‹ Cours de philosophie du droit, professé à la Faculté de droit de ParisChapitre 20 sur 68 · I- -.-....j r uieme le plus lointain d'une · texte numérisé non relu

I- -.-....j r uieme le plus lointain d'une

souvenir perdu, il est maoiruil. non par une raison do ■odnire d'elfels.

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LA soci£t£ paternelle 121

Mais, tout en se continuant, la collaboration familiale ira, vi fur et k mesure, en se relftchant. Les causes de ce relfichenwiit sont multiples. D'abord, il est de la nature de tous les — ntiments humains de perdre en intensity k mesure qu'ils . i 7 ment en extension ; ensuite, k chaque generation, il se ;r«j*luit un melange de sang stranger qui fait que les affinilt*> sont de moins en moins dlroites entre les parents k rn»*sure que les degr£s de parents s^loignent. Enfin et sur- !»»ut, au point de vue mGme des principes moraux, chaque ♦ nfant ou descendant qui fonde une nouvelle famille prend a sa charge dans cette petite socidtd des devoirs nouveaux, [*lus imp£rieux que ceux qui s'imposaient k lui dans la crande soci£t6 dont il faisait antdrieurement partie. Or, on la vu, les droits de la famille k Temploi de Tactivit6 de ses m^mbres sont limites par Texistence des devoirs qui appellent aillfur? les manifestations de cette activite. II s'en suit que la collaboration dans l'ancienne famille doit se diminuer de tout ce qu'exige la nouvelle. Les forces de Thomme et la puissance de ses affections n'dtantpas illimitees, il faut 6vi- «lemment qu'il reprenne d'un c6t6 le temps et les soins qu'il d^pense de Tautre. L'^loignement des degr6s de parents sera J<~*nc, dans les families un peu nombreuses, une cause de ivlachement du lien, mais toutefois sans en amener la destruction tant que le souvenir de l'origine commune subsist*»ra. Ce qui fait bien ressortir les causes de ce rel&chement, cVst cette observation que, dans les families peu nombreuses ou decim£es par de nombreux d£c&s, souvent des cousins assez £loign£s vivent dans une intimity plus grande que c**IIe qui existe ailleurs entre frfcres et soeurs.

Normalement, tant que Tun des auteurs communs existe et que la vie au m6me foyer est possible, la soctetd subsiste av»»c loute sa puissance et dans toute la force du lien decrit plus haut. Elle se rel&che d6j& n^cessairement lorsque des pnfants doivent vivre k part, et notamment se marier au dehors. Dans tous les cas, il appartient au chef de famille, *-n vertu de son droit d'autorit£, d'accdlerer plus ou moins I*» passage k une forme de soci<§t<$ moins 6troite. C'est un ♦•ffet du pouvoir de direction qui lui appartient. II ne doit, him enfendu, en user qu'en tenant compte des besoins cornmans de toute la famille, et en les conciliant avec TinttfrGt <ie /enfant qui est appcl<§ k se stfparcr des* autres. II peut

Hi L1VRE III, TITRE II, CHAP1TRE II

pour cet objet relacher meme la puissance proprement dite qu'il exerce sur 1 'enfant mineur; a plus forle raison celle que le droit positif a pu lui laisser meme apres la major Urdu fils 1 . G'est l 'emancipation, avec la portce diverse que peuvent lui dormer les difleYentes legislations.

Jamais le pouvoir du chef nc peut allcr jusqu'a dissoudre completement le lien de famille; car la collaboration large et volontaire, decrite plus haut eotre parents vivant dans l'independance re"ciproque, est toujours possible etne blesse jamais les droits de pcrsonne. C'est seulementa litre de peine, et en cas de dendrite persistant du Ills, que Ton pourrait concevoir son exclusion de la famille. It^ciproquement, si les parents abusaient habituellement de lour autorite, 1c fils pourrait legitimement s'isoler de la famille. Mais, pour cela, il faudrait un alms habitue! et invgtere, et non un abus accidentel; il faudrait qu'il fut dtmiontre" que le pouvoir des parents, 6tant devenu radicalomcnt illicite entre leurs mains, nc saurait plus constituer un [droit pour cux. Ces points ne peuvent etrc traites ici ; ils demanderaient des developpements qui nous entraineraient trop loin.

La inort du chef de famille modiliera profond£ment le fonctionnement de la societe, en faisant disparaltre l'unite' de direction. Les rapports personnels Gtant de plus en plus relftches, il nesubsistcra plus guere que les rapports pdcuniaircs. Cette situation devra done etre etudie"e surtout a la section in, ci-dessous.

363. 4* Gol-vebnement de la socic'te. — S'il est vrai que le gODYernemcnt normal de toule societe soit le gouvernenient [tar lunanimite des associes apres line deliberation en n milium et un vote, et qu'on ne doive s'ecarter de cet ideal i|u'ri] cas d'inipossibilite, il n'est pas difficile de se conva inure que dans la famille ce proc£de~ sera presque toujours irre"alisable-. 11 y aura presque toujours des membres imi lias age a qui on nc peut donner aucune part dans la •Hi be ration. Meme en dehors do ce cas, I'inegalite d'age et (1 experience entre ses membres, et I'autorite paternclle, qui exisle, on la vu, independamment de la society, s'opposirnnt il la pratique de ce regime.

LA SOClfeTE PATERNELLE 123

Miis il ne faut pas que, ces fails indGniables fassent

; p irede vue V accord qui oxislera en fait, dans un tr£s

ruA nombre de cas, entre tousles membres de la famille.

■' ur une foule innombrable de details, il y a entre eux

-* collaboration spontan€e et inconsciente ; mais qui n'en

-i jus moins r6ellc et ne s'interrompt, pour ainsi dire,

. uai>. Ainsi notamment les efforts naturels que fait

••i^Anl, des V&ge le plus tendre, pour d£velopper toutes ses

:-.v»lt*»s. tendent au but commum, sans qu'il y ait besoin

• rdiuairement d'une impulsion sociale (voir supra, n° 355).

11 \ a s< k ulement des 6carts k redresser de temps en temps,

•in* direction k rappeler et k maintenir. Cette direction

r»-*ulle mfcme ti^s souvent, avec une spontandite complete,

-W la similitude naturelle d'impressionsetde vues entre les

m-mbres de la famille ; et cette similitude est produite a la

f.-is par les af(init6s de la nature que les enfants tiennent

•!>* leurs parents, et par l'effet de l'£ducation g6n6rale qu'ils

• ot <lt ; ja reque.

L<»rsqu'il y a lieu k des actes de direction explicites, le

• u\ernement est fourni tout naturcllement par Yautorite , <if'rn>>lle^ dont les fond em en ts ont et6 tftablis dans la •:-ii\ieme partie de ce Cours (n og 223 et suiv. et 228). A la •i. J« ; n»nce des soctetds ordinaires, et du mariage lui-mfime, i .mtorite ne nait pas ici de la soci6t6; elle lui est fournie du • / '- / i'/r*; elle est anterieure a elle. Et c'est elle, k le bien (•tvndrc, qui est au contraire l'origine m6me de la soci6t6; •*ar le fait de la generation donne d'abord au p&re le droit 1** dinger les actions du fils pour le plus grand bien de tous, ••t c'est parce qu'il peut diriger ainsi ses actions qu'il peut in imposer de collaborer au bien commun.

Cette autoritl, on Fa vu, reside dans la personne collective •l*-s pere et mfcre ; la mfcre la possfede en principe au m&me :nre que le pere (voir n 01 223 et suiv.; 228 et suiv.). Seule- :i>-nt. dans Fexercice de cette autoril6, elle doit Mre subor- ■'. «nnee au pere en vertu des principes spdciaux de la soci6t£ <<»njugale. De la sorle, en cas de conflits, c'est le pfcre qui .mra la direction supreme de la famille. Mais, hors ces cas ''uvptionnels, la mfcre est son auxiliaire actif et devout; n -rnialement ils gouverneront k deux, ou plutdt il se fera Titre eux naturellement un partage d'attributions, comme R"U5 j'avons vu 4 propos du gouvernement de la soci<H6

conjugate elle-mftme. Parfois en fin, quand l'exercice d< lautorite paternelle amfcnera une certaine lutte entre le p£r< et Tenfant, la mere jouera le r6le d'un intermediate conci liant; par sa douceur et ses prieres, elle obtiendra la soumission de Tenfant, et par son intercession elle permettrii au pere d'user du droit de gr&ce sans aflaiblir son autorite,

La mere aura seule ce pouvoir de direction en cas de d6cfcs, d'impossibilite ou d'absence du pere. Ses droits, donl le titre fondamental, comme on vient de le voir, existe en elle aussi bien que chez le pere, reparaitront alors avec toute leur puissance. Tout ce qui sera dit ulterieurement du p£re devra s'appliquer h elle dans les hypotheses qui viennent d^tre indiqu^es.

364. L'esprit du gouvernement de la famille est dict£ par les princif>es fondamentaux de toute societe. II doit £tre toujours dirige en vue du bien commun, e'est-k-dire du bien de tous et de chacun, sans que jamais un de ses membres puisse etre sacrifie aux autres, lors meme qu'iJ s'agirait du bien de tous les autres membres de la famille, ou du bien du corps social l . (Test la regie gdn<5rale qui a 616 formulae plus haut (n° 309), que le bien commun proprement dit ne doit jamais etre sacrifie au bien public.

Cette regie devra inspirer tout exercice que fera le p£re de son droit (Tautorite sur chacun de ses enfants. 11 s'en servira non seulement dans Tinteret de Tenfant, mais aussi dans l'int6r<H de tous les autres membres de la famille, lui-mfcme compris, ainsi que la mere ; et en meme temps il ne s'en servira jamais Contre Tinterdt de l'enfant auquel il commandera ; il aura meme soin que TintenM, surtout moral, de cet enfant passe toujours en premiere ligne dans les actes qu'il lui imposera.

Cos principes le guideront sp6cialement dans l'emploi de son droit decorrection. II pourra punir 1' enfant coupable plus HtWeroment en vue de detourner du mal ses freres et samrs. Kt % ou fuit, on peut facilement remarquer que les parents Uouuont d ordinaire leurs enfants plus s£verement quand ils ou out plusieurs que s'ils n'en ont qu'un seul. Meme au point do vuo do Tordre materiel, l'exuberance que Ton peut *hiih inconvenient toierer dun enfant unique deviendrait

* Voir, pour plus de details, notre Droit dans la famille, p. 55-57.

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