‹ Cours de philosophie chrétienneChapitre 9 sur 67 · T.. IIJ · texte numérisé non relu

T.. IIJ

aïo noiobooiB matukblu.

puisque le mouveinent n existe nécessairement et par lui-même dans aucun de ses degrés de communication, comme je Vai démontré ci-dessuS| il est érident que Spinosa, dans son opinion, doit admettre « une succession infinie d*étres dépendants, qui se sont produits les uns les autres dans un progrès à Tiofini, sans aucune cause première et origioale. » Mais j*ai prouvé dans la démonstration de ma seconde proposition générale que c'était une contndiction formelle. Puis donc que le seul moyen d*éyiter cette absurdité, c'est de reconnaître un principe d'action et de mouvement, je crois avoir prouvé démonstrativement que la cause suprême est sans contredit un Être libre, et qui n'agit que par le pur mouTe^ ment de son bon plaisir.

De tout ce que je viens de dire dans ce chapitre il parait é^* demment qu'il n'y a dans l'idée de la liberté, ni impossibilité ab« solue, ni contradiction, comme le prétendent les partisans du destin; car ce qui est actuellement n'est certainement pas impossible. Or il vient d'être prouvé, non-seulement qu'il y a une liberté, mais qu'elle doit nécessairement se rencontrer dans la cause première et suprême. Ceux qui nient la possibilité de la liberté et qui se dé* darent pour un aveugle destin, appuient beaucoup sur cet argument dont ils font leur plus grand fort. Ils disent que puisqu'il n]f arien qui ne tire son origine de quelque cause, il faut nécessairement que chaque volition ou chaque détermination de la to* louté' d'un Être intelligent procède de quelque cause, cette cause d'mie autre, et ainsi à l'infini. Mais (outre qu'en raisonnant de cette manière ces gens^là confondent toujours grossièrement les motifs moraux avec les causes efficientes physiques, choses pour» tant qui n'ont eptre elles aucune relation) outre cela, dis-ji?, leur argument prouve précisément le contrai re.Car, puisque tout ce qé existe doit avoir une cause de son existence, soit externe, soiimterne, et puisque j'ai déjà fait voir que la supposition d'une chaîne infinie d'êtres dépendants, dont aucun n'existe nécessairement et par lui-même, est une chose tout à fait contradictoire, n'est-il pas évident qu'il faut de toute nécessité qu'il y ait dans l'univers un Être qui n'ait tiré son existence que de son propre fonds, et qis eadste en vertu d'une nécessité d'essence et de nature, et n'est-il pas diair encore que cet Etre doit nécessairement avoir en lui-même «n principe d'action et le pouvoir de commencer le mouvemeni, en quoi consiste en effet l'idée de la liberté? J'avoue que cet argU'

* Mens ad hoc vel Ulud determinatar a causa, quse etiam ab alia deteriDioitt ^ et luec iterum ab alia, et aie in inflaitum. (Spin., Z/A., part. 2, prop' 414

ment prouve seulement la liberté de la cause première et suprême, et qu'il ne conclut rien pour la liberté des êtres créés. Mais il prouve tout ce que j*ai dessein de prouver maintenant, que tant sen faut que la liberté soit en elle-même impossible et contradictoire, qu'il est au contraire absolument nécessaire qu'elle se trouve quelque part. Or, ceci une fois posé, il me sera facile d'établir dans la suite que c*est une faculté qui peut être communiquée aux êtres créés. C'est ce que nous prouverons en son lieu.

Que PEtre existant par lai même, la cause suprême de toutes choses possède

une puissance infinie.

Cette proposition est évidente et incontestable ; car puisqu'il n*j a que Dieu seul qui existe par soi-même, comme nous l'avons prouvé ci -dessus, puisque tout ce qui existe dans l'univers a été fait |>ar lui, et dépend absolument de lui, et enfin puisque tout ce qu'il y a de puissance dans le monde vient de lui, et lui est parfaitement soumis et subordonné : qui ne voit qu'il n'y a rien qui puisse s'opposer à l'exécution de sa volonté P II faut donc de toute nécessité reconnaître qu'il a une puissance^ans bornes ; qu'il a le pouvoir de faire tout ce qu'il lui plaît, et cela avec la plus grande facilité et dé la manière la plus parfaite qu'il soit possible de concevoir. Il y a tant de force et dç sublimité dans la description que l'Ecriture nous fait de son pouvoir suprême, que je ne puis m'empêcher d'en rapporter ici quelques traits. « Il est sage de cœur et puissant en force, dît Job, au chap. ix. Qui est-ce qui s'est opposé à lui et s'en est bien trouvé? Il transporte les montagnes, et les renverse en sa fureur ; il ébranle la terre de son lieu, et il fait trembler ses piliers. C'est lui qui parle au soleil, et il ne se lève point, il tient les étoiles sous son cachet. C'est lui seul qui étend les cieux, et qui marche sur les ondes de la mer; qui fait des choses si grandes, qu'il n'est pas possible de les Sonder, et des merveilles en si grand nombre^ qu'il n'est pas posrible de les compter. L'enfer, dît-il dans un autre endroit, est nu devant lui, et le gouffre n'a point dé couverture; il étend sur le vide, et tient suspendue la terre sur un rien ; il enferme les eaux dans les nuées, et la nuée ne s'éclate point sous elles. Les colonnes des cieux s'ébranlent, et s'étonnent à sa menace. Il fend la mer par sa vertu, et rompt par son adresse les flots quand ils s'élèvent. Yoilà tels sont les bords de ses voies, et combien est petite la portion que nous en connaissons. Qui est-ce qui comprendra tout le bruyant éclat de sa puissance ? Job, xxvi, f 6, etc» Qui est-ce, dit aussi le pro«

212 THEOLOGIE NATUBELI^E.

phète Isaïe au chap.XL de ses RévéktionAy.qui est-ce qui a n^ sure les eaux avec le creux 4e sa luain, et qui a cooApossék cieux avec sa paume? Qui est-ce qui a mesuré la poussièi^d^k terre? qui a pe^é les montagnes au crochet, et les coteaux àisuJsftlance? Voici toutes les nations sont comme une goutte dégjMittanle d'un seau, et sont, réputées comme la menue poussière d'une hà' lance. Toutes les nations sont devant lui comme im rieiij.il Im tient pour moins que rien, et pour chose de néant. A qui dasc ferez-vous ressembler le Dieu fort, et quelle ressemblance lui approprierez-vous ? » Je n'ignore pas que toutes ces autorités aeioot d'aucun poids auprès des personnes. co»tre qui je dispute. le ne prétends pas aussi m'en prévaloir contre eux; les seules lumières de la droite raison me suffisent pour être persuadé que la cause suprême doit nécessairement être infiniment puissante. S'il y a quelque chose qui ait besoin d'éclaircissement, c'est lax]iiestiai^ rétendue de ce pouvoir absolu que la cause suprême possèdes* contestablement*

Je remarque d'abord qu'un pouvoir infini enabrasse toutes kt choses possibles, mais qu'il ne s'éleiid pas à celles qui impliquant contradiction. Il ne peut pas faire, par exemple, qu'une chose M et ne soit pas en même temps; qu'elle ait été^et n'ait pas été, que dcui fois deux ne fasse pa& quatre, que ce qui est nécessairement AiiK soit vrai, et telles autres choses semblables. La mi&on en^ett émdente.Le pouvoir de £EÛre qu'une chose soit et ne soit pas en mèsâ temps, n'est pas un véritable pouvoir; ce:n'est.rien de positif c«it au contraire une pure négation.

Je dis en second lieu qu'on ne peut pas dice qu'une piiissaDoe infinie s'étende jusqu'aux. choses qui supposent une imperfecIMB naturelle dans l'Etre à qui cette puissance est attribuée.. Saxexfi»ple, on ne peut pas dire qu'un Etre infiniment puissant) se puisse.âétridr« lui-même, qu'il puisse s'affaiblir, et ainsi du ceste. Ce sMi toutes choses qui marquent une imperfection naturelle, et qul^V conséquent ne sauraient se rencontrer dans l'Être qui.existe.ii6CS^ sairement et par lui-même. Il y a des impei:feotions dluneautsee^ pèce, je veux dire des imperfections morales; mais il n'est .pasnéoe^ saire d'en parler maintenant, puisque les athées nient alxsolumeBt la différence entre le bien et le mal moral. J'attendrai doncibeaftf' 1er que j'en. sois venu à l'arxicle des attributs moraux de laXIiviDilé.

Il n'y a, à proprement parler, aucune dispute sur les pconositiûltf que je viens de mettre en avant : aussi ne les ai-j^e fait qu'indifusi^ II n'ea va pas de même de celles c^ui suivent. Si vous en excepta

laiipmtioa èe HiildUgeiieiè de«lii*iMni9e''Suprêtne, il ny en a poiiit ^>l«tKatké96 ecnnhwcvnit ^» «rdêmnient, et sur qtroi ils se roiëiMeftt'plnssfbrliiitiont. La prêitiicire' ()e ets propositions est qne le^pcMyt eir de oréerk'nmtMfe mtTenfèrmé dans Vk\ée d'une puis- Mwanifinie. Toift oe quiVya'jamaw eu d'athées, tant anciens tjué moibnKis, a piweoiwtammcm'la négativede cette proposition, et tMsotux cpti ont evu Texistenee d'un Di«u, et qui ont eu des idées sMes de- ses attributs, se sont déclarés au contraire pour rafïîrmaimuL'uaîqvre rawon que r^tluée puisse aMégner en feveur de son opnMii, ce«f quel» choie esU itnpossible, d'une impossibilité absolue'«t natureOe. Mais pownjuoi leur paraît elle si înrrpossible? CUiii^idisent^ls, qu'il ne leur est pas possible de comprendre comnNnti«)le petri èinp. Pom* la contradiction (qui est pourtant la seule impossibilité réelle) , il ne leur est pas possible de démontrer qu'il y en ait aocune; car quelle eontradictien y a-t-il à cfire quime tktme qui n'hait pas sniparavant, a commencé d'exister dans ht swie? Il y a utiegt^nde diffénètice entre ce kmgaçe et celui-ci': « Dne diose est et n'est pas en méipe temps. » Ce dernreï* est une oetttrMbciion directe et formelle; mais il n'y a dans l'autre ni annm«liction direote ni indiffeete. Il est Trai qu^aeeomumé à ne v«ir que des choses q«n viennent au'metide par lavoie de la gêné* ration ou d'autres qui périssent par voie'deeoiruption, et n^ayant jaanis m A» créitixfn^ nous sommes sujet» à nous (aire une idée (lelfr'Ciiéatîon toutesetiibkibleè'celle'de la formtftion. Oh s'imagine (|B«, GDtntiM' ttMtte foimaïkm' suppose une mutière préexistante^ aimi il feut,< malgré qu^on en ail, a«pposer en matière de création je(iie:flais qu«l iMMit préexistant, duquel, comme d'une matière mile, les chose» créées ont ét)é tirées. Je conviens' que cette notion aien effet un grand ^ir de^ contradiction ; nfâis qui ne voit que ce n'en là qu'une pitoyable confusion d'idées? Il en est en ce point comme de» enfiânisrqni s'imaginent' que robftciirité est un être réel qae hthimière*ofaMise le matîn^ ou qui edt tvansforméen lumière. Pour avoir une juste idée de k créôtion, il ne feut pas se la figurer comme ht foitnatîon d'une chose qui est tirée du néant, considéré comme* cause matérielle. Créer, c'est donner l'existence à une chose qui» r»vait pas^auparavant; c'est-ftiire qu'une chose qui n'existait pas auparavant existe maintenant. Je défie qui que ce soit de me faire voir de la contradiction dans cette idée. Il n'y en a pas plus quîil.y.eaa.daDS la notioad'uniétre, qui, apvèâavoir eu une forme, ea met ensitite une noiiveHe. 8i les athées, après tout, étaient gens à avouer la vérité, il se trouverait que toutes leurs objeclLon^^

at4 THBOLOGIB NATUABLUK.

se réduisent à ce misérable argument : Que la matière n a pu corn» mencer à exister lorsqu'elle, n'était pas, parce que ce serait sup* poser qu'elle était avant qu'elle fût; et que, d'un autre côté, elk n'a pu commencer à exister dans le temps qu'elle était, parce qae ce serait supposer qu* elle n'était pas après qu'elle était. Getai^meDt est tout semblable à celui de ce philosophe qui prétendait prouTer' qu'il n'y avait point de mouvement, • parce que, disait-il, il n esl pas possible qu'un corps se meuve, ni dans le lieu où il est, ni dans le lieu où il n'est pas.» Ces deux sophismes étant précisément les mêmes, la même réponse peut servir à l'un et à l'autre. La création de la matière, au reste, est si peu impossible, qu'elle est défflootrahie par la raison toute seule. En effet, j'ai fait voir ci-dessus qoe la supposition de l'existence nécessaire de la muitière était une contradiction.

La seconde proposition que je mettrai en avant, c'est qu'une puissance infinie peut créer une substance immatérielle, une substance qui pense, revêtue du pouvoir de conmiencer le mou* vement, et de la liberté de vouloir et de choisir. Tous les athées s'accordent à nier et à rejeter cette proposition. Or, comme c'est une proposition de la dernière importance en matière de religioa et de morale, je me propose de la prouver par parties le plus solidement qu'il me sera possible.

Je dis donc i^ qu'une puissance infinie a le pouvoir de créer une substance immatérielle qui pense. Tout le monde convient qu'une substance qui pense, c'est-à-dire une substance revêtue de la faculté de connaître et de penser, est une chose très-pos* sible. Le moyen d'en douter, puisqu'il n'y a personne qui ne soit intérieurement convaincu par sa propre expérience, qu'il y a en lui une substance pensante. Je ne crois pas aussi que personne me dispute qu'en cas qu'il y ait des substances immatérielles, il y ^ toutes les raisons du monde de croire que ces substances immatérielles sont celles en qui l'on trouve la connaissance et la pensée^ qui sont les propriétés les plus éloignées et les moins ressemblantes aux propriétés connues de la matière qu'on puisse imaginer. Voia donc Tunique chose qu'il faut prouver : Que l'idée d'une substance immatérielle ne renferme aucune impossibilité, et nim* plique point contradiction.

*• Ce philosophe, dont parle M. Clarke, est le fameux Zenon d'Elëe, dont Arlh tote rapporte les objeclions contre l'exîsteDce du mouvement dans sa physique Voyez là-dessus le Dictionnaire de Bayle à Tarticle Zenon. Remarque du /rfl* ducteur.

THBOL06IB IVATURBLLE. ai5

Ceux qui prétendent le contraire sont obligés de dire que tout ce qui n'est pas matière n'est rien. Il faut qu'ils soutiennent que Oelui qui dit qu'une chose qui n'est pas matière existe, dit une aussi grande absurdité que s'il disait qu'il y a quelque chose qui existe qui n'est pourtant rien. Ce qui exprimé d'une autre manière re- Tient à ceci : Que toutes les choses dont nous n'avons point d'idée ne. sont que de pures impossibilités* Il n'y a point, en effet, d'autre voie de prouver que l'idée d'une chose immatérielle est une idée contradictoire, que de prouver qu'être immatériel et n'avoir point d'existence sont des phrases synonymes. Et toute la preuve qu'il soit possible d'en donifer, c'est de poser pour une chose constante que nous n'avons point d'idée de ce qui est immatériel, que tout ce dont nous n'avons point d'idée, ni n'existe, ni ne saurait exister. Je ne veux pas me prévaloir ici de la fausseté insigne de la supposition que ceux contre qui je dispute sont obligés de faire, que nous avons une idée claire de l'essence de la matière, et que nous n'avons aucune idée de la substance immatérielle. Je dis seulement que leur manière de raisonner est toute semblable à celle d'un aveugle-né, qui soutiendrait que la lumière et les couleurs sont des choses impossibles et contradictoires, par cette belle raison qu'il n'en a, quant à lui, aucune idée. Car la lumière et les couleurs sont des choses aussi incompréhensibles, et aussi fort au-dessus des idées d'un aveugle-në, que le puissent être l'essence et les opérations d'une substance purement immatérielle. Si donc le défaut d'idée dans l'aveugle n'est pas unfe preuve suffisante de l'impossibilité de la lumière et des couleurs, de quel droit peut^on prétendre que le défaut de nos idées soit une bonne preuve de Vimpossibilité de l'existence des substances ùnmatérielles ? Mais un aveugle, dira-t-on, a le témoignage des autres hommes qui lui certifient que la lumière existe. Fort bien. Mais n'avons- nous pas aussi des témoignages pour l'existence des substances immatérielles? Qui ne voit d'ailleurs que, si l'athée en appelle au témoignage, il nous donne entièrement gain de cause? Nous avons de plus cet avantage-ci dans cette comparaison, que â l'on ôte à un* aveugle le témoignage d'autrui, il ne trouvera par son raisonnement, quoi qu'il fasse, ni apTOrence ni probabilité à l'existence de la lumière et des couleurîTau lieu qu'outre le témoignage nous avons l'expérience et le raisonnement qui nous fournissent des arguments pleins de force et de sohdite pour l'existence des substances immatérielles, quoique nous ignorions en quoi consiste leur essence. C'est ce que nous découvre dans

les choses même huttittiiées. le grand. prindpé éê la gmvÎMlièn dont j*ai fait mention ci-dassos. Car puas qœ ecute' cattse, qurik ^'elle soit, agit exactement sur les odi|)s, piK^^vtiêiiiiellemeiit à la quantité de leur matière solide, et non pas à proportion de leurs superficies^, il est évident qu'elle ne peat p«s Yenir de la matière qui n'agir ni ne peut agir que sur les» superficies àes coip^ mais qu'elle doit venir de quelque chose qai pénètre coMinuelle* ment la sabstance solide des corps. Cest ce qui piifait d'une ninièce encore plus évidente dans les anîmara qni ont la faculté de se mouvoir eux-mêmes, et suntoutdans ceux qiii, étant plus pltt* fiaits que les autres, ont aussi de phis excellentes facultés. NcrdS voyons tous les jours, nous sentons^ nous remarquons- et hors de nous et en nous-mêmes des faculiés, des perceptions et des ope* rations qui sont incontestablement des propriétés des substances inunatérielies. On dira peut-être que nous avons aussi peu d'idée de la substance intérieure et des facultés essentielles de la matière, que des êtres purement iounaiériels. Mais^on née saupaât perler ainsi sans détruire l'objection que je réfute sar la prétendue impossibilité d'une substance qui n'est pas matière. C'est de quoi nous parlerons plus amplement dans la stiite.

Ce que j'ai dit jusqu'ici suffit pour dissiper les dîffiealtés tpit les athées font sur la notion des âmes husnaines, et pomr répendre 4 toutes les objections qu'ils mettent en avant pour combattre ceux qui croient que ce sont des substances spirituelles, distinctes du corps. Car, puisqu'il est posMble qu'il y ait des substances imma* térielles, et puisque toutes les raisons du monde nous portent i crcûre qu'en cas qu'il y ait des substances immatérielles, ce doit être des substances qui réfléchissent et qui pensent,. la réflexion et la pensée étant des propriétés aussi éloignées des propriétés^coah luues de la madère, qu'il soit; possible de concevoir : voilà le grand fondement des objections contre l'immatérialité de Fâme entiore» ment ruiné. Je ne m'arrêterai pas à réfuter ces objections l'une après l'autre, c'est ce que. plusieurs auteurs savants, et judicieux ont £siit avec beaucoup de soUdité et d'élégance; je n!en toucherai qu4me seule d'où les autres dépendent, et à laquelle elles vienntot tertttesâboutir. On.dk.xfue, puisque toutes, nos. idées vienncot de nos. sens, et que nos sens dépendent évidemmait des or^ganesde nalse corpa, il s'ensuit ^«e notre ime.na p«iiit d'idée indeps»^

« VW. Newton, Principe , pag. ultim.

dsuDment.du cocps^etpar conséquent quelle n'est rtea'. Je p«iir^ tm répondra à cela que. bien quil soit mai q«e>nos sens pea« vent être kueirompus clans leurs fonctions par des maiaàifi$ corporelles, et qu'ainsi il n'y ait point de doute quiils ne «Lépeap* deat des organes de notre corps, au moins dans ce qui regarde. leurs fonctions,, il est certain cependant que ce/Sejit'des Bncultét. réellement et entièrement distinctes du corps» qui œ peu vent êtse^ sotties d'aucune des propriétés de la natièi» qui noufr sont con* nues. Mais je laisse à part cette réponse, et je demaiide à ceax quinous proposent cette objection :s ils croieiàt en bonne foi qu'il s<Ht impossible d'une impossibilité absolue et naturelle, qu'il y ait d'autres sens naturels que les cinq que nous posséd«>ns? Peut^n dire qu'il y ait de l'absurdité et de la contradiciion à concevoijr des êtres doués d!autres sens naturels, différents de ceux qui entrent dans notre constitution présente ? Ne S4int-ce pas au cou* traire des choses purement arbitraires? La même puissance qui nous a donné les cinq sens que nous avons, ne peu&*eUe pas en avoir donné d'aiUres, tout différents des nôtres, à d'autres étrefc que nous ne connaissons pas ? N'aurut-elle pas pu enâu) si tel avait été son bon plaisir, nous en donner d'autres à nousrmeraes dtfns l'état présent où nous nous trouvons, au oa«s. avoir rendu capables d'en avoir d'autres en nous.mettant dsis^unautne état? Or, si ses voies de perception. sont des cboses purement arbi-. traires, qui ne voit qu'en les anéantissant, on. n'anéantit pourtant pas toute perception, puisque la même âraequi, dans l'état présent où elle se trouve, possède, bien les facultés de réfléchir, de raisonner et de juger qui sont des facultés entièrement différentes des sens, pouixait sans difficulté avoir dans un autre état d'autres moyens de perception différents de ceux que nous av-oaas. maintenant? Qu dirapeut»être^ila'est.pas.possiblequ;il yait aucune

* -* Si inoBortidis nirtufaianiiiMi e»t,

£t seotire. potes t«ecret»^.corp<Mre< BMt»» : QuÎDqué (ut opiner) eain faciendum est seosibus auctam. IVec ratione atia nosmet proponere nobis, Pafsainus'mtenui8'«ûmas*nAMroBte'fiSf|ar« :

Pictores itaque et scriptoraini isasla priora Sic animas introduxerunt sens! bas auctns. • At iwi|ie seoraiim ocuH, neqoeDare», ntc maints rpsa Esse potest anima ; neque seorsam lingua, nec aures Absque anima per se possunt sentire, nec esse.

aiS mioLOGiB haturbllb.

autre voie de perception, que celle que nous avons mainlenaiit par la voie des sens. Mais ce n'est que le préjugé' qui vient de la mauvaise coutume que nous avons de nous en rapporter à ce que nous déposent nos sens, plutôt qu'aux lumières de la raison, qui nous fait tenir ce langage. Supposons que les hommes eussent hè créés avec quatre sens au lieu de cinq, et que l'usage de h Tue leur f&t inconnu : n'auraient ils pas les mêmes raisons de soutenir que ces quatre sens sont les seules voies de perception possibles? Ne diraient-ils pas que la faculté de voir est une chose impossible et entièrement chimérique P C'est ainsi que raisonneraient sans doute en pareil cas ceux qui traitent ce qu'on dit its facultés des êtres immatériels, de vaines chimères. Les hommes devraient avoir honte de cet excès de vanité, qui leur fait prendre leur ignorance pour principe, et qui les porte à nier, contre toute sorte d'apparence, la possibilité de l'existence des êtres immatériels, pendant que toutes les raisons du monde s'accordent à leur persuader qu'il y en a, et qu'ils ne sauraient alléguer d*autre raison de leur négation que l'impossibilité qu'ils trouvent à imaginer ce que c'est et à s'en faire une idée. Mais, dira-t-on encore, le moyen de concevoir la nature de l'union de l'âme avec le corps et la manière dont elle se fait? Je réponds que ce sont là des choses qu'il nous est impossible de comprendre. Il en est en ce point tout comme de l'union, ou de la cohésion des parties d'un corps toutes divisibles à l'infini (dont personne ne doute), et dont pourtant il n'est pas possible d'expliquer et de comprendre la manière. Comme donc notre ignorance en ce dernier point n'empêche pas que nous ne tenions la dernière de ces choses pour constante et indubitable, elle ne doit pas nous empêcher aussi d'être persuadés de la première.

Je dis en second lieu qu'une puissance infinie peut donner à une créature le pouvoir de conmiencer le mouvement. Tous les athées s'accordent à rejeter cette proposition, parce que la liberté de la volonté en est une suite nécessaire, comme j'aurai occasion de le faire voir dans le paragraphe suivant. Il faut donc la prouver. Voici comment : Si le pouvoir de commencer le mouvement est une chose possible en elle-mêmCi et qui puisse aussi

* Has tamen imagines (moriuorum) loqai Tolebant, quod fleri nec sine ling^oi, nec sine palato, nec sine faucium, laterum, pulmonum li et figura potest. Nibij enim animo videre poterant : ad oculos omnia referebant. Hagni antem JDgeoii est, reYOcare mentem a sensibus, et cogitatlonem a consuetadine ainiiicere. (Cic, Tuscul,, qusest. I.)

TB3&OI.OGIB RATUREXXB. dij}

être communiquée, il est ëvident que la créature peut être revêtue de ce pouvoir. Or, le pouvoir de commencer le mouvement est une chose très*possible. C'est ce que j'ai prouvé ci-dessus dans l'endroit où j'ai fait voir qu'il faut de toute nécessité que le pou* voir de commencer le mouvement réside quelque part, puisque autrement il faudrait supposer que le mouvement est de toute éternité, et qu'il n'a point de cause extérieure de son existence. Tai fait voir aussi que le mouvement est une chose qui ne ren** ferme point en soi l'existence nécessaire : de sorte que, si le pou* voir de commencer le mouvement ne se rencontre nulle part, il faudra dire que le mouvement existe sans avoir eu aucune cause de son existence, ni extérieure ni intérieure; ce qui est contradictoire comme je l'ai démontré dans ce qui précède. J'infère de là que le pouvoir de commencer le mouvement doit nécessairement être quelque part, et par conséquent que c'est une chose en elle-même très-possible. J'ajoute que comme le pouvoir de commencer le mouvement n'est pas une chose impossible, puisqu'il est nécessairement dans la cause première, il se peut au&<>î trèsbien faire que ce pouvoir soit communiqué à des être^â créés. La raison en est évidente ; car il n'y a rien d'incommunicable que ce à quoi ridée d'existence nécessaire et d'indépendance absolue se trouve jointe. Qu'un être subordonné existe par lui-même et soit indépendant, c'est ce qui est absurde et contradictoire, mais il n'y a nulle contradiction à le concevoir revêtu de facultés et de pouvoirs qui n'ont point de liaison avec ces attributs. Je sais que les fatalistes, si je puis les appeler ainsi, c'est-à-dire ceux qui attribuent tout à un aveugle destin, objectent avec beaucoup d'assurance que le pouvoir de commencer le mouvement renferme l'indépendance ou le pouvoir d'agir indépendaihment d'aucune cause supérieure. Mais cette objection n'est qu'un pauvre jeu de mots ; car il y a bien loin de ce pouvoir d'agir indépendamment dont je viens de parler, que la cause suprême communique selon son bon plaisir, et qui ne dure qu'autant que ce bon plaisir dure ; il y a, dis-je, bien loin de ce pouvoîr-là à Tindépendance réelle et absolue. Il en est de cela comme de la faculté d'exister, de celle de réfléchir sur soi-même, et, pour tout dire en un mot, comme de toutes les autres facultés qui sont en nous, et qui ne sont pourtant pas des preuves de notre indépendance. Je pose en fait qu'il n'y a pas' moins de difficulté à concevoir comment la faculté de connaître et de réfléchir sur ce qu'on connaît peut être communiquée à un être créé, qu'il y en a à concevoir la communication du pouvoir de se mouvoir soi-même.

220 THBOLOCa NJtTSASUUi.

à moins qiLon. d€ >dM« 4|iie hk CMMMMaMmce et latféft«ûao««e sMi autre cbû&e qu'une sîaïpk oMefiÛMi 4k rknpiÉlNaiiieviéraniAi. Mais^à.x^.pâi»uaMUis»rt^n œUe docUcine ? J*MaHMPaî*«ulHit quW me dît qaua iriaogle estun-soo, et qu.uB.eftrrtBiett tiae caeleur^ Oc, comme il n y a point d*lM>mna.qiû.dâuie ^il ite-sok -vëritoblement revêtu de la. faculté de coaoaitcenetdeiîéfléehîr, jeiiôi persuadé pareillemejit qu*il a y a.poiat d'homme à e&amen qui ne demeure convaincu qu'il a a^tueUemant le pouvoir de se mettre en mouv^meiU, quelque difficulté qu!il ait à coDcevoir conmiaiC oela peut i être. En effet, les arguments pris de lexpéxieBce tomnuelle sont si forts pour prouver que nous avons ce pooroir^i!» pour nous^ faire avoir le moindre doute sur cet article,- iL ne fauà^ pas* moins qu'une démonstration en forme, qui nous fît voir qvft la ckose est absolument impossible, et qu elle im|dique €oâtFadi(y tion. £n un mot, l'expérience et la raison s'accordent si ^bien à seul persuader que l'homme a en effet le pouvoir de se HK>uvoir lui^ même, que je ne conçois pas comment il se trouve des.gen5 qui ost le courage de dire, en dépit de la raison et de l'expérience, que les esprits qui mettent- les membres de notre corps en mouv^»eat, ott qui servent à arranger les pensées de notre âme, sont rais en inoo* vement par l'air, ou par la matière subtile qui s.'insinue dans notrd corps ; que cet air ou cette matière subtile reçoit son mouveineat de quelque autre matière ^térieure, et ainsi de suite : à peu {tftf comme les. roues d'une horloge sont mises en mouvement, par kft poids, les- poids parla gravitation, et ainsi du rjeste. A moins d avoir en main une démonstration dans toutes les formes, qui prouve que l'on ne saurait attribuera l'homme le pouvoir de formeBime pensée, ou de mettre lui-même en mouvement, les esprits,. par le moyen desquels il remue les membres de son corps, sans tomber dans une contradiction si évidente, qu'il est évident que deuxSois deuin» font pas quinze, à moins, dis-je, d'une démonstration pareille, on devrait avoir honte de tenir uii semblable langage. Je ne sais de quoi on ne devrait pas douter plutôt que de douter d'une obosede sentiment, telle. qu'est celle qui regarde le poiivoir que nous avons dé penser et de nous remuer. Parmi ceux que je combats ici, il 7 en a qui ont pris une espèce de milieu; car bien qu'ils nient que ITiomme ait le pouvoir de commencer le mouvement, ils lui attnbuent pourtant celui de le déterminer. Mais ce n'est qu'un misérable jeu de mots^ car si ce pouvoir de détermination idu mouvement qu'ils 'assignent à l'homme n'est autre chose que le pouvoir qu a une pierre de. réfléchir une balJe d'un certain côté, ce pouvoir et rien

c'est h Bionie c^Mise» JSws «inviihii antribiie k pauwoir de clc«erminer le mouvement d'un côté plutôt que druft.aiitsey e^^eiUÊmtedl lui plaît, je iiA vois pas <]u'U y^aîit aiieiMie dîCSfiKBQe «ntreioe'païuFoir etcelui deicojBaai€»iwrtk>fiMiitfvefliei]iiqinfestjeriuisi^ la disput£u

le di&eû'tpoisèènie iMUKfMriine puîssanceinfifiie fBvtvBnéàrwÊÊe créature de la fae^lté de vaulciury et de wHiiontavee libèité. Je, fmmr" rais ma GMftteiitcr de reB/vejatità mon leiet«Mrr«uz arguœéntsf «pie je viens. de &iie, p<N«r ptouver (|»e le pmsmir de eommeneerle mouvement, ou de se mouvoir soi mèwfi, est une okoae dont k ccéature est capaUe* Ed effet,. leAjnéwes as^Kmeitls qui proarcent que Tlvomnie a le pouvoir <k seinwttVttkvipnovYeDtiuiMi (quiJkatiBe volonté lil>re* PreHHèn^ineiitf j*ai déinM»ilré£i0rtau.kAg daB««ft4if«itiéfoepropud^tfton géaécale qu'il ùmtJk^ ruirto <éfi— aité ye ktoatue supceme soit un,ageiuJii»Be, d'-où il sr'acwiiitifiie^k. ^liberté n'ie^l.iie sa nature ni iiapoasîbk ni €«At«idki<ûre«.JM. dit enaiiita (qu'il 117 anuUe contradiction à supposer que keaitaesopréBieeomBMiiàîque cette liberté à d'autres <âti4a^ et qu'il n'y e jdana cette.c«aHHWi»k:iiAHm rien de plus difficile à concevoir que dans la communication du|MiM- TDÎr de.cQ«iineDcei; le ofueuvwiieiitdfWit ^vîencfde pankc. JËpii%j'ai ditquje:lQs.argfiHimt8<^qMa re]qiéj?taBe&noM»£auiiBil;.pewr.prmnwff)la liberté de l'iionMoeMutaûlle £om {dus forts .qM^rCouftea lea-oJa^Ae» tioDsxpi'on.peut£tire«ur k.di/ficiftkë<deeo»cteYoir la ckose et dieu expliquer la maiûère. JLe f^mvfi/^ ai je -«oMlm^^ea idcnKMiiiier- }»; mais eomiuec'estiici use-quesliott dek dennûène i«np«rta»«e, .«ftqui a une très-grande iaflueMceMU* k veligîoo et surk etooduitederk ▼ie humaine, il ne^era paa suauvais de-neua y wmiu/e wi peu davantage pour dissiper les ténèbres ^pie Spinowif Hobbe» et laurs sectateurs ae.sojit efkmi^Ae réf^a^dre-awr Q€kttefliotière,.et ft$w faire voir k faiblease des mgmixtgM doul ils font tant de bnik^ qu'ils allèguent avec die.^ndsws^de oonfianoe^ et par ksiqiMli ils prétendent démontrer que l'homme n'est point hbre, et qitek faculté qu'x>Q ki attritMej 4e ^wmsim $nm Ubceté, n'est. q|u«ne faculté imaginaire. Il Jie «'(^ paaautresie de nedhercher si, àpaiter pnopremeiH;» «m peut dire .ye la ^t^oloniié stable aie^de la libôrl»; (dr la <piestioD eotne iQiè&;nM$kmx9>etJioimaisneKîo;oùsiQ pttaà.attVMr où est. le siég^ de kJiJUwté.: il est qneslâflai de'fla9air>a'il ja.dttHl rhomme uAe Ubesté de'€biMi^,Aaii petuiroir de-déteraiiaicr^M^tfffe^ pxes actions, ou si ses actioaa&out aussi néeeaaaires qiie les ibûm* yements dune pendule. N4mis peuvons réduire tous ks org^mefilt

taa THEOLOGIE NATUHSLUe.

dont Spinosa et Hobbes se sont servis pour établir cette étrange hypothèse, à ces deux*

Ils disent premièrement que puisque tout effet présuppose une cause, et que, de la même manière que tout mouvement qui arrive dans un corps, lui est causé par Fimpulsion d'un autre corps, et le mouvement de ce second par l'impulsion d'un troisième , ainsi chaque volition ou chaque détermination de la volonté de l'homme doit nécessairement être produite par quelque cause extérieure, et celle-ci par une troisième; d'où ils concluent que la liberté de la volonté n'est qu'une chimère.

Ils disent en second lieu que la pensée avec tous ses modeS| comme la volonté et autres choses semblables, ne sont que des affections ou des qualités de la matière, et par conséquent qu'il n'y a point de liberté de volonté, puisqu'il est évident que la matière n'a pas en elle-même le pouvoir de commencer le mouvement ou de se donner à elle-même la moindre détermination.

J'opposerai à ces arguments les trois propositions suivantes, dont je donnerai la preuve le plus brièvement qu'il me sera nos* «ble.

Ma première proposition est qu'il est faux que tout effet soit le produit de quelque cause externe; qu'au contraire il faut de toute nécessité reconnaître un commencement d'action, c est-à-dîre un pouvoir d'agir indépendamment d'aucune action antécédentCi et que ce pouvoir peut être et est effectivement dans l'homme. ' Ma seconde proposition est que la pensée et la volonté ne sont ni ne peuvent être des qualités ou des affections de la matière et ne sont par conséquent point soumises à ses lois.

La troisième enfin que, quand bien même Tâme ne serait pas une substance distincte du corps, et qu'on supposerait que la pensée et la volonté ne sont que des qualités de la matière, cela même ne prouverait pas que la liberté de la volonté fût une chose impossible.

J« dis premièremmt que tout effet ne peut pas être produit par des causes externes, mais qu'il faut de toute nécessité reconnaître un commencement d'action, c'est-à-dire un pouvoir d'agir indé* pendamment d'aucune action antécédente, et que ce pouvoir peut être et se trouve actuellement dans l'homme. Je n'ai pas besoin de m'arrèter ici à prouver les diverses branches de cette proposition^ C est ce que j'ai déjà fait par avance dans ma seconde et ma neu* ^ksie proposition générale, et dans cette partie de la propositeon ^^ j'ai présentement en main, où j'ai fait voir que le pouvoir de

TmOLOGIB JXÀTVMMUM. %%%

eommencer le mourement et de se mouvoir soi-même est uae chose qui peut être communiquée aux êtres créés par la cause suprême. Je ne répéterai donc point les preuves déjà alléguées, je me contenterai d'en faire Tapplication à Spinosa et à Hobbes, et de faire voir la faiblesse des arguments dont ils se servent pour anéantir, s*il leur était possible, le dogme de la liberté de la volonté. Voici comment ils argumentent. Us disent « que tout effet ^ sup« pose une cause qui le produit nécessairement, parce que si la cause est suffisante, elle produira immanquablement son effet, et si elle n était pas suffisante, elle ne serait pas cause. » Ainsi, ajoutent-ils, « tout corps qui est mu est mu par un autre corps, ce second par un troisième ^, et ainsi de suite à Tinfini. » Ils soutiennent qu'il en est de même de la volonté ^; ils disent « qu'elle ne se détermine point elle-même en vertu d'une faculté qui lui soit inhérente, matii que sa détermination lui vient de quelque cause externe , que cette cause externe ^ est déterminée à son tour par une autre, celle«<â par une troisième, et ainsi de suite à l'infini* » Je remarque d'abord que tout ce que ces auteurs allèguent contre la liberté de l'hommeattaque également la liberté de tous les autres êtres sans en ex* cepter même celle de l'Etre suprême, et Spinosa l'avoue ^ en pro* près terme5.yoici donc à quoi aboutit cette prétendue démonstra* tion dont on fait tant de bruit. Il en résulte cette conclusion absurde et extravagante au dernier point : « Qu'il n'y a nulle part ni ne saurait y avoir aucun principe de mouvement ou commence* ment d'action, mais que tout ce qui arrive arrive nécessairement

* Quicunque anquam effectus productas sit prôdactus est a causa neoessaria. Ham quod productuiu est causam liabuit integram, hue est onmia ea qoibqs snppositis effectum non scqiii intcUigi non possit ; ea vero causa necessaria ests (Hobbes. Philos, prima, cap. 9.)

* Corpus motum vel quiescens, ad motum vel quieteni determinari debait ab aliocorpore, quod etiam, etc., ut supra. (Spinos., Jith.^ pag. 2» prop. 13, lem. 3.)

' Unaquaequc volilio non potest existera, ueque ad operandum determinari^ nisi ab alia causa determinetnr, et haec rursus ab alia, et sic porro in infini^ tuai, {id.f ibid,^ prep. 32, demonst.)

* Je coDçoià qu'il n'y a rien qui se spil donné à soi-même son commencement^ mais qu'il l'a reçu de l'action de quelque agent immédiat hors de soi. Ainsi lors» qa'on homme commence à désirer, ou à vouloir quelque chose qu'il ne désirait ai ne voulait auparavant, la cause de cette volonté ne vient pas de la volontitf même, mais de quelque autre chose qui n'est nullement en sa disposittoih (Hobbes, Debate with Dp, Bramhall., p. 289.)

la mente nulîa eat absoluta sive libéra voluntas : sed mens ad hoc vel illud voléndum déterminât ur a causa quse etiam ab alia determinata est, et hœc ite* nim ab alia et sic in infinitum. (Spin., Eth.y p. 2, prop. 48.)

* Hinc sequitur, Deum non operari ex libértate voluntatis. (Spin., Ethie^ff p. cor. ad prop. 32.)

3tS34 VBQW'KtOOlB iNlTIÏBStïCB.

«n Tertit #rmc chameétcfiicMc ^ causes <iëpêtitlffiit«s et cTeffirtsi f infini^ saiisicatise^iHlépeiidanleetorv^male. » J'ai donc réfuté tons leurs angurneats par-avanee^darnsina seconde proposition généiale et: dans la neuvième, oti j'at proure qu'il finit nécessairement qu'il yaift un éêre indépendant- et oi'iginal et un principe Kbre de mou- Tentent et d''aefion, et que 4a --supposition d'une succession inîm àt causes^t'dVffcti dépendants l'tmtîer-atttre, sans cause première et' originale, lest la^ebose du^nMmde-la plus absnrdeet la ploscoo- Uraidtctoire. Outre quepor-SfiTabondaneetle droit) j ai démontrétfe jdns daus le eommeneement ^ ce chapkre que le pouroir de cornnenoer le raoïn^mentest une chose non-seulement possifale^iRais •mssi certaine^ et t[ue c*est un pouvoir qui petit être coimmim(]i!e è'des étres^nis, puisqu'il se trouve actuellement dans rbomme.

te dis en- second Ueu-que la pensée et la volonté n'étant point des qualités ^ la matière, elle^ne peuvent^s par conséquent ètte •soumises à ses Ms. J«i dé^ prouvé dans ce chapitre que kootîon dtinesvrbstance immatérielle n'ayant rien qui implique contraiKetion, ilest-très^possible qu'il yen ait. J'ai fait voir aussi dans ma huitième proposition générale que la pensée et la mlonté sont des facultés entièrement distiiictes de la matière, et que pvisqu'^es en sont distinctes, elles ne peuvent ni être sorties du seâ 4e la matière ni en avoir été composées. Or, puisque la pensce-et llt'volonté ne saur^ent être des qualités ou des affections de h matière, il estcertain et* indubitable que ce sont des facaitésiieh snabstanee immatérielle. Il feut en coirvenir, à moin» qu'on nefonfonde les idées des choses, et qu'on ne donne au terme de matière un «ttM eiU4€FeiBMiot diiïannQJt id^ l'usage coanumn. C'est-à-dire Cftt'att lieu qtie, dans Ttisage commun, (enferme de matière esimployé pour signifier une substance solide, divisible, et capable tk figune et de'mouveanuit, il fiaudra e»tâ»df>e par cette esipresàW) eomme font quelques - uns, ou la substance en général, ou uik suJifitence iaconnuis, doal les proprîoté& sont toutes difTéreniesik celles dont je viens de parler. Mais^ quand on admettrait ee dir nier sens, nos adversaires n en seraient pas plus avancés, coaune joie feimi voir tout à^Theiiveé ËOt attesMlsint, je nMnarquerai fi^ prendre le terme de matière dans son sens propre et ordinaiitj rien au monde ne peut être plus absiurde que de supposer que b pensée et la* volonté soseait* des qoatités «u des afïeciiosis de la matière. Je n'en veux point d'atitre preuve que le système ridicok etdmenfi^ JtAXÇfoA- Uobhm^eàtt obiU^ d'avi^ir recours pour expliquer la nature et l'origine des sensations. « Yoici, dit-il, en (p»

THiOIiOGlB 1VATUR8LLB. 2ft5

consiste la cause immédiate ' de ]a sensation. L'objet vient presser la partie extérieure de lorgane, et cette pression pénètre jusqu'à la partie intérieure : là se forme la représentation ou l'image (phafh tasma\ par la résistance de Forgane, ou par une espèce de réflexion qui cause une pression vers la partie extérieure toute contraire à la pression de Tobjet qui tend vers la partie inté» rieure. Cette représentation, ce phantasma est, dit-il, la sensation^^ même.» Voici comment il parle dans un autre endroit : « La cause de la sensation est l'objet qui presse l'organe; cette pression pénètre jusqu'au cerveau par le moyen dès nerfs, et de là elle est portée au cœur, de là au n^pyen de la résistance du cœur qui s'efforce de renvoyer au dehors celte pression et de s'en délivrer, de là, dit-il, naît l'image, la représentation, et c'est ce qu'o» appelle sensation ^.» A quoi bon tout ce fatras, je vous prie ; et de quel usage est-il pour expliquer la nature des sensations P J'avoue que l'objet, venant à frapper le sensorium par le moyen de l'organe, excite une image, et fait une impression sur le cerveau. Mais en quoi consiste la faculté de connaître cette impression et de la sentir? Quel rapport y a-t-il, je vous prie, entre cette impression et le sentiment lui-même, c'est-à-dire la pensée que cette impression excite dans l'âme? Il n'y a pas plus de rapport entre ces deux choses qu'il y en a entre un carré et du bleu, entre un triangle et un son, entre une aiguille et le sentiment de la douleur, ou entre la réflexion d'une balle dans un jeu de paume et l'entendement humain. De sorte que la définition que Hobbes donne de la sensation, qu'il prétend n'être autre chose que l'image qui se forme

* Ex quo intelligitur sensîonis immediatam causam esse in eo^ quo scnsionis organom primum et tangit et premit. Si enim organi pars extima preroatnr : Ulacedente premetur qaoque pars quae tersns interiora ilii proxima est, et iû propagabitur pressio, sive motus il le, per partes organ! omnes usque ad intimam. Quoniam autcm motui ab objecto per média ad organi partem intimam propagato, sit aliqua totias orgahi resistentia siyereactio, per motum ipsiu« organi internum Daturalem ; fit propterea conatai ab objecto, conatas ab organe contrarias : ut cura conatus ille ad intima, ultimus actus sit eoram qui flunt in actu sensîonis, tum demum ex ea reactione alîquandii^darante, ipsum exUtet phantasma; quod ptopter conatum versus externa, semper Tidetur tanqnam aliquid sitam extra organum. (Hobbe?» de Sensione ei Motu animali.)

^ Pliantasma est sentiendi actns. Id, ibid, ^ ' Causa sensîonis est externum corpus sive objectum quod premit organUm proprium, et premendo (mediantibos nervis et membranis), continuum efflcit motum introrsum, ad cerebrum et indc ad cor ; unde nascitor cordis resistentia et contrapressio, seu dtvTtTuma, sive conatus cordis liberantis se a pressione per motum tendentem extrorsum; qui motus propterea apparet tanquam aliquid externum: atque apparitio haec, sive pbantasma, est id, quod vocamn^ KDsionem. {Leviathan^ cap. 1.)

àmxk le<cerveau p«p l'imfiratfîoB devlofajiit^iMfcaiiMiiaipeetnifiHbft (yMi(6if . pour, d^finii: laceulau MfJtta» iLaTOU clûiqift»rc«6t l'isMigti djs&.cam^ ela Oa aiuak U>i& d« ccûÎMdpia j<e luÎLtfttfiiiipoat.^ Cas: ii« dk-il p«3 luUmâfltf^ dB teaneft:. e3iprè%..«/qiifti'toiiCea'. les fB!» litéii$en0tblâ%>c0miiieeMni.l6flr«»ukiicsylâs «Qiis,.«à>aiDaLdiii]:eatef: n^fttPtdMia robj^^jnâaift qWAiD>BMWTeBientd<^ connM' le mou^QVieal; mfc.sMMair, pjooduinetaïUKti-chaae que A>. mniivem«i^. l«s pesceptioQSi des qualités MOiîUbea (jui.se fontea, noBSine sont par. consaqueot que dfift inoiur4ein«iiU.diyefsifiés.!?» Bihifi.si Vinui^e de TobjeX qui s imprinm dans h^ cerveau ai^jao74Hit dalaiigMre et du mouvemfim^st la seiuatioa ellérmémfi, comwt HbUbea le prétend, ne faudca-fc-iLpas quil dise sui^xanluses: priacip^Srque la sensation n est après, tout, que pure figace et purmeu^ y«ne«iiP Et ainsi ne se chasge-t-il paa.de toules les absurdités (piA: j*ai fait voir être lesxonséquences inerâtaJULes de.cette opinion?

Hobbc^^conune je raireBOAcqué danfii.ua autre endroit) panai aToir senti le poids de cette, diflintlr^ insurmonlahle^ et de là Tient qu'il affecte de la cacher àises.leetâuc&> et de leur en imposer àJa faveur, de Taoïbiguita du tecme d6jrepBésentati4)n(/?i&âs/af«uz);il sedXiénagQ même unekécbappalDi£ûy.et.eacas qu'on le preasetrop, YÎv^emeat, il insinue à tout.hasafidqa'îL.pourrait bien se faire qu'il y ei)bl dans la. sensation, quelque cbose de plus^?. « IL ne saîA sil/ue dM paa dire^ à l'exemple., de- quelquas philoSoplMs». que toutft nMÛère a naturellement et essenûelleraenit la^facuLté de connaîtEe^ et quil ne lui manque que le&ocg^aâ&etJa.mémQir,e.desânîiBaiUii p<Hur exprimer au.dehQr;^se&,âenaations.^ » U ajoute.* que siToQ. suppose un homme qui ne possède d'autre sens que celui de la

* Quœ qualîtates omnesnoiaûiari.. soient senstbUa»^ «t suAt io :jps«noliiict» niliil aliud praeter nuiteri» joatuiD^.qjuA ob)ccCma.ia oi^axui scuuHiuitt^Messi-»' made operatur. Neque.ia nobia aliudiuuia», quaakdiyerai maUis.. Motus enia nibil générât prœter paotuw» {LeviaiktLik^cap. 1.)

' Scia fuisse pbUosapbos quMé«j»«.eosdanM|tte Ticoa daetoa^.qwErcorpsra^iBHnia senHi prasdita esse ausIiooertt&t^Jiefi .video». siJiaUiEa.seiisioiiis JaceaetiiBfc aola collocaretar, quomodo refutactpaMiiit* Sed et si exrcm^tione eUaaa oar' poram aliorum, phantasma alù|jiaid nsAoetwtar; illud taxnen rtmotn* ofafects stattm cessaret : naai nisi ad'JieiHiemliinLiiioftiftiaiiDiNresaïuii» ettam/rcmatofiito' jecto, apta habeant organa, ut habenAAsiiiudiA^ îta.taiiftiUK6eatiMAt;.ttluit]iqiuun seosisse se recordentjjiq. SensiABiergo». quw.TiUga appeUMur^ neoBMVÎo adbscret mcmoria aliqua. (Qobbesi Phyt.j .cap. 2^«3eot..ô.)

> Itaque sensioni adb«ret proprie dictœ; ut.ei aiiqÂainsUa ait ptrfwlBai. pbantasmatum varietas; ita ut aiùi4..aUaUo discenû poiasii.. Si supfMuiaffiii enim esse bominem, oculia quidem clarisi caeterisque videndiorgaiûst recto se babentibus compositum duUo autem alio sensu prsditam, euinqiije^ad eai» dejn rem eodem semper colore et specie sine uUa ?el coiniuia variatala spptrfiBtBB:

tne, qarâit ses^yeax inlmobilds, et toujours attachés à un seuret» même objetj lequel de soir côté soit aussi intambhe et sansr lé main(lre changement; cet homme ne verra pas, à parler proprement,'mais; qu'il serar dans une espèce d'êtdnnemeiit et d'extase incompréhensible.' Ainsi, dit-il, il jpoorraît bien être que les corps qui ne s«nt pas- organisés eussent des sensations; mais, conraid faute doigane il ne sjrrençontre ni. variété ni mémoire, ni aucun autre moyen* d'exprimer ces sensations, ils ne nous paraissent pa» en HToir. » Quoique Hobbes ne se déclare pas pou» cette opinion^ il la donne pourtant-comme une chose possible. Mais il le fait d une" manière si peu assurée et avec tant de réserve, qu'il est aisé dé voir que ce n'est qu'une porte de derrière qu il s*est ménagée à tout événement, en cas qu'il se trouvât trop pressé par les absur*^ dîtes dont fourmille la supposition qui envisage la sensation comme un pur résultat de figure et de mouvement. Il a raison de se tenir* sur la réserve. Ce n'est qu'un misérable subterfuge à tous égards anssi absurde que l'opinion qui fait consister la pensée dans le mottreinent. Car qn*y a-t-il an monde déplus ridicule qtte de s*imaginer que la connaissance est aussi essentielle à la ma-^ tière que l'étendue? Quelle sera la consécpiencc de cette suppo^ sition? Il en faudra conclure' qu'il y a dans chaque portion de matière autant d'êtres pensants qu ellet a de parties. Or, chaque portion de tna tière étant composée de parties divisibles» à l'infini^ c'est-à»dire de parties- qui malgré leur contiguïté sont aussi distinctes que si eues étaient à une très-^grande distance les- unes des autres, elle sera aussi composée d'une infinité d'êtres^ pensanlâl' Mais c'est trop arrêter mon lecteur-sur ies absurdités qui naissent decette^suppositiemimenstraense/ H y^en'a: d'autres qni ont iraa^ gÎB^une aotrehypotlrise.N^^âm^par p«Mne famit»^ prendre ni l'un» ai l'aulre de ces- routes que Hbbbes leur a tracées, et ne voulait pourtant pas renoncer à la supposition que la pensée est une a& feetio» de la manière, ils ont' prétendu que Dieu, dont la puissance ^8t infime, revêt^ par un effet de- son bon plaisir, certaines por-« tions' de la matière de la faculté de penser. Mais c'est ne rien dire que cela* Je laisse à part l'absurdité qu'il y a de supposer que Dieu né fassede tout un assemblageinBombrable d*êtres distincts dont chaque portion de matière est composée, qu'il n'en fasse^ dis-Je, qu'un seul être individuel qui- connaisse et qui pense; et

fA^enam esse ; mihi certe, qiiici|iitd dîoantaliiynon videreyideretur. Attonkiun esse, et fortasse aspeotare euw, séd stupentem dicerem : adco jsentire semper idem, et non sentire> ad idem reciduat. (Hobbesi Ph/s.t cap. 25, sect.ô-) ^ ^

je dis quil faut de deux choses l'une, ou que Tidée que nous ayons de la matière soit une idée Teritable et distincte, ou qu elle ne le soit pas. Si Ton dit que c'est une idée distincte et véritable, et ({ue la matière n'est aulre chose qu'une substance solide, divisible» capable de figure et de mouvement (telle qu'en effet elle nous paraît, après l'examen le plus exact que nous soyons capable de faire) ; il faudra dire aussi qu'il est absolument impossible que la pensée convienne à la matière. La raison en est évidente. Cest qu'il n'est pas possible que la pensée sorte d'aucune des modifications ou des compositions des qualités de la matière, dont je viens de parler. Mais si l'on dit que l'idée que nous avons 4^ la matière n'est pas juste, et qu'il ne faut pas entendre par la matière, comme on fait ordinairement, une substance solide, divisible, ca* pable de figure de mouvement, etc., qu'il faut au contraire entendre par là une substance inconnue qui a la faculté de penser, et un très^grand nombre d'autres propriétés que noi:^s ignorons; si, dis-je, l'on tient ce langage, on tombe dans uu misérable jeu de mots. On donne au terme de matière un sens ambigu, et on l'emploie pour signifier ce que nous appelons substances; or, dans ce sens-là il est clair que nos adversaires ne peuvent rien gagner i dire que la matière est capable de penser; car on ne leur nie pas qu'il y ait une substance qui pense. Ajoutez à cela que ce langage est moins clair et moins intelligible que celui qui distingue entre la substance inunatérielle et la substance matérielle qui assigne à chacune ses propriétés, et qui empêche par conséquent qu'on ne les confonde.

Mais supposons, si l'on veut, en troisième lieu, que l'âme ne soit pas une substance réellement distincte du corps. Accordons à ces messieurs que la pensée et la volonté peuvent être et sont en effet des qualités des affections de la matière ; tout cela ne déciderait point en leur faveur la question présente qui roule sur la liberté, et ne prouverait pas qu'une volonté libre f&t une chose impossible. Car, puisque nous avons déjà démontré que la pensée et la volonté ne peuvent pas être des productions de la figure et du mouvement, il est clair que tout homme qui suppose que la pensée et la volonté sont des qualités des affections de la matière doit supposer aussi que la matière est capable de certaines propriétés entièrement différentes de Ifi figure et du mouvement. Or, si la maiière est capable de propriétés entièrement différentes de la figure et du mouvement, comment prouvera-t-on que, les effets de la figure et du mouvement étant tous nécessaires, les effets des

THJBOIiOGIB NATVRBUiB. 239

autres propriétés de la matière, entièrement distinctes de oelles«lày doivent être pareillement nécessaires?

n paraît parla que l'argument dont Hobbes et ses sectateurs font leur grand bouclier n'est qu'un honteux sophisme ; car ils supposent d'un côté que la matière est capable de pensée et de volonté, d'où ils concluent que l'âme n'est que pure matière. Sachant d'un autre côté que les effets de la figure et du mouvement doivent tous être nécessaires, ils en concluent donc que toutes les opérations de Tàme sont nécessaires; c'est-à-dire que, lorsqu'il s'agit de prouver que Tàme n'est que pure matière, ils supposent la matière capable nonseulement de figure et de mouvement, mais aussi d'autres pro» priétés inconnues. Au contraire, s'agit-il de prouver que la volonté et les autres opérations de l'âme sont des choses nécessaires, ils dépouillent la matière de toutes ces prétendues propriétés inconnues, et n'en font qu'un pur solide, composé de figure et de mouvement. Ainsi il n'y a qu'à distinguer l'usage ambigu et confus qu'ils font du terme Aematièrey et ils seront nécessairement obligés d'avouer l'une ou l'autre de ces choses; car si par le terme de /watière ils entendent une substance solide revêtue seulement de figure et de mouvement, il faudra qu'ils avouent que l'âme ne peut pas être purement matérielle. En effet, Hobbes lui-même confesse que la figure et le mouvement ne sauraient produire autre chose que mouvement et que figui'e. Or, si la figure et le mouvement ne peuvent produire autre chose que mouvement et que figure, ils ne produiront pas même un son, une couleur, ni aucune autre qualité sensible; à plus forte raison ne produiront-ils pas la pensée et le raisonnement. D'où je conclus que l'âme étant certainement immatérielle^ ils ne prouveront jamais qu'elle n'a pas la puissance de commencer le mouvement, ce qui est une preuve évidente de sa liberté. Mais si, par le terme de matière, ils s'avisent d'entendre une substance inconnue à qui ils attribuent des propriétés entièrement différentes de la figure et du mouvement, il ne faut plus qu'ils parlent de la liberté comme d'une chose impossible, ni qu'ils allèguent les effets inévitablement nécessaires de la figure et du mouvement comme une preuve de son impossibilité , puisqu'alors la liberté ne dépendra pas de la figure et du mouvement, mais de quelqu'une de ces propriétés inconnues de la matière, qui, par cela même qu'elles sont inconnues, ne peuvent ni êlr^ expliquées ni servir de fondement à un raisonnement. Ce qu'il y a de certain, c'est que pour donner quelque force aux arguments qu'ils mettent en avant contre la liberté, il faut qu'ils supposent que la pensée est

«n effet ou un ocflpip<>>é4eifigiM0>etAjwgiHieinept;Ete« question de savoir, non pas^sifiie^^Miit (aum xf^e laidmiMÎèfepeMé, fOU S'il jae Je.peul p«s (4Mreet'élfttiëeiipesto«iifcfleMRt'«ruMRre4»qetà ^équin^o^ue, fimqae^o^^mammtumêi, «biMÊat '(ki<4»vifie èe^mmuim, .l'emplogrant pour sigi;iifier la^^subaimee en/;gtniésal),«inMS ilu«era .question de.saii^îr si«Ja;fig[Mr«iet;le4BOiiii«aB6nt^ qmotqRetilinmiiou .^quelque goiapaBÎ imn «qu?on'<n Stàêêe^^ftiwreùtjfraàvâreA^. peiBce4m . connaid^aiiee. Qr,. ^ai déjà .fait voîr que x^ttst'ntne' quesd«&4iiissi impertinente que si on d«mandiiit si usa iri&ngle{ieyft'écre«iiD40fi, .ou un cer^île une couleur. En 4iii:iiiotyjetdî&:qi»e^to«8ileft4H*9iiiDeDt5 de Hobbes contre Ja possibUité^de la Jibertéytfondés anrhspfo- . priétés de la matière, Xombent ;n6eeMai#emeiit,'et«ie(«ootqiie de ▼ains sopbismes, .supposé ique ïAme soit«iBe sabetance inonatélâelle, canune elle Test en e£{et, si l'idée que »nous «f^iasdela matière est juste. Mais si nos adversaires veulent, à quetqufifirix . que ce soit, et malgré Tabsurdité que ee senlknent ean'aine^apKS . lui; 6],dis-}e, ils veulent soutenir que Tâme n'efit^quefuireBiaftière, il faut qu'ils prennent Tun .ou Uautre de cestdeux>pactis ^'OUiqa^s . entendent parle terjnedemalièpetiHieâabslanceincoiunie^en^i se rencontrent des .propriétés JbctM^es aussi bien que iMMsives^ec qui détruira tous Jeurs arifumenls contre la Jîbevté, qu'ikifioïKifint fSntièrementsurlespiC0priété64îOBiiiM6 deiiuinatièse ; x>u qttiiftirtficbent hardiment le mot, et quils dueat Fondement ce qu'ils pensent, c est-à-dire que la^penséevetja volonté tte«ont»qiie dcs^ffets ou des composés de la figure etxluiOiouveHieDt; et . alors 'je les renvoie à la preuve de jna luiitième jwopoôlian^où jlai /oit voir que c'est une contradiction réelle.

On fait encore quelques autres arguiiieirts'0<aitrela possibtiifeéJe la liberté, qui so]ltdevenus4^nfiidérables.pafl!kQ4Ein«Mrqu4mJwa fait d'y répondre, bien qu!au .fond .ilsHfioient >t«Ait>à.fait .bais i^ pro.pos. Je met&dansx^ raiiig ceux qujon >^re àe^eeideaatmm^Jp^ Ja volonté est nécessairement ^déteianinée «par :le< dernier dûotpMO

de r^tendement, et ceux qu'on.pBend/de.la «ectîliude.deJafiMS' cience divine.

, Les premiers, je veUx dise ceux qui 4mt pourt tfeodowwmt Ja inaxime que la volonté suit. toujours. nécessaiipeiaeAt Je40iDier idictamen de l'entendement, ne sont pas gEand' eh««e ^Ar quelle est cette nécessité.^ C'est orne ^naœasîlé quiniest ^^ qu'en vertu d^une suppo^itioii, et ijui «evteiM^.fieu «piès t(i0<KX :

* ^^^ezilJNdes^ttsta'letfres^tthin'favatft'ée Gaaibri<|ge à M. ClArke,^!^^ ^

nfAl Iffvemlle. C'est tamnwome'^i je ^Hsihs ^e tout* ce qui est «ntaeHemem- dcntvéoemaîrenieiitétFe, |Mirce quetandis qu'il est, il «e<w«Fent'n'étre pas. Gtnr le'tlepnier diotemen èe rentendemetit ■nW-mrtre chose^qae iax>ëieitiiHi»tkm'-fipale'd'iin howiine qui-«e iRsont à't^hmnrune^obese^ eru à^neiapas'ckoiBir, après aToir déli- 4»éré lirdessus; Or, 'qui nenrmt qae c'est là'prëeiséinent la voUthm ^a l^axitetde^itottlcâr P Ou, silW ^distîfigue r«clé'de'la [volitiofi sàa dernier yy ment ^de )Vsiftmdeiii€mt,'»Iovs Kaete tle ia ToUtion,^««i, l^ontfmMn' -dire, 4e '«cotmnencenviit d'arction'^ii^Msera pas déter- ^Bbé cm émisé «par ce deraier jugement, oonsidéré en tant ^tfse Teanaejdi^que eifieîeirte, snsâs' aenlenimt 'ornisâdiiré en quattté 4e JOatifaMxral. Car dans l'hcmme, 4a cMise efficiente physique irM- •HUe, inmëdÎBte^ ainsi pKopmnent'dite,«atilepattvoir ^deseTinmi- ^«■r floi-méme, pimnroirnpiîiseidéplaie'Hfarenent'ien'OQraséquisnBe ^-dernier j<igeimnt >de reirtendeiiient.' Mais^iee dermer «jugenmt Jiaatpas kii^mémengge'taiiwe ^efficieBte pby»î<m'e,'ce nnsstcfBÙmi «simple motif'inGaml à lWK»8sioii'^qael la «anse physique, on de pouvoir s^i-môaTantcKHifmeflicevdlagîr. &e sorte ^ue^st^le pammr ^agirsuitiMceesatreinent 4e^0ge»ent:de (entoidêRie&t, la- néMS- Bté dont il s-agit n^t 'ipi-one «éemnté anorak, c est^éndire qoe ^D^tpaa tmenmesaité, àpMfodre letenne denéce^té dans èe >«nis que les 'enneans de la fibevié kri dimwçBt. Car il «st évident ^qu'aae nécessité "TnoraleHsst ti Ù8«^oenipKtible >a»vec la ^Hbcnpté naiVH 'toHc la piHS|iarftrite. Par*eiceniple : lîn homnwqui nîesttourmewaé 'd'aucnne «doulenr-corporeUe, et dont l^esprit'est'en bonne assiette, Wge-quïl rfest^as - raisonriafaêe qu4l ee blesse, ou qu'il setue -hii- «éme. Aurnns qwKywlqge 4ojiHation, cm qoelque violence ewié- 'WBre<ne*i4enne èla traverse^ il n'estpfaspossèble'quHlagissedHiiie "wanière ^poséeà: ce jagmaeitt, non -par ^manque de ^youToir ma- 'tarel^iniina^Mn'oe ^e'*ce*>ei!mt nneoboaealMuii^ 'qa-it'qgt'muralwiiwii îiiiposriMie-^Sl prenne ce^arti. Belà'^vifollt que «les «réatnves'T^iaomiableB iks-plns^^arfintes ire petrf^m pas '^ar-iwre. EHes cmt tontes ées-^ioûkés méettmmth pour ^Mre Vaetiom^-nHitéri^e; ^maistîOSimiiMWiit yarfaiitemeBt 'ce qui 'est'4e meilleur, ^tn^ayant *auonive MatatfcHi *mi*nna!, il '(ffÊt Tnofaluu'iwit mpowiUe*qu^élles sed^heimiittinj par cbrâc à agir'd'unennamère niéitasinmaMe^f ejBtsa'f aggftue* Jyaais ^qae' ceux qoi coi«bafieir€4a 'ïftwwé pépUqncnt à-oola^Hl ^«^ a^oint'de dtfférence ^e?»tre'4a "Matsaite ^uioi ak. *€t'istuiét9êii^i pkwfiqac «Bn' •homme, disent^n, 'dont le 'oorp»«et'Pesprit'soilt>en hen'état, «st dans'une imposailii-

aSa TUioiiOGIB HATUBBLLB.

lité naturelle de se faire du mal à lui-même, ou de se tuer, puisque, sans impulsion extérieure, il est aussi impossible que son jugement et sa Yolonté se déterminent à agir, qu'il est impossible qu*ua corp commence à se mouvoir, sans qu il soit poussé par un autre corps«> Mais en parlant ainsi ils abandonnent l'argument pris de lanëce$« Site où la yolonté se trouve de suivre le dernier dictamen deTeDtendement, et ils reviennent à leur premier argument, pris de Timpossibilité absolue qu'il y ait aucun premier principe du mouvement que je crois avoir solidement réfuté dans ce qui précède. <

L'autre argument, qu'on nous allègue aussi très-fréquemment contre la possibilité de la liberté, est pris de la certitude de la prescience divine. Mais tout ce qu'on dit là-dessus ne fait rien du tout au sujet. Car, à moins qu'on ne prouve avant toutes choses que toute action est nécessaire, il est certain que tous les raisonnements qu'on pourra faire ne prouveront pas que ce soit une conséquence nécessaire du dogme de la prescience. G'est-à-diie que si on ne prouve pas par d'autres raisons l'impossibilité de b liberté humaine, la seule considération de la certitude de la prescience divine ne sera pas capable de détruire cette liberté, ni de faire aucun changement dans la nature des actions humaines. Par conséquent cet argument, prisa part, ne touche point à la question de la liberté. Pour ce qui est des autres argumenta qu'on entremêle ordinairement avec , cette question, je ne pense pas i|u'il y en ait aucun auquel je n'aie déjà répondu. Or, je dis qu'il est évident que la certitude de la prescience divine ne saurait toute seuk fournir de preuve suffisante pour détruire la liberté, à moins qu'on n'appelle ausecoursles autres arguments dont on se sert pour proa- Ter que la liberté des actions humaines est une chimère, une pure impossibilité. Car la prescience toute seule n'a aucune influence sur la manière de l'existence des choses. Tout ce que les plus grands ennemis de la liberté de l'homme ont dit, ou peuvent dire sur ce sujet, revient à ceci : que la prescience emporte la certitude, et la certitude la nécessité. Mais ni l'un ni l'autre n'est vrai. La certitude n'emporte pas la nécessité, et la prescience ne renferme point d'autre certitude que celle qui se rencontrerait également dans les choses, encore qull n'y eût point de prescience.

Je dis premièrement que la certitude de la prescience n'est pas la cause de la certitude des choses, mais qu'elle est fondée elle-même sur la réalité de leur existence. Tout ce qui exisi» aujourd'hui existe certainement; et il était hier et de toute éte^ nité aussi certainement vrai qu'il existerait aujourd'hui, qu'il est

THBOLOGIB NATUftBLLS. ^33

maintenant certain qu*il existe. Cette certitude d eyénement est toujours la même, et la prescience n'y change rien. Car, eu égard à révénement, ce qui est aujourd'hui a dû certainement être de toute éternité : et cette certitude de chaque événement futur serait tout aussi grande, quand bien même il n*y aurait point dt prescience. La prescience toute seule n*a donc aucune influence sur les choses, et ne les rend point du tout nécessaires. La considératien de notre propre connaissance donnera peut-être quelque jour à ce. que je dis sur la prescience divine. Nous savons trè% certainement que certaines choses existent; et il n'est pas possible que les choses, dont nous savons ainsi l'existence, n'existent en effet. Il est pourtant de la dernière évidence que notre connaissance ne contribue en rien à leur existence, et qu'elle ne les rend ni plus certsiines ni plus nécessaires. Or, la prescience en Dieu est la même chose que la connaissance. Si tous le considérez par rapport à sa connaissance et à sa puissance, toutes choses lui sont également présentes. Il connaît très-parfaitement tout ce qui est, et il prévoit, il sait par avance tout ce qui sera, aussi parfaitement qu'il connaît ce qui est. Comme donc sa connaissance n'influe en rien sur les choses qui sont actuellement, sa prescience aussi ne peut avoir aucune influence sur celles qui sont à venir. J'avoue qu'il n'est pas possible d'expliquer comment Dieu peut prévoir les choses futures, à moins de supposer une chaîne de causes nécessaires. Nous pouvons cependant nous en faire quelque espèce d'idée générale. Il peut arriver qu'un homme intelligent connaisse par avance .ce qu'un autre homme, sur les actions duquel il n'a pourtant aucune influence, fera en certain cas. Un second, qui a plus de pénétration et d'expérience que le premier, peut prévoir plus probablement encore ce que fera en certaines circonstances une personne dont les dispositions lui sont parfaitement connues. Nous concevons qu'un ange peut pénétrer plus avant encore dans les actions futures de l'homme, et avec un plus grand degré de certitude. Or, cela étant ainsi, il est très-raisonnable de concevoir qu'à plus forte raison Dieu, dont la nature est infiniment plus parfaite, peut par sa prévision avoir une connaissance beaucoup plus certaine des événements libres qui sont à venir, que n'est celle que les hommes ou les anges sont capables d en avoir. Il nous est impossible, à la vérité, d'expliquer distinctement comment il prévoit cet ordre d'événements. . Mais n'en est-il pas de même d une infinité d'autres choses, dont pourtant personne ne doute? Si cet argument était de quelque force, il porterait plutôt sur la près-

àa4

JlieiJiiui||Mr8iir 'la Vbertë. Car «apposé ijue ces -êetix choses^ment ■tgHewcnt inomnpatibfes, «t que Time des deux -dût étreaném- Abj ^qaimer'ynÀt que Vintroducttofi *â'un destin absolu et-umTC^ ««dyle tombmm et yextôictîon etilière de }a*religion et de la'nia- «de, ferait 'une -brèche à la'gloipe»de Dieu bien plus considéraUe

erve'^ferait la négation de sa «prescience, qni dans'cene'sapseraît 'impossible et'covrtnidietoire? En ce cas un homme «qui "nierait la 'prescienoe 'de IKeu fie lut ravirait pourtant pas sa <lou£e4oieece, de même 'qu'entamât 'qu'il ait le pouvoir de inre sdes o1m>9C8. oontradtetofreft,*eiit»e lui ote pas pour cela-'sa toute^ ?pniiM«ce. Ttfai&'^ous'Ti en ^sommes-pas iogés là: Car encore tjae sans- (Be puissions pas «KpKquer 'omnment Dieu provoit 4es'&e- Itîans des agents libres, no«6 «n savons pourtant assez pour 4m rpeisswadés -que la simple presoteneenepeut ni altérer ni dimniuer la.libeirté dune action qui à toos'aoïves'égards serait libre. Il est îéridenft, en effet, que la pgeaoiwice «ne donne pas anx choses phs .de certitude 'quîeUes en «crnent, '«msore- qu'il ti y 'd^t-pmnt ;âe -prescience. A moins donc «que 'nous ne soyons assurés avant toutes Qhoses'queTÎennepeiitéfiretilM'e, et que ht notion èek Jîberté est en'eUeontoae afbsoéde'et contradictoire (ce -qui est fnX) conune je l'ar fait*wnr oi-^dessus); àmoinsde cela, dis-je, il est'chir ique la simple prescience n'est point 'du tout incompatible -avec la liberté; puisqu'elle ne -pvoduit auoon changement ilans ^les choses, et i|iie la difficuké d'en<'OcmeeyoiT'la'manière,'qHeiqa« grande 'qu'eUeaoit,*n0mous doit pa^embcarasser. Gar si laKbeité en elle^mâme^est possible, 'la fliaipleprrsoience d'une^aetion fibif} laTant. qu'elle soit faste,'«e'diffère«nTien dela'CorniMBsaneeepAin am.a lersqu'ellefeBt«oftnelkmeBtH«îte. L'une 'et l'autre <ki eesixninaîflBaneesrne cinippoBBntTau0QBe»nëcessilé d'exister dans la'Chese, jnais fleulenaentiDiiefecHnsftude d?éwi— wicpt 'qui ne 4«ÎBseraiit^s jd'Are^ /qoond:hicniriiénBetaas aoomMtsMnees neTacnttenftpas.

J'ajoute, lemseoondrUeu^aqise xaetleieaiÉitude d^évflBement dont je -vtteasidepflvlenmBtcpns^iine'pioaveiMk^-laiBéeesBité^o parlait ics patstii8iiaxL'a]aaan»i(fleâdeatÎD.><^ue Je fittdîste en «lfet«s«pyose^ s^'il iuîplaît^ liiwn nwinaïqMR ViioHnB;a4erpoOTàirde«ooDiiii«sfoerJe- «mouvement, rc'csftMbtdirexi'apr avec laherté ; quil *sufps0e leaoore, sil vaut, eftem a iaa<sMis.»e pawvent-éare pwiues, «ny aa- 4A»t-il pas aimîonBS,i«Md|pé reetèe umppowtÎBP, ia «néreo wtriwJc nEfrwffUfimiiiit idans la saLtnaofdnKiâieaBS,'«u»f^R*d mmoimcéëmée ?0Bt Jiomme,tjque skinltsm wiaiMrtiimnfhaiigrp«rimcjiit<M|^lecti<aMfc saké ? âuppa8ims,:3pv!onei&ple, jquediiomnie'faaaetanjou^d^

Am 4>ffti<M^nBtoiMigPff>> W'iiCKtu .d'un {mBdipeûntarne deimmvwnoent^ et.duBe.Jflbert;é.Bb^Uie de volante^ iiid.ëpdiidaniineotcl^u- .cun&jeawe^iOUf^au^ime ioipulsion exAévietire, su^^soiis de;fi]u6 i^4;ette^A0tiâQ>aait^u être prévue hier, se :serft-t-eUfii|ias:Aii96i 4wrtaiii^, «Al égavd à leY^Deineiit, çiie si elW«ivast«fié «pnsvae ? Qktst" iîdire que^ malgré 4&i«Mppoakdon de la liberté, il y a eu hier 'etide toute Àânûté uBeraufi6i;g]!aiicle miDtituile xpie teette^aotioii iiéeiait iéute ,&ileraujouird)biiiiqu!ilc>y enraïaajoiird'hui, quelle ««stuioftael- Jenent faiie. CWsr «donc. anal msonner qoe de.eoncliKve'iiaiiaae 4iû8e>est QiéeeMairevpMree'quelleidoiteerbiiiij^ient aDn39er..sAeiiifli i^dcfue.gsikDdefqiie^t TiiiipeflAibilité d«*ooiMM»voir et^dlexpli^pcr la nuuiière de la prescience diyiiieyipm9cpi*ap7èfit;out.eHe.neTFen*iarme dlftutre rectitude ^'uQe:€eittitude d eFénesoent^qui sielaîsseraûpas de se Jtrpuver<dans4es.ohose6,^qiiaiid bientm^e elksn auraient pas élé préyii<$$«ril:e6t évident qu-elle ne renfesmei-wniime nasessité, et par ea&sé^pi^nt guette oie reBtTeroepftft^e.dogBietde la po&siiâlité de la liberté.

J'espère que Jes preuves âUéguées dans ee ehapitvespaiuâtooot suffisantes .pour établir i et la. possiîbiilité et l'extsteoAce «éeHe rde la liberté. Je n'en ^dirai dodaa pa6 daimitage et je .finimi cet «aodcle paricette pemar^e^^ae ce que je râens «de dire sur lé.eujet. de la iibmé noms neD en étatrde répondre ^à eettê questeon^aussi imf»Dvtoiile qu^'ancianae iQueUe^âst rorigine du mal (nôAcv tô juckôv) ? car ppeiBièrement il est cectain q»e l'idée de la liberté awppoae on •peuvQÎFtQAtureLde se^oiimer ver&le^aal^.teutcoinine'desiadonner 4au bien. En second li^i il est ^lair^que les êtres finis et aa4i de. leur Jiature^pariaitiy il Mt âsès'rpûsaible.qu.'abueaiit de»lenr.iifaBeiiéy ils s'en sesvent . àtccuEiimettre) acAuellemeat le . mat. £xi&i> ^e idis^y^ite Tordre et la beauté de l'univers, aussi b}en»qMeda«iiaiMi£ealaii0n)de la sagesse infinie du Créateur, demandent nécessairement qu'il y ait dans le .nMmde idivers.4u*<âre6^ jde .cFéalures^ dant <ks.*mies par conséquent soient moins parfaites que les autres. De ces trois {Principes déceideinéâeAaaîreaientlaipetsfiîbilité du ^mal,. encore que leûéateur.sâit infiiinafintjban^Caritaiitie»à>quoi on donne kmoni de mal. se rappckrte-ià 'que^u'iU«e ;de vces trois olaese& : iles mtmx jdiimpenfection, et .dan&'ce cang je mets le .stanq^e ide toectoâneft &oukéset de; GfttMroe&ipeiifeafcîoiis .que d'auJUesNCcéaIdreft pooci ieat;.(le$ maux nattunels,, |idles.«cnit la/doulmir, Jes. laaladiea^ la oiiort'^ autres dMees leewHaMesj >»etyeBfin^ fle6>.Baaux:iTOonmK, ^enuue a«aat4es.vi«ûside4aoteaie^atti« LeipT«ntertomfee.^e«Qa«K M fome. oe oiom^qtte umÀmp^frcmexA^ Car iioutes ie» iSnraltéa^d

a36 TBBOLOGIB KATUIlBIiLB.

toutes les imperfections que les créatures possèdent, étant un don gratuit de Dieu, qu*il n'était pas plus obligé de leur donner qu'il n'était obligé de leur donner l'existence, il est clair que, comme ce serait parler fort improprement que d'appeler un mal le néant dans lequel il les aurait laissées, supposé qu'il n'e leur eût pas donné l'existence, ainsi on ne saurait appeler mal le manque de facultés ou de perfections, qui n'ont jamais appartenu à leur nature. Le second genre de mal à qui nous donnons le nom de mal naturel, est ou une suite nécessaire du premier, telle est la mort a une créature qui n'a pas été faite pour être immortelle, et celui-d porte le nom de mal aussi improprement que le premier ; ou bien c'est un mal qui se trouve contre*balancé par des biens aussi grands et même plus grands que n'est le mal ; de ce nombre sont les afflictions et les souffrances des gens de bien, qui ne sont point à contre-peser avec la gloire qui doit être révélée en eux; ce qui fait qu'à proprement parler aussi elles ne sont point un mal; ou enfin, ce mal est une punition, auquel cas il est une suite nécessaire de la troisième et dernière espèce de mal, c'est-à-dire du mal moral. Celui-ci tire son origine de l'abus que la créature fait de sa liberté: Dieu l'avait donnée aux hommes dans la vue qu'ils en fissent un bon usage, et parce que sans elle il semble que quelque chose aurait manqué à la perfection et au bel ordre de l'univers. Mais les hommes tenant une conduite 'toute contraire aux intentions de Dieu, et méprisant ses ordres, ont fait servir à leur corruption et à leur perte une faculté qui leur avait été donnée pour servir à l'embellissement et à la perfection des œuvres de la création. C'est ainsi que toutes sortes de maux sont entrés dans le monde, sans faire aucune brèche à la bonté infinie de celui qui en est le créateur et le souverain maître.

La cause suprême et l'autear de toutes choses doit être infiniment sag^.

Cette proposition qui porte que la cause suprême et l'auteur de toutes choses doit nécessairement posséder une sagesse infinie; cette proposition, dis -je, est une suite naturelle et évidente des propositions précédentes. De sorte que celles-là ayant été solide* ment établies, celle-ci ne doit pas nous arrêter longtemps. Car n'est 'il pas de la dernière évidence qu'un Etre qui est infini, pre-^ sent partout, et souverainement intelligent, doit parfaitement cwnaître toutes choses? Lui qui est seul éternel et existant par lui^ même, qui est la cause unique et l'auteur de tout ce qui existe, lui

TH1BOLOGIK NATUHSLLS* aSj

de qui seul^ comme de sa source, dérive tout ce que les êtres ont de faculté et de puissance, lui enfin de qui toutes les choses du inonde dépendent continuellement, ne doit-il pas connaître parfaitement toutes les conséquences des facultés, dont il est luimême lauteur, c'est-à-dire toutes les possibilités des choses fu« tares? Ne doit-il pas toujours savoir ce qui s'accorde le mieux avec les règles de sa bonté et de sa sagesse? Revêtu d'ailleurs d'une puissance infinie, qui est-ce qui peut s'opposer à sa volonté, ou l'empêcher de faire ce qu'il connaît être le meilleur et le plus sagef De tout cela il suit manifestement que tout ce que la cause suprême fait ne peut qu'être infiniment sage. Je dis en particulier que l'Etre suprême étant infini, il doit nécessairement être présent partout; Etant d'ailleurs un esprit infini, il est clair que partout où il est par son essence, là il est aussi par sa connaissance, qui en est insépa* rable, et par conséquent que sa connaissance est infinie aussi bien que son essence. Or, partout où sa connaissance infinie se trouve, elle doit nécessairement avoir une vue distincte et parfaite de tout ce qui existe, et il n'y a rien dans l'univers qui puisse échapper à sa pénétration. Comme par sa présence sans bornes il environne toutes choses, par ses regards à qui rien n'échappe il pénètre toutes les parties de leur substance. La nature de toutes choses et leur essence la plus intime sont nues et découvertes à ses yeux, et les pensées les plus profondes des êtres intelligents ne lui sont pas inconnues. Ajoutez à cela que toutes choses lui étant non-seulement présentes, mais dépendant aussi entièrement de lui, et ayant reçu de lui l'existence même, et toutes les facultés dont elles sont revd* tues, il est évident que^ comme il connaît toutes les choses qui sont, il doit pareillement aussi connaître toutes les choses possibles. Seul ^tant pai* lui-même, et seul auteur de toutes les facultés dont tous les différents êtres qui sont dans l'univers sont revêtus, il est clair qu'il doit parfaitement connaître tout ce que peut ou ne peut pas produire chacune de ces facultés qu'il a lui-même données. Vopnt d'ailleurs d'un seul point de vue toutes les compositions^ toutes les divisions, tous les changements, toutes les circonstances et toutes les dépendances possibles des choses; instruit parfaite* ment de toutes les relations possibles qu'elles ont entre elles, et de tous les moyens qu'il faut mettre en usage pour qu'elles par* viennent aux fins auxquelles elles sont destinées, il est certain qu'il doit avoir une connaissance infaillible de ce qui est et le meilleur et le plus propre, et cela dans tous les cas possibles; et qu'il doit parfaitement savoir les voies qu'il faut prendre, et les moyens qu'il

ftwt''«!ipl€!yer'poar {irnhner^amt fitts 'qrfiF se propose, (jm somtotrjoufrà oouysèri^ypltfgjogteg^etldyirOTHèiiigga/Voflà-ce qtre^iiota eflltiHbiiPfm* WÊB 'S«gg86e^nfitt»t»Ob$ gygîitr démonirc dans- ma dhaèine propmtion'qanp r£ire^su)Ritiuup <ii«v aussi 'toirt'puTSSfmt-, et qaefeemtne il nfy^ii'poiailiid^rreu^Bi deinsprisé'qisrpTRsaeTeni» pédhL«rii«Mpr«fdnr*tmqattiis'le.'p^^ sage, U

»y a poînt'aiissi^ibnce (pn^poisw aivêiier i'éxéeutioir de's«s des* 8iîns¥Îl> est încoAiiwOidiio quHl estiqi effife infinimeiil^sage, dons le seBS ie phis relev6>e!?'le p]si&'p»ffei&tquV>i^puisse-doiiner à celte expiwssion, et par coii9é<|traitt'que le monde et-toutes les choses qmy sont doWentéire'ef sont. es^effet TouvFage d*une sagesse infinie. C'est- ce qu^oir appelle dams Técole'la démonstration àpriorf. Lies arguments tirés de la^ perfection exquise et de Tordre- admî* TaMe qui règncM densitoaMisc^oiATiQrgeS'forHientune démonstra» tioo à posteriori de'sa^agmseyqoi n'est pas moins forte ni moins incontestable. Je ne" mîetBndrair. pourlant pas sur cette preuve. ellea été mise dan»' oine^i) grande- éTtdence, et maniée avec tant de solidité ek de dâ»cate9sef(à la honte éternelle de Tathéisme) pi^'les^meillevrcs^etie» j^s^ai^ntes' plumésj tamt de Tantiquité que de eesdemiees* temps, qv'iLn'es^'psfô. possible d*y rien ajouter. Je «emsrquessi^secAenacii^^epfa» le mcmde- vieillit ', plus on étudie la nat^nrey plus on apporte d'esaeticude dans les recherches qu'on (m^ plus enfin or pousse lois les découvertes, plus cet argu* meott: devient fort^ raarque^certanie^qcril est fondé en' vérité. Si tanti de siècles, avan/b noitsxdafis.re]i£Bttce de la médecine^ si je puis m^ez|MânaeE';aÎBsif.Galieni^ trenvutt déjà dans la consâractioQ do coipsihiiBittiii;et: da^ l'arESiigfttiàiit dbises .partie», des cavactèves dfib sageiaB^silneiLB]arflpi«i^.q«'il ne petsvailLs'eBipaehêrTd'en êtan rarviren : adflnir£il9ony.et de reœAnaàce'^'tta sir faeL onwtmff^ ne pov vsitî éla» la producttoiit que d'un étse infiaifoûit: sage : que nau^ rai£tîl;pasi<Ut, s'il avait eu coonatSisanee des gcandes découvertes quelles modernes ont faites dams Tanatomie et daos la phj^que? QiiâUes exekniiatioiis: n'aurait-il pas faites sur la: circulation du sang,, sur la stnietoredu cœur et. du. cerveau,, sur l'usage de ce gcand nombre de -glandes et de- vfdvulesqui servent à la séparation et au mauvementi des humieur^ et', sur ce grand nombi^ de veines et d'autres vaisseaux qui; de scoii temps n'étfosnt pas seule* me»it CQiuMisf et dontona déGjQiivert;deptûsduietde dessein' et les

* OpinioniuB commenu dolet dies, natiirie jadicla confiroMit. (Gio) ^Galcnus, de usu partium,'pikssim.hoj]£ of final Causes* Rais, of tkefTi^dum ^Go&in tke création, Derham, Physco-Theology^ etc.

usages? Si» danst un temps oùIârpfkflôsepMe natareUe était encore daDvsow^MTceau, Warg;mnents cTE-picnrc et de sotr interprète, le poat>fI^iorc<3e^.cemn^ Texisitence^d^àn'Ef rr ÎTifiniment "sage^^crca^ ttfitP«tF'g«ii^Yrnnm'*de4i'unhi(er9^si^ dis^*e,^lenrsiirgnmentirpri^ A&afdres^'qv'il» pnkevidtrieiir'aTmr tmurérTlknsi'la fabriqnedu* VBKmàÊ^fixxt paini*à la plupart^ dfes4ioiHmcïr6lfjnifl es etsiperrron'sklinables^ qq<>fi ksa généralemenl'rejetés^etTnéprisés, n'en au-' rwitt-ik'pfiS'eu'hofite^us'-méine <s*il's'aTatent vécu- dé«os-jours' ott'l'on^â déeonv«ft qœ-ces^draees* mémci^' qu^ls regardaienr conme* des* iniperfeetîons et'tle» désordres, sont d -un très-grand usage pounla conservation et» fetien-êffe de rùnivepsftSrQcéronj en im mo^ dans un temps où* la sctenee-de rastrononRc était si mioGere» si imperitâte, a trooré dans rarrangement et dans^le nmovement des corps c^sle» de»- traees^si éel^tantesde sagesse* e^cEmteHîgenee, quil n'a pas fait difficulté -de^dire-que' quiconque nie qu'il y «en^ ait doit être dépourvu lui-^méme d'inteUîgence ', que' nauifik^ il pas-dit, s'il eà t eu GOimoîpoaBce -dey ggandefr déeouverties - <}ue leS'SMMlemes ont faites dans raataDnonneB Qu'$iuratt41 dtt^de la.^aadeur immense dui monde» (j'enbands de celte>paitie«eulei jus^où nos observations pénèftrenfe) dot-VétenAie^ suivaM les' nouBsUes déooviveviies, a peut<*âfiDe avtantOu'pltfs^'de'disjBrepor» tioitaree le système' d'alors^que k s jatèm» d'alora en avait ayee' la sfkege d'Afoliimède ^? Que dinait^l de* la régultmké'admfrablede tout les uaQVkyevaeiat^ dea platHBfeea^'Sane^épiejîdes^' saas^tationS) sanftietxogradatîonsf et* saas JaimeindieidémtûdiD «lueenAieieD 9 Q'Ue;dîrai<ML^e la justMSC/infgpriwride .-de la prepoteion-qu'on* nnasqme entre l»TapîdBt«^pi3aMl»«e.'eft la^^Umetantorigindb du nnnNmneaftaiinueLdeA.'plaQB0le»fj et^ealnlei^ dmceipn

* CaieiiMi erg<»^>nilaMeshilcau<Maitoeii>inaiedlifclia«iqu»oyi>ftsniiiWi|i<^

€oiiiei9ati».et salus omiûaBi*i0iiuiÎ6oritnc; giiivacare^meata^nash la ip^mfftw tu expcrs habendus est. (Gic, de Nat» Deorum^ lib. 2.)

* Geue sphère artiflcieile d'Archinède représentait les^nrootements des corps <itotM.yCtoeiK)ii eMpade aânsi, TumuLp^fi^àxciémfàÊmcwmèÊaim^ solis^jefeufaiii»: qoefcrantiummotusia spUœram illigayit, eCfecit idem, quodUle^ qui inl'àinfio. Mandum aediflca^it Deu9, ut tarditate]et celer itate, di88iiii|(limos motus uns regorettomnersto. »;SaièqtterappeHe>eD^ s«m «ryle ; « Panram^iimfhllimivgNmdttm' mando, cœlum gestabile, compendiuinreruiiiy spéculum naturse. » (Sen., Epist.)

'La sagQsse de Oieu en ce point parait 1** eacaqu'il a &i bien xégl^Ja.idteis« pri^ nitWe, c'est-à-dire la force de l'impulsion originale du mouTementamitteLdea pUaètést, 4tt'eU£. n'est ni., trop faible, ni trop forte pour. la, prodactioada temps P^nodiqjNttf par. lequel seulement la distnDce donnée deii.planètfia autsoleii p«utêtre gardée; et 2° qu'il a voulu que leur direction originale» c'est-à-dire Vivfin pression de cette force primitiTe fût à angles droits avec les rayons du soleil. Si elle avait été à angles «igUA» ou obtus, quelconques» les planâtes auraientr

^ amjrparlajdadan beaMl4 du«aaleiLet;4di8&AiDâkB|.et»<lè xpgyrages^ftjEiien aii^ciel et en la«terre queJVin omt- ^ % ntaps^,» il y^a^.^diuU,^ueiu:âf cfao&e»icachéefrrpks

*^%^ ^* ceUe&>Gi,,et«^ium&«nâyonsxQnouiqH^jM3rp6U'«b

\ ^ % \».{iitta99&.o«qu*oii-a.déccMirertjuficptaei

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\ \J^ * -ipàdtwi. Hle porte en substance, jr^

, -ii ^ ^sairement être infinimentbouj.jmte.fft

,|iu me reste, à. prouver pour conclure ce dur ..une pour cet. effet qu il est aussi certain que, lei ••étitre elles des relations différentes, qu iPe^ certain qu.'ii ^^ le monde des choses qui diffesent les unes des. autres,. D« ces différentes relations qiie les ohose&ont entre elles nésukenfir cessairement Taccoid, ou le.nanraccord.de certaines. choses. aves aautres. Cest ce quLest encore aussi oertain^.quillest certain«qu'il I 7 a de la différence dans. la natuae de&. choses oui que des chofies différentes existent. J'ajoute qp'il y a.de certaines circonstancesuqui conviennent à de certaines personnes^ et qui ne conviennent pas à d'autres, le tout fondé sur la nature des choses. et sur les quals& caeions des peEsonnes,,antécédeniment à aucune volonté,. ou à^au»cua. établissement arbitraire ou posilif • GWst de <pioi il faut contenir malgré qu*on en ait^à moins qu'on ne a'avise de soutenir que dans la nature des choses et dans Tordce de la raison,,il est tout anssi convenable qu un être innocent soit plongé dansiune misère étemelle, qu'il est convenable^ qu'il en. soit affi*anchi. 11. j a^denc dans la nature, des choses, des i«^es des convenance, et ces règjeft sont étemelles, nécessaires.et immuaUes. Cest ainsi qu'eu pensant toutes les créatures intelli|[^ntes„àJairéserve de celles qui ont dm idées fausses.des^choses) oestràrdine.ceUesidont rentefidementest ou imparfait, ou extrémementdépiauvé; Or, c'estsur cett&connaisy' sance qpe. les êtres •îptpllîgfttitfs aa% des, relations, natiueell es. et4jér cessaices.des du>ses,.. qu'ils règlent cnnstanmienttoute&' leurs. aer tiong^àouains que quekgie.ijitérét.particulier. ou quelque passian. doQÛiutUe ne. Tienne.àUit):«veziBerséduire>Ia volonté et Isentraînec daiijJ<»AW»^;gJy»t»f>ii± « <^t r»'p<;tjr>î^ pniir.k» di£een{(afisant^,(gie]eitn»>uvft

T. ni. i6

a3a TmioLOQtM hatuiblu,

lité naturelle de se faire du mal à lui-même, ou de se tuer, puisque, sans impulsion extérieure, il est aussi impossible que son jugement et sa volonté se déterminent à agir, qu'il est impossible qu'un corps commence à se mouvoir, sans qu il soit poussé par un autre corps,> Mais en parlant ainsi ils abandonnent l'argument pris de la néoes* site où la volonté se trouve de suivre le dernier dictamen de Tentendementj et ils reviennent à leur premier argument, pris de l'im* possibilité absolue qu'il y ait aucun premier principe du mouvement que je crois avoir solidement réfuté dans ce qui précède.

L'autre argument, qu'on nous allègue aussi très-fréquemment contre la possibilité de la liberté, est pris de la certitude de la prescience divine. Mais tout ce qu'on dit là-dessus ne fait rien du tout au sujet. Car, à moins qu'on ne prouve avant toutes choses que toute action est nécessaire, il est certain que tous les raisonnements qu'on pourra faire ne prouveront pas que ce s<»t une conséquence nécessaire du dogme de la prescience. C'est-à«dire que si on ne prouve pas par d'autres raisons l'impossibilité de la liberté humaine, la seule considération de la certitude de la pres^ cieuce divine ne sera pas capable de détruire cette liberté, ni de faire aucun changement dans la nature des actions humaines. Par conséquent cet argument, pris à part, ne touche point à la question de la liberté. Pour ce qui est des autres arguments qu'on entremêle ordinairement avec cette question, je ne pense pas ipi'il y en ait aucun auquel je n'aie déjà répondu. Or, je dis qu'il est évident que la certitude de la prescience divine ne saurait toute seule fournir de preuve suffisante pour détruire la liberté, à moins qu'on n'appelle ausecoursles autres arguments dont on seselt pour prouver que la liberté des actions humaines est une chimère, une pure impossibilité. Car la prescience toute seule n'a aucune influence .sur la manière de l'existence des choses. Tout ce que les plus grands ennemis de la liberté de l'homme ont dit, ou peuvent dire sur ce sujet, revient à ceci : que la prescience emporte la certitude, et la certitude la nécessité. Mais ni l'un ni l'autre n'est vrai. La certitude n'emporte pas la nécessité, et la prescience ne renferme point d'autre certitude que celle qui se rencontrerait également dans les choses, encore qu'il n'y eût point de prescience.

Je dis premièrement que la certitude de la prescience n'est pas la cause de la certitude des choses, mais qu'elle est fondée elle-même sur la réalité de leur existence. Tout ce qui existe aujourd'hui existe certainement; et il était hier et de toute éternité aussi certainement vrai qu'il existerait aujourd'hui, qu'il est

tique. Apr.è&ù.imT,fm\àji€iâMmheamlàiÀUiag^ tour les atttBe9U)iiyra§e»ilaJ3ieujftiu;iel^ eala^terce querlon oMinaissait de son. um^is^*» il 7^a^.<dâ4l3iip]liiÂaursr cfao&e»icaehawhp)Hi grandes encore q^e cettâft»oi,,aU.Biw&^na«on&XHUimttqii?4inr^ ses œuTxes, » Errlésiasliqimjjrikêfim .larin, f, 3aA>G*Àatcl«i«Bgfi§arqw noua deTons tâDic nons, «uitt) j«J|péJ€fl>gyaEttdBg^6ifc'Jbdlflj^»dl»ôii» vertes «deârderniecs ^olas^puuqtta-assqu^on^a^déûcuivart jusquÂci aest rien. au. prix. deuOfcqjuLpwle ià...dAaouyrii;.flnQ<MMu

lM)até, uae jiutioAiefti.uaec MiMriaAaiMirer tiwtfgg itoa^aultar-. petfqartiPMi

morales, qui conviennenV au souverain gQUYerD^a]i,.etiatt.&ouYerain j^g^du imodiR

CTesticiina dernière propo^itiisn* Elle porte en substance. jr^ PSire suprême doit nécessairement être infiniment bon,, juste . ei vàitable. Cest oe qui me resta à. prouver pour^conduiie ce disr cours. Je dis donc pour cet^ effet qu'il est aussi certain que. las dioses ont entre elles des rdations différentes, qu'il* est certain .qu!il fa dans le monde des choses q^i diffegent las unes des. autres. JDa ces différentes relations qtielea choses ont entre elles résulte nar cessairement lacçoid, ou le.aenraccoxd.de eertainea. choses avea ^Ettitres. Cest ce quLest encora aussi oenain^.qujllest certain«(piïl y a de la différence dans.la natuae des. choses oui qiie deschoaei ^érentes existent. J'ajoute qfi'il}^a.dje certaines circonstances^qui conviennent à de certaines personnes^ et qui ne conviennent pas à d'autres, le tout fonde sur la nature das oho&es^et sur les.quaHfiir cations des peGsonnes,,antéc£denunent à aucune volonté,, ou à^auf cuit établissement arbitraire ou poiâlôf. G'^st der<pioi il faut conirar nir malgré qu'on en ait^à moins qu'on ne a'avise de soutenir ^pie dans la nature des choses et dans l'ordre de la raison,,il est tout aassi convenable qu'un être innocent. soit plongé dans^une misère étemelle, qu'il est. convenable- qu'il en. soit affranchi. II. j a^danc dans la nature, des. chases. des règles des convenance, et ces règ^» sent étemelles, nécessaires et immuables, Cest ainsi qu'an pensent toutes les créatures intellig^ntes^à Jarëserve de celles qui ont daa idées fausses.<les»choseS| aasuàrdioe.ceUesfdont l'enteiKlementuast on imparfait, ou extrémemeatdépravé; Or,, cestsur cettecomiais^ aance que les êtres intelligents onli.de& relations, naturelles et 4iar cessaires. des choses,.. qu'ils^ règlent constamment toutes leurs. acr tioas^àjttflinsL que q^kgie.ijitéEât.particulier. ou quelque passiaa. donûaauta ne- menna.à^laJtrKner8ei' séduire Ja volonté etl/entraînac '^dOTJMyg)!^"^^ • et clestici^paurlp direen{(assant^,(gie ]e:taK»uyft

a4a TIIB0I.06IB HATVBSLLS,

le vrai fondement de toute morale. Après ces éclaircissements, je di^ que r auteur de touteschoses étant (comme je l'ai déjà prouyé) infiniment intelligent et parfaitement sage, il est clair qu'il est absolu^ ment impossible qu'il puisse se tromper en rien ^ ni qu'il puisse igno» rer les véritables relations, les véritables convenances des choses; ni que rien au monde soit capable de lui en imposer sur cet article. Je dis outre cela qu étant aussi un Être existant par lui-même, absolument indépendant et infiniment puissant, il n'a besoin d'aucune chose qu« ce soit, de sorte que, comme il est impossible que rien fasse penchersa volonté du mauvais côté, il est de même impossible qu'aucune force supérieure mette des bornes à sa puissance. Il suit donc évidemment de ces principes que l'Être suprême doit toujours faire ce qui connaît être le meilleur, c'est-à-dire qu'il doit toujours agir coi^ formément aux règles les plus sévères de la bonté, de la yérité, de la justice et des autres perfections morales. C'est une afËûiâ de nécessité à prendre ce lerme, non pas dans le sens des fatalistes, pour une nécessité avengle et absolue, mais pour une ni* cessité morale, dont j'ai fait voir ci-dessus l'entière comptabilité avec la liberté la plus parfaite. Pour descendre maintenant danc le détail, je dis premièrement que l'Etre suprême doit être infini* ment bon : c'est-à-dire qu'il doit avoir une disposition invariable à distribuer ie bien et à faire des heureux. Seul suffisant à soiinême, et n'ayant besoin pour être heureux que de la jouissance éternelle de ses perfections infinies, il est clair que le seul motif qui l'a porté à créer des êtres, c'est afin d'avoir des sujets à qm il pût faire part de ses perfections, suivant leurs différentes capacités provenantes de la diversité des natures qu'une sagesse infinie a dû produire, et suivant l'usage qu'ils feraient de leur liberté, cette faculté éminente qui entre nécessairement dans la constitution des créatures intelligentes et actives. Je prouve encore qu'il est infiniment bon par la raison qu'il est seul suffisant à soi-même. Car étant nécessairement tel, il est évident qu'il doit être infiniment au-dessus de la malice, de l'envie, et de toutes les autres causes poss^ blés de tentation au mal, qui tirent toutes, comme chacun sait, leur origine de l'indigence, de la faiblesse, de l'imperfection ou de la dépravation. Je poursuis et je disque la cause suprême, l'auteur dô toutes choses, doit aussi être infiniment juste ^ caria règle de l'équité' n'étant autre que la nature même des choses, et les relations nécessaires qu'elles ont entre elles; etl'exercice de la justice consistant uniquement dans l'application des différentes circonstances des choses aux différentes qualifications des personnes, conformément à cette

conrenance originale dont j'ai parlé, et que j'ai déjà prouvé être antécédente à toute volonté positive et à tout précepte positif; tout Cela, dis'je, étant tel, il est évident qu'un être à qui celte règl« d équité est parfaitement connue, qui juge toujours sainement des choses; qui, avec une connaissance parfaite de la justice, a tout le pouvoir nécessaire pour l'exercer, qui n'en peut être détourné le moins du monde par aucune tentation possible, sur lequel enfin ni la fraude, ni la corruption, ni la crainte, ne sauraient avoir aucune prise; il est, dis-je, évident qu'un Etre tel que je viens de '^ le dépeindre doit nécessairement faire toujours ce qui est droit, ^ sans iniquité, sans partialité, sans préjugé et sans aucun égard lî ^ l'apparence des personnes. Enfin je dis qu'il est de la dernière évî- ? dence que l'auteur de toutes choses, l'Etre suprême, doit être '■ véritable dans tout ce qu'il dit, et fidèle à tout ce qu'il promet. ' Les sources de la tromperie sont ou la précipitation, ou l'oubli, ou fi finconstance, ou l'impuissance, ou la crainte du mal, ou l'espoir ^ du gain. Or, un Etre infiniment sage, parfaitement bon, et seul f suffisant à soi-même, est, comme chacun voit, entièrement à l'abri de ^ toutes ces choses, etjpar conséquent il est impossible qu'il trompe', t ni qu'il soit trompé. En un mot, tout ce qu'il y a de maux et d'ims perfections dans le monde, est le fruit ou d'un entendement dont I les lumières sont courtes, ou du manque de pouvoir, et souvent i aussi du défaut de la volonté. C'est à l'impuissance et à la déprati vation que ce défaut de la volonté doit évidemment son origine, i: puisqu'il ne consiste qu'à agir par choix et avec connaissance dif i cause contre les lumières de la raison et contre la nature des I choses. Or, puisqu'il est manifeste que la cause suprême et l'auteur : de toutes choses doit être infiniment au-dessus de toutes ces fai-^ ! blesses, il est incontestable aussi que ce doit être nécessairement « un Etre infini en bonté, en vérité, en justice, et en toutes les I autres perfections morales. »

Je ne sache qu'une seule objection qu'on puisse faire contre C^l argument à priori. On peut dire à posteriori que l'expérience semble le démentir, puisqu'on remarque une grande inégalité dans la distribution des biens et des maux de la vie, et que cettjS inégalité se trouve fort souvent à l'avantage des méchants. Je laissu à part les réflexions judicieuses que Plularque et les autres auteurs

" Ou» l;iv o5 /vixa âv 610; ^i\i^w:ti. — » Kop-i^-îi dfpa ^ ôeiç àTrXouv Xal àXy.Ôe;, Iv ^

«ato Xo^ow^ï WTi xottà otifu^Mv irojAtcàç, oôO* ôwap M 5vap. (Plat., de Repub„\ih. % 9ab finem.)

p»îeB6^xUi.faiteS'SUC eeltfi.coiidiike de.Ia£ri>TidUuice,.etk&Kai«mi ^als en. oot . donnftfl» pour, faire l'apologie de la bonté etde.]a suge&sa de Dieu, en sa renfennant même dans la vie préseole, sauk porur leur& Yues.au delà^tj^me contenterai de dira ici giiecatti objection esttoiitàiait Jiois de propos; car lorsqaiL s'agjit de jygpr de lasagi^ae et<dela.honté,,je ne. dis pas de Dieu- seulement, mais de quelcpie. gouverneur que ce soit, il ne faut.pas S'arréleràlaouir sideratioxi' die quelque, action détachée ou de (quelque éFeBen^ particulier; il. faux faite attention en grès à toute sa conduite, et jugar sur ce pied-là de sa sag^e et de sa bonté. Si à cela oa ajoute la considécation de la courte durée de cette vie, et q^u'on mette de plus eu. ligpe de. compte et tout ce. qui est passé,, et tout ce (gii est encore à venir,, les^ difficultés s'évanouissent, et robjectieii dont je viens de parler peud toute, sa force.

De. ce que j/9 viens.de dire sur les attributs moraux.de Dieu,je tire. les: conséquenœs. suivantes : la première, qu!encore que toutei les actions de Dieu soient parfaitement libres^fet que par cornèrent il soit fjEUixde dire que Tiexercice de ses attributs. moiaia est nécessaire dans le sens qu'on donne au terme de nécessaire, lorsqu'on ditque l'exittence en Dieu et son traité sontd^Sichoses nécessaires, il est pourtant très^-vrai que ces attributs*moraiix60Bt réellement nécesaires,.d*une nécessité qui, quoique fort compatible avec la liberté, ne laisse.pas pour cela, d'être certaine etinfaiUibk, tellement qu'on peut oompter sur elle tout, comme sur l'existeoce même et sur Tétemité de. Dieu. J'ai déjà prouvé fort au long. dans ma neuvième proposition,.que Dieu agit toujours volontairemeot et sans contraktte, qu!il atonjpurs en^agissant des vues parâculièieS} qu'il sait parfaitement qu'il fait bien et qu'il a intention de bien faire, qu'il y est porté librement et par choix, sans y être oblige pat aucune loi que celle c^ie sa ^propre bonté lui impose, sabooté, dis-je, qui le porte à se communiquer lui-même à ses oréatureset à leur faire du bien. J'ai fait voir aussi que la nature divitfe étant parfaitement libre, elle ne reconnaît d'autre nécessité que celle qui est compatible avec sa liberté : ce qui, pourie dire en ^ sant, est le foudement de nos prières et.denos actions de grâces, et la raison qui fait qpe nous supplions Dieu, de nous êti» bon et miséricordieux, et que nous le remercions des témoigatfl» qu'il nous donne de sa justice et de sa bénignité, pendant que personne ne s'avise, de le prier d'être présent partout, et de le remeroier-de sft.xtoMier|nussmiC4v et. de. sa.GAnnaiMaiD0einfiwB.'û(7 quoiquïl'ny' aitrriem afu mqadef de? phiat>oaBtiiin.;iyei tauMit^

' Hue, ^fif^OH *]MM mu 0g6nt4MeMifestfire, «iLïestsjM^cfittiii^wiBiii «fuS

i ifuiiiul mémcdii ««ppoMMÎt iqive-DnRtiett .iinnBi^efitiiiéeeMaive.dbi

^ inoii «n est éimkiite. Qtnr i:peaÊ*amtûmMT gawa^^^cmnaimamm

1» hi^Ht, Jeiifte: à ivmm'^yÊtmuoemms^ii^Êms^Bi à time ènDitté-smiivv^

H raine, n'agisse toujesMy^MiidD'SMiit 'fai :^ih^ a>veo

Il «|ir sp^niMe niomMé memf^? fc )dk cploft,* iloietkiMst «pas tpm*

t> itmffànBÊt ttam: -aiwaiHbfeîiâfiwiMWiit intélliyttt, «infinèaMm «puis*

^ màÊtmittSmmmaA'ixmy il riie^9c«éébMa»inn» ijttSMÎs «à «([îs* J une nM8ie<^i'SW6cfmti»Î0&4 m>fM£^ le libve

Il aUlre^ilhias muâtore-treTétut^e ^œs^pmpfeotmB, «ete xitn fpiiHici{)0

t d2wli«ft;«HMJ«8BtBm«4fit awû>~inflni^ k noveseké tniéme

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a46 THBO&OGIB MATUEBLLB.

buts qu'on appelle naturels, car rien n est plus certain que cela. Mais parce que les athées, après qu'on leur a prouvé Texistence d un Etre étemel, nécessaire, infini et tout-puissant, sont encore assez déraisonnables pour soutenir qu'ils ne voient point de con» nexion nécessaire entre la bonté, la justice et les autres attributs moraux, et les perfections naturelles dont je viens de parler, j'ai cru que je ne ferais pas mal de démontrer, comme j'ai fait, les at* tributs moraux par une déduction particulière*

Je dis ensuite, et c'est ma seconde conséquence, qu'encore que Dieu soit un agent parfaitement libre, il ne peut pourtant pai s'empêcher de faire toujours ce qui lui paraît être le meilleur en général et le plus sage. La raison en est évidente. Une bonté in& nie et une sagesse parfaite sont des principes d'action aussi certains et aussi invariables que la nécessité même. De sorte qu'un ètra infiniment bon et infiniment sage, qui est outre cela revêtu d'une parfaite liberté, se trouve aussi obligé d'agir conformément aux règles de sa sagesse et de sa bonté, qu'un être purement nécessaiie ^t obligé de subir la loi de la nécessité qui l'entraîne. Car en ma* tière de choix, il est tout aussi absurde et impossible qu'une sa** gesse infinie se détermine à agir follement, ou qu'une bonté infinie prenne le parti de mal faire, qu'il est absurde et impossible en hk de nature qu'une nécessité absolue manque à produire son effet Tavoue que Dieu étant infiniment heureux, et seul suffisant à soimême, nulle nécessité de nature ne l'obligeait à créer des êtres teb que ceux qu'il a créés, et qu'il pouvait même se dispenser de créer la moindre chose. Je sais encore qu'aucune nécessité de nature ne l'oblige à préserver les êtres qu'il a créés, et à leur conserver l'existence, parce qu'il serait tout aussi heureux sans eux qu'il l'étaitavant leur création. Mais je dis qu'il était pourtant convenable que Ja sagesse infinie se manifestât, et que la bonté infinie se communiquât. Ainsi il était nécessaire (dans le sens cpie je viens d'assigner au terme de nécessité), il était, dis-je, nécessaire que les choses qui sont fussent faites dans le temps que la sagesse et la bont^ infinie jugeraient le plus propre, et qu'elles fussent ornées de perfections différentes chacune selon son rang. Ces mêmes perfections morales demandent aussi nécessairement que, tandis que les choses continuent d'être, elles soient arrangées et gouvernées conformément aux lois immuables de la justice, de la bonté et de la vérité éternelle. En effet, tandis que les choses avec leurs relations différentes subsistent, elles ne sauraient être autrement qu'elles sont; or, un être infiniment sage les connaissant parfaite-

TBBOL06IB KATUmBLIiB; 24j

ment, et jugeant toujours sainement de leurs relations et de leurs <k>nvenances, se déterminera toujours à agir conformément à cas teladons et à ces convenances, d'autant plus qu'à une sagesse par- £iite il joint une bonté infinie. En un mot, il est aussi impossible ^u'un agent libre qui ne peut ni être trompé, ni corrompu, se détermine à détruire ses propres perfections, en agissant d'une manière contraire aux lois dont je viens de parler, qu'il est impossi" ble qu'un être qui existe nécessairement s'anéantisse lui-même. - rajoute, en troisième lieu, qu'encore que Dieu soit et parfaiteiftent libre, et infiniment puissant, îi lui est pourtant absolument Impossible de mal faire. La raison en est encore évidente. Car, <k>mme il est certain qu'une puissance infinie, tout infinie qu'elle est, ne peut pas faire des choses naturellement contradidtoires, il 1k' est pas moins certain qu'elle ne s'étend pas non plus jusqu'à faire des choses qui sont des contradictions morales, puisqu'em agissant ainsi elle détruirait des attributs qui entrent aussi néces* sairement dans Tidée de la nature divine que la puissance elle* même. Or, j*ai fait voir" ci-dessus que la bonté, la vérité et la justice soÂt des attributs nécessaires de la Divinité^ et mêniie aussi nécessaires que la puissance, Tintelligence et la connaissance' de la nature des choses. Il est donc aussi impossible et aussi contradictoire que la volonté de Dieu se porte à agir contre les lois de la vérité, de la bonté et de la justice, qu'il est impossible et contradictoire que sa puissance exécute des choses qui serviraient à l'anéantir. Ne pouvoir pas foire des choses qui ne sont pas l'objet de la puissance, ne peut pas être censé un manque de puissance. Ainsi on ne blesse en aucune manière la puissance de Dieu, ni s'a liberté, en lui attribuant une rectitude de volonté si parfaite et si invariable, qu'elle le mette dans l'impossibilité de choisir un parti incompatible avec cette rectitude.

Je conclus en quatrième lieu de ce que j'ai dit ci-dessus, qu'en elle-même la liberté, bien loin d'être une imperfection, est, à propremeqt parler, une perfection. En effet, elle se rencontre en Dieu dans le plus haut degré de perfection possible. Ghaqtie acte de bonté, de vérité et de justice que Dieu fait est parfaitement libre et tout à fait arbitraire, sans quoi ni la bonté, ni la vérité, ni la justice ne mériteraient de porter le nom de perfections. Je sais qu'on débite ordinairement que la liberté est une grande imperfection, puisqu'elle ouvre la porte à toutes sortes de péchés et de misères. Mais c'est là une pure déclamation; car, à parler exactement, ce n'est pas la liberté qui nous expose à la misère, ee

Mit' yftA'fllMW i^û ■ Marta^tairifittaMMaJetimiwwiHiitimiigitihMé «MIS. Boet Aafcia» mpmêt âliiiiwÉhyi, atmiiinwiîmii n—iwiri

péché viii.inkftce. Jllaîs ^l^ifiuit ^dbiuHrib -— » idSnnwifiii' liim^ tout ce .daat.lahus paut^itnd» ht rwliiii :|éB>:— tlhwtii^ £uidEa*dice.qiûiiie pîeractg>t40ig^>nwlii' ijiwniiiifttnie afhi pu£Bdte;qiie rfaomiaey pMwy irtiUnifne |wii<t pMiifBtogilwriJHiiiitiih, et que L'hoinnie le .peut. AJ^ihnmMriét'mttfsmêmfi^mtgiBmmA^an prauvem que. la iaM»n,r<queJBKaMi»iiMiM«|^i;qMyl3eMkfc^^ BBiémey sont disijiiper£i£tiiiits; oarupMaMii'iiwiiwfi «ansTtBwitwh kucréaUixe ne aMuoait <fav<air raittr«ble'?iB>ury»feniliili^rt» BMAt,^ il £auit xloBG dise «que Vabiifliiile la JilMrbévA«tMfc»^tD^^^^<^ praicatiûiii démette tàmdkéj immkkktfiMt\. IwccBBalawM ; iKi^wnmitrt Acre lMui:«U6ea,nefit.laf sculfit OHisft detlenr larilMoraBiH» oikiiH»* pèche .pas qae.la/libeité^en nHn iiniim 7«tt:soituiii nwifwtioii,^ uae .trèâigGaQde.p(erfeolioii«iNtit junetOBninB a detfÊntaàiÊ^ pliu sa liheité est parfaite. JBnomnHPt, la^lasapoifinie Kinfflétfltt celle sur x{ui.rignatano€,^lIemKr ^«t Ja canupieoii. n'ont aanM priscy jgt .que ijea a^ypeMJtidAiaiiwarraietdioiii i ili i pini gteBdiBOi) ^ jest Ijobjetxlu iîbve «ibita».

Je dis eD.eiiiquJKme«lkMiy ^'«ttcao&ipMl nymfefniifeidi uiiil iliiM miMonnaihle qui paiiafte tétre ^imfmmMt Amum i.se«saiomiirt»lt philosophique, .il :est pouBtoBtaioéuieriroBaveoir^ToninKut'BiM peut donner aux jonaaliirastquttlfj^ipe dAgaesidàive si:préMitt £^eiir,.un siihaistt d€gré^<k<cpwMiMiiirey qm limitxT&aàe hi;lHflli^ etila. sainteté si. aifaable6,.qi»'tffe«i>3ai€nte pi— i iaii àâwmmàte èek part de la toatation, ou deJaiaoDnip*ioo..BaiBv«Btih«imixi8ii( eUfis.ne pourront :jaimis,iimiiabilwit jkHrtlibttbéiBainrelle,'SÎcgi^ aer du .chemin de:leiir;fiilkité.iB3ksdie*toiontront éteracttcnoit par choix du côté de leur souv«iiMW ^faicPyj>t> ettaa epijflfirii— tïi jiusoais. lEel^dst^rétât A^s Jbûns^a^gpai^ tetcilMîJMnttsxreaânUb éua

.ie trout^etWifindantaequaj^'wijdttaiiiPMiiiiMMw ■■■mtiiwe ofaifiM tmi6hantiasdifiéreaiea.rriiitia«<qwméiflKi m— imh— tot€irtt€Blhi «ée<tftsairwa«tfaMtéliwgi!^ flii}ceukttt¥p'appli(atîiM«sokfiKtoil«i ^SitmMÊmmeàÊsàmnmwëOt'

0«ii4,iGonina ja Kai

loat au-dessous de lui. Tontes les fois quil arrive à ces êtres de s éloigner de cette .vègle, ffa ^fréfèmm tetir ^propre volonté à la nature même des choses, et il ne tient pas à eux qu'elles ne devienaint mitiiM» tgafeàttes »ie»Boii»^e««t qui «st ia^phBiirôte'présciniptiqn, ec Finsokmie :1» plus grancfe q^cuil *«ott ^posÂble d'imaghier. C*«St apritwtteteruyydPMWwscde^eBT p»iipt'e'iiÛ8#iHBt de*teurTonnaissatïCe. (dBBty^i^attlaiitrquitlHBtt «tt^eux, tp^^

fod ËuMBTs mibMt«.iCkBt<«afiâ if«ire 'tme hijime ^sanglante au Granear jde r«nvfiiiiB^ qei ^a lechrok HiemKfesrsfale d'exiger d» tMtte&««srGrëaiuwfis,À.'qm ika thspnÀé'la raisite^vn'partage, IV^bser* màtm detoes'ré|^sîsuinRi»ifi»qiielte8'il<dirige lui^mêtne toutes se& actions. Le sentiment de ceux qui fondent CiMn^es'^devorrs de ht HHralessBr :]afin!iliiDbe>deiSi«iiy mwnt aprèHn»iit au-mivn, à trette difiSn»iiBeiprà8,'qu!ikm'capptiqiienit pss^atisndMrvnfent -que roài eonnwst kt^immre de ^iUou «t sa^voi^niié^oift nécesstinrem^iit h>a«,^miMS»m.Samr-ee^»»tàe'e^v^'Xim'fm^ «»» devoirs WÊHpammttt^sm^ hm lexs dont cou ^est eoffff^mi/'pcmrfe'bien 'des iiM»ét«i^si3micv«roniidan»t^e«ri]u«'j'«^ CDtrvaiTrcne

IflinapMon de fttox. D'atl)ttttrs><eUe'«9t^5i évichemmeitt'contrstdictiÎB&etidjsiivde cpte j'sâ» toiot'lmi'nd'étre '«arprisipl^tm atn^r pieu prié ffoàemgxzGOimaâàtiàmnsfntvnx alwttfdkés-qu elte-retiferme. Car, si flfiiéBëcl«iataem.«ibx;loi&ti!ienkv0neiéré/il*i]^y*^ entre le inen et le ■âl.iudfe'dîfi(ereii«e, on ne ^««nciit doiHfer*a»crcitrRn:ai:5on de la jammàgatdfmide om laU^-tmm» daioies'éteRittieleuTmature éga* loMit vindiffiéveiiCiN. Dbu^^iofi ^qoe le bien romnmn du genre fcwTWBPîdawwnife qu'il Y»9m des*leis PfMais pnrià'on'confesse qu'il y a des choses qui tendent au bien du genre humain plus que dàstKS, x'«ilKàt>dîve qn'«8e» «oitt^ptfis^fffopres^^'CtmserTeT et à fnfcstiannertlarHtttiive fa«in«i»e^ à<"0wme'die'^«oi les g«ns sages teaimtt WÊttBmmàre ndJtti^iÎMie ttes^èoÎB.'^ 0r, -^i la nnaiisoti- 'pourquoi ^ottata» gfaaaesaKBHit :prewf tow* par kêê 'luis^imt de leequ'elks MMt iwwiiamiroir auAhnrJagytirtyliMM^ qnrae v«àt qaexr'ëtEiieilt àt i bonnes . ehaM r^iiMiédwmiiicm«Bg^iois^qm xmt ^ été HBûtes làiesmrP^i^l'Miidîft i|Miitéc^d«mMeae;à^la«pTOmitlgatioti des lois siltt lûétwMBt p0wt àKmmBi on se^aaimifi'tiDnRermne bofime-rairponrqqDi »?ee<isa dùrpMBit» «»>. loirplotèt'cpve «te 'eotttraire/ (3e

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THBOLOGIB NATURBLUt.

Remarques de VEditeur de 17M.

Comme il est essentiel pour la morale d'être bien persuadé de la bonté de Dieu à notre égard, j'ai tâché de me former une idée exacte de cette perfection, aussi bien que des raisons s\vc lesquelles nous nous appuyons pour l'attribuer à Dieu. Celles dont M. Clarke s'est servi dans ce cluipitre sont assurément sans répliques; mais pour en faire mieux sentir la force et les rendre plus démonstratives, j ai cru nécessaire d'y ajouter les réflexions suiyantes. C'est au lecteur attentif à voir si elles sont justes; je les soumets volontiers à son jugement*

Le bonheur est dans la nature des choses préférable au malheur; nous le sentons, et Dieu le connaît; donc il se déterminera toujours, par cette connaissance, à choisir les moyens propres à iPendre ses créatures heureuses. On goûte aisément cette vérité, mais il s'agit de la démontrer en rigueur. S'il était permis de supposer dans Dieu une inclination générale et nécessaire pour tout ce qui est bien et une aversion générale et nécessaire pour tout ce ijfà est mal, distinctes de la connaissance qu'il a de l'un et de 1 autre, nous aurions un principe sûr et facÛe pour assurer que Dieu, dans toutes les fins qu'il se propose, aura toujours en vue le bien de ses créatures. Mais comment prouver par Tidée de TÉlre nécessaire qu'il doit avoir cette inclination, lui dont le bonheur inaltérable est entièrement indépendant de celui des autres êtres? d'où lui viendrait-elle ? supérieur à tout, rien nç peut agir sur lui.

Nous attribuons trop aisément à Dieu ce que nous sentons au dedans de nous-mêmes. Nous avons une douUe inclination vers le bien qu'il a imprimée dans notre âme, pour les sages fins auxquelles il nous destine. Il veut que nous conservions l'être qu'il nous a donné et que nous vivions en société avec nos semblables; c est-à-dire, il veut que nous soyons disposés à leur faire du bien. Pour cela, il a imprimé dans nous i® l'amour de nous-mêmes qui nous met en garde contre tout ce qui peut nous nuire et nous porte à nous procurer ce qui est nécessaire au soutien de nDtr» vie. Le sentiment nous avertit; agréable ou désagréable, il désigne ce qui est nuisible ou utile, et le caractérise. Cette preuve courte et vive est parfaitement assortie à l'état de l'homme. 2** Il nous a inspiré l'amour de nos* semblables, ce principe de sociabilité, qui fait que nous sommes touchés des maux d'autrui, au moment que

THSOLOGIB NATURBX^LB. 21 5 1

pous les apercevons, et qui nous presse de les soulager. Ces deux inclinations étaient nécessaires pour la conservation de chaque individu et pour celle de Tespèce entière. La preuve du sentiment ^i prévient la réflexion était indispensable, attendu lés bornes étroites de nos connaissances et la nécessité où nous nous trouvons souvent de nous déterminer sur-le-champ.

Mais avons-nous les mêmes raisons d'attribuer à Dieu cette double inclination? Non certainement. Cependant nous n'en sommes pi^ moins assurés qu'il se propose pour fin notre bonheur. La connaissance de ce qui est convenable et bon dans la nature des choses, sera toujours la règle invariable de la conduite d'un être parfaitement intelligent et souverainement sage. Voici la preuve que j'en donne et que j'ajoute à celle du docteur Clarke.

Pieu est un être intelligent; comme tel il se propose une fin dans toutes ses actions; il choisit pour y parvenir les matériaux convenables ; ces matériaux sont des êtres ,qui ont des qualités essentielles; c'est sur ces qualités que Dieu pose les lois nécessaires pour l'entretien de son ouvrage. Par exemple, la matière est capable de mouvement, composée de parties et figurées; il faut que les lois qui gouvernent le monde matériel s'appuient sur ces qualités et s'y assortissent : des lois qui les contrediraient, qui supposeraient la maiière un être simple, incapable de mouvement et sans figure, bouleverseraient tout et ne produiraient jamais rien. L'intelligence de Dieu nous conduit donc par un enchaînement d'idées à l'établissement de lois qui s'assortissent aux qualités essentielles d^ la matière dans le gouvernement du monde physique et inanimé.

Le même raisonnement subsiste pour le monde moral composé d'êtres intelligents et sensibles. En les créant Dieu s'est proposé une fin; il les gouverne par des lois; ces êtres ont des qualités qui leur sont propres ; il faut donc que ces lois s'y ajustent et s'y assortissent. De là je prouve invinciblement que ces lois doivent tendre de leur nature au bonheur des êtres qui entrent dans la composition de ce monde moral. Nous n'avons pour cela qu'à examiner leurs qualités essentielles, et nous verrons la preuve se développer, pour ainsi dire d'elle-même.

Pour déterminer nos idées, prenons Vhomme pour exemple, et servons-nous du sentiment intérieur comme d'un flambeau pour nous conduire dans ce labyrinthe. Que découvrons-nous au dedans de nous-mêmes? Que nous sommes intelligents, capables de sentir le plaisir et la douleur, doués d'activité, que nous avons un

. Ar,'dkBs4éî§'qai anppcwcfoui lorngs-cesinBBîtésienpn iiîy <wuni>unt*iie 'p»u¥eut 'qqe temhedhe'leiirimtiireiaii bonbetir db^Hbonme, €t ptiijqae j M"ifouréxi-»de«as ipie les lois qoeDhn émMit^ptmrie'igatrfermnteat èa maaèej'soit'pkysiquey soit motnlf doiyent être appujées sor lesijQsdités^esseiitieHes des êtres qui les iMup>Mcm -et "sy '«asortir, j'ai donc démmimé par conséquent que IwthM» par^— n«tMm Brau gourentels monde moral tenàraOi tQujmimtâée kar nature 'tra boidieur de llvomnie. Développa aaci''«t«porteiis,-s*il-«e peat, 'cette 'preuTejosqiFà la ccnmctioiL

X'immme^vmisîdéréconnne'mi'étre'moral, esrintel^em, sen- «Me, -.aîmaift ^néeewaii einent le bonheur, haïisant ^éeessaiivnieit la misère. Gomme* intelligent, il-fauty-poor le mettre *cn œtrfivit ««1 (me t|u«iqfie chose, lui- présenter -des idées; comme sensible, 41 'finit hii imprimer des aeniimeuts agréables ou désagréables; toiiMiit actif, il faut extitici son activité ; comme aimantnécessaifumiiut le bonheur 'et baissant 'de mêmele mafiiear, il dut lemet- -ine dans le cas -de powroir'fiwrl'unet-se procurer TBUtre. Omt «»iiffOtt pas'qu^un êlre rcTêtu idle toutes cesqaaKtéspnîsse januB iMtMnr^ilîuM un plan et^y^fignrer, si ces mêmes -qualités » sonrpD iai^iyféeB'de4a fecondont je viens de le^ire. En effet, comnart <«iMdnife «n^être de cette lespècePTBoittte :wnr*activitc :a-poig toniàmiMit''et'penr principe, Vamonr invinclKle pom le irnnheoriît Vaveision'égide*pour la misère; il'finit^donc,T)Ourle fiiirc agir,lâi péaanter ^es'morifequi întéi t&jeai'mr cet-'amcwr ou cette arer- 4iMi.;qnais les nMttfs qu'tNi^petft loi effinr'se'TCdmseni ou à des idées qui lui montrent le bien ou le mal, le plaisir ou la douleor, «u^trfês^MiMatBMn^'qiB ku^^reBdent^présests Tmr tm l'autre. Il se fOÊÊKOL imKiti9i^owÊS<k'thÊtAm

i«t) à ^finr 'Be -quyyem'fe^ f ftndfe «luwéiabtL. J«i*Aflwc droit de eoaékÊÊt ^me isi i tfawKyiic* yat Ame eoBdtftt'^ipRipar des.l<»s aflsortiiiaàf ae6^yMdi»ésyewientiritas,*^€«B«l<is dprio«r«iidfe de lenrfli- 'tmtmthàfDktmït deHiwmMc/^<yq»t*ctf ^9e j'wrais a ptvuvef .

' Gtfe est 46Î> YMi, que^r^vvns yegywnr un mwwuMt des lois i^ ciwm^ditepfcgoes^qoâiités, ides }€iis*<|m «tppwuui qwre «l^hoinaic aW point intelligent, sensible, actif, ainBHttlchmdieifr, hatsstft^ twmèney^imrÊS^we piaAiiiiizTriqn,ntt3ws?«e fiwLirriimide-cet<êtfe,il •i«)<pi<i»tt»ij*tmpl»)é*ye"par wm'^tpêiiûdsi^êittfmAmhmiyD^ ■Msiniiuiiilj il mÊB»Û9imév»nnMMlêmÊmniicammÊmidmmamd»phfd' fm.9]àmims A» }kÊÊk»^*és^Vvamemom ^ffmjmmsoÊrfkmfVftsàMs dis

dent neces&airement au Uonheuiu Naus-sâinmeâ: donc vmmwéûiqfm Dieu est bon dans la conduite dujnonde moraJ^^pBPlAjaièaiesGàÊmny que nous soimaes assurés quil.e^t sagp dap& la^cAnduilgidtt»/?KiiMl» pfysique,

Concljuion dti discours sur Tesistence de Diea.

Téspère que ce que jp viens de dire suffica pour convmniicef tout homme capable Àe réflexion et de méditation,, que^rexistenoe^ et les attributs de Dieu sont des vérités qui peuvent être solidement prouyéès, et qui sont mémer susceptibles de démonslrationt Gîeftb donc en vain que les ennemis de Dieu et de la religion.se g^oii» fient d*àvoir la raison.de leur côté.Cette'raison qu'ils prônent taut^ et dont ils se vantent de suivre de point en point les lumières, n est point pour eux. Ils ont beau dire qu'on ne remarque aucune ttace de là divinité dans là fabrique du monde,, et que tous, les arguments. de là nature favorisent au contraire Tathéisme et^rirBé- Iigion*: une prétention si peu raisonnable découvre un fond prodigieux Jiinpudence, d'àveiiglement<et de préjugé- Je sais qu'il^j a dies gens qui, n'ayant jamais médité sur ces: matières,, s'imaginent qu'elles sont absolument au-dessus »dê la.portée de notre esprit, et (pt ceux C£ui disputant, sur ces. questions ne savent ce qu'ils disent..Mais qui ne voit que, puisque les plus fameux athées qgii aient paru dans le monde, et les partisans d'iin* aveugle destin, sm^ sont servis de cette manière d'àrgumeptfer pour renverser les pcamiers fondements de la religion, il était raisonnable et nécessaice de suivre leur méthode, afin de les battre avec leurs propres, arme&? Je. suis en effet très-persuadé qu'il n'y a peint de manière de raisonwpr, quelle qu'elle soit, dont on ne puisse se servir avec beaucoup plus d'avantage et de^succès, en. faveur de la vérité, qu'.en feveur dii mensonge.

Ce que j'ai dit dans ce dîscours.peut servir au6si à nous fairecomprendre d'où vient que l'existence de Dieu et ses attributs étant dfes vérités si certaines et si incontestables; il se-lrouve pourtaïïT de^ gMS qui paraissent n'en avoir que très-peu de connaissance. C*esr qu'ils n ont jama» Bieaa fait atteniiofu aux preuves epe là raison tiredt son propre fonds, ni aux différents moyens dont Dïeunsrsertpiofurscr faire connaîti?e à nous. QVy a-t-iV dt» plus certaim^er dé pins évident qae cette proposition, que les trois ang]es d*untrian^esonrégÇkux à deux droits .î* "On homme qui soutien-

a54 TRÉ0L06IB NATURBLIiB. ^

drait le contraire pourrait être facilement réduit à tomber en con* tradiction. Cependant ceux qui ne se sont jamais appliqués à k considération de ces choses peuvent facilement ignorer cette ▼érité mathématique, aussi bien qu'une infinité d'autres, qui ne sont pas moins certaines ni moins infaillibles.

Il est vrai cependant que les témoignages que Dieu se rend i lui-même, et les preuves de son existence, qu il expose à notre vue et à notre méditation, sont en si grand nombre, et si faciles à entendre, qu'il n'est guère possible de s'y tromper. La fabrique, l'ordre, la beauté et Tharmonie admirable de l'univers ^ la struc* ture et la forme de notre corps, les facultés merveilleuses de notrv âme ; le consentement de toutes ses lumières et de toutes ses facultés à recevoir cette vérité capitale; le consentement universel de tous les hommes, dans tous les temps et dans tous les lieux; et un mot tout ce qui est en nous, et tout ce qui est hors de nous; tout, dis-je, forme une démonstration de l'existence de Dieu si claire, si proportionnée à la capacité des plus simples, qu'il n'y a point d homme qui portant sa vue sur les ouvrages de Dieu, tant soit peu superficiellement, et faisant la moindre attention aux lu* mières de sa raison, ne connaisse cet Etre suprême. De sorte que ceux qui, environnés de tant de lumières, ne le voient pas encore, sont entièrement inexcusables. Je crois bien qu'il y a des gens qui ne sont pas capables d'entendre les subtilités des démonstrations métaphysiques, qui prouvent l'existence de Dieu et ses attributs. Mais ces gens-là doivent par la même raison se tenir sur leurs gardes, et ne pas se laisser entraîner dans l'infidélité par les sophismes des Pyrrhoniens et des athées, auxquels ils ne sauraient répondre parce qu'ils ne peuvent pas les entendre. Il est de leur devoir au contraire de donner leur consentement aux choses qu'ils connaissent et de se rendre aux raisonnements qui sont de leur portée ; or, ceux-là sont plus que suffisants pour satisfaire toute personne raisonnable, et pour influer sur la conduite de tout homme sage et judicieux.

Mais il y a plus que tout cela. Dieu s'est encore révélé à nous de la manière du monde la plus expresse et la plus claire, par le mi* nistère de son propre Fils, notre Seigneur et notre Rédempteur, qu'il a fait descendre pour cet effet du ciel en terre : et par cette révélation proportionnée à la capacité d'un chacun, il a imposa silence à la vanité des sceptiques et des profanes, et dissipé Figno^ rance des plus simples. En nous révélant lui-même ce qu'il lui a plu de nous faire connaître de sa nature et de ses attributs, il ^^

THÀ>I.06IB KATfTRBLÙ. sSS

allé au-devant de toutes les erreurs dans lesquelles nous aurions pu être entraînés, par la faiblesse de notre raison, par notre nëgli^ gence et notre inapplication, par la corruption de notre nature et par la fausse philosophie des hommes vicieux et profanes. En un mot, il nous a donné toute la connaissance dont nous avons besoin pour nous acquitter de nos devoirs dans cette vie, et peut nous rendre dignes de la félicité dans la vie qui est à venir. C'est o# qui doit faire la matière du discours suivant. Je n'en saurais dire davantage dans celui-ci, sans sortir des bornes que je me suis prescrites.

FÉNELOlf.

Il est dans l'histoire un homme que tous les partis ont honoré: cet homme c'est Fénelon. Ce seul nom rappelle tout ce qu'il pouvait y avoir dans un cœur d'homme de douceur, environné de tous les prestiges du génie, de l'imagination et de la poésie.

François de Salignac de La Motte-Fénelon naquit au château de Fénelon, en Périgord, le 6 août i65i.

L'histoire ne nous a conservé aucun détail sur les premières années de sa vie. Placé à Tâge de quinze ans au séminaire de Saint* Sulpice, qui était dirigé alors par l'abbé Tronson, l'une des gloires de l'Eglise de France, Fénelon conçut le dessein de se consacrer aux missions du Canada. (On sait que les Sulpiciens avaient une maison de leur congrégation à Montréal. )]Sa famille, effrayée de cette ambition d'un nouveau genre, qui menaçait de lui enlever son plus brillant rejeton, mit tout en œuvre pour le détourner de ce projet. Elle n'y réussit qu'en partie; car il ne renonça à l'Amérique que pour tourner ses vues vers l'Orient. Mais Dieu l'appelait à un apostolat moins brillant, mais peut-être plus profitable : il fut employé pendant plusieurs années à l'instruction des nouvelles catholiques. Le fruit de l'expérience qu'il y acquit fut le Traité de V éducation des Filles y ouvrage le plus parfait que nous possédions sur cette matière. On y trouve réunies et fondues enr semble avec un rare bonheur, la science du prêtre, l'expérience du directeur, la douceur et l'amabilité de l'homme du monde, le tout revêtu d'un style qui dès lors s'annonçait pour devoir être le style peut-être le plus parfait que devait présenter ce siècle A brillant et si riche.

C'est de cette époque que date sa liaison avec Bossuet, déjà dans la maturité de l'âge et du talent. Ce fut par ses avis qu'il composa

1a TrcdU. (hunànistm dê^ pastmurs^. omnagf tti^i .^fuifBpi UiBftrpcofiaiuk.^ pleinftde ft«geaie,,CaUi«vaiy>,^yii.ftiyfi<Miy At jI»b ian autouc^ ujx. nuse talant . pauc. l^xanaoe: duA^nt4BÎBÎMèii^.fin flHT lui^ratteoiioiL dft LouisJUy qvîde j|ig^[iin|irAibiiSir?iràl» oiMnpIiiAAiBeoL.de Ixaiunce. dlunifonnûd ^piaLavaitteiilvepBiBrtt çul pounuisait avec aodatic daafi.toiUft la<£iaiMM;«Ilx&it envoyé ff^yiMni» imiiîoDDaijre.danfr le Poitouiet^la Sftiitfango- ponrooM»' liir. lesr piiQt6staiitS4£t .sumukt la*oomtire« cHaloas^» vmXkÀ, aB;àii|iisbion. ua. d«ta£hAiiieiit de. tcDupea.pour le. pn>te|pDT ooalM*tlé5 agressions qui n'étaient pas sans exemple et dont les miiikmw» res avaient été quelquefois les victimes. Fénelon refusa coDStamment ce secours, et il adressaRi^Loani XIV de si pressantes représentations sur rinconvenance qu'il y aurait à appuyer la parole nftinîf pas destanDas. matiiriftlIi^iiTquft le. roL.cédaïài sfifrinataimes. Lfis.siicoàs.dépaM«»iDtiesaspéranoe& que. la tateatdu jeuiia:ini» fliirnpRfri '^"^''^ ft^;» «at^r^ l ./^nicy IV qui4airùt.appiiéoim20iDénle et le r^f nmpPTiy^" ixftKlAm^nf^ n/imma. F^tiALi» paéceptaufi âudltt da.JBourgf)^e« Cetta cowlukft; et.plus»taBd.la(iiflmitiatt<nMdrFénelon à l'archevéclié de Cambrai^ , bonorent d^aatani plus «eiitt ^pU»n.aait que Fénelon: ne &it jamais de son goût. . firoÎEMiibanftnt j^knixde son autorité, il considérait comaift'dearâvaucs^^iiiâoi conma. des hommes dangecaux tans ceucigiine paBtageaiantfai Civcesse quai. a¥ait inspirée à.se& courtisans^. ebqut, au mîfimiteb «haïUs de tidomplie et de g^cer dont^ la. fkaaca ratcortisiak, i» eacnaiimt les cns^de li^souffomee da peuple*

Tout le: monda sait dan&^quel esprit fuudiiûgée^ réducattenA diia.de Bouirgp|pe,.cambian^ Eénidon charchail;. àiocu^uecà su COD^I élève des principes opposés* à ceus^qui^avaient. causé lo moHieui» de Mn ai«ul.. Cette edacaiioo* est toii& entiàre^daaAb TSéiiumqMey admiisabla chaf-crcau^tte- que. les< aatiaiia eaWflMI éteraell0mant«àlasEKanee;.,oii;v4'ag^ q^i^honoiie le obhis deotlii ^kl.'a coaufosi en. mâma. tamp» qulil place sojitBaoï-iueataitif aams les. plus iilusla[ie& dâ& temps an\aiana^et«madaaia5k IfeamM Lihnation^ sar laquelle eût régna ca Téléjaiaqpe fiamiéipavauuaM*' sageMaoAor! Quelles. loag»ias année» de. piraap^rité eQaeâlilft oampter.! Halas! iLn'e» dei?ait pkifieéli0e:aîii9i'..Apràs les folles piodi^ gpUtéa du- grand» siècle,^ viiu^eir^ W ovgie» de la «légenae ea dit sw" oie deLouis XV, qpiL pontàissntla deimar eoup'à la« vieille oit^ narchie et hâtèrent la catastroplie.

Jtifxmi^ Taflaîra da q^iiaiwiae,. Fénelon» véaucde pkte^enipto^' tkédans^soQ^ diocèse, oubliant, en faisant Je hiea^Je monderetâé^

THEOLOGIE NATURELLE. aSy

vaines ambitions et ses folles craintes. C'est dans cette solitude, que ce qu'il avait la faiblesse d'appeler sa disgrâce lui avait faite^ qu'il s'occupait à former de jeunes ecclésiastiques au ministère évangélique ; qu'il ouvrait au remords ou à la piété des asiles de paix; enfin qu'il composait la plupart de ces ouvrages qui feront à jamais sa gloire et celle de la nation qui l'a vu naître. Télémaque^ nous l'avons dît, est de cette époque. Dans les seize années qui s'écoulèrent depuis sa condamnation, en 1699, jusqu'à sa mort, en 171 5, il composa de plus ses Dialogues des mortSy sesDiala^ gués sur l éloquence, ses Lettres à V Académie^ et sa Démonstration de Inexistence de Dieu, Dans ce dernier ouvrage, l'un des plus importants qu'il ait produits, il adopte la démonstration par les eau* ses finales. Il retrouve Dieu dans ses œuvres. La création avec sa magnificence lui prêche son existence et ses perfections. Cette méthode, qui d'elle-même prête beaucoup aux tableaux de l'imagination, devient sous la plume de Fénelon une source de beautés ravissantes. Il existe peut-être des traités plus savants sur cette matière ; mais il n'en existe certainement aucun de si magnifique dans son ensemble, de si accompli dans ses détails.

C'est ainsi qu'en partageant sa vie entre les devoirs de son ministère, la pratique des vertus qui étaient en quelque sorte naturelles à sa belle âme, et la culture des lettres, il acheva en paix sa carrière le 7 janvier 171 5, âgé de soixante-quatre ans \

I. Les preuves métaphysiques de l'existence de Dieu ne sont pas à la portée de

tout le monde.

Je ne puis ouvrir les yeux sans admirer Tart qui éclate dans toute la nature. Le moindre coup d'œil suffit pour apercevoir la main qui fait tout.

Que les hommes accoutumés à méditer les vérités abstraites, et à remonter aux premiers principes, connaissent la Divinité par son idée : c'est un chemin sûr pour arriver à la source de toute vérité. Mais plus ce chemin est droit et court, plus il est rude et inaccessible au commun des hommes qui dépendent de leur imagination.

C'est une démonstration si simple, qu elle échappe par sa simplicité aux esprits incapables des opérations purement intellec-

' Raison du Christianisme^ t. 1, p. 235. On peut consulter, pour plus de détails, V Histoire de Fénelon, par le cardinal de Baussct. Paris, 1821.

a58 THÉOLOGIE NATURELLE.

tueOes. Plus cette voie de trouver le premier Etre est parfeite, moins il y a d^esprits capables de la suivre.

II. Les preuves morales de l'existence de Dieu sont à la portée de tout le nM>nde.

Mais il y a une autre voie moins parfaite, et qui est proportionnée aux hommes les plus médiocres. Les hommes les moins exercés au raisonnement, et les plus attachés aux préjugés sensibles, peuvent d'un seul regard découvrir celui qui se peint dans tous ses ouvrages. La sagesse et la puissance qu'il a marquées dans tout ce qu'il a fait se font voir comme dans un miroir à ceux qui ne le peuvent contempler dans sa propre idée. C'est une philosophie sensible et populaire, dont tout homme sans passions et sans préjugés est capable. Humana autem ' anima rationalis est, qum môrtalibiis "vinculis peccati pœna tenebatiir, ad hoc diminutionis redactay ut per conjecturas rerum visibilium ad intellîgenda inçisibilta nîteretur,

111. Pourquoi si peu de personnes font attention aux preuves que la nature

fournit de l'existence de Dieu*

Si un grand nombre d'hommes d'un esprit subtil et pénétrant n'ont pas trouvé Dieu par ce coup d'œîl jeté sur toute la nature, il ne faut pas s'en étonner. Les passions qui les ont agités leur ont donné des distractions continuelles ; ou bien les faux préjugés, qui naissent des passions, ont fermé leurs yeux à ce grand spectacle. Un homme passionné pour une grande affaire, qui emporterait toute l'application de son esprit, passerait plusieurs jours i^ans une chambre en négociation pour ses intérêts, sans regarder ni les proportions de la chambre, ni les ornements de la cheminée, ni les tableaux qui seraient autour de lui. Tous ces objets seraient sans cesse devant ses yeux, et aucun d'eux ne ferait içnpression sur lui. Ainsi vivent les hommes. Tout leur présente PieUy et ils ne le voient nulle part. Il était dans le monde, et le monde a été fait par lui; et cependant ce monde ne l'a point connu: Inmundo eraty et mundus per ipsum factus est; etmundus ^um non cognoi>it ^. Ils passent leur vie sans avoir aperçu cette représentation si sensible de la Divinité : tant la fascination du monde obscurcit leurs yeux : Fascinatio nugacitatis obscurat

' ' Àug., lib. 3, de Lib. orb.

* Joan, I, 10.

TSB0L06IE NATVRBLLE. sSo

bona. Souvent même ils ne veulent pas les ouvrir, et ils affectent de les tenir fermés, de peur de trouver celui qu ils ne cherchent pas. Enfin, ce qui devrait le plus servir à leur ouvrir les yeux iie •ert qu'à les leur fermer davantage ; je veux dire la constance et la régularité des mouvements que la suprême sagesse a mis dans l'univers. Saint Augustin dit que ces merveilles se sont avilies par leur répétition continuelle : j^ssiduitate viluerunt. Cicéron parle précisément de même. A force de voir tous les jours les mêmes choses, lesprit s*y accoutume, aussi bien que les yeiix. Il n admire ni n'ose se mettre en aucune manière en peine de chercher la cause des effets qu'il voit toujours arriver de la même sorte : comme si c'était la nouveauté, et non pas la grandeur de la chose même, qu àût nous porter à faire cette recherche : Sed assiduitate quoti* diana et cénsuetudine ocalorum assuescunt animi : neque (tdmUrantury neque requirunt rationes earum rerum^ quas semper vident; perînde quasi nouitas nos magîs quant magnitudo rerum debeat ad exquirendas causas excitare ' .

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