‹ Cours de philosophie du droit, professé à la Faculté de droit de ParisChapitre 8 sur 68 · s matieres en decomposition, en poussant des prolongc · texte numérisé non relu

s matieres en decomposition, en poussant des prolongc

ruenU en sens divers, et qui, jusqu'& ces demises ann6es,

n avail tie nom dans aucune langue. Quelle chute pour ces

<T£anismes que Ton dlfcve au-dessus de tous les aulres, et

pour lesqucls on a cr66 un rfcgne sup^rieur aux trois regnes

«*las>iques ! Et ce sont ces m£mes auteurs qui argumenlent

«le ce que la nature ne fait pas de sauts 4 ! M&me ces orga-

uisraes infimes ne peuvent pas perdre leur continuity

mat£rielle sans cesser d'fttre un m&me 6tre, tandis qu'unc

nation reste une, alors mfeme que ses membres sont diss6-

1 F«»iitll6e, Science sociale contemporaine^ p. 153.

s F<»utllee, op. cit., p. 155.

* /6»»/.. p. 100, 159. — De Vareilles-Somniieres dit avec beaucoup de sens: • In orj/anisiue qui rlunit les caracteres des anneles et des verte'bres, des *;.«-n^es et des manimi feres, des inyxoiuycetes et de I'homme, n'est pas un wrgim«uie veritable. » Principes fondamenlaux <lu Droit, p. 187.

mines par toute la terre ; ceux m6mes qui voyagent dans Ies airs ne cessent pas de lui appartenir.

M. de Vareilles-Sommiferes relfcve dans Herbert Spencer lui-m6me la refutation du systfcme qu'il avait pr£conis6 : « Herbert Spencer, dit-il, sent bien ce qu'il y a d 'artificiel dans la theorie dont il est pourtant le plus grand prophfcte. Aprfcs avoir longuement et clairement expose, dans un demivolume, les analogies qui lui paraissent frappantes entre le corps politique et le corps vivant, aprcs avoir dit que « les « metaphores sont ici plus que des metaphores », aprfcs avoir donne k ses lecteurs la tr&s vive impression que l'Etat est un fetre reel, il attenue soudain sa penst§e jusqu'& la contredire dans un chapitre intitule Reserves et rdsumd : « II n'existe « point, dit-il, d'analogie entre le corps politique et le corps « vivant, sauf celles que ndcessite la dependance mutuelle « des parties que ces deux corps pr^sentent. L'organisme (( social, discretau lieu d'etre concret, asymetrique au lieu « d'etre symetrique, sensible dans toutes ses unites au lieu « d'avoir un centre sensible unique, n'est comparable k « aucun type particulier d'organisme individuel animal ou « vegetal... Je me suis servi des analogies plniblement « obtenues, mais seulement comme d'un Ichafaudage qui « m'etait utile pour edilier un corps coherent d'induction « sociologique. Demolissons l'echafaudage : les inductions « se tiendront debout elles-niSmes. » On trouve chez M. Schajfle de semblables retractations.

Aprfcs ces aveux, il ne paraitra pas bien utile de discuter toutes les petites analogies de detail signages par les sociologues, ni les arguments qu'ils presentent pour refuter les differences qu'on leur signale. En tout cas, la place manquerait ici pour le faire. Ilsuffira, en rappelant d'ailleurs lepeu de portee donne a ces analogies par Spencer lui-m^me, de faire remarquer que les rapprochements sont toujours faciles entre les fails spirituals et les faits materiels; que souvent, m&me dans la langue usuelle, on ne peut formuler les premiers que par des metaphores empruntees aux seconds ; mais que ces metaphores ne trompent personne ; et, comme l'a dit depuis longtemps le proverbe populaire, « comparaison n'est pas raison ». II faut £tre fortement atteint dela myopic materialiste pour se plonger dans l'etude etroite et mesquine des petits points de details, sans voir a la grande

la socifrri: 61

lumi&re du bon sens, aid6 par une observation scrupuleuse, mais large, les caractfcres de premier ordre qui sdparent les soci6t6s des organismes physiologiques. Fermant les yeux h la clart6 triomphante du jour intellectuel, ces chercheurs s'abandonnent k leurs rfeves, qui ont pour eux plus de r6alit6 que les faits les plus av6r6s, et ils se moquent des gens 6veill6s qui ne voient pas comme eux. La preuve la plus manifeste du r6le de rimagination dans leurs deductions, c'est leurs divergences absolues et la sdv6rite avec laquelle ils traitent de fantaisies les iddes de leurs collaborateurs. Voici Fouillde qui trouve que « placer par suite (comme ac£phales) TAmerique et la Suisse au-dessous du type offert par les ruches et les fourmillifcres, c'est de la fantaisie et non de la science 1 ». Et c'est le m6me auteur qui assimile les soci6t6s aux myxomycfctes! Fantaisie pour fantaisie; moi, society, j'aimerais encore mieux la premiere. On a vu plus haut le disaccord du m6me Scrivain avec d'autres sur les arguments politico-mddicaux (ci-dessus, n° 332) ; on peut en constater de pareils 2 sur les classifications des soci6t£s en g£n£ral. Dans YIdee moderne du Droit 3 , il declare que le system e allemand n'est qu une vaste hypothhse. Et, luim6me, que fait-il dans tout son ouvrage? On peut citer de nombreuses pages 4 qui fourmillent vlritablement de formules hypoth^tiques d6j& signalees plus haut, comme sans doute..., il aura..., il ne peut que..., ne peut manquer de..., selon toute apparence..., tout nous porte a croire..., doit..., pourquoi ne... Et le bouquet de la fin, d6j& signals aussi, « ce qui en definitive ressout de ces hypotheses 5 ».

On trouvera dans Caro 6 une trfcs bonne exposition rdsumde des syt&mes modernes, naturalisme, ddterminisme, positivisme, qui « considfcrent r&me comme une dependance de la physiologie (p. 8) ; pour qui la morale est un fait organique (p. 5), le devoir une necessity organique (p. 6), la society un organisme (p. 5), le droit le besoin clairvoyant (p. 5) ». Et Ton s'ddifiera complement sur les procedes du matdrialisme (p. 4), « dogmatisme absolu dans

1 Science sociale contemporaine, p. 181.

* Ibid , p. 180 et suiv.

8 Idie moderne du Droit, p. 57.

4 Science sociale contemporaine, p. 125, 223, 235, 243, etc., etc.

* Ibid., p. 245.

6 Problemes de morale sociale, cbap. i.

ses affirmations comme dans ses negations ; affirmation do FunitS des phdnomfcncs, de Fdquivalence et de la correlation des forces soit physiques, soit mentales ; negation des causes premieres et des causes finales, de l'&me distincte du corps et du libre arbitrc ».

la soci£t£ 61

iii'Tedu bon sens, aid£ par une observation scrupuleuse, -.0* large, les caractferes de premier ordre qui s^parent les -'Xes des organismes physiologiques. Fermant les yeux « ii elarte trio mph ante du jour intellectuel, ces chercheurs

- Uandonnent k leurs r&ves, qui ont pour eux plus de r6alit6 ■: *:•» les faits les plus av6r6s, et ils se moquent des gens '\*ill*-> qui ne voient pas comme eux. La preuve la plus r/anifeste du rdle de Timagination dans leurs deductions, • -*t leurs divergences absolues et la s6v6rite avec laquelle >U traitent de fantaisies les id£es de leurs collaborateurs. Vuici Fouill^e qui trouve que « placer par suite (comme a » phales) TAm^rique et la Suisse au-dessous du type offert : ir les ruches et les fourmilli&res, c'est de la fantaisie et non •iv la science ! ». Et c'est lc m&me auteur qui assimile les

- *i» ; tes aux myxomycfctes! Fantaisie pour fantaisie; moi,

- i^te. jairaerais encore mieux la premiere. On a vu plus l.mt le disaccord du m6me Scrivain avec d'autres sur les raiments politico-medicaux (ci-dessus, n° 332) ; on peut en

• nstater de pareils- sur les classifications des soci<5t6s en : : rn : ral. Dans Xldee moderne du Droit 3 , il declare que le *}-U*nie allemand n'est quune vaste hypothese. Et, luif ^'nie. que fait-ii dans tout son ouvrage? On peut citer de n mbreuses pages 4 qui fourmillent vdritablement de forni'il^s hypothGtiques d6j& signalees plus haut, comme sans ; '//*..., il aura.*., il ne peut que..., ne peut manquer de..., «"''/« toute apparence..., tout nous porte a croire..., doit..., ."ttrquoi ne... Et le bouquet de la fin, d6j& signals aussi,

• »-e qui en definitive ressort de ces hypotheses 5 ».

Un trouvera dans Caro 6 une tr&s bonne exposition r^sumee •'»•* *ytemes modernes, naturalisme, d£terminisme, positiu-me, qui « considfcrent T^me comme une dependance de la physiologie (p. 8) ; pour qui la morale est un fait orga- *:ique p. 5), lc devoir une ndcessit^ organique (p. 6), la ~MMtH£ un organismc (p. 5), le droit le besoin clairvoyant (p. 5) ». Et Ton s'6difiera complement sur les v n#idr$ du material isme (p. 4), « dogmatisme absolu dans

• S^rnre social e contemporaine, p. 181.

: IKut . p. 180 et suiv.

1 l'1+c moderne du Droit, p. 57.

4 Science soeiale conlemporaine^. 125, 223, 235, 243, etc., etc.

1 JW..p 245.

• Prnhlemet de morale soeiale, chap. i.

vernemeut social, puisque, dans une societe iimitee k deux:

personnes, une majorite ne peut se former pour arriHer les

decisions. Seulemcnt, en ce qui concerne la designation de

••eiui 'iui exercera Taatorite. la nature fournit des indica-

tions ipii s imposent et <{ui pnrtout ont fait donner la prepon—

termrj? nil mari. A Loppose. tlans la societe paternelle.

L 'jxtHEiilt** e*t ant«lrL* A are L:^i^ueaient a la naissanee de la

*««i*m«*. *fc •»«•* j>c»:vi«*nt A'urw cause extrinseiiue. El le result e

■*a •*£•*£ mm tt»*- «:a L~j. mi pc^cedennnent^ du fait de la

£*m*!Tb? t QL. «l y ^tj:i^Lk2.t po«ir ij'iel.jues effets ['occupation ;

-el w* fiu"i*s:«m d**f Jii-Ls- ^xlrisociaax- Ce sont eux qui, par

le devt*J..j»jiMDeniI -dt* jrojlpes toii'iairientauxdu droit, eta-

l>lissent **d nit-nw teicj* iVin.:rin.i efc la societe. Celle-ci est

lopqnement nn «efte4 de I" ant' '-flit*, et av^a. sa cause ; on le

comprendra mk j ux quauoJ ehvos efcaMiroas les bases de la

famille.

LTetude de cette double swiete. en^Iobee sous le nom general de famille, laisse en dehors dVUe la situation des enfanls n£s sans manage entre leurs parents, des enfants naturels. II sera nScessaire d"eo dire quelques mots sous forme d'appendice a ce titre.

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