‹ Cours de philosophie élémentaireChapitre 236 sur 271 · II. — Ecole d'Ionie · texte numérisé non relu

II. — Ecole d'Ionie

1. Thalès (Phénicie, Milet, 587) (1), posa cette question, répétée après lui par tous les pnilosophes ioniens : Quelle est l'origine des choses? S'appuyant d'une part sur l'ancienne tradition d'après laquelle le monde est sorti des eaux, et d'autre part sur ce fait que les êtres vivants naissent

(1) Le premier nom de pays ou de ville placé entre parenthèses rappelle le lieu de la naissance du philosophe; le second ou le premier si le second lui est identique, le lieu de son enseignement; et la date, souvent approximative, la première année de son enseignement ou l'année de son premier ouvrage.

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dans l'eau et se développeiu par l'eau, il répondit que Veau est Vorigine des choses, et que Dieu est VinteUigence qui avec Veau forme tous les êtres.

2. Anaximandre (Milet, 560) répondit à la question de Thaïes, que l'origine des choses est Yinfim, to «Trcipov, sans que l'on puisse savoir si par là il désignait Dieu, ou l'espace, ou plutôt le mélange des éléments, espèce d'abîme éternel d'où tout sort, où tout rentre. Avec cette dernière, opinion, on lui prête celle-ci qui en serait la conséquence, savoir que les plantes, les animaux et les hommes sont sortis du limon de la terre par l'action du soleil.

3. ÂNAXiMÈNES (Milet, 530) substitua Vair au principe imaginé par Thaïes. L'air condensé à divers degrés devient liquide, puis solide, et produit tous les êtres. L'âme de l'homme est de l'air, comme l'air est l'âme du monde.

4. DiOGÉNE d'Apollonie (Crète, Milet, 500) reconnut aussi Vair comme principe des choses; mais il conclut de l'ordre du monde que ce principe est un et intelligent.

5. Heraclite (Ephèse, 500) adopta pour principe universel le feu. Le feu, c'est la vie de tous les êtres, c'est l'âme de l'homme, c'est la source commune de l'intelligence, mais c'est aussi le principe de l'écoulement perpétuel des choses et de leur dissolution : c'est la concorde et la discorde.

6. Anaxagore (Clazomène, Athènes, 475) crut les éléments primitifs innombrables et inconnus, et concevant que leurs infinies combinaisons viennent de leur mouvement perpétuel, que ce mouvement suppose un moteur, et qu'enfin ce moteur doit avoir l'idée des combinaisons qu'il opère, il conclut l'existence d'un esprit, vov?, auteur du mouvement, et qui dirige l'univers. Ainsi Anaxagore revint à l'idée de Dieu enseignée par Thaïes et oubliée par ses successeurs,

7. Empédocle (Agrigente, 450) fit comme un résumé des systèmes de tous ces philosophes. II admit comme élément des choses Veau de Thaïes, Vair d'Anaximènes et de Diogène d'Apollonie, le feu d'Heraclite, et y ajoutant la terre, il constitua cette doctrine des quatre éléments qui a subsisté jusqu'aux découvertes de la chimie moderne, et que la physique semble avoir traduite par sa classification des êtres matériels en solides^ liquides, fluides élastiques et agents impondérables. Il reconnut les combinaisons infinies des éléments comme Anaximandre, et comme Anaxagore, un principe moteur, qui tantôt unit et tantôt divise; il donna à ces deux manifestations contraires de la force motrice les noms d'amour et de haine : c'est Vattraction et la répulsion des modernes.

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