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IV. Toute la nature montre Texistence de son auteur

Mais enfin, toute la nature montre l'art infini de son auteur Quand je parle d'un art, je veux dire un assemblage de moyens, choisis tout exprès pour parvenir à une fin précisé. C'est un ordre, un arrangement, une industrie, un dessein suivi. Le hasard esttout au contraire une cause aveugle et nécessaire, qui ne jprépare, qui n'arrange, qui ne choisit rien, et qui n'» ni volonté ni intelli-* gence. Or, je soutiens que l'univers porte le caractère d'une cause infiniment puissante et industrieuse \ Je soutiens que le hasard, c'est-à-dire le concours aveugle et fortuit des causes nécessaires et privées de raison, ne peut avoir formé ce tout. C'est ici qu'il est bon de rappeler les célèbres comparaisons des anciens.

V. Belles comparaisons qui prouvent que la nature montre l'existence de son auteur. — Première comparaison^ tirée de V Iliade d'Homère.

Qui croira que Y Iliade d'Homère, ce poëme si parfait, n'ait jamais été composé par un effort du génie d'un grand poëie, et que les caractères de l'alphabet ayant été jetés en confusion, un coup de pur hasard, comme un coup de dés, ait rassemblé toutes

* ClCf lib, 2, de Nat. Deor,

* In qoibus nuUa temeritas, sed ordo apparct, et arlis quœdam sîmilitudo. (Cic.> de Nat, Deon^ lib. 2.) ^ '

â6o THBOLOGIB NATURELLE.

les lettres prëcisément dans Tarrangement nécessaire pour décrire, dans des vers pleins d^harmonie et de variété, tant de graods événeoients ; pour les placer et pour les lier si bien tous ensemble; pour peindre chaque objet avec tout ce qu'il y a de plus gracieux, de plus noble et de plus touchant; enfin pour faire parler chaque personne selon son caractère, d'une manière si naïve et si passionnée? Qu'on raisonne et qu'on subtilise tant qu'on voudra, jamais on ne persuadera à un homme sensé que Y Iliade n'ait point d'autre auteur que le hasard. Cicéron en disait autant des Annales d^Ennius; et il ajoutait que le hasard ne ferait jamais un seul vers, bien loin de faire tout un poème. Pourquoi donc cet homme sensé croirait-il de l'univers, sans doute encore plus merveilleux que Ylliade^ ce que son bon sens ne lui permettra jamais de croire de ce poëme? Mais passons à une autre cornparaison, qui est de saint Grégoire de Nazianze.

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