CHAPITRE I
DE LA SOClfiTfi CONJUGALE OU MARIAGE
3V ,.' ma^aoe est une societe entre tin homme et un*>
. . . , 7 » *## m»i/" fin Intr bonheur mutuel par V union souve-
•.,. * tr%r ''if pi par T education des enfants qui en
. - --.- •>..,-;* Aw mariturc a H6 reconnu par toutes ^ -^ . *>- Tr.PMirs ot les legislations de tous les
"■::ir^irps, les publicistes, les juris-
LA SOClfeTfe CONJUGALE 65
-MiWes y font allusion it chaque pas. N6anmoins nous
on> d£montrer celte v6rit6 en la rattachant aux prin-
. ■** seneraux 6tabiis ant6rieurcment.
■'*a v trouve les elements de toute soci£t6.
b'abord l'6l6ment le plus important et celui qui fournit
- caracteres distinctifs des societes entre elies : une fin
tnune et plus prdcisGment un bien commun pour fin.
. -*t lour bonheur mutael, que les 6poux esp&rent r£aliser
"rilanttoute leur vie etk tous les instants de leu r existence.
/• b<*»nheur, ils comptent l'obtenir : par la participation
- mplete de toutes leurs joies, qu'augmente la jouissance mmune.et de toutes leurs douleurs, qu'attdnue une sympa-
\i* profonde ; par T^panouissement complet que leur nion donne h toutes les facultes les plus £lev6es du coeur et '•• nntelligence ; par les joies intimes et sans cesse renouve- •>s qu'ils trouvent h assister et k contribuer au d£veloppe- .. t-nt des jeunes &mcs auxquelles ils auront donn6 le jour • qui leur ouvrent les longs espoirs et la perspective . :n* sorte d' immortality sur la terre. II n'y a certainement
- il«.» soci£t£ purement humaine 1 qui embrasse le bonheur •'•• 1 homme dune fa<jon& lafois plus comprehensive dans sa ; • f-ndeur et plus extensive dans ses applications. C'est
-n la. au premier chef, un objet digne de la collaboration
- :iale.
11 y a, en outre, Temploi de moyens communs. C'est le ■ ncoars de toutes les activity de leurs natures, notamment :* I'e^prit et du coeur ; concours donn£ sans exception, ni
- ^rve. a tous les instants de la vie. Dans le mariage, comme ns les soci£tds, mais avec une extension beaucoup plus
.ir;r>», les deux personnes sont h la fois fin et moyen pour la nqu»>te de leur bonheur mutuel; elles se perfectionnent
- v.proquement par cet exercice concordant des plus hautes fi-mlt£s de leur nature.
On trouve aussi dans le mariage une collaboration active, -ne collaboration criatrice, produisant des r£sultats qui ne ; arraient £tre obtenus individuellement ; car tout Tenarable de biens, qui viennent d'etre £num6r£s comme fin \* la soci£t6, ne sauraient 6tre realises par aucun autre n^ven humain.
L\ *octet€ religieuse seule peut faire p6n6trer plus j>rofond6ment le bon- •~"ir dans le coeur humain, mais seulement pour certaines ames d'glite.
naosorm do droit. — t. ii. 5
En fin cette collaboration est essentiellement 'yolontaire , accepts trfes g6n6ralement avec bonheur, du moins an d£but, sous rinfluence du sentiment si profond de 1'amour ; obligatoire toujours en vertu de Tengagement pris, et exigeant pour toute la vie le concours actif de toutes les puissances de la personne et de la nature, malgrg les obstacles que peuvcnt susciter les difficult^ de la vie et les disillusions.
Ce chapitre sera divisS en trois sections : — 1° nature de la soci6l6 conjugate ; — 2° formation et fin ; — 3°* organisation.
SECTION I
Nature de la sociltl conjugate
SS7. Sa nature est d6termin£e comme dans toute soci£t£ par sa/in et par les moyens consacrfe k l'obtention de cette fin.
Sa fin est le bonheur mutuel des epoux. Leur bonheur mutuel n'est pas seulement leur bonheur simultang ou collectif, c'est leur bonheur run par V autre, celui que peuvent se donner r£ciproquement deux fetres inlelligents et affectueux par le ddvcloppement en commun des faculty les plus Slevdes de leurs natures. Leurs natures sont assez scmblables pour que 1'exercicc collectif de leurs facult6s puisse multiplier leur puissance et le plaisir attache k cet exereice, assez diflferentes pour se completer Tune par l'aulre, et, comme toute manifestation de la vie, animer l'unitg par la vari£t£.
Les moyens de la soci6t6 conjugate, ou Yapport des 6poux, c'est Tunion souveraine de toute leur vie ; comme le disaient d6}k les romains : consortium omnis vitas, divini atque humani juris communicatio ; Taction commune dans toutes les spheres de d6veloppement de leur vie spirituelle ou physique. Cette union est la plus intime qui puisse exister entre deux £tres humains. Us doivent consacrer k leur bonheur mutuel toute leur &me, toutes les activitds, toutes les puissances, tous les charmes de leur intelligence et de leur coeur, toutes les tendresses de leur sensibilite. Leur vie entire ne doit faire qu'une seule vie ; bonheur et malheur, plaisirs et chagrins, tout doit 6tre commun entre eux ; rien ne doiUtre
LA SOClfeTt CONJUGALE 67
tvni de ce qui pcut coxitribuer k leur bonheur mutuel.
Telle est la grande et sublime loi du mariage, facile k
c o-later par V observation de la nature et de la port£e du
-.limeat profond qui etierche son couronnement dans le
iLria^e, par les saitites et pures aspirations de Tamour
»nt. Sa puissance, la place qu'il tient dans la vie de tout
r nr humain est bien manifesto par les innombrables
rx.irations podtiques qu'il a sugg6r6es, par toutes les
j nr^s lilteraires dont il forme I'int6r6t dominant, et par
" aipos*i\>ilil6 presque absolue, constats bien des fois,
•l.:*»Uther le \ecteur ou le speclateur k un r6cit ou Si une
;ifc de theatre d'ovi ce sentiment serait banni. Comme nous
. 4\"H$ monlrfc pour tous nos sentiments esthetiques 1 , il
1'i.ik soever vers Vinfini ; il est « la jouissance de Tinfini
i irawrs le fini ». Et, plus que tout autre, il donne satis-
vin»n k celle aspiration, attendu qu'il a pour objet une
V^nue humaiue, qui est en ce monde le reflet le plus
H\dnt de l'inlini, qui en reproduit l'image au terme supreme
••••• !<»utes ses facult6s, et attendu qu'il jouit de cette personne
- ; »n> son essence la plus intime.
En mome temps que beaucoup de bien, on a dit beaucoup
f- nial de Tamour el de ses dangers. (Test que Timperfec-
• «n de noire nature peut avilir les plus nobles sentiments.
«- t^l *jue la plupart des hommes ne se sont pas fait des
«-l^ assez hautes pour en comprendre la divine sublimits ;
a— *-z fortes pour r^sister k T6preuve des tristes r6alit6s
ui viennent loujours sur la terre obscurcir le plus bel
«: m! : assez eonstantes pour vivifier par les clart<5s des
- uvenirs les heures moroses d'un present assombri ; ni
iin a<s?ez fermes pour lulter contre les dgarements de la
-~-i«>n et des instincts les moins nobles de la nature
r .rii.iirie.
l».tiis le mariage, la nature physique trouve 6galement *>t satisfaction. Car il est a peine utile de noter que Tunion -•'i^raine entre les £poux implique celle qui rdsulte de !* difference des sexes et s'y complete. Une mention spd- '•-*!* n'a pas paru ndecssaire dans la definition du mariage fci dans les d^veloppements auxquels elle a donnfi lieu ;
**pr&. n- 43, «n note. — Voir Igalement l'appendice Metaphysique, a la
il a suffi d'y fa ire figurer Teducation des enfants, qui en est la consequence.
Cet autre but du mariage vient encore corroborer la demonstration du caractfcre de souverainete que doit pr6senter la society conjugale. S'il est vrai que T&mc doit toujours s'elever au-dessus du corps et le dominer de toute la hauteur qui sdpare Tesprit de la matifcre ; s'il est vrai que la personne doit toujours conserver la direction supreme de toules les facultes de la nature, Tunion des corps doit 6tre devancee et dominie par une union des fimes encore plus puissante et plus intime { . Et, comme Tinstinct qui rapproche les epoux est Tun des plus 6nergiques que l'homme puissc connaitre, il est n6cessaire que, pour le dominer, Tunion des Ames soit souveraine et sans reserve ; que la socidte conjugale concentre en un m£me faisceau, pour leur bonheur muluel, toutes les puissances intellectuelles et morales des deux etres qu'elle unit. Au contraire, les rapports sexuels, en dehors du mariage, sont Tinsulte la plus grave k la dignity de la personne humaine, puisque ceux qui s'abandonnent & leurs passions trahissent en eux-m6mes le devoir de direction supreme que TSme doit possdder sur le corps, et en mdmc temps mlconnaissent le caractfere de fin qu'une autre personne doit toujours conserver, en en faisant l'instrument temporaire des jouissances les moins elevdes.
Les devoirs essentielsde la personne interviennent encore k un autre point de vue pour justifier par cette autre fonction du mariage les lois fondamentales de Tunion conjugale. La personne, pour avoir toute sa dignite de pouvoir directeur supreme, doit pr£voir dans Tavenir les consequences de ses actes, en comprendre la gravite, et pourvoir par avance aux obligations qu'ils crderont k sa charge. Les epoux doivent done avoir en vue que des enfants naltront de leur union, qu'ils auront droit k Teducalion physique et morale, qu'ils demanderont de la part des parents un devouement complet a Taccomplissement de ce devoir et la combinaison la plus puissante de leurs efforts vers ce but. D'ou apparait Tobligalion pour les parents de s'associer & cet effet d'une manure permanente et stable ; d'unir toutes les ressources de leurs deux natures pour realiser ce but commun ; par consequent
1 Sic J. Simon, la Liberie' civile, p. 55.
fnl
LA SOCl£T£ COiNJUGALE 69
' former une soci6te qui absorbera toutes leurs activites et . >urla durce entikre de leur vie. C'est encore k une union iverame que conclul ce nouveau raisonnement 1 . Vat \a suite, 'aprfes la naissance de 1 'enfant, le sentiment mmun de I'amour paternel viendra resserrer encore l'union i.*s ames cntre les parents, rendre plus etroite la commuuaut£ de leurs vies, par la participation complete et intime aux s<»ins de tous les instants que l'enfant reclame, aux travaux que demande lentretien et le ddveloppement de cette w»* si fr£le, aux espoirs que siigg&re chaque phase nouvelle de ce d£veloppement, aux inquietudes qu'inspirent ses moindres arrets ou les maladies 2 .
I'nion souveraine au debut, expansion au dehors par la [•<tlernit£, retour enfin k l'union souveraine par les consequences m^mes de cette expansion, tel est le cycle de la vie 4- la soci§t£ conjugale. Celle-ci prdsente ainsi, dans une circulation ferrate, dans une pouss^e vers le dehors suivied'un Mour vers le centre, les elements essenliels de toute vie; *■!!<» est bien un etre vivant, xl £wcv comme dit Aristote, mais *ll<» n'est pas pour cela un simple organisme materiel.
La souverainete de l'union des 6poux entraine, par une <*• sequence ndcessaire, FuNirt et Indissolubility du lien «*' njngal. Le second de ces caracteres sera d6veloppe k la action suivante, a propos de la cessation du mariage ; il n -us aradnera k condamner le divorce. Quant k I'cMTfi du ii-n, qui proscrit les pratiques des populations dont le niveau m»»ral est peu eleve, la polygamic et la polyandrie, elle n'a fas besoin d'autre demonstration que la constatation de <vtte v£rit<§ qu'un amour partage entre plusieurs personnes n* saurait Mre considere comme I'amour le plus puissant i"nt Tame humaine soit capable, ne saurait pretendre a la { inlite de souverain.
S38. Les principes qui vicnnent d'etre etablis sont fort t-i«*n exposes dans Aurens 3 . 11 caracterise le mariage comme ■in* union complete, intime, une « affection harmonique [••if laquelle une personne s'unit tout enti&re k une
1 f> motif {bonum prolis) est celui sur lequel saint Thomas etablit princi- »* -Tv?nt la perpetuite de l'union conjugale (Sumnn th:ologica, pars 3", *-. ;»»>nj.. quflBst. 67).
- Voir J. Si rnon, la Liber te civile, p. 5 et 6.
; *'uur* de Droit nat., t. ii, p. 271 et suiv.
autre 1 >> ; dans la definition qu'il donne 2 , il dit que les £poux s'unissent « en vue d'une communaute parfaite dc touteleur vie morale, s pi ritue lie et physique, et de tous les rapports qui en sont la consequence ». Et il cite en note la formule anglaise du mariage : «*Je vous prends pour fern me marine, pour vous avoir et vous garder dor£navant, dans l« bonheur et le malheur, dans la fortune et dans la pauvrete, dans la maladie et dans la sante, pour vous aimer et vous cherir, jusqu'& ce que la mort nous sgpare conform6ment & la sainle ordonnance de Dieu ; et, pour cela, je vous engage ma foi. » — Comme consequences, il declare : « La monogamie est seule un mariage rationnel et moral ; la polygamie est contraire aux conditions essentielles du mariage 3 ». La perp£tuit£ intentionnelle est aussi essentielle k ses yeux ; <Tou: laperpetuite estexigeeen principe 4 , quoiqu'il admette plus loin le divorce k raison de necessity, absolues suivant lui (voir infra).
On trouvera aussi une trfes bonne demonstration dans J. Simon 5 . On y remarquera surtout un excellent plaidoycr en faveur de la souverainete de l'union, qui entraine son indissolubilite ; une description et une analyse du sentiment de 1 amour trfes fine et tr&s elevee ; notamment ce passage : « Le sentiment de Tindissolubilite par consequent le sentiment de l'immortalite, est dans l'amour. Voilk la grandeur de l'amour, de tenir plus que toute chose k la spirituality ct k l'immortalite ; de faire partie de notre destinee immortelle, non pas seulement de notre voyage k travers le monde 6 . » 11 n omet pas, k la suite, celte observation capilale, que l'amour est consacrd et soutcnu par la palcrnite. Enfin il maintient energiquement le principe de l'indissolubilite, comme nous le rcl&verons plus longuement k la section suivante.
II y a encore des ideesjustes dans B£lime 7 : l'amour anoblit et 6lfcve les rapports conjugaux ; il nc comporte pas la prevision de sa fin 8 . Mais, k ses yeux, la polygamie ne scrait
1 Ibid., p. 272; voir de bona dgveloppements, p. 272. 273.
» Ibid., p. 281-282.
• Ibid, p. 286, 287.
6 La Liber U civile, chap, i, la Liberie* du foyer.
• Ibid., p. 2 et 5.
7 I'hilus. du Droit, t. II, p. 60 et suiv.
• Ibid., p. 71-72.
LA SOClfeTfc CONJUGALE 71
i- i^to\i\ee par \a nature, du moment que les femmes ^uteiil; eV\e pr6sente seulement des inconv^nients pra-
Yi^cr- se borne k observer que le mariage repose sur t \:uit,n del'amour et du devoir et n'en tire aucune cons6- «; .^ace. II insiste seulement sur le r6le de la femme dans '* mariage.
Les autres auteurs sont beaucoup plus faibles : Kant 3 i nne une definition ou la physiologie a une part trop prdo« minante; il conclut seulement que la possession doitfelre «•£:*!»• de part et d'autre, ce qui entraine la monogamie. — bt.*i ssire'\ tr&s laconique sur les principes, quoique bon rurivrtaines parties du sujet, est tout k fait d6sarm£ contre id {Hlygamie 5 , que la France mfime, dit-il, tol&re chez ses *fjj«fU niusulmans. II ne trouve pas d'autre raison en faveur •J- la monogamie, si ce n'est que la femme sedoit k un seul b -mme pour assurer la paternity, et que la « communautd •J* dfvoirs » l'exige par suite de Thomme. II aurait pu au a^ins ajouter que l'intei'&t de la femme elle-m£me exige i vb^rvation de celte r&gle, afin qu'elle puisse invoquer "Dire son mari les obligations qui r6sultent de la paternitd. — IT* 6 est tres faible sur les principes, et par suite sur la ;»jly;;aniie et le divorce. — Pour Tissot 7 , « le mariage *[ [lartient plus k la morale qu'au droit » ; celte affirmation v raltache k son erreur premidre sur Tetendue du domaine il droit naturel. II en conclut que toutes les unions sont JHri'liyurmeni legitimes, la loi n'ayant pas k faire respecter ii morale privee, et il applique formellement cette solution nPine aux manages entre les plus proches parents.
339. Li mites k F extension de la soci6t6 conjugale, ou droits 'itra^oeiaux des conjoints. Dans toute soci^td, les associ^s, h « 't£dc leurs mises qui sont k la disposition de la soci6t6, con- ^■rvent leur patrimoine propre, sur lequel il ont toute K!*tU s d'action ; tous les droits qui se referent k ce patrini«»ine propre, materiel ou immatdriel, restent en dehors de
1 /',!*/., p. 104 et suiv.
1 Phdo*. da Droit civil, p. 25.
: Doctrine du Droit % p. 112-416.
1 I'nncipes du Droit , p. 212 et suiv.
' /«#///. de Droit /in/., t. II, p. 14 et suiv. ; tours de Droit nat., p. 449 et suiv.
la soci6t6 : ils sont extrasociaux. En est-il de m6me dans lc mariage?Il semblerait, au premier abord, que la souveraineti qui doit caracteriser l'union conjugale s'oppose a ce qu'il en soit ainsi. Mais ce serait \k une vue erron£e. Sans doute, les 6poux ont promis de se consacrer mutuellement toutes les puissances de leur 6tre ; mais c'est en tant seulement qu'elles peuvent de quelque fa$on contribuer & leur bonheur mutuel. Or, ind£pendamment des obstacles ext£rieurs, ce bonbeur mutuel, sauf dans les premieres expansions de l'amour conjugal, ne saurait absorber toute leur vie; ils ne sont pas & eux deux tout leur univers; ils 6prouvent assez vite Tun et Tautre le besoin de se retremper dans leurs relations exterieures ; et les obligations du monde qui imposent ces relations, etviennent les tirer de leur solitude k deux, sont bienttit, malgr6 leur importunity ap parente, la meilleure sauvegarde contre la lassitude et font mieux sentir les douceurs du tfite-a-tfcte.
Leurs devoirs moraux les appellent aussi au dehors et leur imposent de vSritables obligations de sortir de leur petit cercle. Avant de c6l6brer leur union, ils avaient des devoirs multiples envers leurs semblables, plus splcialement envers leurs families et la soci6l6 civile, lis n'ont pas pu f en se mariant, abdiquer ces devoirs ; ils sont tenus de s'en souvenir et de ne pas les sacrifier, m&me & leur bonbeur mutuel.
Sans sorlir des lois morales de leur union elle-m6me, ils ne sauraient perdre de vue, m6me dans les moments de la plus grande expansion, que leurs personnalit6s respectives subsistent toujours comme telles, avec leurs grands et kernels devoirs envers l'lnfini, qui leur donne leur quality de personnes, qui les appelle k lui par la partie la plus dlevle de toutes leurs facult£s, et vis-Jt-vis duquel elles ne peuvent jamais un seul instant oublier leur sublime mission. 11 y a li. une fonction essentielle qu'aucune personne ne peat jamais abdiquer ; une portion de Tfitre humain qui reste esscntiellement incommunicable. Qu'on le comprenne bien d'ailleurs! Cette dualite des personnes ne nuit en rien &leur union ; leur distinction m6me est une condition de leur bonheur. Erunt duo in came und est restd Tune des meilleures formules de l'union conjugale. S'il y avail -confusion complete entre les deux personnes, au lieu d'unc association
HONJUGALE 73
"■rait que l'unitl froide et soli-
manages, une autre ne'cessite' x a 1'eiWrieur : c'est le besoin ii vim mfime de leur bonheur
! faudra conside'rer comme res-
conjugale tous les droits des
l&essaire pour entretenir ces
UO devra y exercer une action
moins qu'une action collective
qui se produira notamment pour
11 des fipoux; encore plus (Svidem-
lonctions publiqucs qui peuvent
la ii ticipation quelquefois admise
is, |tarexemplc pour les souverains,
- chores, pour un tres grand nombre dc
conjugal ne peut que remplir les vides,
laigsos par les ne'cessile^s de la vie malt5-
e. Mais, encore, dans ces conditions, il
re une action bienfaisante continue; car il
tyeux ii li is les travaux; il les soutient ct
r<* par le but auquel ils tendent et par la
rdseiitt" do se retrouver, apres la fin d'une
, dims hi ilnuce joie d'un foyer affection ne\
Formal i >n el tin de la BOCiiti conjugate
I par le conscntement des deux
l,i I.. i detoutes les socieU^s {voir »•(//»'«,