‹ Cours de philosophie chrétienneChapitre 29 sur 67 · XXXII. De la peao · texte numérisé non relu

XXXII. De la peao

Regardons cette chair; elle est couverte en certains endroits .d'une peau tendre et délicate, pour l'ornement du corps. Si cette peau, qui rend l'objet si agréable et d'un si doux coloris, était enlevée, le même objet serait hideux, et ferait horreur. En d'au* très endroits, cette même peau est plus dure et plus épaisse, pour résister aux fatigues de ces parties. Par exemple, combien la peau de la plante des pieds est-elle plus grossière que celle du visage! Combien celle du derrière de la tête l'est-elle plus que celle da élevant! Cette peau est percée partout comme im crible; mais -ces trous, qu'on nomme pores, sont insensibles. Quoique la sueur et la transpiration s'exhalent par ces pores, le sang ne s'échappe jamais par là. Cette peau a toute la délicatesse qu'il faut pour être transparente, et pour donner au visage un coloris vif, doux et gracieux. Si la peau était moins serrée et moins unie, le visage paraîtrait sanglant et comme écorché. Qui est-ce qui a su tempérer et mélanger ces couleurs, pour faire une si belle carnation que les peintres admirent, et n imitent jamais qu'imparfaitement.^

XXXIU. Des Tcincset d(a<irtères.

On trouve dans le corps humain des rameaux innombrables. Les uns portent le sang du centre aux extrémités, et se nomment artères; les autres le rapportent des extrémités au centre, et se nomment veines. Par ces divers rameaux coule le sang, liqueur douce, onctueuse, et propre par cette onction à retenir les esprits les plus déliés, comme on conserve dans les corps gommeux les essences les plus subtiles et les plus spiritueuses. Ce sang arrose la chair, comme les fontaines et les rivières arrosent la terre. Après s'être filtré dans les chairs, il revient à sa source plus lent, et moins plein d'esprits; mais il se renouvelle, et se subtilise encore de nouveau dans celte source, pour circuler sans fin. '

Page 1