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DU MÉRITE ET DU DÉMÉRITE

D'autres par certaines circonstances, telles que la fortune, la naissance, la beauté, etc. D'autres par les qualités qui tiennent à notre nature intellectuelle et morale, les affections des divers ordres, les talents, la science, etc. Mais le seul mode qui apparaisse comme déterminant entre les hommes des degrés de mérite absolu, c'est celui qui résulte de leurs vertus et de leurs vices.

3. Les autres modes d'appréciation n'ont point de valeur s'ils ne sont subordonnés à celui-là; en d'autres termes, l'homme est estimable ou méprisable, non pour ce qu'il a, mais pour ce qu'il fait, non pour ce qu'il tient de la nature, mais pour la manière dont il s'en sert Nul n'est louable d'être riche, noble, spirituel, ni même d'avoir certaines vertus apparentes qui tiennent à des prédispositions natives, au tempérament, etc. Ce dont on est louable, c'est du bon emploi qu'on fait librement des avantages que l'on a reçus; on l'est surtout des efforts que l'on fait pour développer les bonnes tendances, les sentiments nobles, pour réprimer les mauvais penchants, dompter une nature rebelle, acquérir une vertu contre laquelle se raidissaient ouïe naturel indocile ou des habitudes contraires.

4. Tl faut bien remarquer que les hommes sont générale* ment dans l'impossibilité d'apercevoir au juste l'ordre dans lequel l'appréciation rigoureuse de leurs actes les placerait entre eux. Dieu seul peut estimer rigoureusement le véritable mérite de chacun, parce que lui seul connaît les véritables éléments dont ce mérite se compose, les circonstances favorables ou défavorables, nos efforts et nos faiblesses, les luttes cachées, les vertus de la solitude, qui engendrent les vertus apparentes et leur sont bien supérieures^ et au contraire, les vices habilement dissimulés, les défauts profonds de nos cœurs, et ce qu'on a appelé, par une mé-^ îaphore parfaite, les plis et les replis de la conscience*

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