‹ Cours de philosophie de l'histoireChapitre 28 sur 55 · SI · texte numérisé non relu

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chirent de ees dépouilles leurs capitales, ainsi que les fêtes scandaleuses de leurs temples.

Nous devons ajouter à ces indications sur les Chaldéens, que des terres étaient destinées à l’entretien de leur caste sacerdotale, que les prêtres étaient divisés selon la nature de leurs travaux, mais qu’au temps d’Isaïe et de Daniel ces travaux se bornaient à de misérables rédactions et à des tromperies sacerdotales. On a répété souvent que les Chaldéens inventèrent l'astronomie ; on peut assurer seulement qu’ils en eurent quelques notions principales à une époque très-reculée. On veut que Callisthène ait envoyé ses observations à Aristote par ordre d’Alexandre; mais Aristote n’en dit rien, et Ptoléinée (qui a fait aux Chaldéens des emprunts relatifs aux éclipses) ne peut remonter qu’à l’an 720 avant J. C. Du reste, on ne peut nier que l’astrologie n’ait commencé à Babylone, car le culte, la religion, la vie privée, tout dépendait des superstitions astrologiques. Sans contredit, les Chaldéens avaient, depuis un temps immémorial, marqué le cours de la lune à travers, vingt-huit ou vingt-neuf maisons, et celui du soleil à travers douze signes du zodiaque, qu’ils avaient divisés selon le lever et le coucher; mais leur année solaire était encore fautive. Delambre, dans son Histoire de l’astronomie ancienne , a apprécié à sa juste valeur l’état de cette science chez les Chaldéens (1).

Au demeurant, messieurs, nous n’avons guère à apprendre grand’chose de ces Assyriens, de ces Babyloniens, de ces Chaldéens. Leurs guerres et leurs expéditions étaient des brigandages, rien de plus; leur constitution politique était le misérable

(1) Encyclopédie des gens du monde, art. Chaldéens, par M. Gesenius.

DE L’HISTOIRE

gouvernement des satrapes, ce venin corrosif de l’Orient, lin de ces satrapes renversé, tout était renversé : de là ces empires qui fondaient et détruisaient , agrandissaient et restreignaient continuellement leur domination, et faisaient de cette partie du monde un vaste champ de destruction; on dirait des tentes de hordes nomades qui se déploient et se replient devant d’autres hordes arrivant au galop. Toutes les institutions de ces satrapies furent le triste résultat de la vie patriarcale; l’image du roi comme père de famille et comme cheik, tel fut l’idéal sur lequel ces peuples formèrent toutes leurs conceptions. Cet état de choses pouvait s’expliquer et se supporter en quelque sorte, tant que l’on vivait en tribus isolées, en petites communautés indépendantes; mais toute liberté politique et tout intérêt général devaient disparaître du moment que cette autorité partriarcalc s’était fait, valoir sur de vastes empires. Dès lors le pouvoir du roi n’avait plus de bornes; les biens et les personnes des sujets étaient entièrement à la discrétion du monarque, comme l’avaient été auparavant les biens et les personnes de sa maison, de sa tribu ; aucune institution ne garantissait les droits civils ou politiques des Babyloniens, et l’influence sacerdotale qui, dans les autres Etats asiatiques, était souvent un frein pour les plus cruels tyrans, fut presque toujours sans pouvoir à Babylone. La caste dcsChaldécns n’avait aucune indépendance, sophistes-courtisans et courtisans-sophistes, ils furent les esclaves de tous les despotismes. De même qu’il n’y avait qu’un soleil au ciel, de même il ne devait y avoir qu’un monarque sur la terre; et bientôt, en effet, ce monarque s’enveloppa de tout l’éclat du soleil, de toutes les splendeurs d’une divinité terrestre. Tout découlait de sa grâce toute-puissante, tout

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dépendait de son individu ; c’était en lui que vivait i’État, c’était avec lui qu’il périssait. Sa cour était un harem ; il ne connaissait que de l’or et de l’argent, des valets et des servantes, des pays qu’il occupait comme un champ d’exploitation, des peuples qu’il pourchassait et égorgeait comme des troupeaux de bêtes.

Viennent donc les rudes montagnards de la Perside! Qu’elle périsse, sans regret, cette société babylonienne sous les terribles coups de Cyrus le Grand ; qu’il tombe ce long ouvrage de la conquête, de l’esclavage, de la dépopulation. C’était du temps du roi Belsçatsar, vers 530 avant J. C.; mais que l’Écriture sainte me prête ici son langage :

« Le roi Belsçatsar fit un grand festin à mille de ses principaux seigneurs, et il buvait le vin devant ces personnes-là.

« Et ayant un peu bu, il commanda qu’on apportât les vases d’or et d’argent, que Nébucadnétsar, son père, avait tirés du temple de Jérusalem; afin que le roi, et ses gentilshommes, et ses femmes, et ses concubines y bussent.

« Alors on apporta les vases d’or qu’on avait tirés du temple de la maison de Dieu, qui était à Jérusalem; et le roi, et ses gentilshommes, et ses femmes, et ses concubines y burent.

<■ Bs y burent du vin, et ils louèrent leurs dieux d’or, d’argent, d’airain, de fer, de bois et de pierre.

A cette même heure-là, des doigts d’une main d’homme sortirent, qui écrivaient devant le chandelier, sur l’enduit de la muraille du palais royal, et le roi voyait cette partie de main qui écrivait ces mots redoutables : Dieu a calculé ton règne et il y a mis fin. '

« Et cette même nuit-là, Belsçatsar, roi de Chaldée, fut tué ( Daniel , ch. v.). »

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