, de la doctrine de son maître : il établit plusieurs mondes et plusieurs éléments '• Il écrivit sur le circuit de la terre, sur les étoiles fixes. Il avertit, un jour, les Lacédémoniens de sortir de Sparte et de camper. Cette prédiction les empêcha de périr par un tremblement de terre qui renversa la ville, et fit tomber une partie du mont Taîgète sur les maisons *. Anaxiraandre enseigna que les dieux naissaient et mouraient après de longs intervalles.
Anaximène, né aussi à Milet, fut à la tête de Téçole de cette ville auprès la mort d'Anaximandre. En admettant pour principe des choses la nature infinie, il voulut en déterminer la notion, et tomba dans une sorte de panthéisme. L*air lui parut être le principe générateur de toutes choses, et Tespace, le siège de ce principe. L'espace et Tair, voilà, selon lui, ce qui compose les êtres et qui produit toutes les formes variables.
Une maxioie morale d* Anaximène, c'est que la patwreté est VinstituMce de la sagesse^ parce qiCelle est la mère du travail. . Malgré les recherches des savants modernes, que M. Degérando mentionne dans la note de son quatrième chapitre, Hermotjme de Clazomène est peu connu, sinon par la qualité de maître et de précurseur d'Anaxagoras. On dit cependant qu'il dirigea ses études sur la nature du principe pensant, et qu'il reconnut dans l'âme la faculté de commander aux organes.
Anaxagoras a été fort célèbre dans l'antiquité. Il naquit à Clazomène vers l'an 5oo avant Jésus-Christ. Pendant vingt ans il voyagea principalement en Egypte; puis il vint à Athènes, où il eut Pérîclès a.u nombre de ses disciples. Il s'appliqua à l'astronomie, mais il se livra surtout à la méditation des rapports entre le monde et la cause première dont il reconnut l'existence propre et distincte de celle de tous les autres êtres.. Aussi, on dit qu'il fut surnommé \ esprit ^ parce qu'il enseignait que la inatière, étant éternelle, resta dans la confusion jusqu'à ce que l'esprit eût débrouillé le chaos. Anaxagoras dégageait donc l'explication philosophique des données confuses de ses prédécesseurs, qui avaient conçu la divinité comme l'âme universelle, l'âme du monde, et avaient enfanté le panthéisme. Cependant, ce philosophe fut accusé d'impiété par Cléon pour avoir dit que le soleil était une masse enflammée un peu plus grande que le Péloponèse. Quel qu'ait été le résultat de ce procès, JUi condamnation à la mort ou à l'exil, il est certain qu Anaxagoras quitta Athènes et finit ses jours à Lampsaque. La notion d'un esprit
* Stanl., in Amaximatid»
* Plia.» lîb. Uy c. Lxxix. Cic, de Divinat.y lib. I.
■tmiOTr dc^ IWUers, qu'il & expriméernolisHneiit, )ui> «saigne nm- rsB^ .disliiigM «lanc la phîleiophiemoieBn& Cène idée l'a empècM ié tondiec dans des ftjrtèniM. absurde* ^ que ta0t:d*aiitrcs cntactopttSs dans les temps aaciem et modernes^ e& frfiiMni è» subordemier Fesplicaûou des j^émuuèDes aesflîidles a la cause inltflHgeBtè qoî .leaproduiu ^
« Jusqu'alursi) la vérité la ph» aiignste, hi pkis; piveieiise' pew
.lflHii»a»ité,,iftaYait pcôal été l-o^efi fCvne déâttastfatio» «xpKeite
, et déreiai^pée; tm insli&Glr nafttvd, miBrtîiicinreKgiecn^ rèàse^prak
dfiwe maaière confuse cbes^le'plas gnnd nonfare; ee«x dont lès
.aMditaSÎoiis avaient élé plus apprelcnidîea aratènt aenlà que k
ekainedes effel&deTaHnsmoBter à imepveariire cawsc; que cette
cause devait opérer en agissaoS; qnelactiôii sapposaît im piincipe
doué tout ensemble de la volonté et de la pensée ç mais ils nV
.Went point eonvèrti cette déâucsian cn:U0: vaisomtement médio-
dique,. et surtout ils n'avwent pokit fiât aoMkr ce ijâsauuemcut
de l'harmonie gén^le' des. lois de la nature. Ce marke ésak ré-
semé à Anaxaj^oras. Le premier^ il comprit clairement, il annonça
d'une manière expresse que les. phéninnènea de* f«niTers- sont
étroinement liés entre eux ; qisils.fionnent «n ensemble, nn totit^
qu9 l!qrdre est la grande chaîne ^qnr unit les parties, la loi- suprême
qui les gouverne ; que ce système universel, dans Tunilé qnf le
eanstilue, scqipêse on oadonnaimr'amqoe, et par cooséquenf une
îoteUîgencequî le connait^JedispMaei lenésKse ^ »
Cependant nous avons vu que oe* philosophe fiaisuS la matière éitcmdle, par une fausse application de Tamiottie r Rien ne-âe/mtée rien* Selon lui, il y a des élément^paimitifi^ stnsplè^ indivisibles^ éiecnels, ifl»muablés et diren. enm enx;- kiirs difTérenies espèeeè possèdent les quaUtss: qid appartsennamb à. leurs composés, et* s'atlâreot ainsi r0oipii9qitt»aanS..C'est'ca qu«ai a appelé Itas Aamoiàmét' .riee*. To.tts ces éléaftentsy roéiés et; confœidu^. formaiQnt le i^fesos jusqulà oe que la oawae inftcttigjentr, ïespwit^ vint^lenr iwyrimer te 'fliottaenieni^ kur donnes une: ferme et leaeeerdcmnier. Cherebmit enMiile à. expUqneir coaMoent h; causa* première agit sur TmOTerSi Anoxagocas eenstmift diss Iqrpothèses ooanmganiqnesr qu «I serait itaip lottg" c^esfmsm^ . al^ doBt:la conséquence est que Khomme ne .dBffibe des anînnsin que par L'organisalseny que panse qii'if m d6m >mums>àulièu.dlamir dê^poÉbm Cstarabaordilé s> 4ê» as jenme par Hakunisin i dans>smt.lvfg dtt ViE$prét^
Anaxagoras disait que la destination la plus<dîg|lt de Fhomme
• Uist. comp.^ t. r', ch« IV.
cwirfua dans kt cônleDqHbli0&. cbv ehoMs. oéiaites «l£ HSiwwtoiyi'' tÎQi» de W 9a^se4«
Parmi les disciples d'Anaximène, on compte cascnet fiiogèn* d^ApoUeni^, m dwas lHa dé Gréiez It énteigna aimî kAàbèam^ et resta bien au-desMNs dT Anasaupras^ Selon) kn^ le premer élémêM, la <sause de toutes cddoaeaii a flof»; principe canslitiitîl dàii$'f^'5 FinfelUgwoe n'est ^'ihl de-aes acanbuta. Au rapport de Diôgfènn laéxtrc^.on kâ doU renonciation <l*mie< grande nuixiooe-loçfqiie': » CelttiiqHÎ se prapaaedl'enseîgner quelque chose doit^ avant aoai^ établir «n prtncq»e certain: et indiihitaMe, et rexpoccr dana mw6 buBgageisimipfe et exact; »
Archébm» dé Milet (444 avant lésn^^Ghrist), autra dlsciple^^ A>^ qaimgoi^tnai^ni définiti^veadeBtkt philosophie à Aâitènea^ et fin le dernier pUiosoplte de réeole d'innie prapaement dite. Il fit un mtHan^e ce^afiis de la dontrme dF Anaxi^^ore et de ceRe de Diogène, et fijMpaifrAffigcteràl^iiiiiEersVattrifafit de l'infini. '
Par npport au ch'oitmatnrel, vcnci, selon Diogène Laêrce*^; senë princ^ fondamemal : « Les hommes sont nés cte k terre; tk ont imsnite établi des cités, crée les arts^ institué les lois : la différenee entra le juste et Tinjnste n est point fondée snr b nature, mai» sur U» labpositiTes.». Cette anfiqueille philosc^pliique est redéTenue^ afnrèa h»n des siècles^ une nonveaute sous k plume de Mot>bes«
Pamn.ks diae^dea- d'Archéfaiûs^ on (Kstingue Démoeritie ef Métrodcure de Lan^saifueb Va^rès saint Augustm ^ il' fnt aussi' lé wnilaede Seio^ate. Cecrn«maeondlik à une nowrdle' phase de Tesprit.philfiaophiipie^ ta fondation de rAcadémîe.
La secte Académique.
IÏ6BS »?ons dé^ cfit,' dlrns uolre ooup d'èeit historique sur le seeptieisme, e» quettes circonstnnees' parut Socrate. Nous ne dirensrien de s^Ttem-desantanièrede pMtosepher^ ni de sa mort, i{m sont connues de tout te monde. Panni cette feûl^ de philèéophei» qui ont parw snr III scène du> inonda j ton» les- siècles ont dBstmgn^ lé fils de Sophronisque^ et' l^nt prockimé' le sage par eoEeelienee. B fit deux' choses r il exerea une critique Tfctorteuae oontiel^éaprit dépraf^é des^ sophistes, efil^seffbrca dis restaurer la plélbsQphkï Sa dèeCrihe cnneemait, «tant tout, fe pratique : elle
» Liv; rV, s 81.
* De Civii. Dei^ lib. VIII, c. il.
5^4 raXVCIFIS FOHDAMBIITAUZ
étail morale; maift ensuite il youlut tracer à la raison une ligne également éloignée du scepticisme et des affirmations trop confiantes du dogmatbme*
Socrate est une des grandes figures de Thistoire ; cependant nous ▼oyons en lui ce que peut la faiblesse du philosophe livrée à ellemême, et combien cette philosophie, personnifiée dans son plus grand héros, est loin de la lumière véritable qui fit reconnaître la fausseté du polythéisme, ou du courage qui le fit braver publiquement lorsque l'Evangile parut sur la terre. Dans le discours qu'il adressa à ses juges, Socrate déclara « que sa condamnation ne devait point lui abattre le courage, puisqu'il n'avait été convaincu d'aucun des crimes dont il avait été accusé; et que, ni dans ses sacrifices, ni dans ses serments, il n'avait jamais substitué des dieux nouveaux à Jupiter, à Junon, et autres divinités d'Athènes '. »
Ce philosophe n'institua point une école, et ne laissa point d'écrits. Parmi ses disciples, il y en a deux qui nous ont transmis ses maximes, Xénophon et Platon. Ce dernier fut le fondateur de l'Académie, ainsi nommée du nom d'un faubourg d'Athènes où il fixa son école. Platon voyagea en Italie, où il vit les disciples de Pythagore; en Egypte, où il apprit la théologie des prêtres, et en Perse, où il consulta les mages. C'était toujours vers cet Orient^ premier berceau du monde, que se dirigeaient d'abord ceux qui voulaient devenir sages. Le fondateur de l'Académie composa sa philosophie de celle d'Heraclite, de Pythagore et de Socrate.^ suivit Heraclite dans la physique, Pythagore dans la métaphysique, «t Socrate dans la morale. Nous avons parlé fort au long de sa théorie sur lorigine des idées, et de la destinée que sa philosophie a eue dans le monde.
L'élévation etla justesse des idées dePlaton,ence qui concerne la Divinité et la religion, ont fait penser aux anciens que ce philosophe avait eu quelque communication des livres saints. 11 désire et semble pressentir l'arrivée d'un réparateur. « Le parti que nous avons à prendre, dit-il, dans son second Alcibiade^ est d'attendre patiemment que quelqu'un vienne nous instruire de la manière dont nous devons nous comporter envers les dieux et les hommes. Mab quand arrivera ce temps, et quel est celui qui nous enseignera tout cela .^ Je verrais volontiers cet homme- là, qui que ce puisse être!.— Qu'il vienne incessamment, je suis disposé à faire tout ce qu'il me prescrira, et j'espère qu'il me rendra meilleur; qu'il vienne, ce divin
• Xenoph., Apol, Socrat,
DE PHILOSOPHIE CHEETIENNE. 5a5
législateur, imprimer en traits de feu, sur le marbre et Fairain, la loi antique que les passions et les préjugés ont effacée du cœur de Thomme; qu'il vienne la proclamer aux quatre coins de Tunivers; qu'il dissipe tous les nuages. Si Taustérité de la loi décourage, si elle effraie notre faiblesse, qu'il envoie encore un bomme juste dont les vertus servent d'encouragement et de modèle. Il faut que cet boihme n'ait pas même la gloire de paraître juste, pour ne pas être soupçonné ue l'être par vanité. Il faut qu'il soit dépouillé de tout, à l'exception de sa vertu; il faut que, sans nuire à personne^ il soit traité comme le plus mécbant de tous; il faut qu'il persévère jusqu'à la fin dans la justice; qu'il soit fouetté, cbargé de fers; qu^on V attache en croix; qu'on le fasse expirer dans les plus cruels supplices. »
De telles paroles proférées par le plus puissant génie de l'antiquité n'ont-elles pas de quoi consterner les pbilosophes pygmées, qui bafouent la doctrine de cet homme dii^in après qu'il est venu sur la terre pour enseigner et souffrir?
Platon avait raison de soupirer après une telle doctrine. Malgré la hauteur de sa philosophie, qui pourrait sembler parfois une irradiation céleste, on doit convenir qu'il a plongé souvent encore dans le milieu impur de Terreur. Outre les vices de sa vie privée, dont je n'ai pas à m'occuper ici, sa doctrine se dément en plusieurs points : il veut la communauté des femmes; il permet aux pères de tuer leurs enfants lorsqu'ils sont difformes, et aux maîtres de faire mourir leurs esclaves; il permet à tout lemonde de s'enivrer par piété, pour honorer le dieu du vin. Voilà des préjugés païens que nulle philosophie ne pouvait déraciner.
Les successeurs de Platon furent Speusippe, son neveu, qui conserva sa doctrine et essaya de coordonner entre elles les scienceis; Xénocrate de Calcédoine, qui succéda à Speusippe, et qui fit un mélange de la doctrine de Platon et de celle d'Aristote ; Polànon, Cratès et Crantor, qui maintinrent les traditions de cette école. Là, finit la première Académie.
En parlant du scepticisme, nous avons vu comment cette école avait parcouru le cercle du doute universel pour revenir au point de départ. Cette période a ses quatre sectes nouvelles, qui font, avec la première, les cinq académies.
La secte des Péripatéticicns.
Le plus célèbre et le plus digne rival de Platon futArislote, né à
nÛ ' nnrcmts y<9in>i.mnTjmx
fltagyre enMacsdtimè, en 364 '^tmx Jésus^Ghrist. S'étant renâv i Athènes, il iîit d'abord disciple du fondatear de T Académie; ptâsH ie 'relira à Ataime ten Mysre, près de son ami flermias, dont il éf^nam. la ^sœur. Bientiot 'Philippe, roi de Macédoine, le choisàC povr précepteur de -son 'fils ftlexanére. Il exerça ces fonctions petodint hvAt ans, ensmte H'rerhaft à Athènes, où fl fit ecdié Ans le Lycée, qui 9ui "fut donné par les magistrats pour y ras- Éembler lès diseiplea d^Aristote. -Le Lycée était an tsrrain que mrictès •avait empleyé àox exercices tnSitaif es. Ses disdples fareni aoiamés PéripatéHdenSy du mot grec wipat&i7t«d, qui signifie je me promène, parée que Aristoté se promenait arvec eux en leur dgn« nant ses leçons* ...
Comme Platon, Aristoté eut aussi une doctrine ésotérigue^ qoll necotmnuniqiiait qu'à un petk nombre d'initiés, et une doctrine ordinaire, qufl eommuniquait  Ses autres auditeurs. Cependant & pubfia plustard'dansses écrits les smnceBmrvamati^ues, Du fond de l'Asie, Alexandre en adressa des reproches au philosophe, qui Sr'mcvsa efidisam]qu*4 les ataitipiîbliés sans les pubKer'.X'obscurité Se Sa métaphysique justifiait cetteréponse.
^ BOUS 'avions à faire ktlMographîe d* Aristoté, nous dirions bien des choses quine feraient pas honneur à sa philosophie^ mais tHHis ne parkmsicî quedes opinions des écoles. Nous arons dëji ▼tt qneile'étaitlaiigtieproCMide de démarcation qui séparait Aiis» «lllt^ de Phton, au sijget de Forigine de nos connainances. Aristoté Msait tout dériver de Texpérience sensible 9 ce iut là le principal pèkit de division entre l'Académie 'et le Lycée. Nul homme n em^ brassa jamais un plus yaste<^rele scientifique que le phSosophe de Sttigyre. La phjrsique, la zodtogie, k métaphjrsiqne, la morale, la politique, la poésie, la- rhétorique, il toucha à tout; mab il s'appliqua prineipalememà la dialectique, dontil fit un coderenfermauttoules les' femules possibles fie raîsonnenients; théorie laborieuseetste^ ^He, par le moyen de laquelle on peut disputer sur tout sans rien apprendre. Nous avons vu quelle fut la destinée d' Aristoté, et prin^ eipalement desa logique dans la suite des -siècles. Jamais homme ne fbt'plas loué et plus déprécié que loi. On ne saurait disconvenir que dans la niétaph^ique et la morale il ne se soit -élevé à une grande hauteur, çt quil n*ait réduit en démonstrations préeises^l rigoureuses les aperçus plus ou moins vagues de ses prédécesseurs ; mais il est souvent rempli de contradictions : il prétend que Dieu
«PfUtàrq., in Jiex.—Xu\. Oeil., lîb. XX, c. Y.
fsÊt Mi|etaia Uk dek iiauive,isan6:pa:fiii30jfaacéct/siinsi«^
de ce qui regarde leâbommefi; il cwok Ib-numiie «tsvnei, tt^séimt^
prudence ceux qui veulent ramener les lionsme» à. k croyance dm seul dîeu, Datis sa. poUtiqne, il approuve que les^^faa t& mal comrtitues^scnentiiiîs à'ittoit» €^ il conaeîllv de fabe avoitlcrrles fcnimnes pour . éviter la 'tr<^ grande «uy^tipIisatiAn é^» i^oyvng. Du r^^ f obscurité qui r^igne^^d^ 1^ léerits de Ge|âfaiiflaoplie a pu. «ouvenf donner lieu à des conjectures contradictoires. Avicenne, snivant' ^dqufis ailteiurS) fiittassesipàtient poar lôre ^imronfe-^lrofj ^éis ses Uvres de métapliysique sans les entendre, jusqu'il ee qu*un commentaire arabe lui en expliqua enfin le sens.
Le successeur d*Aiistote| dans 'renseigWRnumt du 'Lycée, fut T}iéopbraste d'Eres^ ville de J île de Led^os, dont* il nous reste des caraetères traduits par La Bruyère. II fut vanté pour le charmede! 99a istyle, :et on prétend qu'il avait plus de d«uic'imlle disciples, dmlt lêi plus eélèhres &irentStrato&4eLampsa(|<ie et'Démétrius de' Shalere. C'est à luîque son mattreoTâkiConfiéses écrits avant sa ]»Mrt« Userait trop long deigacotttcr par qoette suite 'derévolûtions' 450$ éorits,:copiés, co«iment»s,!(léfigarés,-traR^iort4^ ^cmvp, ches* les Egyptiens et cfai» les Arabes, sont irenttsjnsqu'à^ous .à travers "^ les siielès du Bas*Empir« ^ dttmoyeéi^JPatricîus, hâbileéerivstîn duo^'V^ siècle, compte plus dexiouseniilte toluMes eomposéssur k s«ule {>Ulosopkie'.d'Anstote.
La secte des ÇyréQà1i|ues. -
Xie: second des diseiplesde^crate qiii^fbnda une s0âte,'fiit Arisl^>pe, natif de Cyrène en'Lib3^,id-oià sbb disciples' jMrmtit le nom de Çyrénaiques. Qe philosophe vécut en "^rai 'épicurien, dans les plaisirs de k'^abk et dans les amoucs) impurs; il faisait ccmsister 'le souffrerain bien dans. k volupté,, qa- il expliquait par la «irtisfàetton des sens.. On conçoit l'affinité d'une teUe doctrine avec celle qui fait dériver k oonnai|sance et la cermude des perceptions ^sensibles, sans vouloir pénétrer plus isvant. Aussi, les philosophes de réeale de Cyrène lurent confoiidiis par >quelques«uns avec .les sceptiques. Ils se contentaient de jouir, et affectaientun dédain profond pour la science physique.
Aristippe vécut splendidement à la cour de Denis le Tyran; il eut de fréquentes querelles avec Diogène le Cynique, et témoigna en toute rencontre l'arrogance èlassique des philosophes qui se croient nés pour être les précepteurs du genre humain. Le seiil
Sa8 pmniciFBS pohoamsiitaitx
eontre-poison qu'il donnait à sa doctrine, c'est que le sage, en se Kvrant aux plaisirs des sens, ne s'en laisse pas dominer, mais qu'il les domine pour son bonheur. Aussi il disait : // est Tfrai que j*cdme haâs et que je la possède; mais elle ne me possède pas '•
Cette secte ne fut pas plus estimée qu die ne méritait de l'être, et il paraît par un passage d'Horace \ qu'il était peu honorable d'en faire profession. Je retombe en cachette^ dit-il, dans les préceptes d^Aristippe^ et je tâche de m^ assujettit les plaisirs, sans de$fenir leur esclaçe.
La fille d'Aristippe, nommée Arété, lui succéda. Cest la première fois que nous Toyons une femme paraître dans les rangs de ]a philosophie.
La secte çyrénaïque fut divisée en trois branches, des Hégéùaques, des Annicériens et des Théodoriens. La secte des Hégésiaques fut formée par Hégésias de Cyrène, né en la quatrevingt-onzième Olympiade, vers Tan 4i6 avant Jésus-Christ. 11 fat surnommé Vorateur de la mort, parce qu'il enseignait à ses disciples à' se tuer pour le moindre dégoût quik ressentaient de la vie; et comme les Hégésiaques mettaient souvent en pratique une doctrine si pernicieuse, Ptolémée, fib de Lagus, craignant qu'elle ne dépeuplât ses Etats, défendit à Hégésias d'enseigner ^.
Les Annicériens furent ainsi nommés d'Annicéris,leur chef, qui fit quelques chapgements peu importants à la doctrine d'Aristippe.
Théodore, surnommé l'Athée, donna son nom aux Théodoriens. Hégésias et Théodore enseignaient que le sage n'est fait que pour lui-même, et qu'il ne doit rien à sa patrie ni à la société.
Amphicrate rapporte que Théodore fut condamné à mort par les Athéniens, et qu'il s'empoisonna. II n'est pas étonnant que la plus sensuelle de toutes les écoles ait produit les sectes les plus monstrueuses, qui déshonoraient la philosophie, en enseignant que le sage peut commettre toute sorte de crimes et renoncer à toute pudeur, dans les occasions favorables à ses intérêts. Cette morale abominable dérivait de la source impure des Cyrénaïques : ce qui fait dire à Qcéron que la secte dAristippe açait enfanté la débauche, et celle de Zenon une sévérité de mœurs outrée et sauvage *.
ï ÈX^ Afltt^a, eux IxcfAAi.
^ • Nunc in Aristippi fartioi prsecepta reinbor :
Et mihi res, non me rcbus submittcre conor.
Hor., lib. I, epist. i.
* Val. Max., lib. Vni> c. ix. Cic, Tusc, lib. I.
♦ Asotos ex Aristippi, acerbes ^cnonis schola prodire. (Cic , de A-at, Deor. lib. III.)
DB nOLOSOPHIB CRBiTIBHIlB. 5ap
Les sectes Erëtrique et de Mëgare.
Phédon, disciple de Platon, fonda la secte érétrique. Ménedème, son successeur, qui avait fréquenté les écoles de Platon, de Gyrène et de Mégare, donna à cette secte le nom de sa patrie. Selon Cicéron, la maxime fondamentale de ces philosophes consistait à dire que le vrai bien a son siège dans Tâme, et dépend de la force du caractère. Cette doctrine renfermait en germe, celle des Stoïciens, comme la morale d'Aristippe conduisait à celle d'Epicure.
La secte de Mégare fut fondée par Euclide, disciple de Socrate qu'il ne faut pas confondre avec Euclide le mathématicien.
Cette école se rapproche beaucoup de celle d'Elée, sous le rapport des subtilités dialectiques imitées de Zenon.
• Le bien est seulement dans ce qui est un, et semblable, et le même, et toujours. » Telle est, selon Cicéron, la maxime fondamentale d'Euclide, qui respire tout ensemble l'esprit des doctrines éléatiqué et platonique. "
Eubulide succéda à Euclide, et il fut l'inventeur des sept sophismes, dont les principaux ont été nommés le menteur^ le sorUcy Vasystasey télectre, le masqué.
Stilpon perfectionna cet art puéril, et rejeta tout emploi des idées générales.
Cette école reçut le nom de contentieuse. La philosophie èa était encore à imaginer des moyens pour le pugilat de l'esprit. Le goût de la dispute allait jusqu'à la fureur ; et, au rapport de Diogène Laërce, Stilpon appelle Euclide Je querelleur qui a inspiré aux Mégariens la rage de la dispute.
La secte des Cyniques.
Un autre disciple de Socrate, nommé Antisthène (4o4 avant Jésus-Christ), fonda cette secte. Il vendit tous ses biens et les distribua à ses concitoyens pour embrasser l'état d'une pauvreté libre et indépendante. Posant un principe contraire à celui d'Aristippe il fit consister la vertu dans im triomphe persévérant sur tous les plaisirs des sens. Mais il était difficile que ces philosophes gar classent un sage milieu, soit en spéculation, soit en pratique. L'école des Cyniques se fit donc un honneur de braver tout ce qui lui paraissait préjugé. Le nom de cjrniques fut donné à ces hommes, soit c. c. 34
à raison de la hardiesse avec laquelle ils aboyaient contre Terreur et le vice, soit à raison de leiu* in^pudence.
ns soutenaient que tout ce qui est naturel est bon en soi ; que ce qui est bon ne doit inspiter. aucune honte, et. qu ainsi,. toute sfction ctinfofme àlanature pouvait être comiîîise îndîtterennnient eti'public.
• Ari5toteetl)iogènel,aërce attribuent à A^ntîsthènecétl^maxiinne,' que « rien n'est susceptible d'être . contredît. « Ce qui semble le rapprocher du scepticisme. *
Le plus fameux dîscipfe de cette école fût'Diogène le Cynique,' néàSynope, en 4i3 avant Jésus-Christ. ïl voulut ^pratiquer à la* tettre les maximes morales de son maître, ce qui ï^ renHu ïhomme le plus, bicarré de l^antîquité. On a prétendu que sa vie avait etë la' censure de tdtts les vices : mais il éiut convenir qu'une telle censure, accompagnée dés débauches les plus dégoûtantes, n'a pas lescuratîtères de tçi vehu.
' Ttttinime, Ohésicrdte, Crûtes èl sa %mme Hîpparchia, l^tifoclès,! Menippe nx Menedème sont d^auttes philosophes 43yniques 'dont Diogène Laërce nous a raconté la vie.
!^aii<it Augustin' observe que de son temps il y avait encore des cyniques ;*mais qu'ils n*auraient pas osé impunément ôïîenser les yeux.d^ public par leur impudence. lia moràlte chrétienne avait' établi* une décence sofciàlè, inconnue aux peuples de l'andquhé.
Secte des Stoïciens.
Ûécole cynique vînt se fondre clans le Pprtiqi^. Zenon de Citium, ville de Chypre, en fut le chef. Jeté à Athènes bar un. naufrage, il devint d'abord disciple de Polémon,' philosophe de l'an- <;ienne Académie ; puis, il s'attacha à Cratès le (Cynique, et fonda sa secte quelque temps après la morttd^Aristote. Dans Tordre spéculatif, nous avons vu qu'il s'efforça de restaurer le dogmatisme en le fondant sur la piercepHon eompréfaeiisiv^. Dans l'ordre moral^ il â€4^para du prindpe «l'Ant&stliène, le dégusta des folles .cyniques, ei.pdsa avec une hardiesse qui effraie rkun9afiilé,k'£»niileiTieiH de la vertu et <bi b^onheur suri a/to^Ai^ du s^ge. Cetre cocM^piion -vrai- Inent,^g^audé lui fait honnéui; ; mois la cooséqueitce qui en résuke est une rigidité une âpreié ^aroucbe de morale qui brise la i»ateure humaine» Le courage de rhomme consiste, non ù nier que la dou-
» De Ciiil^ D^y 1. XÏV, c. HiL,
kunsoâlumiml^ifliikàjmppDrtoc cttisnrfipar'Jkftbit J4Uie^<rciIcmltt eoamgea&e» Dailkacs^eoniiifienfiiiiixale était i&xaihse sur letinépns et hL^nsàutpué^ ai0â;bi9ii'fpi0^>fi!U]? llii&nifiîUlifo^ dans lesdûàleura^ irjeàt.&litt^ oflUr ^Mi&ihûiiMiusiiiijpuissanttflppui pour i^*ib<pii&n scBt'sWltiier j|isipie4à:;»€t eiastiOe quA^Zenasi ne^pouYiiU pnfiiftifie.
;Qiioi>giiil.ei& jsoît^'Qfiittoiiâgeisr^use Tësîstaooe a bvmoâiase cb» emssififttiicie'proteftUtîon «oèentieUe icii.f»9enrNileiJdi dîgQÎlé hu^ naiBc^icttoomnciim jàhm ;pliaiité. d^ofi la sroitterdos aèdes rpoiir condkiifei 1«» boiniDes ami noÛesi Mijpirations du vbnsikaiisme. . SbémsRXMcvrix Mti écoiadanâ^.leiFotcife^ pa]tiqueidVithéne&, .d«^ coré par des peintures^ cVst pourquoi .on ihii a doané'le>iu»i».de stoik]t5ieiqu d«> portique '*
. £ii.i»a:iiÂiie de veligion^ ce philc^sophe admettaii: an. DUat, qui était d^ame'diM mondes Jie *M(mële.wtaU>saniCmpSf et les deuxen^ semble i^faonmem un animal pacÊiit. <ll revoonaissait «n toMCft ^Mises<uBe:-néce»itë. înérânble, ne < qui anéantit h. diffiérence las*seaîiisik'Ctttse 1« Jbâtni^/et 4e jxuiL Enfio^ i|:poâaik en.priiuripe que toutes^ lesifiiiUieecsanttÉgftios.
.. (^éantès^ Chiysîppe,.Sliipoit, PasBCB^ius^Oftloii, Sé»èfpx^^ Tbmfléds^ ;Pixtiis,iHttlYidkis(Prisoiis, Epietigtev ktS'««9f«eeuvj» MâxQ^Au'^ rèlé. et^Antooîi^ oct éîé diseiplies de :€((iHifr écp)«« Noua. arQn^- dit aiUsiifs les .combats* que fe £ofti^p«eiCX»Uint ^lOi^Jir^ks^ci^tiqjiH^ do'ia.'«ceoiideittt de Ja larobvesiie Afc%4émit#
iEpictèie9'j«sal^Titm^(à:Hiiéi;qpMrfb9»r9b« ToK^uett»
stoïcûett^iet oma. oetiir sei^te< d'uAi9;iiHtf ftl^tsubti^i^ p^r le «pn^mi»!:^ ^^ eni vfrJi)\ûB> ebiMMas. ,U.f^MsM.|;oHf^ k philosophie k ces étlfa^]ê^^is^^fftw ifâî^'ùàts^m pour 1^ cb^f-
dDeettfn» de k niofttl|9i«ii|ique>
- jç renv^ te i|56t^^^ ^iif^t^d'/^U mr /e ^scepticisme^ où jV suffisamment parlé de Pyrrhon et de sa secte.
h]écQ\e Italique.
Après avoir parcouru les différentes sectes enfantées, par Técole d'Ionie^ reprenpns ce qui a rappprt à x;elle d'Italie. Ces deux écoîes
^ Du rtuot grec ffTcà, qui signifie porti.qwe.
5321 mUCIVES VOWDiJISlITAlJX
86 développèrent paratt^lement sur différents théâtres, et eurent ensemble des rapports d*a£Bnité ou d'opposition que nous avons déjà plus d*une foie signalés. C'est pourquoi certains auteuiss conduisent de front l'histoire de l'une'et de l'autre, qu'ils divisent en périodes, afin de grouper sous, chacune d'elles ce qu'ik trouvent de remarquable des deux côtés. Cette méthode a l'avantage de. dérouler sous un seul coup d'oeil la suite des idées philosophiques dans les différents pays. J'ai toutefois préféré suivre l'ancienne division qui établit d'une manière plus distincte la filiation des sectes et facilite le souvenir en fixant l'imagination sur le théâtre où chaque école s'est développée.
L'école d'Italie remonte presque à la même époque que celle d'Ionie. Pythagore, qui en fut le fondateur, connut Thaïes dans sa jeunesse, et il en reçut le conseil de voyager en Egypte. Ce philosophe naquit à Samos vers l'an 600 avant Jésus-Ôirist. D'abord athlète, il devint philosophe, lorsqu'il eut entendu Phérécide dis« courir sur l'immortalité de l'âme. Il parcourut l'Egypte, la Chaldée,. l'Asie Mineure, l'Ethiopie, l'Arabie, et pénétra jusque dans les Indes; puis, après un court séjour à Samos, il alla s'établir dans la partie d'Italie nommée la Grande Grèce, habitant successivement a Héraclée, à Tarante, et surtout à Crotonè chez l'athlète Milon. Enrichi des traditions qu'il avait recueillies de toutes parts, et probablement des idées qu'il avait puisées dans les saintes Ecritures durant le séjour qu'il fit avec les Juifs à Babylone, il se mit à philosopher, et réunit bientôt une foule de disciples autour de lui.
Une obscurité mystérieuse couvre le. berceau de cette philosophie, présentée sous des symboles dont Pythagore se réservait le secret pour le communiquer seulement à quelques adeptes choisis. C'est donc seulement par la doctrine des disciples qu'on peut connaître celle du maître, et la dégager du mélange qui eh a été fait avec celles de recelé ionique, par le plagiat des chefs de sectes, par la crédulité des Grecs, par l'amour-propre national qui enfante toujours la rivalité.
Les notions mathématiques jouèrent un grand rôle dans les doctrines pythagoriciennes; mais au lieu d'employer les /lo/wiriff^ comme simple instrument de rintelligence pour opérer sur des quantités, on les employa à chercher l'origine de tout ce qui existe. C'était le premier problème que la philosophie se proposait dans l'école italique comme dans Vécole ionique.
De là, le principe fondamental : les nombres sont les principes
BB FSILOSOPHIB CHmAriBHHH. 533
des choses '. Les fonnules mathématiques furent converties en lois positÎTes de la nature, et le doinàine de la morale même fut soumis, comme celui de la nature physique, aux calculs arith» mëtiques. Les notions des sciences mathématiques devinrent comme l'exemplaire éternel de ce qui est et dé ce qui doit être.' . D'après cette idée première, la monade occupe le premier rang dans la nature; tout dérive d'elle, puisque tous les nombres se forment par sa répétition. Elle est simple, elle est Télément essen« tiel, actif, la cause universelle et éminemment parfaite. De même, le point est le principe générateur des corps et des figures.
La dyadcy au contraire, est imparfiedte ; elle est produite et composée; c'est la matière, le chaos, le principe passif.
Ainsi, la monade et \à, dyade sont les deux genres qui compren* aent l'universalité des êtres.
Les nombres pairs sont imparfaits; la perfection n'appartient 4}u'aux nombres impairs.
. Cette école distinguait aussi la tryade^ la tétrade et la décade^ qui joue un rôle éminent dans les symboles pythagoriciens. .. Ce serait un travail long et stérile, que d'èiitrer dans les détails obscurs de cette théorie mathématique, où Ton voit le mélange du monde sensible et du monde intellectuel, du physique et du moral, le tout subordonné aux règles de la géométrie et de l'arithmétique.
' D'après ce point de départ, ils ne remontèrent point à la cause première de manière à lui reconnaître une existence propre et in- •dépendante. Soumettant tout aux lois nécessaires et immuables du calcul, ils.ne reconnurent Dieu que comme Tâme du monde, ils parurent l'identifier avec le feu et la lumière, et ils admirent un panthéisme grossier, qui disparut plus tard lorsqu'on eut des idées exactes sur l'attribut de l'immensité.
A l'égard de la morale, ils disaient : la "vertu est une harmonie» -Ce qui est bien^ se range sous la loi de Xunité; ce qui est mal^ sous la catégorie du multiple. Dieu est le juge moral de l'homme.
Quant à la psychologie, les Pythagoriciens distinguaient deux parties dans l'âme humaine: Tune, principe des besoins physiques et des passions ; l'autre, des opérations de l'esprit et des résolutions •de la sagesse. Elles ont une origine différente, et des sièges dis-
* Aristote, lUéiapk.^ I, v. — Gîcéron, Quœst, Âcad,, IV, 5 37. — Sextus TEm» liiriqae» Hypoth, Pyrrhon.^ H.
son
linotÉ dttMlft eorps;» On ynnti cjneks iwiikési étnîènf enaAagàte «Bonne idc*juhstsnce& L'ime eÀt imepattie dfe là» grande àme dà aimd«^.ini TByom démréduiftqrerdek hniiiièir& file;Yienftj|iMnB«m ttnémmrduislè •OTpft>lnmttin;^piiiri«iUe'«n soit,,et £q>r»;jst«Dr erré dans les i^^nsiéfchérées,. elfe passe ifen»dœtixs<faiÉlitatm piree cpi*dle est iMmnrtaMe, Vioilà le :9^ème de Iftmétempsgrcese, <l«iprès%lequel>yànie^on ' iwmnie .peotpmser dMwnvTponc. • l4rrataim,.di9cipUnéepitrliB8liiamie»règlesyétM les]P3rtha^
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Yo\lk,e9'^'à*t99i'9fen^l9SKÀ3mniit6^ ardistsnfiié
de^plus pnéoia dan^fai doettdsie des «Pytbayif kiena.
Le fondateur de cette* eeol» soimiettait ses dbeîples à. benu*coup d'épreu^esf d: observait tenrs^ manières^ leur» ns, leur» démarches, et il exigeait d*abord d'eux «nisMenoe de €inq)ani& B^mdant oet intervalle, iis étaient appi^és mtdUmnj e» ^Sàm éndent admis, on les nommait initiés. Cette initiation'psssemllhiiten'quel»qnes points à celle de la franotnaoennerie raod^me^'efc'esr probablement eetpt; a rendu ai diffieile parltranitePexillIeation d#& isytnboles pydiagOFÎcîena. Le secret de la défense de manger des fèves » beaunoup •'tierce lea»saisaati^ et aprâès;des idiscn8sion»el^dSes conjecture» asaoa&.mullipiliées^ <h» eii sait^nn peu moina qoIiBpah mnnt.
Pythagore était très-viersé dans la musique, la géométrie, r.aatMh nomie et bi polî tiquer ««^fiiatitf diain tdismivent^; ne faive^ la. guerre qu'à csnqiGkDsev: oosL Dnkidic9>da<QOK|>Siy àrrîgnanmoede Eespôi, aux pasflion»dueann3,.aEu»4édiaiaB» dea.iîHieSy.etjà la diaoeade^des ftanillea. »Int8nDgé'parleft magistcatrdèfi 3nUe»dela£rninde ficaœ^ il leur reeonnnanda babonBeifiiî etla^juaiioe^ lenr rcpvBBenle'iiBnarehie- comme le fdna grand' dès maux, l'éducation des«eiifimts comme le moyen le plus ef{icaoefd\ass«irer un joorMyheugeuaaa de» tihëes s KEcat.
Lea principaux PytfiagoricîenS' forent le* Scytiie Asbanis,. Smpddoele d'^grigente, Oeellus deimoame, Innée de iMares, 1^ ^Alarme, Gobante de S^ivQouse^ Ajrehytaa>de''fiareBtef AleniÀ>n, •Fhilolaiâs,.Hyppase et Eudose»
SecteSl^Affqoec'
J'en aiipai^léaas e^ anion^^ enitraitant^du scepjdcîane.
i^mvmamBmÊm miéruwiWE. C^3S
$«çt&d^<6jp4fiirii:«l',
,$ante \ Epioura i)ac{uità^Garge.u:ium dan$t.FAmqMe3.ah«34^. ^mit JëjSu^Qhrist^ Sa.s^at^ fyi fondée à peutl»rè$< ^^woèm» tem]»$( fp«e
. C€ille9> du^Pomcm^, du p^irlionisjne^ et de^ la nouveU€^A^diléiBM.|i<is
, d^ci[)le$ d^ Pyirboxi . ej: c^ux de Zéiuon furent, dâm 1a ^pooil^^lUni et la pratique^^lea pâaâgaux adyexsaixes dé r;épi«»imswe| t««<}is
.(]fie W. atoïcieas luttaient. eux-^méme&cQnice le scepjùa&me pjnrrhonie» et.académi({ue<.Il jâvait disiputes.de tous le» côtés»
^ Epicujre futiFutt des philosophes les plus lovés et les pluii^dâpivh ciés* Le va^e desa dactrine pratique en. a été la principale eaiM«. Laioorale était Je.but.e6Sif4%tiaLde ce philoaophe ; lehutde saniQ-
.mle étaitla félicité préfiente. Qr^ la félicité,. entant qu!eU& convient à rhomme, c'est-à-dire la félicité inférieure à. celle de la divinisé, réside essentielkment dans/o. vialuptéf, qui doit être, c^cherchée
,pour e//G-méim,eK pour' laquelle noua devoxts rech^rcU^r tattt:le reste^. confcirméniem à la. nature. Cette volupté qpi constitue le bonheur e^t celle qui ré&tde dans le repos, dans l'affr«VQchiss.eni^[|t des douleurs .du corps et la tranquillité de lle^rit: on pourrait rappeler la 3anté phj^iqpie et morale de Tiiomme ^. La natui^ n emploie les besoins et les.éniotion^. q^u'iU. produisent qpje pour arriyei: à ce repo3 que procure le be&oin satisfait.
Poiu» parvenir à ce but, laipremipre condition.eat la pratiqua dès Yei:tns ; la secondei^ une mison éciairécqui nouStg;uide dans le ohoif^ desmojrenji; latroij^iènie|.une connaissance delà nature, .néce^fiaii^ pour nous.délivrier des vain^ appréhensions, qui seraient, funè^irs à notre re^posr
Epicure rejette comme oiseuses Je3 recber£he9«{fhilofipphiqo^iiii' Fe^sence descho^e^^il r^ejette. k dialectique, ooimne uni arâenal>de yaines, subtilités.;; il rejette les fable&.poétiqi^s ^vles.exagésaiticms .d«SkJrhétftur5î etil. ne. veutaie servir de.la>parolequ>e.poMe«xprin»$r
' sinaplement. et fidèlement SA pensée*
Pour être vertueux, il faut sai^oirce qui est vrai et vouloir ce qui
. eaibien, ce,qui.se>fàit par Texercicedu J^bre .arbitre. Epicure reconnaît qu z7 ny a rien de nécessaire dans Vhomm»shw de raésém^ 0n
.. ,ABf|ii»irt <liM«|rfbMrmultft ef^tMor* somyierr fuitt c^utm oa'teraiyim. (i4ie^^ * Gassendi, /'A/7èjk •£/HiMi% é>*y»lA^roMr^ oll^ II.
536 FEIH€I9B5 VO]fDAlIXIITA.1lZ
tant quHl use de la raison, et se rencontre ainsi avec Aristote dans la condition fondamentale de toute moralité. Gest de là qu il fait dériver la notion de vertu.
Mais le point essentiel est de décider ce qu*Epicure entend par volupté et par vertu. Nous venons de voir que la volupté consiste principalement dans le repos que procure le besoin satisfait. Parmi les auteurs qui se sont occupés de cette secte, les uns ont dit que cette volupté n'était pas celle des sens, mais celle de la raison «et de l'espiit, la satisfaction d'une bonne-conscience, la tranquillité d'une âme exempte de trouble et de crainte, enfin, une tranquillité qui ne peut être que le fruit de la vertu. Ils ont loué sa tempérance et Taustérité de sa vie '. La philosophie du xv!!!** siècle s'est ralliée à cette opinion, parce qu'elle a eu généralement pour but de réhabiliter les réputations flétries, et de flétrir les réputations vénérées. Selon elles, le souverain bien de la secte épicurienne était le même que celui de la secte stoïcienne.
Un grand nombre d'autres, tant anciens que modernes, en ont j ugé bien différemment. Selon eux, la doctrine d'Epicure était une théorie de débauche, et ses mœurs furent infirmes. Ils disent que le principe de ce philosophe se confondait avec celui de la secte cyrénaîque, qui expliquait la volupté par la satisfaction des sens \ Gicéron s'élève avec indignation contre ceux qui veulent contester le sens du mot n^o^in en grec, et voluptas en latin. Puis, s'adressant à ce philosophe : «Voici, dit-il, ce que vous dites dans le livre qui contient votre doctrine sur cette matière : « Je déclare, dites-vous, que je ne reconnais aucun autre bien que celui que l'on goûte par les saveurs ' et par les sons agréables, par la beauté des objets sur lesquels tombent nos regards, et par les impressions sensibles que l'homme reçoit dans toute sa personne; et afin qu'on ne dise pas que c*est la joie de l'âme qui constitue le bonheur, je déclare que je ne con« cois de joie dans l'âme que quand elle voit arriver ces biens dont je viens de parler. » Ainsi, lorsqu'on cite ces paroles de l'orateur romain : Negat Epicurus jucundè posse viçiy nisi cum virtute viuatur^ il faudrait aussi ajouter le reste : Nec cum virtute, nisi Jucundè.
* meroD.y jéduersus J(H'in>^ lib. H. — Senee., de Vtta beata^ c xiii. — Gassendi» de rita Epteur,
* Cicéron, de Finit,, I. Ul, n9 46. — PluUrque, Traité : qu^on ne peui vivre joyeusement selon Epicure, — Dictionn, de Bayle, art. Leoniium^ et remarque P de Tart. Hélène.-^ L'abbé Batteux, âtérale d* Epicure tirée de ses propres écrits. Ce livre est dirigé contre l'apologie que Gassendi avait faite de de ce philosophe. — Gard, de Polignac. Anti^^Lîtcrécs^ lib I*
Ds miiiOfloniiB GnuBrantHB. 53^
D'ailleurs, s'il y a de l'obscurité, elle se trouve dissipée par la manière dont le sens diTmot volupté a été fixé par les disciples d'Epicure, par les sectateurs de sa doctrine pratique, et par Topinion générale qui a fait du mot épicurien le synonyme de débauché» Le cardinal de Polignac résume cette question en peu de mots, lorsqu'il dit :
Àbs te non iglturposiU in virlate volaptas, Ast in ea Tirlus
C'est donc avec raison que le P. Thomassin conclut : « I^ morale spécieuse d'Epiçure ne tend au fond qu'à rendre les vertus esclaves de la volupté, pour faire qu'on aime la volupté pour elle-même, et les vertus à cause de la volupté qui les accompagne \ »
La psychologie d'Ëpicure était conforme à sa morale. Selon lui, Tâme est corporelle et composée de la matière la plus subtile ; elle est inhérente au reste du corps et alimentée par lui. On y distingue trois éléments : les sens, les appétits et la raison. Mais tout est subordonné aux sens, par le moyen du sensorium où viennent aboutir toutes les impressions sensibles. Aussi, Tâme périt-elle avec le corps, et quand la mort survient, nous ne sommes plus rien.
Sur la question de la certitude, le philosophe n'admet ni le dogmatisme, ni le scepticisme. Il reconnaît trois critérium correspondants aux sens, à rintelligence et aux appétits. Sur ce fondement, il établit quatorze règles ou canons logiques, et rejette les formules artificielles du raisonnement exprimées dans YOrganon d'Aristote.
En physique, Epicure n a fait qu'admettre et développer le système des atomes imaginé par Démocrite. Il n'y a, selon lui, d'autre cause réelle que les atomes, doués d'une force qui leur est inhérente, qui lès rend capables de s'attirer et de se repousser les uns les autres, au milieu d'un vide immense. Ainsi, l'existence de la divinité n'est point connue par l'ordre du monde. Epicure l'admet d'après le sentiment de la nature qui la révèle à tous les hommes; mais il nie la Providence, c'est-à-dire l'action divine dans les phénomènes de l'univers, et relègue Dieu dans une sphère absolument étrangère au cours des choses humaines et aux lois de la nature. La raison en est, selon Lucrèce, que son intervention nuirait à son repos et à sa parfaite béatitude.
Malgré ces rêveries insensées, les jardins d'Epiçure devinrent le rendez- vous d'une foule de disciples. Rien de cela ne doit nous sur-
* Méthode d'étudier et d-euêêigner la fikitosôphief 1. I, c. xx. a.
pentes < Qui<^D<^o*^eiiil*AtTO epienr^
joanv »l\ne finit paiétve mt^emaÈAe$pfti/t pourr isftvbii^ vi^n!««^ •ffrà éé
flo&i p€DBQh»nrs^. déréglés^ Cftai - la phUosophiè* dte» HnM^St
Pan»» Im» disoiples^ile* oaftie' éènle^- on ilktingiiè*l|MiroâdFfi, Ifiôi^ .HHNiius^Mitfl^IitoinMfiefet pld8kan<A»»m«iii^)£ftres^entt^stt»ti«âi, Philénicle, dont les mœurs infômes ont mérité Téloge^déseiieyothpédistcs. Mais le plus .célèbre e£le:{]tlu5.fsutatu(ueâbdmirateur cVEpicure fut Lucien, né à Rome en 95 avant Ji*£.iDAiiitt|»oénie deRerum natura^ cVune médiocre littérature, il s'attacha à concilier X infini à*'hnmàui2t\\àt9 >€t'}^s»^0i(am99*à^ D^tuQerfte^aEvee lè» idëèse^^son xasAïtr. Mhts il prenâà tàdhe>SKremtt' à& ssper-kt croyetnoe um- ▼erseHe en la divimié', assunmt*c(fieoest'Iit-peuriqut enfimta lè$ dieux. Dans son* poei»^, il pradtiH: un atbersme eflfironté, clbm Mi^0'Poi»gervîUe, s<in*deret«ptrodiirtear, a^Tainement'tàdhedb le juaûfifr parsies dissetiatioiifi préfimnaires; £1nrpi<ftét3onTenmt h répocpie de lUiertiita|^ettdè'piitréfti(3Ci9it'SDesa)e on^itarriV^'Ib iiioimIp.
En ctehors de» éootes^ tjne^ mm» veR&R9é^ plisser ma revue, se trouve 'là «eete^éckM^iiqtiej dbtit te^iheipe Tondiimental Aitcfe ne s*«lta^ber à aucnne, mais(irchoUH^dtosrteiite»îee qtril^y *d èeïkm. Klenorqurt vraisembfiibUniiem île Ht lte9ittttfe'qiieprQd^isirent)éstfi5putes^des philosophes^ et;d^lHiiip<»stbi}ké'):^ie» s«<nrièi]è Êàre prëvoloir un nouveau système. Ct^se^f» làfcftie donnât 'finir h pMldsorphie. Be Mti0ée'd^AleKan>dneiitsTi]Hlè^eeRtr»^f>écimc^ tfei beaux esprits* qifi auparavomtémient. dissggiinés dms fe-lîîrèce et reconnaissaient Athènes pour leurméttopoiè; I)estemps^a^ramnt^c£un^ ; la (ytièee avait' perdu aon^ imlëpûiKknce. Ba» Bi^cbs^ encotirageaaent' les sarvams, en fl^ndant^ des 'étdèiissetnents^ des- collections de tous genres^, etsuPtQiit une^t^iothètjuetmmenst. Bi», silé génie n inventa rien, it ftfeTévivrelesi or«itionstprééédentes, cnselîvraitt à la recherche des'travaiut dé t'antiqmisé, à la criti<jue lîttâraîre, à l'art d'interpréter e^de'€oaliMnte^. At^xandi^iefiâcomme fecAron^ fP asile des phikisiophes. l>émëtriiis do PltiMte, Siraton de I«ani|^saque, Xenarqtiej Boëlhus^ À«» Sidùn^ Ariston, Heraclite de Tyr, Dion, Théodore, Hégésias, Golotès, Sidonius, Spltârns-, iSotîon^ Sauras, Ghérémon'pan&renrstir'ce noavvatt'âiéâltre, ettfHsciHi df^ux resta- fidèle à sa seete.>%!biWle'9^^>tti^ enrappitiéHant^Ksliomme^ devait rapprocher les opinions, d'autant plus que l'épreuve du temps avait >fattt>vqirU ifeiigiitt4<teaapitMni>e; -
BotanKMi'd^Aleociiiidrie, epnYÎFaît sciofl« la'r^gnt d^Au^oamt '; p9- ^«cHKl 1^ premiers cèéiiœDts<>dc yjacteetism»^ «c leur 'dkmtia^iine forme aystématique. Dspim \tm^, acte ëookt- » «lé'Sfwrie* pnri là plap9irtidespfaHo60[ph«&le» pkis 'duiinguéf^ j^tparoens^ d'enorft^i» Bères île FSglîie i{nnicnilp»ianépiid)ie iUmftagede }aphîkisafrfu«;Sii eeilïematîèK^îkadQptataiiilaimaismcu^^ tlemtivtrenHmjtnis
un^swtBpmficuféine^ medk'lajagmttBQÊÊemei, âmiquelquiHiBmfu^Bffig smtr0m»ÊK Otthnsaaimiitilîscaayiinii^qiBa ce J^stètne* pfaikuopitttpie aersoit krphiSîraisonmiUetnnHS R'iLiippoae/iinenrteliigvnceRXJeeDét, on figotamt <bt»t! et ferme; aaosquoi^ ontse perd dan&ile tebjpliashe cfesiepîirieaayeirl'aiiiDe sepramped^im sysnotétiutw gcofsîer •qu'en iomlBBmdttfiâ ieigeq>tk3irofe=.ilnmi., iliest^w db dine qiie*d0s •détmi^' lam lesrsy9Cèiiica^.y.«ele d'Aiexftndris ne ébrmaigoèiMs qtvmt dmoK^ au œiUmdaqiKL li&Hingile sévi « ps porter k Ininère;
IT. Jo^emeiitt porté» sor la philoaephfe ancieHne.
Maintenant que vous ave^ vu passer sous vos yeux les jénie5 scientifiques les plus remarqiiables de Tantiquitë, et que, dans un ' résumé court^mais fidèle, vous avez considéré l'origine, les développements, les travaux et les résultats de chaque école^ vous pouvez déjà porter un jugement sur celte période de la raison hunaaiiie, conune on juge dans un tribunal après vérification des piec.es. (Te&t ce qui a été fait par beaucoup (Técrivains tant anciens que modernes, qui ont apprécié ce qu'il J eut de bien et de mal dans là phlo Sophie.
On ne saurait disconvenir que resprîtphilosophique^s'ap^p ayant sur les traditions religieuses, ,et puisant des lumières nouvelle:» chez les Orientaux^ n ait. produit de belles conceptions. Le monde ancien lui dut des maximes de morale, publique et privée^ d'autant plus précieuses^ quelles brillaient à cette époque comme des phares au milieu de la nuit. La philosophie, d'ailleurs, cherchant Texplicatiop de toutes choses, a quelquefois rencontré juste* Le monde lui devait ce qu'il j: avait de mieux dans les/sciences, dans les arts- et dans la nplitiqpe. Elle a donc rendu au genre humain des services qu'<^ ne doit pas. méconns^ttre. Voilà le beau côté.
Mais il j. en amn autre : bien désavantageux sou& Ie<jpieI.Qn, peut
' Suidas, in voce IIoTdlfii.ttv<
54o PftlNCIVBS FOlTDàlIfiRTAUX
considérer l'eftprit philosophique dans son ensemble et dam ses détails. On s'est attaché surtout à feire ressortir Tobscurité des systèmes et les mystères de l'enseignement ésotcrique^ que nous avons signalés dans les principales écoles. Quel bien pouvaient faire aux hommes des spéculations que la plupart des hommes ne pouvaient connaître ? Si c'étaient des vérités, il fallait les répandre ; si c éuient des erreurs, il fallait y renoncer. La philosophie avait encore un autre vice radical, c'était le peu de fermeté de la raison dans chaque conception individuelle. Les prétendues explications physiques, théologiques, physiologiques étaient presque toujours des conjectures plus ou moins fondées dont un homme se préoccupait, et qu'il donnait ensuite pour des vérités constantes. De là, ces variations et ces contradictions des systèmes qui se renversaient les uns sur les autres : et toutes ces ruines allaient s'engloutir péleméle dans l'abîme du scepticisme. Ajoutez à ces désavantages celai d'ébranler les croyances les plus salutaires du genre humain, d oter la foi en Dieu pour déraciner les superstitions païennes, de saper la base de toute moralité en détruisant tantôt la notion du libre arbitre, tantôt la distinction entre le bien et le mal ; tantôt en £iisant l'âme matérielle et en niant la vie future; tantôt en proclamant la débauche comme la souveraine béatitude. C'étaient là certes des égarements funestes qui dépravaient le monde, et qui, se combinant avec l'idolâtrie, précipitèrent la décadence de tous lès peuples civilisés.
Enfin, nous avons vu que l'esprit d^investigation et de système, joint à l'amour de la singularité produit par l'orgueil, poussa souvent les sages de l'antiquité à des extravagances dont se moqueraient aujourd'hui les plus ignorants des hommes. Le monde a donc marché depuis lors ! en remuant cette poussière antique des systèmes, en évoquant de leurs tombeaux les ombres illustres des Anaxagoras, des Socrate, des Platon, des Aristote, des Pythagore, et de tant d'autres, nous ressemblons au voyageur qui va méditer sur les ruines de Babylone et de Memphis. Mais le monde a-t-il marché par la philosophie.^ Non, puisque la philosophie en était Tenue au point de ne plus pouvoir marcher elle-même, et qu elle était allée, agonisante, se coucher sur son lit de mort à Alexandne. Non, puisque cette philosophie décrépite réunit encore ce qui lui restait de force pour maintenir le culte et les mœurs du paganisme. Non, puisque les vérités salutaires établies dans la conscience des peuples ont été presque toutes contestées par les systèmes de la philosophie ancienne.
Ds PBiUMOPBiB cMMàaBxm. 54 r
Mais il vaut mieux laisser parler les auteurs Tersés clans cette matière, que de nous livrer à nos propres considérations. Il est juste de commencer par celui qui m'a fourni le plus de matériaux, quoique j'aie été plusieurs fois obligé de m'écarter de ses senti«* ments.
M. DE6ÉR4NDO.
« La première impression qui s'empare de nous en reoonnaissaiit nos propres erreurs, est celle du découragement; ce décourage* ment s'accroît encore en considérant cette longue suite d'erreur^ qui se sont succédé même dans les ségions les plus élevées de la science, le spectacle des controverses qui ont partagé les esprits^ les plus distingués, la destinée des sjst^es qui ont semblé jouir de la vénération des siècles. Y a-t-il donc quelque choâe de certain ? Les maximes dont nous croyons avoir les convictions les* plus profondes sont-elles autre chose que de simples opinipns? Qui nous donnera un signe régulateur, un critérium^ pour discerner le vrai du faux, une mesure pour apprécier les divers degrés de certitude! La philosophie encore est appelée à nous prêter ce secours, et à nous sauver de l'abîme qui semblait nous attendre an dernier terme de nos efforts '. » On voit que, d'après M. Degérando, la science n'a fait qu'ajouter ses controverses et ses systèmes chancelants à nos propres erreurs; ce qui n'empêche pas le savant auteur d'espérer que la philosophie nous guérira des maux de la philosophie.