‹ Cours de philosophie chrétienneChapitre 19 sur 67 · XVI. Du ciel · texte numérisé non relu

XVI. Du ciel

Il est temps d'élever nos yeux vers le ciel. Quelle puissance a construit au-dessus de nos têtes une si vaste et si superbe voûte? quelle étonnante variété d'admirables objets? C'est pour nous donner un beau spectacle qu'une main toute- puissante a mis devant nos yeux de si grands et de si éclatants objets. C'est pour nous faire admirer le ciel, dit Cicéron *, que Dieu a fait l'homme autrement que le reste des animaux. Il est droit, et lève la tête pour être

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occupé de ce qui est au-dessus de lui : tantôt nous voyons un azur sorabre où les feux les plus purs étîncellent; tantôt nous voyons dans un ciel tempéré les plus douces couleurs avec des nuances que la peinture ne peut imiter; tantôt nous voyons des nuages de toutesJes figures et de toutes les couleurs les plus vives, qui changent à chaque moment cette décoration parles phis beaux accidents de limiftère. La succession régulière des jours et des nuits, que fait-elle entendre ? Le soleil ne manque jamais, depuis tant de siècles, à servir les hommes, qui ne peuvent se passer de hiî. L'aurore, depuis des milliers d'années, n'a pas manqué une seule fois d'annoncer le jour. Elle le commence à point nommé, au moment et au Jieu réglés. ■ Le soleil, dit l'Ecriture, sait où il doit se coucher chaque jour. Par-là, il éclaire tour à tour les deux côtés du monde, et visite tous ceux auxquels il doit ses rayons. Le jour est le temps de la société et du travail ; la nuit, enveloppant de ses ombres la terre, finit tour à tour toutes les fatigues, et adoucit toutes les peines* Elle suspend, elle calme tout; elle répand le silence et le sommeil. En délassant les corps, elle renouvelle les esprits. Bientôt le jour revient pour rappeler l'homme au travail, et pour ranimer toute la nature.

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Mais, outre le cours si constant qui forme les jours et les nuits, le [soleil nous en montre un aulre, par lequel il s'approche pendant six mois d'un pôle, et au bout de six mois revient avec la même diligence sur ses pas pour visiter l'autre* Ce bel ordre fait qu'un seul soleil suffit à toute la terre. S'il était plus grand dans la même distance, il embraserait tout le monde ; la terre s'en irait en poudre. Si dans la même distance il était moins grand, la terre serait toute glacée et inhabitable; si dans la même grandeur il était plus voisin de nous, il nous enflammerait ; si dans la même grandeur il était plus éloigné de nous, nous ne pourrions subsister dans le globe terrestre, £[iute de chaleur. Quel compas, dont le tour embrasse le ciel et la terre, a pris des mesures si justes? Cet astre ne fait pas moins de bien à la partie dont il s'éloigne pour la tempérer, qu'à celle dont il s'approche pour la favoriser de ses rayons. Ses regards bienfaisants fertilisent tout cç qu'il voit. Ce changement fait celui des saisons, dont la variété est si agréable. Le printemps fait taire les vents glacés, montre les fleurs, et promet les fruits* l'été donne les riches moissons; l'automne répand les fruits promis parle printemps; l'hiver, qui est une espèce de nuit où rhomxne

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se délasse, ne concentre tous les trésors de la terre qu'afin que le printemps suivant les déploie avjec toutes les grâces de la nouveauté. Ainsi la nature, diversement parée, donne tour à tour tant de beaux spectacles, qu elle ne donne jamais à rkomme le temps de se éé^ goûter de ce quil possède»

Mais, comment est-ce que le cours du soleil peut être si régulier ? Il parait que cet astre n*est qu un. globede flamme très-subtile, et par conséquent très-fluide. Qui est-ce qui tient cette flamme, si mc^le et si impétueuse, dans les bornes précises d un globe parfait ? Quelle main conduit cette Hamme dans un chemin si droit, sans qu elle s'échappe jamais d aucun côté ?. Cette flamme ne tient à rien, et il n*y a aucun corps qui pût ni la guider ni la tenir assujettie. Elle consumerait bientôt tout corps qui \^ tiendrait renfermée dans son enceinte. Où va-t*elle? Qui lui a appris à tourner sans cesse, et si régulièrement, dans des espaces où rien ne la gêne ? Ne circule-t-elle pas autour de nou^, tout exprès pour nous servir.^ Que si cette flamme ne tourne pas, et si, au cmuraire, c'est nous qui tournons autour d'elle, je demandé doù yient qu'elle est si bien placée dans le centre de l'univers, pour être comme le foyer ou le cœur de toute la nature ? Je demande d'où vient que ce globe, d'une matière si subtile, ne s'échappe jamais d'aucun côté, dans ces espaces immenses qui l'environnent, et où tous les corps qui sont fluides semblent devoir oéder à l'impétuosité de cette flamme ?

Enfin, je demande d'où vient que le globe de la terre, qui est si dure, tourne si régulièrement autour de cet astre, dans des espaces où nul corps solide ne le tient assujetti pour régler son cours? Qu'on cherche tant qu'on voudra, dans la physique, les raisons les plus ingénieuses pour expliquer ce fait : toutes ces raisons (supposé même qu'elles soient vraies) se tourneront en preuve de la Divinité. Plus ce ressort, qui conduit la nxa chine de l'univers, est juste, simple, constant, assuré et fécond en effets utiles, plus il faut qu'une main très-puissante et très-industrieuse ait su choisir ce ressort, le plus parfait de tous.

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