‹ Cours de philosophie élémentaireChapitre 214 sur 271 · TIRÉES DU MAL MORAL · texte numérisé non relu

TIRÉES DU MAL MORAL

lutte, son mérite sera en proportmi des difficultés vaincues ; mais il n'est tenu de faire que le bien qu'il a dû connaître, ses devoirs croissent' avec ses lumières, et à cet égard le plus favorisé sera aussi'le plus responsable.

8. La cinquième objection, tirée de la prescience divine, renferme un cercle vicieux qu'il est facile de démêler. Elle revient à ceci : Dieu, qui sait tout, savait que je ferais mal : donc il aurait dune pas me créer. Mais, s'il ne vous eiit pas créé, vous n'eussiez pas fait mal : comment donc Dieu aurait-il alors prévu votre acte? En outre, il est injuste et absurde de dire : Dieu m'adonne la liberté pour faire le bien; je m'en suis servi pour faire le mal : donc il ne devait pas me la donner.

9. Le dogme de la prescience divine fournit une autre objection qui renferme un cercle vicieux encore plus palpable que le précédent. Elle consiste à dire que Dieu ayant prévu ma mauvaise action, il devient dès lors inévitable que je la fasse. Cette objection, à laquelle on a fait l'honneur de longues réponses, se résout par cette seule réflexion : que nous ne faisons pas nos actions parce que Dieu les prévoit, mais que Dieu les prévoit parce que nous les faisons. A proprement parler. Dieu ne prévoit pas, il voit.

10. Le mal moral est l'infraction volontaire d'une loi divine, et par conséquent il n'est pas un bien imparfait, il est un mal réel. Sans doute, l'homme vertueux ne l'est jamais qu'imparfaitement; mais il n'en est pas moins tout le contraire de l'homme vicieux. Le bien peut se réaliser plus ou moins vite ou plus ou moins complètement; et ses degrés inférieurs peuvent, si l'on veut, s'appeler un mal par rapport à ce qui leur manque : mais en faisant signifier au mot mal l'absence plus ou moins grande du bien, on lui donne un tout autre sens qu'en lui faisant signifier la vio-

lation d'une loi par un acte volontaire. Et alors on ne fait que jouer sur les mots en parlant du mal pris dans le premier sens et concluant au mal pris dans le second. Les philosophes qui sont tombés dans cette confusion n'ont donc produit qu'un sophisme et ont nié le fait de Vinfraction volontaire, fait dont chacun de nous porte en soi le témoignage irrécusable.

1. Quelle différence y a-t-il entre les difficultés tirées du mal moral

et les difficultés tirées du mal physique ? 2.' Combien y a-t-il d'objections principales tirées du mal moral? et

quelles sont ces objections? 1°, 2», 3°, 4», 5°.

3. Gomment peut-on concilier l'existence du mal moral avec l'idée

de l'Etre souverainement juste ?

4. L'objection qui rend Dieu responsable de nos œuvres, parce qu'il

est l'auteur de notre liberté, n'est-elle pas absurde?

5. Cette objection entendue en ce sens que Dieu n'eût pas dû créer

des êtres libres , par qui est-elle faite? Ceux-là peuvent-ils se plaindre ?

6. Est-il vrai que les épreuves pour persister dans la vertu soient

parfois au-dessus de nos forces? Que prouve l'histoire des héros et celle des martyrs?

7. Qu'y a-t-il de vrai sur l'ignorance plus ou moins grande où les

hommes sont souvent de leurs devoirs? Que faut-il répondre finalement à la présente objection?

8. Quel est le cercle vicieux renfermé dans l*objection tirée de la

prescience de Dieu ? Cette objection n'est-elle pas absurde d'une autre manière?

9. Quelle est l'autre objection singulière qu'on a tirée de la prescience

divine? Quelle est la simple réponse à y faire? JO. Quelle est la confusion renfermée dans la sixième objection? Quel est le fait nié par une telle théorie?

DESTINÉE DE l'HOMME. 365

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