‹ Cours de philosophie du droit, professé à la Faculté de droit de ParisChapitre 26 sur 68 · TITRE III · texte numérisé non relu

TITRE III

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478. l^'objet de ce titre est la Socifrrti civile ou Tistat. Uint£rfct de cette matifcre est signals en ces termes par Rosmini : « Nous entreprenons une Stude des plus 6pineuses **t pleine de Htiges, qui a donn£ naissance aux opinions les plus disparates, que les passions les plus violentes ont environn6e d'obscuritSs et qui a pouss6 parfois les hommes a des luttes sanglantes. Tant6t ce sont les discordes civiles *\\ii out envahi le domaine de la philosophie et port<5 le trouble dans son pacifique royaume; tant6t des erreurs f anestes, sorties du sein de la philosophie comme des enfants i I legitimes, se sonttourn£es contre la socidte et Font ebran- 1-^eou m^me dissoute. Cependant nous avons confiance dans la bienfaisante lumi&re de la v£rit£ et dans Tautoritd immortelle de la justice, quand elle apparait pure et 6clatante aux rt^gards de Intelligence humaine ; et nous sommes convaincus que les progrfcs du droit social apporteront un remede aux maux sous lesquels gdmit encore l'humanite, dechir£e par les dissensions civiles. Puissions-nous concourir pour quelque faible part k la realisation d'une si grande e*p£rance ! ! »

<Ju*est-ce que la Socidld civile ? Chacun de nous peut facilement en sentir le contact. C'est cette immense organisation au milieu de laquelle nous vivons, qui nous enserre de toutes parts comme un r£seau de fer. Nous ne poutoiis, pour ainsi dire, pas faire un pas sans nous heurter aux restrictions qu'elle met h notre liberty. Nous la sentons

*Ftlotofia del diritlo, liv. IV, part. Ill, t. II, n* 1560.

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LA SOClftTfc CIVILE OU fiTAT 151

rirantie, en dehors m£me du territoire de la France, par le •Jrapeau et mtoe par le nom seul de l'Etat auquel j'apparliens. Je vis dans un milieu oil la morality est suffisamment •Wlopp^e, ou chacun fait k peu prfcs son devoir, ou les [•romesses violfies ne sont que Texception infiniment minime, par rapport k l'immense quantity de contrats qui >*-xecutenl sans contrainte. J'ai mille ressources pour cult.wr mon intelligence et pour proliter des tr6sors de la n ience accumul£s par tous les sifccles, ou des grandes invents ns qui ont rajeuni l'industrie ou la mGdecine. Si je reherche les jouissances artistiques, je puis les trouver f .vsque pour rien ou mfime gratuitement dans les musses *i dans les th£&tres ; si je pr^ffcre contempler les merveillcs ■1- la nature ou de Tarchitecture humaine, la facility des voyages me permet d'aller chercher au loin les objets de nnn admiration.

Nous faisons done avec la soci£t6 civile un marchd avanti^ r eux. Mais il y a encore un autre point de vue k consid6f'T. L'Etat porte aussi un autre nom, que nous n'avons pas -ncore prononce : e'est la Patrie. II ne fait pas seulement ifpel aux calculs de notre £goisme, aux hommages de notre diligence, mais il pretend s'emparer de toutes les puis- >ances affectives de notre ftme. Aunom de la Patrie, il n'est I*» an cceur gtfndreux qui ne sente ses battements plus chauds et plus vibrants. La Patrie veut fetre aim^e d'un amour sup^rieur k tout amour humain. EHe demande et •ile obtient un d^vouement, une abnegation absolue. Elle p?ut nous reclame r notre fortune, notre vie et la vie de nos infants, elle ne d£passera pas ce que nous nous sentons "Migfe de faire pour elle. Nous lui souhaitons une prospers surpassant toutes les prosp^rites terrestres, une expansion de vie embrassant le globe tout entier, une gloire au- •tasus de toutes les plus grandes gloires de Thistoire, enfin "ne perpetuity sans d6fail lance et sans dedin.

M9. Qu'est-ce done que cet fetre 6nigmatique, objet de hot de haine et de tant d'amour ? Qu'est-ce que ce sphinx *ui aspects multiples et changeants ? Est-ce une machine tfigantesque qui nous entraine et qui peut nous broyer dans *** rouages ? Est-ce, comme on Ta dit, un immense train de r tamin de fer qui nous emporte k toute vapeur et k grand ttafort de capitaux et de vies sacrifices sur la route inter-

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