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Cet hommage est de deux sortes, implicite ou explicite

10. L'hommage implicite est celui qui est rendu à Dieu par la conduite vertueuse de l'homme. Car la vertu étant l'exécution libre de la loi morale, et cette loi venant de Dieu, la vertu est un acte de soumission à la raison et à la volonté divine, c'est-à-dire qu'elle est en soi un acte vraiment religieux. La vertu est entièrement désintéressée ; elle ne se propose point d'autre but que l'accomplissement de ce qui est bien. Ma conscience! s'écrie Thomme vertueux. Mais qu'est-ce que la conscience, sinon la voix de Dieu, sinon Dieu parlant à l'homme, se manifestant à l'homme, se proportionnant à l'homme ? Si donc au mot

(1) Ces six alinéas sont tirés du cours de M. Noirot.

conscience, qui n'est qu'un nom abstrait, Ton substitue le nom de son auteur ou de l'être qu'elle révèle, le sens sera le même, et au lieu d'une exclamation purement morale, on aura une exclamation religieuse. D'où l'on voit que la religion est au fond identique à la morale ; elle a avec elle le rapport de la substance au phénomène.

Ai. Tout but poursuivi légitimement par l'homme rentre dans ses fins morales, et peut constituer une vertu. Voilà comment la vertu, et par conséquent la religion ne se trouvent étrangères à aucun acte de la vie, même aux moins importants et aux moins nobles, et peuvent les élever et les sanctifier tous. Ce ne sont pas seulement les sciences, les beaux-arts, la domination de l'homme sur la nature par l'industrie, ni celle de l'homme sur lui-même par la justice extérieure et les institutions sociales, ni les eff'orts souvent admirables du guerrier, du législateur, ni les dévouements de tous genres, qui peuvent revêtir avec honneur ce caractère de moralité et de religion, ce sont les vies les plus obscures, et les actions les plus communes ; tout fait produit par un être libre en vue du devoir est par là même moral et saint, honorable et divin : c'est une œuvre impérissable sous une enveloppe grossière. Tel est le dernier sens que la morale et la religion donnent aux produits de notre liberté.

d2. Toutes les fois que l'homme considère d'une manière spéciale le côté religieux de la morale, et l'origine toute divine du devoir, son hommage, d'implicite qu'il était, devient explicite. Il est clair que l'un de ces deux hommages est dans la nature de l'homme comme l'autre, et que tout homme véritablement vertueux ne peut manquer d'être religieux, non seulement implicitement, mais explicitement. Point de vertu véritable sans religion.

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