II. — De l'activité spirituelle
1. L'activité spirituelle, dans le sens le plus étendu de ce mot, c'est la force unique qui produit en nous les phénomènes de la vie morale. Comme être, elle n'est autre chose que nous-même ; comme faculté, elle est tour à tour ou tout ensemble faculté d'agir, faculté de connaître et faculté de sentir. ^
2. L'activité est le fond de l'âme ; le propre de l'âme est d'agir, de penser et de sentir, comme le propre du corps est d'occuper une place. Ainsi considérée, l'activité spirituelle nous est révélée par tous les faits de conscience.
3- Mais souvent on restreint le sens du mot et on lui fait signifier seulement la faculté d'agir, c'est-à-dire de produire les volitions.
4. Les effets de l'activité sont de plusieurs espèces. Les efforts musculaires sont les premiers dans l'ordre chronologique, et c'est par eux que nous nous connaissons comme causes. Ils ont un double but : 1° de résister à des forces contraires; 2^ de mouvoir nos organes et de communiquer par nos organes le mouvement à d'autres corps.
5. Nous n'agissons pas seulement sur nos organes, nous agissons encore ou nous faisons effort sur nos idées, et c'est la source des diverses opérations que nous avons décrites sous les noms de perception, conscience, jugement, raisonnement, etc., toutes opérations qui tiennent à la fois de la faculté de connaître et de la faculté d'agir, de l'intelligence et de l'activité.
6. Nous agissons aussi ou nous faisons effort sur nos sentiments, et c'est par là que nos sentiments ne sont pas des modifications purement passives, mais que nous les
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excitons ou que nous les réprimons, et que notre sensibilité morale est en partie notre ouvrage.
7. Enfin l'activité agit ou fait effort sur elle-même en retenant ou en redoublant son mouvement naturel. Cet empire de l'activité sur elle-même, qui est son triomphe, se nomme volonté.
8. Mais la volonté n'est pas l'étal primitif de l'activité. L*activité est une force, une cause qui se développe d'abord spontanément et qui produit les effets qui lui sont propres sans aucune délibération, comme le vent, comme le feu, comme la puissance vitale.
9. L'activité considérée dans cet état primitif s'appelle spontanée. C'est à l'activité spontanée que sont dus nos premiers mouvements et nos premières idées, ou du moins les actes d'attention nécessaires pour les acquérir. Plus tard, lors même que la volonté s'est formée, l'activité spontanée conserve encore la plus grande part dans les diverses voli' tions que nous produisons.