‹ Cours de philosophie chrétienneChapitre 41 sur 67 · XCII. Prière à Diea · texte numérisé non relu

XCII. Prière à Diea

O mon Dieu ! si tant d'hommes ne vous découvrent point dans ce beau spectacle que vous kur donnez de la nature entière^ ce n'est pas que vous soyez loin de chacun de nous. Chacun de nous vous touche comme avec la main, mais les sens et les passions qu'ils excitent, emportent toute l'appUcation de l'esprit.

344 vitt6fimsis^iM.TtttstLBt

Ainsi, Seigneur, votre lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres sont si épaisses, quelles ne la comprennent pas. Tous tous montrez partout, et partout les hommes distraits négligent de vous apercevoir. Toute la nature parle de vous, et retentit dm votre saint nom ; mais elle parle à des sourds, dont la surdité vient de ce qu'ils s'étourdissent toujours eux^nêmes. Vous êtes auprès d'eux et au dedans d'eux, mais ils sont fugitifs, et errants hors d'ôuxmêmes. Us vous trouveraient, ô douce lumière! ô étemelle beauté toujours ancienne et toujours nouvelle'! ô fontaine des chastes délices ! ô vie pure et bienheureuse de tous ceux qui vivent véritablement, s'ils vous cherchaient au dedans d'eux-mêmes! JQIais les impies ne vous perdent qu*ea se perdant. Hélas! vos. dons, qui leur montrent la main d'où ils viennent, les amusent jusqu'à les empêcher de la voir. Ils vivent de vous, et ils vivent sans penser à vous, ou plutôt ils me;urent auprès de la vie, faute de.s'en nourrir. Car quelle mort n'est-ce point de vous ignorer! Us s'endorment dans votre sein tendre et paternel, et pleins des songes trompeur^ qui « les agitent pendant leur sommeil, ils^ ne. sentent pas la maiorffuissante qui les porte. Si vous étiez un corps stérile^ impuissant et inanimé, tel qu'une fleur qui se flétrit, une rivière qui coule, *unc maison qui va tomber en ruine, un tableau qui n'est qu'un amas de couleurs pour frapper Timaginatioji, ou un métal inutile, qui n*a qu'un peu d'éclat, ils vous apercevraient et vous attribueraient follement la puissance de leur donner quelque plaisir, quoi<]^'eD effet le plaisir ne puisse venir de» choses inanimées , qui ne l'ont pas, et que vous en soyez l'unique source. Si vons n'étiez donc qu'un être grossier, fragile et inanimé, qu'aine masse sans vertu, qu'une ombre de l'Etre, votre nature vaine occuperait;âeur vanité j vous seriez un objet proportionné à leurs pensées* basses et brutales. Mais, parce que vous êtes trop an dedans d'euxmêmes \ où ils ne rentrent jamais,, vous leur êtes un Dieu caché. Car ce fond intime d'eux-mêmes est le lieu le plus éloigné dtfîeur vue, dans l'égarement où ils sont. L'ordre et là beauté que vous répandez sur la face de vos créatures sont comme un voile qui vous dérobe à leurs yeux* malades. Quoi donc, la lumière qui devrait les éclairer les aveugle ; et les rayons du soleil même empèchetit qu'ils ne rap«reoiv«aef Enfin, parce que» vous êtes une vérité trop haute et troj^piire, po«nr passer par les^envr^groniers, les hommes, rendu» semMaÛe6^tix'bAt«s^ Q«;pe(KME|siit'vouvron-

VS. Aug.

* Aug. , ïntimior iniimo nùstro .

^niosasis^'SATciwcLE, 345

cfffoàby jemamm sMhfvmnte ne .^EonMs^ait pas .tims les. jcrais daisa* gesse et la vertu, dont auciJMi'<ie.^sfS'6en»ii0afiBioioS'iiep«aC( lui renérertémoi^na^; cair tfU«S'i»<Mit'nÊ«Qn, ni couletnr, ni. odeur, ni ^oéAy, m- figure, ni aurunc qustlité sensible. Pourquoi* éemcy ô «Km DkU) douter plutôt de 'vousy. que de ces autres chases/trèsréelles et.très mamfestes dont on suppose la yéritë €ertaiiie:rdans toutes les affaires les plus sëpienes de la vie, lesquelles, aussi bien que TOUS, écfaap^nt ànafr faibles :sens? O msère S ô nuit sfPreuse qui emEeisrppele&eiifEiiit&d'i^dai».! ô menfitrueuse' stupidité! o cen- Tersëment de tout riiemined 1 honirae n*a des yeux qiae pmiriroir des ombres, et ]a vérité lui parait un fantôme. Ce qui n 'est rien est tout pour lui, ce qui «st tout: ne lui semble rien. Que vois-je daifô toute la nature? Dieu, Dieu partout j et encore Dieu seul. Quand je pense, Seig^eur^que tout Yètre est en vous, T«»us,épuisez et vous eûigloutÎAsez,. ô abîme de vérité^ toute ma pensée. Je ne saisee que je deviens. Tout ce qni n'est point vous disparaît^ et à peine me reste-t-il de quoi me trouver encore- moi tnéme. Qui se ToaS' voit point n-a rien vu, qui ne vous goûte pasina jaanais rien senti. Il est. comme s'il n etsgit pas. Sa vie entière n*est qu'un songe. LeFea^vions, Seigneur, levez-vous. Qu'à voire fece vm ennemis se fondent comme de la cire, et ^'évanouissent eorame la fumée. Malheur à l'âme impie qui, loin de vous, est sans ;Dieii). sans espéranoe, sans étet nette oonsoklion. Déjà heureuse ceHe qui vous cherche, qui soupire, et qui »6oif de *vqus! Mdi» pleinement heureuse cette sur qui rejaillit la lunnète de votre: face, dont votre main* a essiPfé les hffmes, et jdont votre amow a- déjà comblé les désirs! Qaand mv9L*<sej Seigneup.^'Obemi jour-ssais nnags et san^fin^ dmit vous 8eiie2^vDUMiém& le«6oleît, et oèavoxa «ouïererantti«iv«rs de iWMr cœur comme niK torrent de' volupté! Acette douce espérance mes o» tressaillent, ct^s«crie«it:QuîiesttiseRiblable à vimisPiMonf cœui^'se* fond^etmacliasr tombe «n «définllance, ô Etîeu dd«ion 'coBor, et niov:éteroeIlo portion !

Vntl'lÀ'M PALET.

II' y a ëfMefflmtfst uirdèâftein'dMt^'lies'oaTrages'êe la i>9ture.

I\it*tto(q«e'lo^«ai9onn0ment de'celui qmme laiH et Vinvention dans 1« montre était precisément le* raisonnement des athées; car Tévidleoee dhin^dess^ni se Tecrouve^dana* les oawagea <ie la nature, comni«*da»s4*«9flKvrago à)xmt -nMMftre^ avee'CdttediiAQrewce'qw les

346 THiiOLOGIB HATUBBIiUl.

œuvres de la nature sont plus variées et plus admirables, dans une proportion qui excède tout calcul.

Sans doute Finvention et l'exécution dans les ouvrages de h nature surpassent infiniment tous les produits de Fart; mais dans un très-grand nombre de cas, le dessein et l'application des moyens au but n'y sont pas moins évidents que dans les machines qui sortent de la main des hommes.

Je ne connais pas de meilleur moyen de préparer Fesprit à la contemplation d un aussi vaste sujet, que de comparer d*abord un objet individuel avec un autre. Je vais donc comparer Tœil humain avec une lunette d'approche.

Le premier examen nous montre une parfaite analogie entre les deux machines et leur but. Il est clair que Toeil a été fait pour voir, tout comme la lunette a été faite pour aider Toeil. L'un et l'autre sont faits sur les mêmes principes, et conséquemmentaux lois qui règlent la transmission et la réfraction de la lumière. Je Be parle pas de l'origine des lois elles-mêmes ; mais ces lois étant déterminées, la construction des deux machines leur est également analogue. Par exemple, les lois de la réfraction demandent que, pour produire le même effet, les rayons de lumièiie qui passent ae l'eau à l'intérieur de l'œil soient réfractés par une surface plus convexe que cela n'est nécessaire pour produire le même effet que ces rayons de lumière produiraient s'ils passaient de l'air dans l'œil. En conséquence, nous voyons que la lentille appelée cristallin est beaucoup plus sphérique dans l'œil d'un poisson que dans Fceil d'un animal terrestre. Quelle pteuve plus évidente d'un dessein peut-on donner que cette différence.»^ Gomment un mathématicien ou un faiseur d'instruments d'optique pourrait-il mieux démontrer la connaissance des lois relatives à la vision, que par une telle application des moyens au but?

Mais, dira-t-on, comment peut-on comparer un organe quiape^ çoit, avec un instrument qui n'aper^it pointPLe fait est, que l'œil et la lunette sont égalen^ent des instruments, et que le mécanisme de l'un est parfaitement analogue au mécanisme de l'autre. Obse^ vons quelle est la constitution de l'œil. Pour que la vision s'opère^ il faut que. l'image d'un objet se forme dans le fond de l'œil. Pourquoi le faut-il ? comment cette image qui se dessine au fond de l'œil se trouve-t-elle en rapport avec la sensation produite? c est ce qu il est peut-être impossible de déterminer. Mais ce n'est pas ce qui nous importe dans ce moment. loi, comme dans beaucoup d'autres cas, nous pouvons suivre jusqu'à un certain point la par^

TB]k>t«OGlK HATVBBIiliE, 347

mécanique de Tiiiyentioii ; mais nous arrivons bientôt à la partie quin'est pas mécanique, et là nous sommes arrêtés. Cela nempé^ che point que nous n*ayons une certitude parfeite de la chose que nous aTons saisie. Il y a cette différence entre un automate et un Bnimal, que dans celui-ci, nous suivons la trace du mécanisme qui le (ait mouToir, jusqu'à un certain degré, où nous sommes tout à coup arrêtés, soit parce que les parties à observer deviennent trop subtiles pour nos sens et pour nos instruments, soit parce qu'au delà des lois mécaniques, il se trouve quelque chose qui en est tout à fait en dehors, et que nous ne pouvons comprendre; au lieu que dans l'automate, nous remontons jusqu au principe de chacun des mouvements qu'il est capable d'exécuter. Dans les deux cas, le raisonnement est également concluant pour toute la partie de l'examen que nous sommes en état de suivre.

Par exemple, dans le cas dont il s'agit, c'est une chose certaine, parce que l'observation et l'expérience la démontrent, que la formation d'une image au £Ànd de l'œil est une condition nécessaire de la vision parfaite. Tout ce qui peut rendre l'image rnoôns distincte, affecte également la vision. La formation de cette image étant donc nécessaire (n'importe comment) à l'exercice du sens de la vue, je dis que l'appareil de l'œil qui détermine la formation de cette image est arrangé exactement sur le même principe que l'appareil du télescope, ou de la chambre obscure. Les instruments sont parfaitement analogues entre eux ; le but est conmiun ; les moyens sont semblables ; et l'invention est précisément la même. Les lentilles de la limette d'approche, les humeurs de l'œil se res» semblent parfaitement dans la forme générale, dans la position, et dans la faculté de réfracter les rayons de lumière de iaçon à les rassembler en un seul point, à la distance requise du cristallin et de la lentille. Or, dans l'œil^ cette distance se trouve exactement calculée afin que l'image se trace nettement sur la membrane étendue pour la recevoir. Gomment serait41 possible, dans deux cas si parfaitement semblables, d'exclure l'invention pour l'un des deux, et de reconnaître que pour l'autre rien au monde ne peut être plus évident que l'invention ?

La ressemblance des deux choses est encore plus rigoureuse qu'elle ne le paraît d'abord. Les lunettes d'approche étaient im« parfaites tant que les lentilles séparaient les couleurs dans le pas* sage des rayons de lumière, et teignaient les objets, surtout dans les bords, des couleurs de l'iris. Depuis longtemps on désirait trouver le moyen d'obvier à cet inconvénient 9 lorsque enfin un

ofUieten hain]e* imB^n^ ë*aiMlyser«rec.pkis éo :soiD;qii'oii nef «rait fak josqu aloFs^adispoflitioB éM«lLvierse9<huiiietHMî du globe deToeH; oarrii y artrait ewy dbnft la fsJiinofltmt de Voàily l«!iiiânie^a&re^e <iifBculte à vwamre. Il découvrit que* cet ncomrésieotaTaét étépréicnu par la coiiil:>iiiais«i de diverses lentilksi appliquées les. unes aux fliffiresy et eomposées de substances dont le pouvoir réfracteur était difFérent. Uoptieien partit de là pour essayer de composer ses lentilles avec des verres de densité i^érente; et il parviotà oorrigenile défiatwt des lentilles simples, en imitant, au plus près possible, les moyens employés dans la consitruction de ïosiL Je demande si le modèle â*après lequel Topticien a travaillé eti atteint son but, en employant les mêmes jnoyensy a pu ébre ooniruit ssMiaucun but '.

Il y a d'autres points qainesmit pas dluncressemblanee rîgoQretise* entre Tœil et la lunette d appreclie,.mais qui peuvent fournir â la comparaison, parce que 1» supériorité derosilsurrouvngf de Fart est fondée sur les lois qui appartiennent également aux deux madiines.

L'œil* avait besoin de deux prepriéliés qui nétaieiit pas nscessaires^auméme degré dana .me lunette d'appreehe^ Il £siUait'i^ue Torgane pût se pr^er aux difiterents deg^ . de lumière ; a^ qu'il ftit également. propre à remplir: sa. destination, quelle que Cftth distance de Tobyet, depuîa trots ou quatre, peatoas^ jusqu'à plasieun lieues. Ces difEcukés ne se présentaient pits an. cemstrueteMide la Innette ou du télescope. U a Jvesoinid&.tMUteila bimièpe qu'il peut set procurer, et l'instrument n'eslpûintifait po«r observer de près.

Un admirable jnéeaiûsBerja éiié employé dans /la fabrioalios i^

rotil^^powr pttunnMr à ce«deiia:.chetes«.La\piqpîife» on le Ironptr lequel la lumMre'pénèftre:dan&r«i)i a.ufieconetrtiotion. quliuip^' mmtyà» sociMrtranter>lai»fa'il.y>a JBeofi de JhiaûèrfH'etîideaA dilater lorsqn'il.n'y.enia pan i assez». L'inténeiar detl*|oNil est une« obaisbie obnoiie, dont la^iisa^tt» âoienie plus i)U;inMÛP0^ fogm régler b

' A mesure que l'art d'observer se perfectionne^ pn découvre de nouTeanx sujets d*ad m irai ion dans les organes des êtres aniiwéi. 'Qii peirt voir àm&^* BÈbL Bnit.^H^xxtmim^Sci.'fii .^4^«,p.a«6« le vés«llHt4sirQbseapetioaadud>imute Gbenewjx suc les humeurs. de r<£il. DansToeil du mouton, la pesantenr sp^iflque de rhunieur aqueuse et de rbumeur vitrée est 10090, Teau étiDt 10000. mmflseiir eristalljtoepèielteo».'-- »ma IVeil-de rhemme, l'tameor aqS»iM»et rWÀtiir vM^é^rpA^Q^t U)95a* etcel&NM crtetaUiA*. 10790. 0>m^^ voUime de l'œil de Thonme ost moin^rti que le volume de Toeil du moutoO) ob pent conjecturer que l'auteur de la nature a an^^menté la densité derhomeor oriârâllhir,' poar.<;Mitsrvep^'ra»gaiiK»8a ptapwâété ftstUf»oMtiq»e«

THBMtOiNtt WÊLimunam. 349

quantité des rctyoss de kiinîère*qui y pénéirent : odsusefyàlt sans

effort, promptement^et tou^urs- au moment du besoin, parie«^ul

effet de ce x3Vtriemx mécanisme.

' Observons- ici, en* passant, que la pii|MiIe de rœilvkonuiin.oon-

' sente toujours exactement .sa forme !<jroukiire, quelles que^sotent

' ses'dtmensioDS. C est une M^ucture eottrâmentent singulièsef et si

* un afftisie essayait de limîtev, il rtenit quai n*y a qu'ime seulejnta- ' niène de disposiâ^di; combiner des cordons ou des fils, pour qi^Ie

problème se trouve trasolu, c'ostà^dtre paur que la :pupiUe puisse fopmer im cevole exact;, , dont le diamètriS varie sanscesse^er les cofdons ou ftlMres de la pupille >obiI; été disposés précisément de ^ cette manière-là«

la seconde- diffieidté A était pas moindre. Il existe de certaines ' loi&fises,. dont les elFets sont calculables, et.qui^règlent la manière - dont la lûmâère doit seli«nsniiQltre.,Il fallait que Tœil fût suseap- ' ûbie'diine cevtainé.mDdificaticin pour pouvoir totijours>rassembler ' dans le même poinjtsur la rétine ( ou la toile tendue pour reofê^oir les images) les rayons qui lui arrivaient de diverses distances, et ' soHS des angles diÎFférents. Les rayons qui fmrtent d'un objet ti^- ' Yoiiin de Tœil, et qui par conséquent entrent .«dans cet ongasé en diTergeant beaucoup, ne peuvent pas être rasaeny^lés^ par un simple ' instrument optique demaniereià former uBeimageneftley d^is. le

* même- point où se rassemblent des rayons presque parallèles entre

< eux, c*j8st-à-direpartant d'un Gtbjet.plaoé à* une grande distance. Il ' faut, pour opérer cette réunion,des lentilles phis ou moins con?exes

selon ks.distances. Chaque 4entille a son foyer, c'est-à-dire que le

< point de réunion des rayons .qui arrivent, sur sa surface est à une distance fixe et toujours la même. Mais il faut que le foyer de la lenEfeiUe de Tceil se. trouve -rigoureusement sur la rétine, paiH'r'que finuig^ de Tobjet soit nelte. Cependant, >par les ..proprfeélés. immuables de la lumieKe) le^foyer se trouve plus loin derrière «ne lemil le quand Tobjeteet rapproché, que quand lobjet est éloigné. Dansflesinstrmabents d^^ptique, Ton change les octtlaices, ou .bien loQ^iiapproehe eton éloigne les verres les uns. tlesautcespouri oble<nic l'eififet 'désicé^ dest-Wire. une > image ■ nette. Mais comment .cela poitffmib'il^e faipepoio'reeilî^ Cette question a étécun objet de.rechenekes^^pour les an»Mmastes et les: physiciens. La modificatitf^n quiidevaitiremplir cetobjietest d)unevnaturesi'SHlDd}ile,qu elle^ dû échapper longtemps aux observateurs; cependant un exaaieB judicieux; et: persévéraEnt>de<roi:gaiie de* Imita tmompbé d» efis^dîffîculiés. On a*en&i découvert quaCilonsipe la vue se dirigeisor un ob-

35o THBOLOOU HATOKBLLE.

jettrè^rapproché, il s'opère tout à la fois trois changements dans la disposition des parties de FœH. La cornée, ou Tenveloppe eitéterieure du globe de Tœil, devient plus convexe; le cristallin se porte en avant, et la profondeur de Tœil s'augmente. Ces trois changements font varier Faction de Torgane sur les rayons de lumière exactement au point convenable pour atteindre le but, c'està-dire pour que Fimage de Fobjet très-rapproché se dessine nettement sur la rétine. La vue se fixe-t-elle sur un obj&t éloigné, la cornée redevient moins convexe, le cristallin s*en éloigne, et Faxe de la vision se raccourcit. Ainsi, à mesure que Fœil parcourt des objets plus distants ou plus rapprochés, ces changements se font simultanément, sans aucun effort, avec la promptitude de la pensée, et toujours leur résultat est de peindre nettement sur la rétine l'objet que nous regardons. Comment pourrait-on dire qu'il nya point de dessein là dedans ? Les lois les plus mystérieuses de Foptique étaient évidemment connues de celui qui a si merveilleusement adapté la disposition des parties de Fœil aux lois de la transmission de la lumière.

Observons un enfant qui vient de naître, et qui ouvre pour la première fois ses yeux à la lumière. Que découvrons-nous quand ses paupières se séparent? Nous voyons la partie antérieure de deux globes transparents. Si nous analysons ces glot>es, nous les trouvons construits et organisés d'après les principes les plus rigoureux de l'optique : principes que nous suivons nous-mêmes dans la construction des instruments semblables. Nous trouvons que ces globes sont parfaitement propres à transmettre, par la ré* fraction, l'image des objets. Nous voyons qu'ils sont composés de parties différentes, dont chacune a sa destination. Lorsqu'une des parties a rempli son office sur un rayon de lumière, elle le transmet à une autre partie; celle-ci à une troisième, et ainsi de suite. Le succès de cette action progressive dépendant toujours de la disposition la plus rigoureusement exacte de chacune des parties de Fœil et de leur parfait accord, le résultat final ne s'obtient que par une combinaison très-variée d'actions et d'effets. Et comme cet organe doit s'adapter aux lois immuables qui règlent la marche delà lumière ; comme il est destiné à agir sur les objets voisins comme sur les objets éloignés, avec beaucoup de lumière comme avec peu, nous trouvons des moyens correctifs ou régulateurs pour tous ces cas.

Dans les machines à mesurer le temps, inventées par Harrison, il existe un régulateur, ou moyen correctif des variations de fia-

THBOLO«I£ HÂTUESLIA. 35 1

strument, lequel a certains rapports arec les moyens de correction observés dans le globe de rœil. L'artiste a inséré dans son gardetemps un mécanisme qui, au moyen des diverses capacités d expai^ sion des divers métaux, conserve l'^alité de mouvement sous les différentes températures. Cette invention a été regardée avec rai* son comme extrêmement ingénieuse. Comment se pourrait-il quune invention infiniment plus ingénieuse encore, mais dans le même genre, fïlt sérieusement contestée ? Et si le mécanisme de l'œil est une invention, il y a donc un inventeur.

Ce que nous avons observé jusqu'ici des merveilles de la visioa n'est pas tout, à beaucoup près. Chez les différents animaux, l'organe de la vue est modifié de, diverses manières, selon le genre de vie auquel ils scMit appelés, et selon les moyens qu'ils emploient pour se procurer leur nourriture. Ainsi, par exemple, les oiseaux, qui sont pourvus d'un bec, ont besoin de voir très-distinctement à la distance où leur bec peut atteindre. Mais, d'un autre côté, comme les- oiseaux sont appelés à parcourir les airs à de grandes hauteurs, leur sûreté exige qu'ils puissent voir jusqu'à un très-grand eloignement; et, en particulier, chez les oiseatix de proie, cette faculté est indispensable pour qu'ils puissent se nourrir. En considé* ration de ce besoin^ ou de cette extrême convenance, l'œil des Oiseaux est remarquable dans son mécanisme * sous deux rapports. Un cercle osseux, mais cependant flexible, entoure l'œil. Il gêne 1 effet de l'action des muscles dans les parties latérales pour augmenter d autant cet effet, quant à l'accroissement de la convexité uu globe dans sa partie antérieure, afin que l'axe de la vision $• trouve prplongé et que les objets très-voisins puissent se peindre nettement sur la rétine. L'autre addition remarquable dans le nn^ canisme de l'œil des oiseaux est un muscle particulier nommé mar^ supium^ dont la fonction est de retirer le cristallin en arrière, afin que l'organe puisse servir à découvrir les objets les plus distants. C'est ainsi que l'œil des oiseaux peut.passer avec facilité de la contemplation d'un objet très^voisin et très-petit à celle d un objet placé à de grandes distances, et cela par des alternatives fréquemment répétées.

J'ai déjà remarqué que la forme du cristallin, chez les poissons, est adaptée à la nature du fluide par lequel la lumière passe pour parvenir à leur rétine. La convexité du globe de Tœil est plus grande dans les poissons que chez l'homme et les quadrupèdes, parce que ce qui intéresse surtout leur sûreté et leur subsistance, c'est de bien voir à une petite distance autour d'eux 5 et comme

leuf s jtwL ftontnamoeUeuMOH très^convei£6» rappaxeil des xmsdts correoteuis qmappanknnent aufaecaniaroe de la yision chez^ux, estpcincipaûmeiit .destiné à. ^lalir le globe de Iml.

Cbe» l«s. pQi06oii6f.ni35 .nei se. conirafele pîw.. Celte AfFéceoce essûDtielle ^eeihle prouiKeff qtii8,clans l'eau» la lunûèce ojest Jasuais trop forte pour Ja.jfétiDe des. ansimux^ui y vi'vvAt.

Ûanguilk, destinée à vivse.dan» la vase, et à fraiyer attti chetoin dass le âabie «louvant, au fo^d des eaux, avait be3oîn:d*u«) mécanisme particulier qui préservât ses yeux. Us ont été OQui^ecls d'un voile transparent, roais solide, qui défend Forgane sans gêner la vue» Keut*on rien imaginer de plus convenable à un animal appelé à oe genre d'existence ?

Ainsi, à mesure que l'on compare entre eux les yeux des différents aninoaux, l'on trouve qu'il existe un plan, général, .puisque certaines distinctions ont été appropriées à ceriiains cas^.seîpn que l'exigeait le besoin ou la convenance.

11 y a cependant, une circonatance conuDune aux yeux de tous lea. animaux qui ont été observés par tous les aKitonsîales ', c'est que.le nerf optique n'entre pas eu fond de re»l j^'éciséinent dans le centre de la rétine, jnais un peu plus prèsduoez; il en résulte qa'il n'y a aucune partie d'.un objet qui échappe otaipléteœeAt aux deux yeux à Ja lois.

Iiorsquon pen^e à la manière dont un vaste paysage vient se peindi^ tojut entier sur la^ rétine de l'i»il,. on. demeuxe confondu d'éliuineni98tnt.dela netteté parfaite de cette nûmature^dans laquelle ausiiR trait ji*e$% oublié, et où chacun des, nombreux objets du taUsa» conserve sesiproportioRs^exactes et son< dessin aonpeet. Un endMible de^ix lieues carrées sie trouve réduit. à, un espaee^iTun deim»poii€e,.et cependant rien. n est iOinis,:.posiUon, figure, pmndews^;cottleur, tout est conservé. Si le paysage est traversé par une graoAeronte, et qu'une chaise de poste y chemine, Timagcde cette voilHee jnet une demi^heuffe à»parcourir .sur Ja Béttse l'espaoe d'une ligtie; et cependant le.mpuvemeul de la chai^ est^di&tinotement aperou' pendant tout ce temps4à.

La contexture interne de Tœil démontre l'intelligence qui finventa; mais tout ce qui entoure cet-organe, et qui coscourtou à e» assurer les fonctions, ou à le garantir conmae une partie précieuse et faible, n'est pas moins propre à exciter notre- admiration. L'i»b«st logé dans une orbite solide, et profonde, composée de la

* n parait que Tceil du Teau-inasia est excepté (Vojcz les Mém. de TAcad.,

TBBOL06IB NATURELLE. 353

réunion de sept os différents, qui s'enchâsiscmt dans leurs bords. Cette orbite est doublée d'une substance graisseuse, singulièrement adaptée au repos comme au mouvement de Torgane. Les cils qui se projettent en avant dans une direction inclinée sont comme un avant-toit qui garantit Tceil, soit de la trop grande lumière, soit de la sueur qui découle du front. Mais les paupières surtout protègent l'organe avec une facilité, une promptitude et des effets qu'on ne saurait trop admirer. Il serait impossible, je crois, de trouver dans les ouvrages de l'art un seul exemple d un mécanisme dont le bût fôt plus évident, et où les moyens employés eussent une utilité plus distincte.

L'œil a besoin, pour remplir sa destination, d'être entretenu sans cesse humide et brillant : une sécrétion est particulièrement destinée à lui fournir une humeur qui l'abreuve et facilite les mouvements du globe dans son orbite. Le superflu de cette humeur filtre par les points lacrymaux dans le conduit nasal, puis s'étend sur la membrane interne du nez, où le courant d'air chaud qui passe et repasse sans cesse, l'évaporé à mesure qu'elle arrive. Y a-t*il une invention, plus véritablement mécanique que celle de ce trop plein qui, au moyen de la perforation d'un os, débarrasse continuellement rœil de l'excédant d'une Kqueur nécessaire?

Observons que cet appareil ne se trouve pas dans les poissons, parce que le globe de leur œil est suffisamment abreuvé par Télé* ment dans lequel ils vivent.

Avant d'abandonner l'examen de l'œil, comme machine curieuse, il convient de dire un mot de cette pellicule admirablement inventée, qu'on a nommée membrane clignotante^ et qu'on trouve chez les oiseaux, comme chez quelques quadrupèdes. Son office est de répandre promptement et également sur la surface antérieure du globe, l'humeur lacrymale ; de défendre l'œil des atteintes subites, en laissant pourtant à l'animal la perception de la lumière, au travers du tissu qui la forme. Il est facile d'observer que cette membrane est commodément ployée dans l'angle supérieur de l'œil, et qu'elle remplit son office avec aisance et célérité ; mais ce qui n'est pas moins admirable, quoique plus difficile à découvrir, c'est que* la membrane clignotante se déplie et se replie par la combinaison d'une substance musculaire avec une substance élastique, îqui agissent de deux manières différentes. Dans la plupart des mouvements musculaires réciproques, le changement de situation est produit par l'action des muscles antagonistes, dont les uns tirent en a^ant et les autres en arrière. Ici l'appareil est différent. La

membrane elle-mèaie est .une whstincft^agliqae, «Moe^tiUed'im

.certain degré d extenaion, etreprenant enaoke^sa foniie ei sa poa*

.ûon primitives, comme unei)ande.de g^^nige élastîipie. Cette pco-

^priété étant donnée, il £Edlait.unmo]rea.d'éte]idre ee rideau, leqad

.cniuite devait se replier par aon propre ressort. Pour cela, liovea-

.teur de ce Yoile mobile lui a attaché im tendon, ou fil si délié

. (quoique suffisamment fort) que,, lors mèmeque ce fil passe pa^d^

Tant la pupille, lavue n enestj)oint obscurcie. Ce UndoB estattaché

ta un muscle placé dans le fond de ToeiL Lorsque le musdese coq-

,tracte, le fil se tend, et la toile couvre rceil. Au moment où la vdoalé

de contraction cesse, Félasticité de la membrane la fait replier dans

.lecoin de ToûL Ce mécanisme estronvrage dun artiste qui connais-

. sait les propriétés de ses matériaiiT, et ipii^savait bien en iiier psib.

.Ce 9*est pas tout. Il y a encore quelque chose de bien admirahk

.dans l'emplacement et les fonctions d un autre muscle anxiliain,

uqui forme un anneau, et au travers du^el passe le cordon desdaé

à tirer le rideau. Un muscle et son tendon qui auraient été placés

Msx une même direction, comme ils le.sontà Tordinaire, auraieat

'Jbien pu étendre la membrane Vil y avait eu asse^ de place poor

j^fte la contraction du musde suffît â tirer le rideau tout à fait.II

aurait fallu pour cela on ausde plus long que l'espace conton

àtflis le fond de l'œil. Cour obtenir :plus d'efifet dans un petit es-

yace, l'inventeur de .cette inadiine accoudé le: tendon, en. le faisant

passer, non pas sur une poulie fixe, mais wr une poulie mobile,

4i!est -à-dire dans un anneau fonné. par un autre muside, lequel se

.oontsactant au même osomcnt quele snuscle priBcipal,^€Qiicoii]ti

•mccourcir le tendon précisément au d^ré convenable.

U y a une question qui s'est peutrétre déjà présentée à l'eipnt Ai lecteur. Pourquoi, se demande*tnan, l'inventeur de cette lnc^ tpeîUeuse machina j3'a«>t*il pas donné aux animaux, là £u3ultéde t/Wj «taas employer cette complicatix^n de moyens P

Uu élément fait exprès pour la vue, qui esf réfléchi par lesiubatances opaques, réfracté par .les substancesticansparentes, et hoajoars d'après des lois invariables ; un or|;ane compliqué ; un appa* j^eil remarquable par L'art qui l'inventa et l'exécuta : le tout pour Iproduire, en conformité xle certaines lois ^es, une imagcsuriuie jmembrane qui communique, avec le .cerveau. J^ourquoi ce hag iûrcuitP Pourquoi cr^r la difficulté ^our hL;surmoaler ensuite.^ S'il s'agissait de produire, dans l'homme^ la perception des objets éloignés, la simple volonté du Créateur n'y suffisait<elle pas? U 4^ ^puissance est^sanabome^ pourquoi. est-il besoin d'unexp^

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