XXI. Merveilles dea iofiaiment petits
D'un autre côté, l'ouvrage n'est pas moins admiral)]e en petit qu'en grand. Je ne trouve pas moins en petit une espèce d'infini ^ m étonne et qui me surmonte. Trouver dans un ciron, comme dans un élépbant ou dans une baleine, des membres parfaitement Organisés ; y trouver une tête, un corps, des jambes, des pieds formés comme ceux des plus grands animaux ! Il y a, dans chaque partie de ces atomes vivants, des muscles, des nerfs, des veines, des artères, du sang; dans ce sang, des esprits, des parties rameuses et des humeurs ; dans ces humeurs, des gouttes composées elles-mêmes de diverses parties, sans qu'on puisse jamais s'arrêter dans cette composition infinie d'un tout si infini.
Le microscope nous découvre dans chaque objet comme mille objets qui ont échappé à notre connaissance. Combien y a-t-il dans chaque objet, découvert par le microscope, d'autres objets ^e le microscope lui-même ne peut découvrir ? Que ne verrions-. nous pas, si nous pouvions subtihser toujours de plus en plus les instruments qui viennent au secours de notre vue trop faible et trop grossière ? M^is suppléons par 1 imagination à ce qui nous manque du côté des yeux; et que notre imagination elle-même soit une espèce de microscope, qui nous représente en chaque atome mille mondes nouveaux et invisibles : eltle ne pourra pas nous figurer sans cesse de nouvelles découvertes dans les petits corps; elle se lassera; il faudra qu'elle s'arrête, qu'elle succombe^ et qu'elle laisse enfin dans le plus petit organe d'un corps mille merveilles inconnues.